Andre Duprat
Andre Duprat
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Je ne sais pas pourquoi André Duprat est cloué sur son fauteuil roulant, et depuis combien de temps. Et je ne veux pas le savoir. Et c'est justement parce que je ne m'en fous pas. Ce que je sais, c'est que lorsqu'on sort d'un livre pareil, on a bien du mal à en parler. C'est du talent brut, de la pépite. 58 pages de mots vivants ! Les aphorismes de Duprat (il y en a près de deux cents dans ce livre), et leur titre déjà - c'est tout un poème. Il faut bien s'accrocher pour arriver au bout sans encombres. Je veux dire qu'ici, on sourit, là on s'angoisse, plus loin on rit à nouveau, avant de vraiment s'inquiéter et que, d'ironie en sagesses fulgurantes, au rythme de quatre soubressauts cardiaques à la page, on risque vite la fibrillation. Donc, prenez vos précautions, suivez la prescription médicale et abstenez-vous de café. Respirez calmement, bref, méfiez-vous... Après, laissez-vous emporter, mais gare ! car Duprat, "comme il ne marche pas, rêve d'un bon pas" ! Et puis, vous restera le stigmate. Il vous faudra vivre avec. Bon courage !
Ce nouveau recueil d'André Duprat permet d'apprécier la maîtrise d'un poète qui, progressivement, élargit son domaine tout en affirmant les registres d'une écriture où le jeu de mots et la métaphore sont l'expression d'une authenticité. Pour contrer l'angoisse, le désespoir, les « manques » existentiels, ce poète exprime en vers brefs un humour décapant, souvent au second degré, allant même jusqu'à faire jubiler la gravité, ou à se rire de « la douleur physique ». André Duprat est tout entier dans ses poèmes : griffe ou caresse. Ses aphorismes constituent des constats lucides, doux-amers, des tentatives parfois d'intériorisation, des aveux de blessures. La force de volonté de l'auteur est de celles qui permettent de soumettre la misère : « Le monde est à l'infirme qui sait se mettre au monde. » Telle est la leçon principale donnée par des poèmes qui sont toujours à la lisière de l'éclairage philosophique, et qui constituent comme un livre de sagesse (ou de folie) personnelle que l'on écrit pour vivre moins inconfortablement avec soi.