Libelle
En France, les milliardaires paient deux fois moins d’impôts que les ménages moyens. Gabriel Zucman, économiste de renom, dénonce cette injustice et propose une solution radicale : un impôt de 2 % sur les ultra-riches.
L’empathie, l’encouragement et le soutien stimulent la maturation du cerveau de l’enfant, renforcent ses capacités cognitives affectives et comportementales, et façonnent des adultes équilibrés, confiants et bienveillants. Bien traiter les enfants n’est donc pas seulement une exigence morale, c’est un enjeu majeur de santé publique et de progrès social. Un plaidoyer pour une vraie politique de l'enfance, qui donne aux adultes les moyens d'élever les enfants sans violence.
Et si la survie de l’humanité dépendait directement de notre capacité à préserver la biodiversité ? De la biodiversité comme un humanisme de Marc-André Selosse démontre, exemples concrets à l’appui, que protéger le vivant.
Et si la paix en Europe n’était qu’une illusion ? Dans Notre déni de guerre, Stéphane Audoin-Rouzeau dissèque avec une lucidité glaçante notre incapacité collective à envisager le retour de la guerre sur le continent.
Un régime démocratique ne se résume pas à l'élection de nos représentants, des députés de la Nation au président de la République. La meilleure preuve en est qu'aujourd'hui, nombre de régimes autoritaires s'attaquent aux libertés et droits fondamentaux en arguant de leur légitimité électorale qui l'emporterait sur tout autre pouvoir ou contre-pouvoir – État de droit, indépendance de la justice, liberté de la presse, etc. Cette primauté de l'élection appauvrit et corrompt l'idéal démocratique.
Programmes surchargés, obsession de l’évaluation et de la compétition, manque de temps et de moyens : l’enseignement et la recherche souffrent de nombreux maux. En plus de produire des élèves, étudiants et chercheurs malheureux, dont le désir de comprendre est malmené, tout cela menace la survie de sociétés humaines qui, depuis leurs lointaines origines, dépendent de la création continue de connaissances pour s'adapter à des environnements changeants. À l'heure où les sciences sont attaquées de toutes parts, il devient vital de rompre avec ces logiques destructrices et de mettre en œuvre une politique révolutionnaire de l’enseignement et de la création scientifique.
Un tiers des étudiants français vivent aujourd’hui en insécurité alimentaire. Faim d’études révèle ce scandale social et propose des solutions concrètes pour briser le silence autour de la précarité étudiante.
Et si l’invisibilité des lesbiennes n’était pas un hasard, mais le résultat de mécanismes sociaux et culturels bien réels ?
Et si la littérature pouvait encore sauver le monde ? Dans ce manifeste percutant, Patrick Chamoiseau interroge la puissance des mots face aux catastrophes contemporaines.
Pourquoi les Français naturalisés ou nés binationaux produisent-ils tant de fantasmes, voire de phobies ? C’est cette condition que j’entends raconter pour inviter à se regarder l’un l’autre. Car, si la double nationalité reste une pelote à démêler, son empreinte fait déjà partie du quotidien de beaucoup de Français. Et lorsque treize millions de compatriotes insinuent qu’il est anormal que des gens « comme vous » existent, apprendre à vivre la tête haute devient une nécessité.
Entre Bretagne et Scandinavie, plongez dans un Moyen Âge d’opéra où se mêlent trahisons, passions et combats épiques. La Volonté du Roi Krogold et La Légende du Roi René révèlent un Céline inédit, entre fabliau médiéval et poésie sombre.
Depuis Napoléon, la figure incontournable du pouvoir en France reste, depuis Napoléon, celle de l’homme-providentiel qui en dernier lieu peut imposer son choix. Aujourd’hui, le règne sans partage du président de la République sur la vie politique française engage le pays dans une phase de crise permanente, où tout gouvernement peut être renversé du jour au lendemain. La véritable question n’est plus de savoir si la Ve République va rester en place, mais quel régime va lui succéder.
Où l’Ukraine a-t-elle puisé les ressources pour penser, organiser, maintenir la défense ? Comment fait-on face à une agression armée, quand on n’a ni la meilleure armée du monde, ni la puissance économique et politique, ni un État solide ? C’est justement de ses faiblesses que l’Ukraine a su, le moment venu, tirer sa plus grande force. Les fondements de la résistance de 2022 ont été posés en 2014 et dans les années qui ont suivi, pour que, derrière chaque arme, il y ait un Ukrainien prêt à combattre, et de nombreux autres prêts à organiser et soutenir le combat.
L’extrême droite et la Tech vivent une idylle qui nous plonge en pleine dystopie. Cela ne s’est pas fait en un jour : les forces qui ont mené à notre moment techno-réactionnaire ont une histoire. Celle-ci débute en Californie, à partir des années 1960, lorsque le projet politique de Ronald Reagan, fait de néolibéralisation et de restauration des hiérarchies, façonne la Silicon Valley. Redécouvrir cette généalogie méconnue permet de comprendre que l’industrie qui domine le monde aujourd’hui n’est pas née de la contre-culture mais de la contre-révolution californienne.
On nous l’annonce comme imminente et inéluctable : une catastrophe lente à venir. On nous l’annonce depuis si longtemps. Mais est-ce pour nous alerter ou pour nous habituer ? Il est grand temps d’en décider. Car on peut craindre, ou espérer, un événement qui, lorsqu’il advient n’est pas le surgissement de l’inconnu mais la poursuite de ce que l’on connaissait très bien et qu’on n’a pas su éviter. On se rend compte alors, mais trop tard, qu’à force de l’attendre, on n’a pas compris qu’il était déjà advenu.
Lassé·es d'alerter en vain sur la catastrophe écologique et sociale en cours, les scientifiques passent à l'action : marches, conférences sauvages, désobéissance civile non violente... jusqu'à finir en prison parfois. Face à la gravité de la situation, la « neutralité » scientifique vole en éclats. Il est de la responsabilité des chercheuses et des chercheurs de s'engager pour que le fruit de leurs travaux contribue à changer les politiques et les imaginaires.
Que reste-t-il de la galanterie aujourd’hui ? « Mythe franco-français », « culture du viol » ou « liberté d’importuner », ce fétiche culturel est devenu un épouvantail. Or les débats occultent la richesse et la complexité de la galanterie. Moins qu’une notion fixe, elle fut d’emblée un champ de bataille qu’investirent les femmes pour penser les rapports de genre, le consentement sexuel et le refus du mariage. Plaisir conversationnel, régime d’égards et avis éclairés pourraient-ils fonder une nouvelle civilité sexuelle ?
Qui a le droit de se dire féministe ? Ne suis-je pas un.e féministe ? interroge les frontières du mouvement, entre inclusion et exclusion, et invite à repenser la légitimité de celles et ceux qui luttent pour l'égalité.
Le 21 février 2024 Missak Manouchian entre au Panthéon, avec son épouse, Mélinée. L’histoire des Arméniens mérite d'être connue et reconnue. Missak, le militant, le résistant est une figure digne d'être honorée. Mais je suis saisie par un double sentiment, celui d'une injustice à l'égard des 21 autres résistants étrangers fusillés en même temps que lui par les nazis et d'Olga Bancic guillotinée ; celui d’un malaise devant un récit historique qui distord les faits pour construire une légende. Or, à l'époque des « vérités alternatives », si on souhaite donner une leçon d'histoire, la moindre des précautions est de l’établir.
Une immense majorité d’entre nous aspire à passer à 4 jours-32 heures pour vivre mieux. De plus en plus de patrons réfléchissent à la semaine de 4 jours pour faciliter les recrutements. Mais est-ce réellement possible sans baisser les salaires et sans abîmer nos entreprises ? Bonne nouvelle : la réponse est oui. 500 fois oui. Plus de 500 entreprises en France sont déjà passées à 4 jours, sans baisse de salaire, et les clients n’ont vu aucune différence dans le prix ou la qualité des produits.
Que dirait aujourd’hui Hannah Arendt en apprenant que Benjamin Netanyahu a créé une agence gouvernementale de « l’identité nationale juive » ? Dès 1951, elle alertait des dangers qui guettaient l’État-nation Israël à sa création : « Cette solution de la question juive n’avait réussi qu’à produire une nouvelle catégorie de réfugiés, les Arabes accroissant ainsi le nombre des apatrides et des sans-droits de quelque 700 000 à 800 000 personnes. »
La forêt revient au centre du jeu politique : on redécouvre la vitalité de son écosystème, sa capacité à réguler l’eau, le climat, les sols. Elle nous apprend les bénéfices de la coopération, elle renouvelle notre capacité d’émerveillement et nos désirs de défendre corps à corps ce à quoi nous sommes attachés. La forêt, réfractaire à la mise au cordeau, devient une source d'inspiration pour nos combats écologiques. Ce n'est pas elle qui a besoin de nous, mais nous, humains, qui sommes arrimés à son devenir.
Et si la société méprisait les enfants sans même s’en rendre compte ? Infantisme révèle comment les adultes, par des remarques ou des attitudes en apparence anodines, perpétuent une discrimination systémique envers les mineurs.
Dévoyant les principes les plus élémentaires du débat et s’abritant derrière l’excuse du divertissement, le populisme de Cyril Hanouna est une entreprise de désinformation qui menace les fondations de la démocratie. Ce livre s’adresse à celles et ceux qui douteraient encore du projet idéologique de Vincent Bolloré, comme à ceux qui n’acceptent plus la banalisation de la violence des échanges humains, la dépolitisation des échanges citoyens, et l’abrutissement du débat public.
Et si la cancel culture n’était que l’avatar logique, inévitable, d’une démocratie à bout de souffle, dite désormais illibérale ? L’enfant naturelle de la pensée occidentale et du capitalisme débridé, dans une société supposément universaliste, aveugle à ses impensés et incapable de reconnaître les crimes et les conséquences sans nombre de l’esclavage et de la colonisation ? N’allez pas chercher la violence de la cancel culture ailleurs que dans la brutalité du pouvoir. Là se loge le danger, et là l’impasse.
La France fait face à une crise de l’eau sans précédent. Eau : l’état d’urgence d’Anne Le Strat révèle pourquoi les sécheresses répétées ne sont qu’un avant-goût de notre futur et propose des solutions concrètes pour repenser notre rapport à.
Et si la lutte pour l'égalité devait aussi inclure les animaux ? Comme si nous étions des animaux de Réjane Sénac interroge notre rapport à l'injustice et à la violence envers les êtres sentients.
Alors que l’écologie nous rappelle que nous avons besoin de sobriété, que tout est lié, que nous sommes tous interdépendants, l’euthanasie et le suicide assisté consacrent l’homme autosuffisant, insatiable et performant. Il est pour moi incompréhensible que la gauche, en Belgique comme en France, relaie le mirage libéral de « se posséder soi-même ». Nous ne sommes pas auto-entrepreneurs de nos vies, et nous n’avons pas à déposer le bilan.
Étrange obsession française : parier sur une énergie devenue marginale dans le monde, plus coûteuse que les énergies renouvelables, et créant des risques incommensurables. Mais le nucléaire n’est pas seulement le signe de la faillite de la classe dirigeante du pays. Il exprime une vision du monde dépassée, rêvant d’une croissance sans limite et permettant de maintenir un ordre inégal et autoritaire. Face au climat, il nous faut repasser par la raison : les voies de l’avenir sont une économie vraiment sobre et reposant sur les énergies renouvelables.
Disons-le d'emblée : aucun pays n'a inventé de système parfait permettant de lutter contre le racisme et les discriminations. L’enjeu est d’imaginer un nouveau modèle, transnational et universaliste, qui replace la politique antidiscriminatoire dans le cadre plus général d’une politique sociale et économique à visée égalitaire et universelle, et qui assume la réalité du racisme et des discriminations – pour se donner les moyens de les mesurer et de les corriger, sans pour autant figer les identités, qui sont toujours plurielles et multiples.
Nous vivons désormais dans une vallée oubliée, mi-française mi-italienne, une vallée à l’entre-deux, à l’entre-droit et devoir, où la compassion devient répressible, où le droit s’oppose à une morale, où la morale s’impose au pouvoir. Mais où nous avons créé une utopie capable de résister.
Le glyphosate, mieux connu sous le nom commercial Roundup, est bien plus qu’un produit toxique et cancérogène destiné à se débarrasser des mauvaises herbes. C’est la pierre angulaire d’un système économique et industriel qui permet et encourage un certain usage du monde et du vivant – une culture intensive d’OGM à moindres frais –, et qui, ainsi, fait de la politique sans le dire.