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Au début des années 1990, en marge de ses propres recherches, Patrick Tort découvre que les États-Unis, par le truchement de leurs fondations philanthropiques, ont financé le nazisme avant de le combattre. Dans cet essai, il montre comment leur puissance s'est construite sur l'intégration des productions de l'Angleterre victorienne (le « darwinisme social », l'individualisme libéral, l'impérialisme et ses justifications raciales, l'eugénisme auto-protecteur des dominants) au sein desquelles Hitler, dès la rédaction de Mein Kampf, put largement effectuer ses choix. S'appuyant sur les ressources de l'histoire politique, de l'analyse textuelle, de la psychologie sociale et de la psychanalyse, l'auteur conduit une réévaluation critique rigoureuse des usages contemporains de la notion de totalitarisme. Il met en évidence la manière dont les États-Unis ont fabriqué, grâce à la propagande politique, la publicité commerciale, la psychologie des foules et les technologies de l'influence, un nouveau totalitarisme euphorisant et consensuel dont l'effort permanent consiste à occulter sa propre violence sous le vêtement de la « liberté ».
En retraçant la genèse de l'individualisme moderne, Mark Hunyadi développe la profondeur historique du problème de la confiance, ainsi que la raison philosophique pour laquelle ce thème - pourtant unanimement reconnu comme essentiel - a été largement négligé dans la littérature philosophique. Au fil de nombreux exemples, il montre que la confiance est relation au monde, avant d'être relation au risque, de nature essentiellement économique. L'emprise du numérique sur nos existences a pour effet d'éliminer tendanciellement les relations de confiance, au profit de relations sécurisées. Ce phénomène dessine l'horizon d'une société automatique, d'où sont chassées les relations naturelles de confiance qui nous lient au monde - aux objets, aux autres, aux institutions. À partir d'un exposé d'une grande clarté sur la théorie de la confiance qu'il a été le premier à formuler, Mark Hunyadi pose un diagnostic philosophique sur la source des crises que nous devons affronter et offre un outil critique permettant d'entrevoir les alternatives possibles.
Au-delà des idées et théories, ce livre donne à voir les visages divers et concrets que prennent les résistances en cours, radicalités puissantes et transformatrices qui émergent partout sur le globe. Ce nouveau monde s'ancre à bas bruit partout dans les villes et campagnes : des myriades d'alternatives radicales démocratiques, écologiques, solidaires bouillonnent. Dans l'alimentation, l'éducation, l'énergie, les manières d'habiter, de voyager, de se soigner, de prendre des décisions, d'entrer en relation... Dans tous les multiples aspects qui font nos vies, des mondes s'inventent, basés sur la coopération, l'empathie et le refus des dominations. Ces utopies concrètes tissent d'autres relations avec le vivant, hors des logiques de prédation. Elles fabriquent du commun : des lisières de Dijon et de Nantes jusqu'à Santiago au Chili, du Marais poitevin jusqu'au fleuve Maroni en Guyane, de la Seine-Saint-Denis jusqu'au Nord-Est de la Syrie... Entre utopies concrètes, luttes radicales, transformations institutionnelles : les chemins ouverts par toutes ces expériences font la démonstration en actes que d'autres mondes sont encore possibles. La Fondation Danielle Mitterrand, créée en 1986, oeuvre à la construction d'alternatives démocratiques, solidaires et écologiques face à un modèle prédateur pour la planète et préjudiciable pour les droits humains. Avec la participation de représentant.es de collectifs et de réseaux de la société civile qui construisent au quotidien ces alternatives, bâtisseuses et bâtisseurs d'utopies concrètes - mais aussi des penseur.ses de la transformation.