Histoire du Christianisme
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D'origine syro-libanaise, sujette de l'Empire ottoman, Mariam Bawardi, plus connue sous son nom en religion Marie de Jésus Crucifié (1846-1878) a été canonisée en 2015. Orpheline très tôt, elle est amenée en France où elle passe près du tiers de sa brève existence. Catholique grecque melkite, elle est sensible à l'évolution de l'Église, marquée par le premier concile du Vatican, puis par l'annexion des États pontificaux qui met un terme au pouvoir temporel du pape. Simple soeur converse, elle participe à la fondation du premier carmel féminin en Inde et est à l'origine de celle du couvent de Bethléem, où elle mourra. Dotée de grâces extraordinaires d'ordre charismatique, elle est une figure majeure de la mystique du xixe siècle. Sa spiritualité, à bien des égards novatrice, anticipe d'une génération la petite voie d'enfance de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et met l'accent sur la miséricorde divine et la dévotion au Saint Esprit, alors peu familières aux catholiques.Par bien des aspects, elle préfigure le catholicisme d'après Vatican II et illustre d'avance les grandes lignes du pontificat du pape François.Historien, Joachim Bouflet s'est spécialisé dans l'étude de la spiritualité. Il est l'auteur de diverses biographies dont Marthe Robin : le Verdict et récemment d'un Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie.
Antoine, universellement vénéré, garde encore des secrets. De grands mystiques ont su l'approcher, comme Thérèse d'Avila, qui voit dans l'enfant qu'il porte dans ses bras « la porte qui donne accès à la Bonté et à la Majesté de Dieu » François de Sales, pour qui « saint Antoine de Padoue, dans sa vie et dans sa mort, "a parlé avec son Sauveur" » ou la petite Thérèse en qui le cardinal Poupard, en 1987, à l'occasion du centenaire de son pèlerinage à Padoue, découvrait de profondes analogies avec Antoine : une vie courte, pleine aux yeux de Dieu, une enfance spirituelle, un esprit missionnaire, un titre de Docteur de l'Église, un enracinement dans la piété populaire.En nos temps d'épidémies, physiques et surtout spirituelles, l'esprit d'enfance reste le chemin privilégié pour la recherche d'une parole vraie, d'un regard sans malice, d'une confiance sans arrière-pensée. Rare, ardu, comme celui de la croix, mais possible comme il le fut pour ceux qui se sont faits petits pour le Royaume, ce chemin est le seul qui puisse, encore, redonner un sens à notre vie.Valentin Strappazzon, Franciscain conventuel, directeur, pendant quarante ans, du Messager de saint Antoine, a publié aux Éditions du Cerf la version française intégrale et l'index analytique des Sermons de saint Antoine et une biographie, Antoine de Padoue, une vie.
Les frères Philippe resteront comme les promoteurs d'abus sexuels au sein des communautés qu'ils ont créées, l'Arche et Saint-Jean. Ils étaient initialement issus de l'Ordre dominicain. En instituant une commission indépendante, la Province de France a voulu rendre vérité et justice aux victimes. Voici le rapport libre, intègre et intégral, de ces historiens. Des enquêtes, qu'elles soient le fait de journalistes, d'associations ou d'institutions ecclésiales, ont fait connaître pour les dénoncer les agissements abusifs de Thomas et Marie-Dominique Philippe, frères de sang et de religion. Ces révélations ont ébranlé les fondations dont ils étaient les figures tutélaires, l'Arche pour le premier, la communauté Saint-Jean pour le second. Elles ont aussi profondément questionné l'Ordre dominicain dont tous deux étaient issus. Le 30 janvier 2020, le frère Nicolas Tixier, provincial de France, m'a demandé, par une lettre de mission, de constituer une commission historique " chargée de faire toute la lumière " sur cette affaire pour " notamment permettre de préciser le rôle de l'institution dominicaine dans son traitement depuis l'origine ". Le travail, conduit sur trois années, a été mené en toute indépendance. La commission a défini seule sa perspective de recherche, sa méthodologie, ses lieux d'investigation, les témoins à rencontrer. Les archivistes dominicains à Paris et à Rome se sont mis à sa disposition sans s'immiscer, à aucun moment, dans le travail des chercheurs. Aucun religieux dominicain n'a, à aucun moment, formulé la moindre directive, ni même été tenu au courant du travail en cours et de ses résultats. Le rapport remis au provincial, dont je suis l'auteur, n'a pas été revu par lui avant publication. Le voici. T. C.