brigade mondaine
Debout, le visage aussi inexpressif qu'un masque, se tenait une femme blonde. Un corset baleiné noir et lacé dans le dos la serrait à l'étouffer. Dans sa main droite, elle tenait un petit objet vert qui montait et descendait avec une précision diabolique vers l'homme, entravé sur un lit près d'elle. Un yoyo. Un simple yoyo. Avec quatre lames de rasoir collées à l'intérieur...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
L'Allemand fit claquer ses bottes noires et s'approcha de Christine, nue sur sa croix. D'un geste mécanique, il passa sa main sur le corps meurtri de la jeune Française. - Dommage que tu ne sois pas blonde, tu aurais fait une merveilleuse recrue. Tu vas subir ta dernière épreuve, comme toutes celles de ta race. Pour le nouveau Reich !
Téreza contempla dans la glace son corps juvénile avec une jouissance non dissimulée, un bras replié sur la poitrine, tordant sa taille pour mieux scruter le galbe de ses reins. Madame Brozek soupira : - Tu ne sens rien ? La jeune prostituée haussa les épaules. - Rien du tout, c'est incroyable, non ? je pourrai presque me balader comme ça sans même y penser. Et pourtant, Téreza portait maintenant dans son ventre un objet qui signifiait la mort d'un homme. Et elle le savait...
Saluée par les flashes des journalistes et par un tonnerre d'applaudissements, Nadia exécuta une révérence parfaite sur le podium. Tendant son visage radieux vers la lumière, elle vit la main trop tard. Un liquide lui brûla atrocement les yeux. Du vitriol. Dans la salle, un parfum à base d'orange et de lavande se diffusait. Celui de la Dame en gris...
Du canal en bas leur parvenait la musique stridente du Carnaval. Venise... devenue pour un jour le lupanar de l'Europe ! Il y eut un déclic, la ceinture desserra son étreinte et Marie-Claire fut inondée par les délices de sa liberté retrouvée. Brutalement, la main du prince s'enfourna dans son ventre. Elle se tendit, crucifiée sur le marbre.
Les vêtements arrachés, ses seins blancs écrasés dans l'herbe humide du terrain de golf, Eliane rampait vers la haute silhouette qui la dominait - Avant de me tuer, donne-moi au moins du plaisir, supplia-t-elle en s'offrant. Le club se leva lentement, brillant dans le soleil - Non, non ! hurla-t-elle dans un sanglot.
Ses mains gantées sur le volant de noyer, Ivan Sadov conduisait lentement la Rolls à l'intérieur de la Grande Réserve. Au claquement sec derrière eux, de la grille qui se refermait, le coeur de Charlotte se serra. Encore quelques instants... Puis, ils pénétrèrent dans un enclos où l'odeur était insupportable.
Sur l'écran se déroulait la séquence filmée à peine un quart d'heure plus tôt. Devant l'unique spectateur, athlète, aux cheveux de lin, Marie-Martine Parker et Tagore se livraient, en gros plan, à une scène d'amour démente. Philippe Delvau faisait partie d'une catégorie très spéciale de voyeurs...
Le gardian s'approcha de Lulu, déjà installée su le lit. - Tu te souviens du type qui t'a raccompagnée l'autre soir ? demanda-t-il d'un ton faussement indifférent. - Oui. Un client de Julia. Il voulait la revoir... Le regard de l'homme noircit. Ainsi Lulu avait marché dans la combine du flic, dé
Le corps offert, ses cheveux d'ange en une auréole lumineuse sur l'oreiller, Évelyne gisait inconsciente sur son lit. Le regard fou de l'Égyptien ne parvint pas à se détacher de sa victime. Brusquement, une douleur atroce lui traversa l'épaule. Une main poilue le projeta en arrière. - Sibha ! ordonna le géant. Elle est sacrée. Elle appartient au Pharaon. C'est elle qui lui donne l'Immortalité.
Les murs de la chambre étaient capitonnés comme la porte. Il y avait des doubles vitres à la fenêtre. - Du dehors on entend rien de ce qui se passe ici, expliqua Marc Loiseau, en décrochant une cravache. A poil et vite ! La secrétaire se déshabilla en tremblant. Elle ne pouvait pas se permettre de désobéir à monsieur Loiseau. C'était son patron.
Ling, cambrée, la poitrine fabuleuse, n'avait plus sur elle qu'un collier de jade lourd enroulé plusieurs fois. Elle dénoua son chignon et se mit à aller et venir devant Boris. Soudain, une silhouette surgit en pleine lumiere. C'était l'homme à l'oeil de verre.
Terrorisée, Ingrid gardait les yeux fermés. Une poutrelle lui sciait atrocement le ventre, ses jambes pendaient dans le vide, soixante mètres au-dessus du sol. La voix du bourreau lui parvint dure, tendue : - Rampe ! Sous ses paupières closes, Ingrid eut le sentiment que la Tour Eiffel était prise de folie et qu'elle tournait autour d'elle à une vitesse vertigineuse...
Ses yeux ne s'allumaient que pour deux choses. Le meurtre. Et l'amour. Le prisonnier avança la bouche vers les lèvres gonflées de Jane et ses mains se mirent à pétrir le corps souple et tiède qui se laissait faire avec un total abandon. Il était qu'aucune violence ne lui tirerait le moindre mot. Le gardien, témoin paralysé de la scène, le savait mieux que quiconque.
Des yeux très noirs, étrangement brillants dans une face de hibou, suivaient minutieusement la scène. L'homme, un quadragénaire, suait à grosses gouttes. Sa main, dans sa poche, se crispa autour d'un long poinçon effilé. Une alène de cordonnier.
Le Scania d'Alfred Desiderio approchait la frontière italienne. Puissant et tranquille, semblable à des milliers d'autres camions. Mais sa remorque avait un double fond et dans l'habitacle minuscule, camouflé derrière des amoncellements de matériel hi-fi et vidéo, quatre filles endormies depuis le départ de Paris...
Les huit filles se dévoilaient au regard de Marcel. Toutes absolument nues, elles étaient mieux que jolies. Immobiles, statues de chair offerte. - Geneviève! Docilement la fille s'avança, les joues rosies. Alors, avant d'ouvrir le dossier, Marcel la fit tourner lentement sur elle-même.
La vieille machine à imprimer haletait sèchement, comme si elle avait des difficultés de respiration. Dans la lumière venue de l'atelier, les reins d'une fille renversée sur une poubelle se bombaient par saccades. Nus... Waller Capuccino prit une inspiration et se rua en avant. La fille se mit à gémir. Exactement au même rythme que la machine.
Les dossiers Brigade mondaine de cette collection sont fondés sur des éléments absolument authentiques. Toutefois, pour les révéler au public, nous avons dû modifier les notions de temps et de lieu ainsi que les noms des personnages. Par conséquent, toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait totalement involontaire et ne relèverait que du hasard...
Le célèbre chef d'orchestre tressaillit violemment au moment où Estelle poussa son long gémissement, de plaisir. Il ferma les yeux, submergé par une excitation sauvage. Cette voix de femme, chantant, modulaire son désir, le plongeait dans une ivresse inouïe. C'était celle qu'il cherchait depuis des années, celle dont il avait tant besoin pour composer sa grande Symphonie Érotique. Le musicien fixa longuement Estelle à travers la glace sans tain. Elle était en sa possession, à tout jamais...
Jamais elle n'aurait imaginé se voir accueillir par un quadragénaire déculotté. Surtout par quelqu'un d'aussi timide et complexé que son voisin. Elle rit et s'avança, tranquille. - Alors pépé, fit-elle en se cambrant, c'était donc ça. Je vous fais peur ? C'était juste ce qu'il ne fallait pas dire et elle le comprit instantanément.
Lentement, Odile fit glisser son vison sur l'épaisse moquette de la suite luxueuse. Son client la fascinait. Avec tous ces dollars dans une mallette ouverte à quelques pas... Il lui tendit une coupe de champagne. La voix de l'homme se fit rauque, impatiente : - Alors, belle panthère, ce soir, c'est le grand jeu ?
Plus les années passaient, plus Gilbert Marinier était dévoré de pensées libidineuses. Et jamais assouvies : en bon Nantais de souche, il avait reçu une éducation catholique poussée. Résultat : le sens du péché le minait, et il séchait sur pied, en butte à des insomnies tenaces et brûlantes.
Nancy, casquée et bottée, fit rugir les cylindres de sa Kawasaki. Les choses sérieuses commençaient. La jeune femme qui servait de gibier eut juste le temps de se retourner pour voir la moto qui fonçait sur elle. Tétanisée, elle ne put faire un mouvement. Et une panique viscérale l'envahit.
"...Nimba avança lentement dans la grande salle des cérémonies. À la lueur des bougies, ses yeux paraissaient démesurément grands, hallucinés. Elle parcourut les quelques mètres qui séparaient du Marabout. Soeur, fit le maître, en promenant son regard aigu sur le corps nu de la jeune femme. J'ai consulté les génies des montagnes, ils réclament ta juste punition..."
Boris faisait un effort surhumain pour continuer à jouer l'aveugle. Ne se démasquer à aucun prix. L'aphrodisiaque agissait déjà sur ses sens avec une puissance prodigieuse. Devant lui, les trois femmes arrachaient leurs vêtements, déchaînées. Elles se jetèrent sur lui toutes les trois à la fois. "Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire, quand on est flic !" soupira-t-il en recevant l'assaut.
Mireille leva vers le Notable un visage défait. Ses yeux étaient rivés à un collier au bout d'une chaîne avec un système à serrure. Doucement le Notable lui rappela qu'elle lui appartenait. Doucement, il caressa sa bouche : - Je reviendrai quand tu auras gagné dix millions dans cette chambre. Mais n'oublie pas, je serai toujours derrière cette porte...
Au volant de sa voiture, Gérard-Georges Sciller sentit une douleur aiguë lui transpercer le cerveau. Sur le canal 35 de son émetteur-récepteur Cibi la voix de sa femme poursuivait un incroyable dialogue avec un inconnu. Gérard-Georges Sciller écrasa l'accélérateur ; il lui fallait repérer la voiture du cibiste inconnu. Il fallait qu'il le tue...
"...Vous possédez ma "poupée", fit Nancy en se déshabillant. Vous avez le droit de vie et de mort sur moi. Je dois me soumettre à tout, absolument tout. Boris Corentin, muet de stupeur, la regardait faire. Tel un animal parfaitement dressé, elle s'exécutait, indifférente. Seule sa voix lancinante trahissait l'horreur qu'elle éprouvait. Quand elle eut terminé, Boris n'avait qu'une envie. Fuir cette ville où le guettait Ho Chu, maître de Hong Kong, maître des poupées... vivantes."
Ghislaine s'avança vers Boris : - Regarde, mais regarde, dit-elle. Tu n'as rien remarqué ? Boris ne bronchait pas. - Tu n'as rien vu, mais regarde, fulmina-t-elle. Boris se leva, mit un disque. - Ce que je vois, lui dit-il, c'est que tu t'es enduite de Vénitex, que ta peau est prête à craquer, que ta vie est en danger...
Gudrun rampait vers le milieu de la pièce en poussant un feulement sourd. Son long corps souple était parfaitement dénudé. A part un escarpin rouge à talon aiguille qu'elle portait encore au pied droit. L'autre était dans la main. Le sang se mit à battre plus fort dans le coeur des spectateurs. Cela faisait des semaines qu'ils attendaient ce moment...