L'Infini
"Une femme dit tout de sa vie : l'amour et les désirs, la douleur, la mort. J'ai écrit ce texte pour le compositeur Yann Robin, mais il se lit aussi sans musique, comme un petit roman intérieur." Yannick Haenel
"Une femme dit tout de sa vie : l'amour et les désirs, la douleur, la mort. J'ai écrit ce texte pour le compositeur Yann Robin, mais il se lit aussi sans musique, comme un petit roman intérieur." Yannick Haenel
"Il fut un temps où j'avais le sentiment d'avoir saisi l'être de Lacan de l'intérieur. D'avoir comme une aperception de son rapport au monde, un accès mystérieux au lieu intime d'où émanait sa relation aux êtres et aux choses, à lui-même aussi. C'était comme si je m'étais glissée en lui. Ce sentiment de le saisir de l'intérieur allait de pair avec l'impression d'être comprise au sens d'être toute entière incluse dans une sienne compréhension, dont l'étendue me dépassait. Son esprit - sa largeur, sa profondeur -, son univers mental englobait le mien comme une sphère en contiendrait une plus petite. J'ai découvert une idée semblable dans la lettre où Madame Teste parle de son mari. Comme elle, je me sentais transparente pour Lacan, convaincue qu'il avait de moi un savoir absolu. N'avoir rien à dissimuler, nul mystère à préserver, me donnait avec lui une totale liberté, mais pas seulement. Une part essentielle de mon être lui était remise, il en avait la garde, j'en étais déchargée. J'ai vécu à ses côtés pendant des années dans cette légèreté." Catherine Millot.
"Il fut un temps où j'avais le sentiment d'avoir saisi l'être de Lacan de l'intérieur. D'avoir comme une aperception de son rapport au monde, un accès mystérieux au lieu intime d'où émanait sa relation aux êtres et aux choses, à lui-même aussi. C'était comme si je m'étais glissée en lui. Ce sentiment de le saisir de l'intérieur allait de pair avec l'impression d'être comprise au sens d'être toute entière incluse dans une sienne compréhension, dont l'étendue me dépassait. Son esprit - sa largeur, sa profondeur -, son univers mental englobait le mien comme une sphère en contiendrait une plus petite. J'ai découvert une idée semblable dans la lettre où Madame Teste parle de son mari. Comme elle, je me sentais transparente pour Lacan, convaincue qu'il avait de moi un savoir absolu. N'avoir rien à dissimuler, nul mystère à préserver, me donnait avec lui une totale liberté, mais pas seulement. Une part essentielle de mon être lui était remise, il en avait la garde, j'en étais déchargée. J'ai vécu à ses côtés pendant des années dans cette légèreté." Catherine Millot.
"La mort n'a jamais tenu une grande place dans ma vie consciente. Je n'y pense guère et m'en préoccupe encore moins. Mourir au dernier moment, comme disait Céline, avec le courage et la dignité que j'ai vus aux bêtes, avec leur simplicité, voilà ce que je souhaite. À l'adolescence, alors que je ne m'en souciais pas davantage, il m'arrivait toutefois de me réveiller en sursaut la nuit avec la pensée qu'il allait falloir mourir un jour. Puis ces réveils disparurent. Plus tard, je m'intéressai aux philosophies antiques qui tiennent la mort pour rien, auxquelles faisait écho ce vers de Mallarmé : "Un peu profond ruisseau calomnié la mort." J'ai récemment failli mourir du coronavirus." C. M.
"La mort n'a jamais tenu une grande place dans ma vie consciente. Je n'y pense guère et m'en préoccupe encore moins. Mourir au dernier moment, comme disait Céline, avec le courage et la dignité que j'ai vus aux bêtes, avec leur simplicité, voilà ce que je souhaite. À l'adolescence, alors que je ne m'en souciais pas davantage, il m'arrivait toutefois de me réveiller en sursaut la nuit avec la pensée qu'il allait falloir mourir un jour. Puis ces réveils disparurent. Plus tard, je m'intéressai aux philosophies antiques qui tiennent la mort pour rien, auxquelles faisait écho ce vers de Mallarmé : "Un peu profond ruisseau calomnié la mort." J'ai récemment failli mourir du coronavirus." C. M.
"Avec Plaisirs, j'entrais dans le monde de Dominique Rolin, éblouie par son rire, son courage, ses obsessions et ses dons. Messages secrets est d'une toute autre nature. Elle m'embarque avec elle dans un voyage d'où l'on ne revient pas. Elle le sait, elle m'entraîne et elle sait ce qu'elle fait. Elle sait que je peux l'entendre. Sans hystérie et sans pathos. J'entre dans son rêve. J'en suis la dépositaire. Je dois en transmettre les messages secrets. Je me fais traductrice d'une métaphysique concrète. Je redessine à l'infini l'espace de sa liberté. Et ensemble, nous nous approchons du miroir, le plus près possible de cet inconnu impensable où elle me précède." Patricia Boyer de Latour.
"Avec Plaisirs, j'entrais dans le monde de Dominique Rolin, éblouie par son rire, son courage, ses obsessions et ses dons. Messages secrets est d'une toute autre nature. Elle m'embarque avec elle dans un voyage d'où l'on ne revient pas. Elle le sait, elle m'entraîne et elle sait ce qu'elle fait. Elle sait que je peux l'entendre. Sans hystérie et sans pathos. J'entre dans son rêve. J'en suis la dépositaire. Je dois en transmettre les messages secrets. Je me fais traductrice d'une métaphysique concrète. Je redessine à l'infini l'espace de sa liberté. Et ensemble, nous nous approchons du miroir, le plus près possible de cet inconnu impensable où elle me précède." Patricia Boyer de Latour.
"Partout le chaos règne, mais ne vous en souciez pas, continuez d'écrire. Ce sont les paroles de mon éditeur. Je lui réponds que j'essaie, que je viens même de terminer un court texte, un récit plus ou moins tragique, une histoire saisissante, je crois."
"Partout le chaos règne, mais ne vous en souciez pas, continuez d'écrire. Ce sont les paroles de mon éditeur. Je lui réponds que j'essaie, que je viens même de terminer un court texte, un récit plus ou moins tragique, une histoire saisissante, je crois."
Une voix blanche, surgie au milieu de la nuit, annonce à Michaël Ferrier la mort de son ami François et de sa fille Bahia. Dans la dévastation, la parole reprend et les souvenirs reviennent : comment deux solitudes, jeunes, se rencontrent, s'écoutent et se répondent ; les années d'études, d'internat ; la passion du cinéma, de la radio : la mémoire se déploie et compose peu à peu une chronique de l'amitié, un tombeau à l'ami perdu. Entre France et Japon, Michaël Ferrier redonne vie aux fantômes, aux absents, aux disparus. Il confère aux choses et aux êtres une sombre beauté, celle de la passion de l'amitié.
Une voix blanche, surgie au milieu de la nuit, annonce à Michaël Ferrier la mort de son ami François et de sa fille Bahia. Dans la dévastation, la parole reprend et les souvenirs reviennent : comment deux solitudes, jeunes, se rencontrent, s'écoutent et se répondent ; les années d'études, d'internat ; la passion du cinéma, de la radio : la mémoire se déploie et compose peu à peu une chronique de l'amitié, un tombeau à l'ami perdu. Entre France et Japon, Michaël Ferrier redonne vie aux fantômes, aux absents, aux disparus. Il confère aux choses et aux êtres une sombre beauté, celle de la passion de l'amitié.
"Dans la tradition des Tombeaux, en quelque sorte, le dernier hommage que l'on peut rendre à ceux dont l'heure ultime nous sépare durablement." J.M.G. Le Clézio Autant de manières de célébrer la vie à travers la mort, autant de manières de vivre que de mourir. Jean-Luc Outers renoue donc avec la tradition du Tombeau, tour à tour épitaphe, oraison, pure élégie ou déploration. Se fondant sur des écrits et des témoignages, il donne pourtant le sentiment de raconter des histoires proches de la fiction, dont les héros auront marqué sa vie. Parmi eux, on reconnaîtra les écrivains Henri Michaux, Dominique Rolin, Simon Leys, Hugo Claus...
"Dans la tradition des Tombeaux, en quelque sorte, le dernier hommage que l'on peut rendre à ceux dont l'heure ultime nous sépare durablement." J.M.G. Le Clézio Autant de manières de célébrer la vie à travers la mort, autant de manières de vivre que de mourir. Jean-Luc Outers renoue donc avec la tradition du Tombeau, tour à tour épitaphe, oraison, pure élégie ou déploration. Se fondant sur des écrits et des témoignages, il donne pourtant le sentiment de raconter des histoires proches de la fiction, dont les héros auront marqué sa vie. Parmi eux, on reconnaîtra les écrivains Henri Michaux, Dominique Rolin, Simon Leys, Hugo Claus...
"Au début, il y a le silence. Celui qui m'est nécessaire. Le calme avant d'agir. Arriver avant les patients, avant les premiers appels. Écouter l'immeuble se réveiller, la ville s'animer. Ranger quelques dossiers, trier quelques papiers, regarder le planning, les rendez-vous, débrancher le répondeur, ouvrir l'ordinateur, scanner ce qui n'a pas été fait la veille, trop fatiguée, c'était l'heure de rentrer. Attendre le premier coup de téléphone, la sonnette qui va retentir. Et puis commencer à répondre, à parler, à conseiller, à organiser. La vie quotidienne du médecin s'éveille au rythme qu'il imprime, à la vitesse que les malades imposent chaque jour. Le cabinet reste son antre."
"Au début, il y a le silence. Celui qui m'est nécessaire. Le calme avant d'agir. Arriver avant les patients, avant les premiers appels. Écouter l'immeuble se réveiller, la ville s'animer. Ranger quelques dossiers, trier quelques papiers, regarder le planning, les rendez-vous, débrancher le répondeur, ouvrir l'ordinateur, scanner ce qui n'a pas été fait la veille, trop fatiguée, c'était l'heure de rentrer. Attendre le premier coup de téléphone, la sonnette qui va retentir. Et puis commencer à répondre, à parler, à conseiller, à organiser. La vie quotidienne du médecin s'éveille au rythme qu'il imprime, à la vitesse que les malades imposent chaque jour. Le cabinet reste son antre."
« L'air frais s'engouffrait dans la pièce glaciale et, m'approchant de la fenêtre, je sentis le vide béant sous mes pieds. Sarajevo plongée dans l'obscurité s'étendait au loin. Comme l'imposait le couvre-feu, on ne distinguait aucune lumière scintillant au coeur de la ville. J'imaginai le cours lent de la rivière et au-delà les cimes des montagnes enneigées. Hormis le souffle timide de la brise, quelques rares tirs de snipers et d'éphémères boules de feu explosant sur la colline, le silence enveloppait la nuit. Je me sentais au coeur des ténèbres l'hôte minuscule d'une planète inhabitée, astre au milieu des astres dont l'unique mouvement était désormais la rotation dans l'infini de l'univers. » Un écrivain séjourne à l'Holiday Inn, l'hôtel où sont regroupés les journalistes du monde entier durant le siège de Sarajevo. Il y retourne vingt-cinq ans plus tard, hanté par le souvenir d'Anna, une anesthésiste romaine rencontrée dans un hôpital.
« L'air frais s'engouffrait dans la pièce glaciale et, m'approchant de la fenêtre, je sentis le vide béant sous mes pieds. Sarajevo plongée dans l'obscurité s'étendait au loin. Comme l'imposait le couvre-feu, on ne distinguait aucune lumière scintillant au coeur de la ville. J'imaginai le cours lent de la rivière et au-delà les cimes des montagnes enneigées. Hormis le souffle timide de la brise, quelques rares tirs de snipers et d'éphémères boules de feu explosant sur la colline, le silence enveloppait la nuit. Je me sentais au coeur des ténèbres l'hôte minuscule d'une planète inhabitée, astre au milieu des astres dont l'unique mouvement était désormais la rotation dans l'infini de l'univers. » Un écrivain séjourne à l'Holiday Inn, l'hôtel où sont regroupés les journalistes du monde entier durant le siège de Sarajevo. Il y retourne vingt-cinq ans plus tard, hanté par le souvenir d'Anna, une anesthésiste romaine rencontrée dans un hôpital.
Le journal d'une partie de 1982 et de 1983 met en évidence ce qui occupe Marcelin Pleynet et accompagne notamment ses divers voyages et conférences à l'étranger (Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Canada et États-Unis), comme le passage des Éditions du Seuil aux Éditions Gallimard, la revue Tel Quel devenant à cette occasion L'Infini...
Le journal d'une partie de 1982 et de 1983 met en évidence ce qui occupe Marcelin Pleynet et accompagne notamment ses divers voyages et conférences à l'étranger (Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Canada et États-Unis), comme le passage des Éditions du Seuil aux Éditions Gallimard, la revue Tel Quel devenant à cette occasion L'Infini...
"Son heure semble arrivée. Soudain la mort surgit au loin, elle fond sur lui au galop, elle l'atteindra bientôt. C'est une charge de cavalerie qui remonte toute la rue. Manet a voulu voir les émeutes de trop près. Ne t'approche pas des troubles, lui avait pourtant dit son père, mais il a dix-neuf ans, il est un jeune chien fou, il veut toucher les choses du doigt, sentir la colère populaire contre le coup d'État, les manifestations, les cris, les pillages, les barricades en flammes." Révélation : Édouard Manet (1832-1883) ne serait pas seulement le peintre inventeur de la modernité, il aurait aussi créé dans ses tableaux des centaines d'hommes et de femmes parfaitement vivants et dépositaires d'un grand secret sur eux-mêmes.
"Son heure semble arrivée. Soudain la mort surgit au loin, elle fond sur lui au galop, elle l'atteindra bientôt. C'est une charge de cavalerie qui remonte toute la rue. Manet a voulu voir les émeutes de trop près. Ne t'approche pas des troubles, lui avait pourtant dit son père, mais il a dix-neuf ans, il est un jeune chien fou, il veut toucher les choses du doigt, sentir la colère populaire contre le coup d'État, les manifestations, les cris, les pillages, les barricades en flammes." Révélation : Édouard Manet (1832-1883) ne serait pas seulement le peintre inventeur de la modernité, il aurait aussi créé dans ses tableaux des centaines d'hommes et de femmes parfaitement vivants et dépositaires d'un grand secret sur eux-mêmes.
"Dans l'Évangile qui porte son nom, saint Matthieu pose l'équation : "Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus." Quelque vingt siècles plus tard, un écrivain français si peu français la retourne : "Très peu d'appelés, encore moins d'élus." Jack Kerouac, plus criminel encore peut-être, retourne le retournement : "Car beaucoup sont élus, mais peu sont venus." C'est dans ces Journaux de bord - tenus entre 1947 et 1954, publiés aux États-Unis en 2004 et accueillis avec une indifférence qui tentait vainement d'être à la hauteur de ce crime discret contre l'humanité - que Jack Kerouac a élaboré, dans le secret absolu, sa formule. Ses amis jaloux à l'époque, ses lecteurs distraits par la suite, ses cinéphiles hébétés d'aujourd'hui le croyaient sur la route. Cette proposition baroque, irrégulière, requiert désormais toute notre attention. Lisons." Pierre Guglielmina.
"Dans l'Évangile qui porte son nom, saint Matthieu pose l'équation : "Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus." Quelque vingt siècles plus tard, un écrivain français si peu français la retourne : "Très peu d'appelés, encore moins d'élus." Jack Kerouac, plus criminel encore peut-être, retourne le retournement : "Car beaucoup sont élus, mais peu sont venus." C'est dans ces Journaux de bord - tenus entre 1947 et 1954, publiés aux États-Unis en 2004 et accueillis avec une indifférence qui tentait vainement d'être à la hauteur de ce crime discret contre l'humanité - que Jack Kerouac a élaboré, dans le secret absolu, sa formule. Ses amis jaloux à l'époque, ses lecteurs distraits par la suite, ses cinéphiles hébétés d'aujourd'hui le croyaient sur la route. Cette proposition baroque, irrégulière, requiert désormais toute notre attention. Lisons." Pierre Guglielmina.
Partout sur la terre de Fukushima, à deux pas des habitations, parfois cachés par un simple rideau d'arbres, de grands sacs noirs s'entassent, remplis de déchets radioactifs - branches, herbes, fleurs, poussière... -, montrant au voyageur stupéfait une image tangible de ce qu'on pourrait appeler la poubellification du monde, ou l'avenir programmé de notre planète. Plus loin, des milliers de réservoirs bleus, de réservoirs blancs, de réservoirs gris : aujourd'hui, et pour des dizaines d'années encore, on refroidit en permanence la centrale en l'aspergeant d'eau. Au contact des réacteurs, l'eau utilisée devient immédiatement radioactive : des centaines de cuves stockent plus d'un million de tonnes d'eau contaminée. Chaque année, le paysage s'obstrue davantage et l'espace de stockage arrivera à saturation en 2022. Pour résoudre le problème, ou plutôt l'évacuer, des experts commissionnés par le gouvernement recommandent purement et simplement de les vider dans la mer. Notre ami l'atome est la transposition de trois films écrits par Michaël Ferrier et réalisés par Kenichi Watanabe : Le Monde après Fukushima, 2013, Terres nucléaires, une histoire du plutonium, 2015, Notre ami l'atome, 2020.
Partout sur la terre de Fukushima, à deux pas des habitations, parfois cachés par un simple rideau d'arbres, de grands sacs noirs s'entassent, remplis de déchets radioactifs - branches, herbes, fleurs, poussière... -, montrant au voyageur stupéfait une image tangible de ce qu'on pourrait appeler la poubellification du monde, ou l'avenir programmé de notre planète. Plus loin, des milliers de réservoirs bleus, de réservoirs blancs, de réservoirs gris : aujourd'hui, et pour des dizaines d'années encore, on refroidit en permanence la centrale en l'aspergeant d'eau. Au contact des réacteurs, l'eau utilisée devient immédiatement radioactive : des centaines de cuves stockent plus d'un million de tonnes d'eau contaminée. Chaque année, le paysage s'obstrue davantage et l'espace de stockage arrivera à saturation en 2022. Pour résoudre le problème, ou plutôt l'évacuer, des experts commissionnés par le gouvernement recommandent purement et simplement de les vider dans la mer. Notre ami l'atome est la transposition de trois films écrits par Michaël Ferrier et réalisés par Kenichi Watanabe : Le Monde après Fukushima, 2013, Terres nucléaires, une histoire du plutonium, 2015, Notre ami l'atome, 2020.
Chacune de ces petites histoires entend conduire le lecteur à un moment de perception (ou de sentiment) de l'infini. Pour cette raison, elles sont plutôt courtes, car l'infini doit apparaître par surprise. Peut-être même abruptement. Le lecteur doit y être poussé comme au bord d'un précipice qu'il n'aurait pas vu venir, et qu'il ne découvre qu'en y tombant. A. F.
Chacune de ces petites histoires entend conduire le lecteur à un moment de perception (ou de sentiment) de l'infini. Pour cette raison, elles sont plutôt courtes, car l'infini doit apparaître par surprise. Peut-être même abruptement. Le lecteur doit y être poussé comme au bord d'un précipice qu'il n'aurait pas vu venir, et qu'il ne découvre qu'en y tombant. A. F.
Le jour de Noël, au petit matin, le narrateur, qui achève un essai consacré aux métamorphoses chez Franz Kafka et Philip Roth, se réveille dans son lit d'enfant transformé en phallus géant. Sa mère, rendue hystérique par cette découverte, s'effondre ; sa famille, alertée, se rassemble à son chevet et s'interroge sur la marche à suivre. Tous s'accordent à dire que le narrateur a tout fait pour, encore une fois, gâcher la fête de Noël. Le roman devient alors un huis clos agité, une circonvolution axée sur la question du familialisme à l'époque moderne.
Le jour de Noël, au petit matin, le narrateur, qui achève un essai consacré aux métamorphoses chez Franz Kafka et Philip Roth, se réveille dans son lit d'enfant transformé en phallus géant. Sa mère, rendue hystérique par cette découverte, s'effondre ; sa famille, alertée, se rassemble à son chevet et s'interroge sur la marche à suivre. Tous s'accordent à dire que le narrateur a tout fait pour, encore une fois, gâcher la fête de Noël. Le roman devient alors un huis clos agité, une circonvolution axée sur la question du familialisme à l'époque moderne.
Le 29 juillet 2010, à Zurich, Michèle Causse, théoricienne féministe et traductrice, a choisi de dénaître en mourant par suicide assisté le jour de son anniversaire. Se pourrait-il qu'existe un lien entre sa mort et celle du personnage du livre Bartleby le scribe qu'elle avait traduit en français ? Telle est la question qui travaille le narrateur, un étudiant en théologie qui commence à bien connaître les Évangiles, où il a lu cette phrase : Cherchez et vous trouverez.
Le 29 juillet 2010, à Zurich, Michèle Causse, théoricienne féministe et traductrice, a choisi de dénaître en mourant par suicide assisté le jour de son anniversaire. Se pourrait-il qu'existe un lien entre sa mort et celle du personnage du livre Bartleby le scribe qu'elle avait traduit en français ? Telle est la question qui travaille le narrateur, un étudiant en théologie qui commence à bien connaître les Évangiles, où il a lu cette phrase : Cherchez et vous trouverez.