Le manteau du berger
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Plongez dans l'univers poétique et introspectif de Solo, un recueil de poèmes où Solange Arama-Chouchana explore la solitude, l'amour et la quête de sens.
Après "L'oeil américain" (Soleil natal, 1991), Simonomis poursuit avec bonheur "cette écriture où la réalité dérape" (poèmes en prose, contes courts, voire mini-nouvelles), qui nous emmène en des domaines insolites, bizarres, étranges, incongrus, comme "Un âne sur le toit". S'il faut parler de cousinages - et non d'influences, la voix de Simonomis étant d'une ébouriffante originalité - on peut penser à des aînés comme Alphonse Allais, Boris Vian, Tristan Bernard, Jean Tardieu, Aloysius Bertrand, Raymond Queneau, Luc Decaunes, Alfred Jarry ou Max Jacob, parmi vingt autres, le mystère et l'humour étant forces communes.
Le restaurateur de tableaux, le préhistorien, ont une même manière de se pencher, l'un sur la toile, l'autre sur la gravure rupestre : ils cherchent à retrouver cette trace disparue, qui joint une plénitude à un achèvement : le trait cassé. De même le poète : lorsque son chant perd de sa rondeur, de son écho, il se courbe sur des indices, des vestiges ; il élève à lui la pierre, l'écorce, il éveille des voix, des visages, les oriente dans le dernier degré de la lumière, attentif à ranimer l'infime.
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Je ne sais pas pourquoi André Duprat est cloué sur son fauteuil roulant, et depuis combien de temps. Et je ne veux pas le savoir. Et c'est justement parce que je ne m'en fous pas. Ce que je sais, c'est que lorsqu'on sort d'un livre pareil, on a bien du mal à en parler. C'est du talent brut, de la pépite. 58 pages de mots vivants ! Les aphorismes de Duprat (il y en a près de deux cents dans ce livre), et leur titre déjà - c'est tout un poème. Il faut bien s'accrocher pour arriver au bout sans encombres. Je veux dire qu'ici, on sourit, là on s'angoisse, plus loin on rit à nouveau, avant de vraiment s'inquiéter et que, d'ironie en sagesses fulgurantes, au rythme de quatre soubressauts cardiaques à la page, on risque vite la fibrillation. Donc, prenez vos précautions, suivez la prescription médicale et abstenez-vous de café. Respirez calmement, bref, méfiez-vous... Après, laissez-vous emporter, mais gare ! car Duprat, "comme il ne marche pas, rêve d'un bon pas" ! Et puis, vous restera le stigmate. Il vous faudra vivre avec. Bon courage !
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