Jacques Simonomis
Jacques Simonomis
Après "L'oeil américain" (Soleil natal, 1991), Simonomis poursuit avec bonheur "cette écriture où la réalité dérape" (poèmes en prose, contes courts, voire mini-nouvelles), qui nous emmène en des domaines insolites, bizarres, étranges, incongrus, comme "Un âne sur le toit". S'il faut parler de cousinages - et non d'influences, la voix de Simonomis étant d'une ébouriffante originalité - on peut penser à des aînés comme Alphonse Allais, Boris Vian, Tristan Bernard, Jean Tardieu, Aloysius Bertrand, Raymond Queneau, Luc Decaunes, Alfred Jarry ou Max Jacob, parmi vingt autres, le mystère et l'humour étant forces communes.
Avoir l'oeil américain, c'est découvrir du premier coup d'oeil, selon Monsieur Larousse. Le regard de Simonomis nous semble, en effet, procéder de cette faculté dans ces petites histoires où la réalité dérape, dans ces sortes de contes auxquels il participe. Alors que tout pourrait se passer si normalement, il se plaît à introduire des touches fantastiques dans le quotidien le plus ordinaire. Et, si vous n'y prenez pas garde, des éléments incontrôlés risquent fort de vous déboussoler de vos certitudes, de vous laisser perplexe "au bord des apparences"... Tout cela ne va pas sans humour, ce qui n'est pas le moindre charme de ce "regard américain".
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.