FeniXX réédition numérique (Clancier-Guénaud)
Je gagnai le quai. Les plus moches wagons que j'aie jamais vus constituaient le train. Sales, avec des vitres cassées, puant le rebut. Vers l'avant, des soldats allemands allaient et venaient. Dans le tas, il y avait un ivrogne, le calot de travers... Soudain, un coup de sifflet retentit. Des portières claquèrent. Les soldats glapirent quelque chose dans leur langue. Le train s'étira en geignant. Il quittait la gare d'Austerlitz. Il ne devait être suivi d'aucun autre. Il était le dernier à sortir de Paris.
Découvrez le récit touchant et drôle de Maurice Toesca, qui revisite son adolescence entre le collège de Poligny et le prestigieux lycée Henri-IV.
Jérusalem, 1961. Un homme écoute la ville et note ses murmures, entre lumière et ombres, foi et désenchantement.
Découvrez l’épopée méconnue des Menier, famille visionnaire qui a marqué le XIXe siècle en bâtissant un empire industriel et social unique.
1886-1980 : revivez le combat acharné de Josette et Jean Cornec, deux instituteurs bretons qui ont marqué l’histoire du syndicalisme enseignant et de la laïcité.
Elles ont défié les océans, bravé les lois et marqué l’Histoire de leur audace : Les Femmes d’abordage révèle le destin exceptionnel de ces corsaires, flibustières et pirates oubliées.
Gaston Bachelard, philosophe de l'imaginaire et des seuils, refusait de « vivre une vie simplement humaine ». Bachelard aujourd’hui explore son œuvre et sa méthode, où la poésie et la pensée se répondent.
Et si la créativité était le langage secret de l’inconscient ? Ce livre explore, à travers le regard de psychanalystes, les liens profonds entre création artistique et symptômes psychiques.
À travers un dialogue rare, De l'écriture à la psychanalyse révèle le parcours unique d’André Berge, psychiatre et écrivain, acteur majeur de la psychanalyse française de 1945 à nos jours.
Et si la psychanalyse pouvait transformer la dynamique familiale ? Thérapie familiale psychanalytique et paradoxalité propose une approche révolutionnaire, étendant la psychanalyse au groupe familial.
Robert Hirsch ? un « enfant de l'ombre »... Michel Galabru ? un « terrien »... Maria Casarès ? une « torche »... Et si, derrière le masque de l'acteur, se profilait un type humain plus général ? Des matamores aux dominatrices, des décoratifs aux sincères, des amazones aux caméléons, Patrick de Rosbo évoque cent figures majeures du théâtre contemporain. Critique dramatique de longue date (Quotidien de Paris, Vogue, Nouvelles littéraires, Combat, etc.) et collaborateur de France-Culture (entretiens avec Henry de Montherlant, Marguerite Yourcenar), Patrick de Rosbo révèle ici la vigueur d'un style classique et emporté, dans la tradition de La Bruyère ou Saint-Simon : verve de la satire ou de l'éloge, fougue parfois incisive, toujours passionnée. Dans le tome 2 du Tarot des comédiens, l'auteur illustre les mêmes « caractères » sous forme - purement fictive cette fois - de portrait ou de nouvelle.
Monsieur le Conseiller porte beau : si fier de ses cheveux gris, ombrageant superbement un front vide de toute pensée, voilant - d'un soupçon de romantisme - un regard où la courtoisie le dispute à la ruse, et le frivole à la sévérité. Il ne connaît, en vérité, d'autre obsédant souci, que de se battre contre les aléas de la fortune, contre les outrages du temps. Des rentes, modestes mais confortables, lui donnent tout loisir d'oublier que le monde souffre et gémit. (« Les décoratifs ») Des matamores aux terriens, des dominatrices aux sincères, des bourreaux aux caméléons, Patrick de Rosbo évoque vingt et un « caractères » inspirés du théâtre, sous forme de portrait ou de nouvelle. Critique dramatique de longue date (Quotidien de Paris, Vogue, Nouvelles littéraires, Combat, etc.) et collaborateur de France-Culture (entretiens avec Henry de Montherlant, Marguerite Yourcenar), Patrick de Rosbo révèle ici la vigueur d'un style classique et emporté, dans la tradition de La Bruyère ou Saint-Simon : verve de la satire ou de l'éloge, fougue parfois incisive, toujours passionnée. Dans le tome 1 du Tarot des comédiens, Patrick de Rosbo évoque cent figures - bien réelles cette fois - du théâtre contemporain.
Theodor Reik (1888-1969) naît en Bohême, dans une famille cultivée de la petite bourgeoisie. Docteur en philosophie, il rencontre Freud à 22 ans, devient psychanalyste, et reste jusqu'à sa mort fidèle à son maître, tout en lui exprimant parfois franchement ses critiques. Freud lui manifeste une grande estime. Reik vit dans la « Vienne fin de siècle », où il rencontre Gustav Mahler, Arthur Schnitzler et bien d'autres écrivains et artistes. Le nazisme le contraint à s'expatrier, d'abord en Hollande, puis aux États-Unis. Psychanalyste « laïque », c'est-à-dire non-médecin, il ne fut pas admis comme membre titulaire de la Société psychanalytique de New York. Il fonda la National psychological Association for Psychoanalysis, qui attira bien des jeunes chercheurs. Les principaux centres d'intérêt de Reik furent, parallèlement à la psychanalyse clinique : la philosophie, la littérature et la musique. Son oeuvre, composée de 17 ouvrages et d'une centaine de communications, va de sa thèse sur "La tentation de Saint-Antoine" de Flaubert, à des études sur le mythe d'Ève, les rites religieux, Maupassant, Anatole France, le Masochisme, etc... Trop longtemps méconnu, il est temps de rendre à son oeuvre passionnante la place qu'elle mérite.
Le masque s'est approché de moi. Il puait. Il puait un parfum de femme. Il puait un parfum de femme que j'avais tenue dans mes bras, avec laquelle un jour, une nuit, j'avais fait l'amour. Qui ? Qui avais-je aimé ?... Je n'avais jamais imaginé ma mort... elle avait exactement ce visage que lui avaient donné tous les peintres du monde... Après "Matricide", Alexandre Lous nous donne, avec "Tableaux noirs", un roman policier à la limite du fantastique, dont se dégage une étrange impression de malaise.
De solides données préhistoriques et ethnologiques ainsi que des données psychanalytiques sont exploitées pour constituer une sorte de poétique de l'étoffe « Copyright Electre »
Cinq textes sur le corps « naturalisé » : mannequins, prostituées sous vitrine, rêves empaillés... Une écriture claire et ciselée, à la limite du rêve et de la réalité : l'expérience se révèle d'une inquiétante familiarité.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Caveirac gît au milieu de la bibliothèque, le visage martelé, défoncé, méconnaissable. L'assassin s'est acharné sur le cadavre avec une incroyable cruauté, comme pour lui ôter toute figure humaine. Un gros presse papier de jade, encore sanglant, a servi d'instrument au meurtrier... Lautier reconnaît le costume de Caveirac, un prince de Galles vert tendre, qui n'etait pas passé inaperçu en ville. La main gauche du juge porte la chevalière sertie d'aigues-marines qui ne le quitte jamais. Il faut tout cela pour que Lautier puisse se persuader que le pauvre corps sans visage est bien celui du magistrat, son ami...
898 proverbes égyptiens recueillis et traduits par un surréaliste cairote, grand ami de la langue française. « Copyright Electre »
Une expérience indiscutable qui utilise le jeu d'imagination, les scènes associatives spontanées (verbales ou non), un traitement efficace qui réussit là où d'autres, plus classiques, n'avaient pas abouti, c'est d'abord cela la thérapie psychanalytique de groupe pour enfants. Mais c'est aussi une observation psychanalytique fine, basée sur 10 ans de pratique, qui permet de connaître le comportement naturel des enfants et, par-delà, celui de leurs aînés : les hommes en groupe. Le chef de type mégalomaniaque dont le pouvoir s'appuie sur la fascination et sur la crainte, le chef oedipien, qui joue sur la maîtrise ou sur la séduction, ne sont-ils pas des chefs de tous les temps ? Enfin l'auteur expose une théorie cohérente sur le groupe, essentiellement basée sur l'expérience, qui enrichit encore les théories existantes. La vie psychique individuelle est-elle bâtie de la même façon que celle du groupe (du groupe familial en particulier) avec ses bons et ses mauvais objets, ses systèmes de référence, ses juges (intériorisé), ses idéaux ? Quel rôle les conventions de la vie en groupe peuvent-elles jouer ? Pour la première fois, une réponse claire est donnée à ces questions essentielles en raison des interactions constantes entre le groupe et l'individu.
Un essai sur l'amour des corridas et la génération des toreros des années soixante. « Copyright Electre »
L'intérêt des chercheurs est progressivement passé du texte au lecteur, comme jadis de l'auteur au texte. Il nous faut abandonner nos vieux modèles, et les grands mots commodes et creux dont nous drapions nos ignorances. Il est urgent de dégager et de décrire ces stratégies complexes que n'éclairent guère les théories de la communication à la mode mais qui sous-tendent les apprentissages et la reconnaissance de l'altérité ; ces dialectiques encore si mal connues où la séduction est comme une transaction confuse, où tout est à la fois voilement et dévoilement, jeu et réalité. Michel Picard
Quand Tony Veronèse, desperado solitaire du « milieu » rencontre Paul Franchi, dit « Bébé », jeune chef d'une bande de loubards de la zone, naît alors la plus étrange des associations : celle de deux « chiens fous » prêts à aller ensemble jusqu'au bout de la nuit dans leur révolte contre le monde.
Voici un nouveau livre sur la drogue et les drogués, les zonards, ceux qui voyagent et qui se shootent pour trouver l'extase. On ne peut pas toujours lire les récits de Mandalia, de Sydney Cohen ou d'Olievenstein. On ne peut pas non plus crever le dernier oeil des borgnes et les pousser sur un champ de mines. Voilà pourquoi on doit lire le livre d'Hal Armstrong avec son style, ses dialogues avec la société par paumés interposés. Pour moi qui reste très orthodoxe, son classement personnel des drogues et de leurs actions est très valable, et son lexique pour toxicos avertis est le plus complet que je connaisse. Ses descriptions sont plus précises et intéressantes que beaucoup d'autres faites par des scientifiques. Le livre d'Armstrong est de loin la meilleure analyse des bonnes intentions dont « les paradis artificiels » sont pavés. Jean Thuillier
Ce sont les voix de cinq auteurs vivants : Robert Marteau natif de Chizé, Daniel Reynaud de Barbezieux, Jean-Hugues Malineau et Jean Prasteau originaire d'Aunis. Tous quatre seront interrogés. Les écrits de Mireille Dupouy, en dehors de l'orchestre du livre qu'elle réalise avec Jean-Hugues Malineau, interviennent comme un premier regard sur un pays qu'elle découvrait, en convenance aux paroles entendues en vécues. À cette parole vivante, fait l'écho celle non moins vive quatre écrivains charentais, dont l'intimité tendre et la discrétion de l'écriture, n'ont pas encore assuré la charge écoute qu'ils méritent. Pierre Loti dont les souvenirs dans Prime Jeunesse et surtout le Roman d'un enfant sont à peu près inconnus aujourd'hui ; Eugène Fromentin, célèbre pour le seul Dominique, qui inaugure un nouvel art de la description sensible tant en peinture qu'en littérature ; et, plus près de nous, Jacques Chardonne, merveilleux prosateur que la mode a provisoirement écarté, et Jacques Delamain, l'écrivain des oiseaux presque totalement oublié même si l'on vient de rééditer son Pourquoi les oiseaux chantent. À Ruffec et Orléans, à Marencennes près de Surgères, ce sont les voix de ceux qui vivent ici quotidiennement et anonymement que nous donnons à entendre. Une autre voix parle tout au long de ces pages, c'est celle du photographe Michel Cormier, d'Aunis lui aussi. Une voix unique qui nous est d'emblée apparue nécessaire. À l'image des mots de ce livre, ses photographies ne décrivent pas mais rendent compte d'émotions, de sensations ; il ne s'agit pas de dire des lieux précis mais de montrer les éléments fondamentaux ou infimes qui nous entourent : le tamaris, le sable, le sureau, mais aussi la vase, la tôle, presque le vent et la lumière.
Ce livre raconte l'histoire du Centre Américain de Secours fondé à Marseille en août 1940 à l'instigation d'un groupe d'intellectuels libéraux d'outre-Atlantique. Son activité essentielle consistait à faire émigrer vers des pays de refuge au Nouveau Monde des écrivains, journalistes, artistes, universitaires, hommes politiques et syndicalistes antinazis qui avaient tout lieu de craindre d'être livrés aux Allemands en vertu du honteux article 19 de la Convention d'armistice du 22 juin 1940. Son fondateur, Varian Fry, a réussi à en évacuer de France plusieurs milliers - « par tous les moyens appropriés » - parmi lesquels d'éminents écrivains comme Franz Werfel, Lion Feuchtwanger, Konrad Heiden, Heinrich et Golo Mann, Arthur Koestler, Egon-Erwin Kisch. Parallèlement à l'activité propre du comité, Varian Fry et ses principaux collaborateurs (dont l'auteur) ont accueilli des hôtes dans une grande maison des environs de Marseille, le « château » Air-Bel, et ses occupants en ont fait un centre culturel cosmopolite où ont notamment habité pendant de longues périodes, en attendant une opportunité de départ, les écrivains André Breton, Victor Serge, Consuelo de Saint-Exupéry, Pierre Dac, les peintres Max Ernst et Victor Brauner. Le Comité, persécuté par les autorités vichystes et considéré comme gênant par les services diplomatiques américains, a continué, après sa fermeture par mesure de police, son activité, dans la clandestinité, jusqu'à la libération.