Correspondance
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Voici réunies les lettres qu'échangèrent de 1759 à 1778 la marquise du Deffand et Voltaire, ces amis de longue date, ces deux grandes figures du scepticisme et de la liberté d'esprit du siècle des Lumières. Voltaire s'y montre un vieillard faussement modeste, « mort et enterré entre les Alpes et le mont Jura ». Et la Marquise de conclure en faveur de « l'immortalité de l'âme », en voyant ce mort si vivant !... Un échange épistolaire éblouissant, plein de saveur, d'élégance, de facétie et de vie.
Après les éditions complètes des Nouvelles et des Chroniques, voici celle de la Correspondance de Clarice Lispector qui réunit pour la première fois en un seul volume près de 300 lettres, dont plus de 70 inédites, de l'une des plus grandes écrivaines de son temps. Elles parcourent quatre décennies (1940-1977) et offrent une vision d'ensemble de la vie privée et littéraire de Clarice Lispector. Dans ses lettres à sa famille et à ses amis, l'autrice exprime la quotidienneté d'une existence d'expatriée, d'épouse et de mère attentive... Il y a aussi les lettres adressées à un deuxième cercle, celui de ses amitiés littéraires. On découvrira ici un nombre conséquent de destinataires contemporains de Clarice Lispector, qui ont illustré la vie littéraire brésilienne très brillante de l'époque (João Cabral de Melo Neto, Fernando Sabino, ou encore Rubem Braga...). Enfin, il y a les lettres professionnelles, où on la voit se préoccuper du sort de ses oeuvres. Dans un registre encore plus intime que celui qu'elle emploie dans ses chroniques, c'est toujours la même finesse d'esprit, le même sens de l'humour et la même délicatesse qui laissent entrevoir l'être humain derrière ses chefs-d'oeuvre. En ce qu'il révèle de la personne qu'était Clarice Lispector, cet ouvrage vient compléter le cycle de publication de ses oeuvres par les éditions des femmes-Antoinette Fouque et constitue une pièce essentielle du puzzle claricien.
« Elle avait à peine vingt-quatre ans. Née en 1920, elle avait déjà vécu, en l'espace de dix-huit mois, son plus grand amour, publié un mythique premier roman, était devenue citoyenne brésilienne, s'était mariée, avait entamé à Belém un long destin de femme de diplomate, élaboré un second roman, - lorsqu'elle rencontra à Rio, au printemps 1944, entre deux voyages, celui qui allait devenir l'interlocuteur de cette correspondance. Laquelle fut publiée par ses propres soins, plus de vingt ans après la disparition de la fulgurante étoile demeurée « près de son coeur ». Ce titre a été inventé par Fernando Sabino lui-même en hommage au premier livre de Clarice, qui avait illuminé sa vie comme celle de toute sa génération - la plus riche produite à ce jour par la littérature brésilienne. Ce livre, Près du coeur sauvage, Fernando Sabino l'avait reçu chez lui, dans le Minas Gerais, en décembre 1943, par un hasard qu'il ne s'expliqua jamais. Mais ce ne fut pas un hasard si un ami commun, plus âgé, le journaliste diplomate Rubem Braga, prit l'initiative tutélaire, six mois plus tard, de présenter l'un à l'autre ce jeune écrivain séduisant et cette sublime créature surgie comme un « ouragan » (B. Moser). De cette première et brève mise en présence (Clarice était en partance pour l'Italie), nous n'avons conservé aucun témoignage, mais nous n'en avons guère besoin : cette Correspondance en fut le résultat. Deux dates la bornent : avril 1946 et janvier 1969, précieuses, mais insuffisantes pour mesurer l'étendue qu'a dû parcourir, jusqu'à la disparition de Clarice, en 1977, l'amitié de deux êtres d'une pareille qualité. Car telle est l'infirmité de toute correspondance, qu'elle ne peut exister que lorsque les épistoliers sont séparés... » Didier Lamaison, traducteur « Nous échangions sur tout. Nous nous soumettions nos travaux respectifs. Ensemble nous reformulions nos valeurs et découvrions le monde, ivres de notre jeunesse. Ce qui réunissait deux jeunes gens « près du coeur sauvage de la vie », c'était plus que leur passion pour la littérature ou, inavouée, l'un pour l'autre : ce qui transpire dans nos lettres, c'est une sorte de pacte secret entre nous deux, dans une solidarité face à l'énigme que nous réservait l'avenir quant à notre destin d'écrivains. » Fernando Sabino
« Elle avait à peine vingt-quatre ans. Née en 1920, elle avait déjà vécu, en l'espace de dix-huit mois, son plus grand amour, publié un mythique premier roman, était devenue citoyenne brésilienne, s'était mariée, avait entamé à Belém un long destin de femme de diplomate, élaboré un second roman, - lorsqu'elle rencontra à Rio, au printemps 1944, entre deux voyages, celui qui allait devenir l'interlocuteur de cette correspondance. Laquelle fut publiée par ses propres soins, plus de vingt ans après la disparition de la fulgurante étoile demeurée « près de son coeur ». Ce titre a été inventé par Fernando Sabino lui-même en hommage au premier livre de Clarice, qui avait illuminé sa vie comme celle de toute sa génération - la plus riche produite à ce jour par la littérature brésilienne. Ce livre, Près du coeur sauvage, Fernando Sabino l'avait reçu chez lui, dans le Minas Gerais, en décembre 1943, par un hasard qu'il ne s'expliqua jamais. Mais ce ne fut pas un hasard si un ami commun, plus âgé, le journaliste diplomate Rubem Braga, prit l'initiative tutélaire, six mois plus tard, de présenter l'un à l'autre ce jeune écrivain séduisant et cette sublime créature surgie comme un « ouragan » (B. Moser). De cette première et brève mise en présence (Clarice était en partance pour l'Italie), nous n'avons conservé aucun témoignage, mais nous n'en avons guère besoin : cette Correspondance en fut le résultat. Deux dates la bornent : avril 1946 et janvier 1969, précieuses, mais insuffisantes pour mesurer l'étendue qu'a dû parcourir, jusqu'à la disparition de Clarice, en 1977, l'amitié de deux êtres d'une pareille qualité. Car telle est l'infirmité de toute correspondance, qu'elle ne peut exister que lorsque les épistoliers sont séparés... » Didier Lamaison, traducteur « Nous échangions sur tout. Nous nous soumettions nos travaux respectifs. Ensemble nous reformulions nos valeurs et découvrions le monde, ivres de notre jeunesse. Ce qui réunissait deux jeunes gens « près du coeur sauvage de la vie », c'était plus que leur passion pour la littérature ou, inavouée, l'un pour l'autre : ce qui transpire dans nos lettres, c'est une sorte de pacte secret entre nous deux, dans une solidarité face à l'énigme que nous réservait l'avenir quant à notre destin d'écrivains. » Fernando Sabino
Les lettres publiées ici ont été écrites dès 1940, alors que Clarice Lispector n'a que 20 ans et n'a pas encore publié son premier roman Près du coeur sauvage qui marquera pour la critique la naissance d'une grande écrivaine. À partir de 1944, Clarice Lispector accompagne son mari diplomate dans ses différentes affectations et vit quinze ans loin du Brésil et de ses soeurs, Elisa et Tania, auxquelles la lie une affection intense. Elle entretient avec elles une correspondance haletante, vitale. Plus de 120 lettres furent choisies et publiées en 2007 au Brésil (éditions Rocco) et sont enfin accessibles au public français. De Belém (1944) à Washington (1956), en passant par Naples (1945), Berne (1946), Paris (1947), Torquay (1950), nous accompagnons donc le quotidien de Clarice Lispector dans sa longue odyssée, que nourrit immanquablement une nostalgie irrémédiable. Fazenda Vila Rica, État de Rio, janvier 1942. « Hello, ma grande chérie : ... Je vis en attente d'inspiration avec une avidité qui ne me donne pas relâche. J'en suis même arrivée à la conclusion qu'écrire est la chose que je désire le plus au monde, plus même que l'amour. J'ai reçu des lettres formidables de Maury. Nous avons eu une dispute parce qu'il a interprété comme littéraire une lettre que je lui ai envoyée. Tu sais que c'est la chose du monde qui m'offense le plus. Je veux une vie-vie et c'est pour cela que je veux faire de la littérature un bloc à part. »
Les lettres publiées ici ont été écrites dès 1940, alors que Clarice Lispector n'a que 20 ans et n'a pas encore publié son premier roman Près du coeur sauvage qui marquera pour la critique la naissance d'une grande écrivaine. À partir de 1944, Clarice Lispector accompagne son mari diplomate dans ses différentes affectations et vit quinze ans loin du Brésil et de ses soeurs, Elisa et Tania, auxquelles la lie une affection intense. Elle entretient avec elles une correspondance haletante, vitale. Plus de 120 lettres furent choisies et publiées en 2007 au Brésil (éditions Rocco) et sont enfin accessibles au public français. De Belém (1944) à Washington (1956), en passant par Naples (1945), Berne (1946), Paris (1947), Torquay (1950), nous accompagnons donc le quotidien de Clarice Lispector dans sa longue odyssée, que nourrit immanquablement une nostalgie irrémédiable. Fazenda Vila Rica, État de Rio, janvier 1942. « Hello, ma grande chérie : ... Je vis en attente d'inspiration avec une avidité qui ne me donne pas relâche. J'en suis même arrivée à la conclusion qu'écrire est la chose que je désire le plus au monde, plus même que l'amour. J'ai reçu des lettres formidables de Maury. Nous avons eu une dispute parce qu'il a interprété comme littéraire une lettre que je lui ai envoyée. Tu sais que c'est la chose du monde qui m'offense le plus. Je veux une vie-vie et c'est pour cela que je veux faire de la littérature un bloc à part. »