Revue des Deux Mondes
Mars 2026 : la Revue des Deux Mondes explore les défis de notre époque, du labyrinthe comme symbole de nos tourments intérieurs à l’analyse du djihad par le marché.
PENSER LA GUERRE L'Europe s'arme, la Russie menace, les États-Unis se désengagent. Le temps semble venu de penser la guerre, comme le propose le numéro de novembre de la Revue des Deux Mondes. Pour Charles de Gaulle, la guerre est inhérente aux sociétés, elle traduit les passions des êtres humains et leurs antagonismes naturels. Obsédé par le futur, il a toujours fait de la préparation à la guerre une priorité absolue. Le général éprouvait une forme de fascination pour la guerre non pour sa violence mais à cause de l'énergie collective, du sens authentique du devoir, de la grandeur morale d'un peuple que l'on voit dans ces moments-là. La France, longtemps protégée des guerres subies et attachée à un langage diplomatique euphémisé, redécouvre aujourd'hui, comme nous l'explique Jean-Dominique Merchet, qu'elle a de véritables ennemis - islamistes, Russie, puissances autoritaires - dans un monde redevenu tragique. Un contexte qui oblige l'Europe à renforcer d'urgence sa dissuasion nucléaire et conventionnelle pour éviter un dangereux « déficit de dissuasion ». Nouveau champ de bataille, le cyberespace est un enjeu stratégique majeur, où États et acteurs non étatiques mènent espionnage, sabotage et manipulation à grande échelle, brouillant les frontières entre guerre et paix. Brouillage aussi des mots dans le langage commun où la rhétorique guerrière est galvaudée (guerre sanitaire, guerre des prix...), réduite à sa forme incantatoire. Boualem Sansal est emprisonné depuis un an en Algérie. Triste anniversaire d'une détention arbitraire inscrite dans la continuité du despotisme et du contrôle politique en place à Alger, que nous retraçons. À lire également nos articles sur la mémoire et la spoliation des « appartements juifs » pendant la Shoah, sur les Grands Dieux de l'île de Samothrace et sur Pondichéry, ville noire, ville blanche. Bonne lecture !
Octobre 2024 : la Revue des Deux Mondes révèle les facettes méconnues de Saint-Exupéry, explore le phénomène Trump aux États-Unis et offre un regard unique sur les migrants et les onsen japonais. Un numéro riche pour comprendre notre époque.
Plongez dans le numéro de février 2024 de la Revue des Deux Mondes, où George Sand, icône féministe et littéraire, est à l’honneur.
JUSTICE ET POLITIQUE, UN COUPLE EN CRISE L'Europe est en proie au doute. Elle a mauvaise conscience, elle est tourmentée par son passé - colonialisme et nazisme. Et c'est pire encore pour la France, dont la croix est alourdie par la défaite de 1940. L'auteur du Sanglot de l'homme blanc (1983), Pascal Bruckner, analyse dans ce numéro la culpabilité qui engourdit notre continent alors qu'il doit, plus que jamais, affirmer sa puissance face à l'Amérique et à la Chine. Selon le philosophe, l'auto-flagellation et la défiance vis-à-vis du progrès nuisent à l'essor de l'Europe. Fidèle à sa ligne, malgré l'adversité de l'époque, Bruckner rejette « le déclinisme et le catastrophisme » et exhorte les jeunes à renouer avec la confiance et l'espérance. Notre dossier est consacré au couple orageux que forment politique et justice. Trop lente, trop laxiste, trop sévère : les Français adorent détester les juges. En 2013, le scandale du « Mur des cons » a prêté le flanc aux sempiternelles accusations de connivence entre pouvoir et prétoires. Ancien procureur de la République de Paris, François Molins apporte, chiffres à l'appui, les arguments d'une justice au fonctionnement démocratique, en dépit d'un cruel manque de moyens. Pour autant, politique et justice ont depuis toujours des liens : les juges des parlements ont contribué à la chute de la monarchie ; longtemps la justice a servi à l'État pour museler ses opposants ; la peine de mort a été un instrument politique et émotionnel... Outre-Atlantique, le tornade Trump souffle aussi sur les universités : sous prétexte de lutter contre l'antisémitisme et le wokisme, le président américain mène contre elles une offensive idéologique et politique. Lisez également le récit de l'essor spectaculaire de la Pologne, passée d'un pays communiste à une puissance économique et militaire mais où l'élection du nationaliste Karol Nawrocki pourrait remettre en question son ancrage européen. Bonne lecture !
L’Occident, hier modèle, aujourd’hui repoussoir : ce numéro de Revue Des Deux Mondes explore la montée de l’anti-occidentalisme à travers le monde.
Peut-on parler de l'islam en France en gardant raison ? C'est un défi. L'écrivain Kamel Daoud le résume avec acuité : « Comment, en démocratie, garder les musulmans, et même les rassurer tout en isolant les islamistes ? Tel est le pari difficile mais essentiel que la France doit relever. » Ce numéro de rentrée de la Revue des Deux Mondes espère, à sa mesure, y contribuer. Par nos lâchetés, nos petits arrangements voire notre naïveté vis-à-vis du travail de sape des fondamentalistes, nous fragilisons notre socle démocratique et républicain. Fruit d'un exotisme intellectuel, d'une profonde ignorance ou d'une histoire coloniale inassumée, il y a dans notre pays un front émollient, qui a en quelques années métamorphosé « Je suis Charlie » en « Je suis Hamas ». Des digues ont sauté les unes après les autres, jusqu'à l'émergence d'un nouvel antisémitisme auquel une fraction de la gauche extrême et légale s'est ralliée. Abdennour Bidar refuse pour autant le pessimisme. Penseur universaliste, défenseur de la laïcité, il plaide pour le dialogue entre croyants ou non-croyants malgré une époque de plus en plus communautariste, indifférente et séparatiste. Si malheureusement, pour beaucoup, la distinction entre islam et islamisme devient impossible, le philosophe soufi rappelle que le combat contre le radicalisme se gagnera aussi avec l'appui des millions de musulmans « paisibles ». L'islam est-elle une composante à part entière de l'identité française ? Son empreinte dans notre histoire est en tout cas ancienne ; les premières incursions en Gaule de musulmans date du VIIIe siècle dans le sud de la France tandis que la première mosquée est inaugurée le 14 avril 1916 à Nogent-sur-Marne, en pleine guerre ! L'édifice a été voulu par les autorités militaires alors que des dizaines de milliers de musulmans des colonies se sont engagés pour combattre dans les rangs français. Lisez aussi le récit de la vie de Pierre de Ronsard, notre poète national, trop souvent réduit à quelques vers sur la fugacité de la vie puis faites un saut dans le temps avec une interview passionnante de Bénédicte Delorme-Montini sur le rap. Musique urbaine, protestataire et souvent sulfureuse, le rap constitue une véritable culture de substitution. Bonne lecture !
Mars 2024 : la Revue des Deux Mondes explore le lien fascinant entre les chats et les humains, de l'Égypte antique à la pop culture.
Ce numéro estival de Revue des Deux Mondes passe au crible la bêtise en politique, entre satire mordante et analyse géopolitique. Un dossier OTAN et une escapade vénitienne complètent ce tour d’horizon aussi drôle qu’instructif.
LES JUIFS EN FRANCE, L'HISTOIRE OUBLIÉE Par omission, convenance ou négligence, des pans de notre histoire sont tapis dans l'ombre. Ce mois-ci, la Revue des Deux Mondes éclaire celui de la présence des juifs en France. De leur contribution depuis deux millénaires à notre chronologie nationale dont le récit oublie souvent la mention. « Or notre histoire ne peut s'écrire en faisant l'impasse sur les juifs. L'identité française s'est construite avec eux », rappelle dans son éditorial Aurélie Julia, directrice de la revue. Dans les manuels scolaires, les Hébreux au temps d'Abraham et de Moïse, l'affaire Dreyfus, Vichy et la création d'Israël constituent les quatre épisodes d'une narration parcellaire, qui tait nombre d'autres faits et personnalités majeurs. Des découvertes archéologiques ont daté au Ier siècle avant J.-C. la présence des juifs dans notre pays, dont ils furent expulsés à trois reprises en 1182, 1306 et 1394. En revanche, lors de l'époque révolutionnaire, l'Assemblée constituante adopte le 21 septembre 1791 un décret signé par Louis XVI qui émancipe tous les juifs de France et leur accorde la pleine citoyenneté. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, les juifs se sont insérés avec ferveur et loyauté dans la nation : celle-ci les trahit le 3 octobre 1940, en adoptant le « statut des juifs », prodrome d'une collaboration zélée avec la peste brune. Notre dossier s'attarde par ailleurs sur la part active prise par les juifs dans la « révolution de la vie », sur les plans à la fois biologique et éthique. D'éminents chercheurs et professeurs y ont joué un rôle pionnier, particulièrement dans les domaines de la conception et du contrôle des naissances, qu'aucun dogme ne gouverne dans la tradition juive. Lisez également Haïm Korsia raconter sa vie de rabbin, débutée à 20 ans, et pour qui le lien entre République et judaïsme se loge dans leur message commun, humaniste et universel. Retour dans ce numéro sur le drame de l'Arménie, avec Christian Makarian. Étranglée par l'Azerbaïdjan et la Turquie, le peuple arménien, victime d'un nettoyage ethnique en septembre 2023 dans le Haut-Karabakh, a subi la trahison russe. Notre série sur les femmes de la Revue des Deux Mondes rend ce mois-ci hommage à ces aventurières et écrivaines sans peur, qui dès la fin du XIXe siècle, ont couvert les guerres et les révolutions ou ont rapporté de terres lointaines des reportages au long cours. Bonne lecture !
LES DROITES CONQUÉRANTES L'Europe penche à droite. Idées claires, franc-parler, pragmatisme assumé, Giorgia Meloni incarne la droite conservatrice et souverainiste qui progresse sur notre continent. Aux commandes depuis 2022, la présidente du Conseil italien est, selon Thibault Muzergues, « un ovni dans la politique européenne », figure de proue d'un post-populisme qui respecte le cadre des institutions et table sans ambiguïté sur le clivage droite-gauche, au détriment de celui peuple-élite. Rare leader à être sortie sans éraflures des Européennes de 2024, « La Meloni » a le vent en poupe au carrefour des droites et des « establishments » européen et américain. Quid de la droite en France ? L'indigence des idées face aux mutations fondamentales du monde a brouillé les repères entre la droite et la gauche. Scrutin après scrutin, la droite française se fait « dévorer » par le Rassemblement national. L'après-Macron va ouvrir un nouveau cycle, qui pourrait être l'occasion d'un sursaut de la droite de gouvernement pour endiguer la vague populiste. À la condition toutefois d'éviter la guerre des chefs, ce qui semble pour l'heure très mal engagé. Notre dossier explique pourquoi être de droite n'est pas facile en France, pays à la tradition révolutionnaire profondément ancrée, marquée au front par l'affaire Dreyfus et la collaboration. Le numéro de mars de la Revue des Deux Mondes revient sur l'oeuvre magistrale d'Henri Michaux. Peintre, poète, écrivain, il était un artiste total habité d'une énergie créatrice permanente. Mais, « l'homme troué », toujours en lisière d'abîme, fuyait les hommages, les photos, les interviews et était aussi « l'homme qui dit non ». À lire également : un entretien fictif avec Maurice Ravel, né il y a juste 150 ans, inspiré de ses nombreux écrits, et l'histoire rocambolesque des vrais-faux manuscrits de Rimbaud. Bonne lecture !
La désinformation, arme invisible du XXIe siècle : comment fake news, IA et complotisme redessinent notre rapport à la vérité. Un numéro percutant de Revue des Deux Mondes pour décrypter les enjeux de l’information à l’ère numérique.
Ce numéro d'avril 2024 de la Revue des Deux Mondes dissèque sans concession l'essor du wokisme en France et dans le monde.
Deux génies. Y a-t-il autres mots pour qualifier Nietzsche et Pascal, qui font ce mois-ci la couverture de la Revue des Deux Mondes ? Non, tant on est pris de vertige à l'évocation de ces grands penseurs complexes, paradoxaux, aux corps abîmés par le travail et en proie au questionnement permanent. Restons humbles, ne cherchons pas à les enfermer dans des cases que leurs esprits rugissants feront voler en éclats. « Ceux qui limitent leur caractère à un ou deux traits se trompent. Si Pascal est un ascète, il aime plaisanter et rire, sa correspondance le prouve. Nietzsche n'est pas seulement le rebelle, le vorace, le violent qui transparaît dans ses écrits, il se montre attentif et doux envers ses contemporains. Les deux hommes se dérobent aux simplifications », avertit Aurélie Julia, directrice de la Revue. Parce qu'il connaît Nietzsche jusque dans ses recoins, Michel Onfray en est l'un des meilleurs pédagogues et parvient, au cours d'une longue interview, à éclairer, que l'on soit ou non béotien, la personnalité et la pensée de l'auteur de Zarathoustra. Comment percer le concept de volonté de puissance ? Pourquoi selon la dialectique nietzschéenne traverse-t-on trois temporalités du chameau, du lion et de l'enfant ? Petit-fils du Général, Yves de Gaulle retrace lui le lien entre le philosophe prussien et son grand-père « humaniste et chrétien » alors qu'a priori tout semble les éloigner : « le premier pense et détruit par la pensée ; le second ne cesse de vouloir construire par l'action (...) ». De Pascal avec qui il partage l'amour de la mathématique, Cédric Villani dresse de son côté le portrait d'un « scientifique joyeux et audacieux, qui s'inspire du monde pour définir ses problèmes ». Il nous raconte comment Blaise Pascal, dont on célèbre cette année le 400e anniversaire de la naissance, fut le premier à mettre « explicitement en calculs le hasard », ouvrant dans l'histoire des sciences le vaste champ des probabilités. Dans ce numéro de la Revue des Deux Mondes est publié pour la première fois le texte d'une conférence qu'a donnée en 1976 Julien Freund après le vote le 10 novembre 1975 d'une résolution des Nations unies assimilant le racisme au sionisme. Révoquée en 1991, cette motion fut selon le philosophe français l'instrument d'une manoeuvre de politique intérieure de la Russie et d'une manipulation des pays arabes. Lisez encore la perspective troublante qu'ouvre la transition démographique en cours dans la quasi-totalité des pays du monde. Alors que pour la première fois depuis 1960, la Chine a connu l'an dernier un repli de sa population, l'érosion à l'échelle mondiale de l'indice conjoncturel de fécondité (ICF) laisse présager avant la fin du siècle un hiver démographique aux conséquences lourdes d'incertitudes. Bonne lecture !
GRAND ENTRETIEN Jérôme Fourquet et Jean-Laurent Cassely - La France sans fard Dans La France sous nos yeux (Seuil), les auteurs dressent un panorama de notre pays aujourd'hui désindustrialisé, consumériste, américanisé, profondément divisé, en quête de lien social et de spiritualité. DOSSIER : STEFAN ZWEIG. LEÇONS DU MONDE D'HIER -> Stéphane Barsacq - Inédits : André Suarès et Stefan Zweig ou le syndrome du troisième homme Les deux hommes ont entretenu une correspondance entre 1913 et 1935 inédite à ce jour. En voici neuf lettres. -> Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent - Stefan Zweig : la nouvelle donne À partir de textes inconnus publiés chez Albin Michel, Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent modifient l'image convenue de Zweig : s'il fut pacifiste, l'auteur n' en resta pas moins extrêmement engagé. -> Eryck de Rubercy - Avec Joseph Roth : « le cordon ombilical de l'amitié » Pendant onze ans, Joseph Roth et Stefan Zweig partagèrent une profonde amitié émaillée de brouilles, de malentendus et de désaccords : le premier reprochait au second son optimisme qu' il considérait comme un aveuglement. -> Laurent Seksik - Chefs d'accusation Beaucoup ont vu dans le suicide de Zweig l'acte d'un lâche. Laurent Seksik décrit les dernières années du Viennois. Pour lui, c'est le désespoir et non la lâcheté qui le poussa à mettre un terme à sa vie. -> Klemens Renoldner - Avec l'Autriche : une relation difficile ? Zweig a cultivé des rapports compliqués avec son pays d'origine. Les effets s'en font sentir encore de nos jours auprès des Autrichiens dont les jugements sévères s'exercent souvent d'une méconnaissance de l'oeuvre, explique Klemens Renoldner. -> Et aussi : Éliette Abécassis, Sébastien Lapaque, Thierry Le Rolland, Jean-Pierre Naugrette et Jean-François Roseau. LITTÉRATURE -> Claire Castillon - Traverser la vie L'auteure de marche blanche (Gallimard, 2020) met en scène une mère tentant de préserver l'innocence de sa fille. ÉTUDES, REPORTAGES, RÉFLEXIONS -> Pierre Vermeren - L'abandon des harkis et ses usages politiques en France depuis soixante ans La reconnaissance des harkis sous la Ve République fut extrêmement lente. Pierre Vermeren en rappelle les différentes étapes et revient sur le pardon du président Macron formulé en septembre 2021.
L'humour en politique n'a jamais été aussi percutant. Ce numéro estival de la Revue des Deux Mondes révèle comment Churchill, de Gaulle, Chirac et d'autres ont utilisé l'ironie et la caricature comme armes de pouvoir.
Regarder vers la mer, s'évader sur son immensité, y puiser l'inspiration, dompter son énergie, préserver l'univers silencieux qu'elle abrite... La Revue des Deux Mondes met ce mois-ci le cap sur l'infinité des richesses et des potentiels du bleu de notre planète. Avec gouaille et tendresse, Olivier de Kersauson raconte sa longue histoire d'amour avec la mer, fougueuse et insatiable, qui lui a offert « des moments de vraie grâce, en tête-à-tête avec (ton) âme, loin des fracas du monde ». À près de 80 ans, « l'Amiral », qui a jeté l'ancre à Tahiti, demeure « émerveillable, blasé de rien et heureux ». Forte du deuxième espace marin mondial grâce à ses Outre-mer, la France est une puissance maritime, dont les fondations ont été posées par Napoléon III. Infrastructures, développement économique, flotte de commerce, Marine et conquêtes de nouveaux territoires, le legs de notre dernier Empereur est en la matière déterminant. Aujourd'hui, l'économie de la mer figure parmi les rares secteurs excédentaires de notre balance commerciale, en dépit de ports insuffisamment désenclavés et d'une pêche en berne. Créateur d'un genre, Eugène Sue fut le pionnier du roman de la mer français tandis que l'océan irrigue la plume de nos plus illustres poètes et écrivains : Chateaubriand, Baudelaire, Rimbaud...et surtout Victor Hugo, « l'homme-océan ». « J'ai eu deux affaires dans ma vie, Paris et l'Océan », dit-il à la fin de sa vie. Au Moyen-Orient, la sanglante attaque du Hamas le 7 octobre a propulsé le conflit israélo-palestinien au centre des préoccupations géopolitiques. Si sa sauvagerie a logiquement suscité la solidarité des Occidentaux avec Israël, cette agression leur a aussi rappelé que la résolution de la question palestinienne ne pourra indéfiniment être mise sous le tapis, au risque d'un embrasement régional généralisé. Faute d'avoir veillé sur sa flamme, la lumière des accords d'Oslo (1993) a disparu mais il faudra bien un jour la rallumer car les aspirations nationales d'un peuple, elles, ne s'éteignent jamais. La rengaine du « modèle allemand » est-elle passée de mode ? Oui, au regard des prévisions de croissance négative pour l'Allemagne, qui sera en 2023 la seule économie développée à enregistrer une telle contre-performance. En cause : la Chine, jadis cliente vorace, aujourd'hui puissance rivale de Berlin. Passions, espoirs, souffrances...tout le vacarme de l'humanité s'incarnait dans la voix de Maria Callas, née il y a tout juste un siècle. Cantatrice au destin cruel, consumée par le travail et l'abandon, elle siège parmi les déesses éternelles. Bonne lecture !
Le déclin de la France est-il inéluctable ? Fantasme ou réalité, le déclassement de notre pays alimente analyses et controverses alors qu'émerge un nouvel ordre mondial dans lequel la grandeur et la singularité de la France semblent s'éteindre. Marquée par la chaotique réforme des retraites puis les violentes émeutes urbaines de juin, l'actualité de ces derniers mois a fait le miel des déclinologues, déjà repus d'indicateurs économiques en berne : dégradation de la position de la France en terme de PIB par habitant, dette publique abyssale, population vieillissante ou encore érosion de la productivité. Sur la scène internationale, ce désordre intérieur est venu, comme le souligne Renaud Girard dans ce numéro, plomber la dynamique diplomatique gaullienne qu'Emmanuel Macron a voulu dès 2017 impulser à la France. Pour autant, si advient le sursaut, notre pays, riche de ressources naturelles et humaines, du second espace maritime mondial, de liens avec l'Afrique et de partenariats dans le monde musulman, peut redevenir une puissance d'équilibre. Peut-on dater le début de ce déclin national ? La Revue des Deux Mondes explore les hypothèses. À Sedan et à l'effondrement du Second Empire qu'avaient précédé un recul de la natalité et - déjà - un repli de la production industrielle. Ou bien à l'entre-deux guerres lorsque « le discours du déclin devint un tropisme incontournable au sein des élites françaises », dont la défaite de 1940 puis l'occupation furent l'apothéose tragique. D'où qu'elle vienne, cette passion triste du déclin a la peau dure, pourtant comme le proférait en 1949 le général de Gaulle : « Il n'y a nulle part (...) aucun signe d'une infériorité organique de la France par rapport à qui que ce soit ». En déclin aussi le Christianisme ? Faribole ! affirme Jean-Luc Marion, l'un de nos plus grands intellectuels, qui invite à se décentrer pour constater qu'à l'échelle du monde - et pas de l'Europe de l'Ouest - le catholicisme mondial est plus puissant qu'il ne l'a jamais été. Enfin, en ce crépuscule estival, allons flâner en compagnie de Jean-Pierre Naugrette dans les vide-greniers, repaires d'éclectiques trésors, et piochons dans les boites à livres, déclinaison de la belle tradition du Pacifique du « don et contre-don ». Bonne lecture !
LE BÊTISIER DU WOKISME Pressons-nous de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. Dans ce double numéro d'été - juillet-août - la Revue des Deux Mondes s'est inspirée de Beaumarchais pour évoquer le wokisme. Nouvelle doxa, caricature de l'antiracisme et du féminisme, ce mouvement est une source intarissable d'injonctions absurdes, de délires égalitaristes et de tyrannies comportementales ou langagières. On s'esclaffe en découvrant que les plantes et les cailloux parlent, qu'il convient de rendre « femmage » aux défuntes ou que l'accent grave est une provocation phallique. Sous la plume de Samuel Fitoussi, Sandrine Rousseau, grande prêtresse du wokisme, accède à l'Elysée en 2027, à la tête d'une République inclusive, sociale et écologique. Elle consacre ses « cent jours » à lutter contre la binarité oppressive, à pourfendre la construction sociale de l'hétérosexualité, et à promouvoir la féminisation du métier de conducteur de grue. Quant à Gérard Depardieu, Maïwenn et Frédéric Beigbeder, ils sont envoyés en camp rééducatif où malheureusement le naturel revient au galop ! « Mâles blancs hétéro cisgenres », Pascal Bruckner et Jean-François Braunstein montent au front pour étriller une contestation très occidentale de l'Occident qui abolit les complexités de l'histoire et réduit l'individu à sa communauté d'appartenance. « C'est une secte qui marche bien », affirment-ils, s'inquiétant de cet « éveillisme » qui fait florès. Foucault et Derrida, ont-ils planté les premières graines de cette entreprise de déconstruction dont la French Theory, constellation de penseurs français très influente dans les années soixante-dix, pourrait être la putative matrice ? La Revue des Deux Mondes esquisse une réponse. Indigeste le wokisme ? Pas au « Pal Toqué », nouvelle table équitable et non-binaire où rats et punaises ont leur rond de serviette, où la blanchité alimentaire est hachée menu et le consentement des animaux recueilli avant tout dépiautage ou mijotage. Point d'offenses non plus sur la carte des desserts passée sous les fourches caudines de la police des mots. Laissez-vous donc tenter par une tarte Tatin.e, un racisé en T-shirt non racisé, ou - pourquoi pas ? - un fondant au chocolat mi-queer, histoire de ne mégenrer personne. Rions un peu, c'est l'été !
A quoi bon travailler ? La Revue des Deux Mondes consacre ce mois-ci un dossier au travail, à ses racines antiques, à la vision qu'en avaient les grands écrivains et à la valeur cardinale de nos existences qu'il fût jusqu'au coup de mou qui nous frappe. Au-delà du curseur de l'âge, la réforme des retraites, qui cristallise passions et tensions, interroge le sens du travail car, comme l'illustre aux Etats-Unis la déferlante de démissions du « Big quit », il se perd. « Dans les années quatre-vingt-dix, plus de 60% des actifs considéraient que le travail avait une place très importante dans leur vie, contre à peine 20% aujourd'hui », observe Jérémie Peltier directeur général de la Fondation Jean-Jaurés, qui vient avec Jérôme Fourquet de réaliser une enquête intitulée « Grosse fatigue et épidémie de flemme ». Pas plus que le recul de l'âge de la retraite, la crise sanitaire, dont l'impact a évidemment pesé, n'explique tout. L'automatisation, l'individualisation des taches, l'intelligence artificielle ou le manque de reconnaissance alimentent angoisse et malaise au travail. Echappons-nous plutôt en Saône-et-Loire en compagnie de Christian Bobin. Moins de dix-huit mois avant sa mort, le poète-écrivain avait emmené Sébastien Lapaque de Clermont-Ferrand au Creusot en train régional, dont la paresse invite à regarder ce « très beau pays calme, quasi éternel ». Interrogé sur sa terre natale et sur l'écriture, Christian Bobin raconte sa « science intime du paysage », son goût de la lenteur et sa communion avec la nature. Amoureux du Creusot, ville au « songe interminable », il s'identifiait à ses fougères, confiant s'être déroulé grâce à l'écriture. En cette année, où il aurait eu 80 ans, la Revue des Deux Mondes salue également la mémoire de Philippe Séguin. Figure du gaullisme social, ardent souverainiste, l'élu des Vosges a laissé une trace indélébile dans l'histoire des idées et de la politique. S'il n'a jamais accédé à la fonction suprême, il en avait la carrure. Alors que la démocratie, l'Europe et la France traversent des moments critiques, la vision de cet homme, hors des modes et au légendaire regard mélancolique, s'avère d'une redoutable acuité. L'ancien président de l'Assemblée nationale aurait sans aucun doute souscrit à l'analyse de Renaud Girard pour qui la France est en train de sortir de l'histoire. Trente ans après la signature du Traité de Maastricht, qui devait permettre à l'Union Européenne de prévaloir sur les Etats-Unis en termes d'influence mondiale, force est de constater que ce scénario ne s'est pas produit : « Le seul dirigeant occidental qu'on écoute aujourd'hui avec attention, sur le plan économique comme sur le plan sécuritaire, c'est le président des Etats-Unis ». Dans le concert des nations, la voix de la France, et celle de ses partenaires européens, est de moins en moins audible. Y compris sur leur propre sol, où seule une négociation directe en Washington et Moscou pourrait mettre fin au conflit en Ukraine. Bonne lecture !
Le courage et la clairvoyance : à ces deux vertus, la Revue Des Deux Mondes consacre son numéro de mars 2023, à la faveur d'abord, d'un entretien exclusif de l'écrivain algérien, Boualem Sansal, accordé à Franz-Olivier Giesbert, puis de la publication d'une interview inédite de Simon Leys, pourfendeur de la « maolâterie » qui dans les années 1970 et 1980, ensorcela l'intelligentsia. A l'heure où l'Algérie semble renouer avec la dictature, il faut écouter la parole de Boualem Sansal, tour à tour ingénieur, chef d'entreprise, fonctionnaire avant de devenir écrivain à la fin du siècle dernier pour contrer la montée de l'Islamisme dans son pays et dans le monde. Sans peur, celui qui vit reclus en banlieue d'Alger met en garde la France « pleine d'islamistes, pires que les nôtres ». « L'islamisme est comme le gaz, il occupe tout l'espace qui s'offre à lui. (...) Ses adeptes ne sont plus seulement dans les mosquées, ils investissent la ville, la société civile, la politique, les médias », s'inquiète l'auteur du décapant Gouverner au nom d'Allah : islamisation et soif du pouvoir dans le monde arabe. Il dénonce aussi l'Europe, cette « construction faible et fragile », qui s'est « accommodée de l'islamisme » et est en proie à l'entrisme des Frères musulmans. Dédié à la Chine, notre dossier revient sur l'aveuglément, il y a quelque quarante ans des milieux intellectuels vis-à-vis de Mao. « La Révolution culturelle inaugurera mille ans de bonheur », s'enflammait une des figures de proue de cette « maolâterie ». A contre-courant, le sinologue belge, Simon Leys, fût à l'époque bien seul pour s'élever contre le maoïsme mondain et dénoncer la réalité sanglante de la Révolution culturelle. Alors rédacteur en chef de Lire, Philippe Delaroche réalisa, quelques mois avant sa mort en 2012, une longue interview de Simon Leys, mais par un mauvais concours de circonstances, le texte n'a jamais paru. Pour la première fois, cet entretien, dans lequel l'auteur des Habits neufs du président Mao retrace son itinéraire avec humilité et drôlerie, est rendu public. Simon Leys avait qualifié de « dictature post-totalitaire » la Chine de Xi Jin Ping. Nos articles sur l'aversion du leader chinois pour les valeurs occidentales et sur le sort réservé à Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, mort en prison faute de soins, atteste une fois encore de sa clairvoyance. Et parce que son « rire voltairien, sa légèreté ormessionnienne et ses fulgurances » nous manquent déjà, la Revue des Deux Mondes publie l'ultime interview donnée quelques jours avant Noël par Philippe Tesson, décédé le 1er février à l'âge de 94 ans. Cet esprit libre et génial, qui dirigea deux quotidiens, Combat, le journal d'Albert Camus, et le Quotidien de Paris qu'il fonda ensuite, y raconte son ascension dans la presse, son amitié avec son compatriote Ch'ti Pierre Mauroy, son « moment » avec François Mitterrand et, surtout, sa passion pour le théâtre, qu'il érigeait en « raison de vivre ».
Dossier 1 - Colette, une leçon de liberté -> Entretien avec Emmanuelle Lambert : « Colette fait de son corps une arme et une âme publiques » Écrivain, journaliste, comédienne, danseuse, épouse, amante bi-sexuelle, Colette se métamorphose tous les jours. Elle rit des préjugés et se moque des reproches. Emmanuelle Lambert évoque l'ambiguïté du désir, thème omniprésent dans son oeuvre sur lequel se greffe la question de la chair et de la sexualité. -> Colette contre les néoféministes par Abnousse Shalmani Les néoféministes n'aiment pas Colette, cette femme qui fait de son corps l'instrument de sa liberté. N'adoptant jamais la posture de victime, la romancière apprend de ses expériences et célèbre l'amour physique sous toutes ses formes. -> Entretien avec Frédéric Maget : « À la fois provocatrice et classique, en un mot géniale ! » Colette est toujours en souffrance de reconnaissance et pourtant, combien de femmes l'ont lue et continuent de la lire. Frédéric Maget parle de son public féminin et de son influence sur certaines personnalités. Et aussi Stéphane Guégan et Robert Kopp. Dossier 2 - Le métavers : révolution ou mirage ? -> Le nouvel eldorado virtuel par Laurent Gayard Laurent Gayard explique ce qu'est le métavers et décrit son apparition dans les années 1990. Bien que les géants d'Internet s'intéressent vivement au marché, la réalité virtuelle n'est pas encore prête à changer nos vies. -> La mode a toujours été un métavers par Sophie Fontanel Sophie Fontanel démontre pourquoi et en quoi la mode est, depuis ses origines, un métavers. Que ce soit par les habits, les tissus, les défilés de mode, tout est fait pour vivre une expérience hors-sol, le propre du métavers. -> Un coût énergétique bien réel par Guillaume Pitron et Alice Bello Si des entreprises se ruent sur le métavers, source de potentiels profits, elles prennent soin de mettre sous le boisseau son énorme impact écologique. Sans tirer un trait sur cette technologie, Guillaume Pitron et Alice Bello exposent les enjeux paradoxaux de ce nouveau monde. Et aussi : Mathieu Vaissié, Adli Takkal Bataille et Nicolas Demasquier. Littérature -> Blandine Rinkel, auteure de Vers la violence (Fayard, 2022), passe d'une prison de Fleury-Mérogis à des cocktails littéraires et s'interroge sur la condescendance. Études, reportages, réflexions -> Entretien avec Michel Pastoureau : « Les couleurs sont-elles devenues des objets dangereux ? » Certains coloris sont en danger, alerte Michel Pastoureau. Ils sont dessaisis d'une part de leur identité historique au nom de la morale.
Grand entretien avec Wajdi Mouawad - « Il ne faut pas confondre origine et identité » Wajdi Mouawad dirige le théâtre de la Colline depuis 2016. À travers la question de l'identité et de la mémoire qui traverse toutes ses pièces, le metteur en scène franco-libanais aspire à montrer ce qui nous rassemble et non ce qui nous divise, soit en un mot l'universalisme. DOSSIER : MICHEL AUDIARD, LE MAUVAIS ESPRIT -> Sébastien Lapaque - « L'esprit français tel qu'en lui-même enfin l'éternité le change » La langue d'Audiard est, pour Sébastien Lapaque, un savoureux mélange de français aristocratique et de verve populaire : on y trouve à la fois le grand style des dramaturges du XVIIe siècle et le parler des faubourgs parisiens. C'est là tout le génie du dialoguiste qui a su créer un verbe unique et jubilatoire. -> Thibaut Bruttin - Bons baisers de France. La nouvelle société pompidolienne dans les réalisations de Michel Audiard Dans les années soixante-dix, Michel Audiard devient réalisateur. Par le truchement de personnages paumés, ses neuf films explorent la France de l'époque et portent un regard sévère sur la société voulue par Pompidou. -> Franck Lhomeau - L'attraction exercée par les ennemis publics sur la cervelle des cinéastes ne date pas d'aujourd'hui... Michel Audiard commence sa carrière en tant que journaliste. Ses reportages sont parfois de pure fiction. C'est ainsi qu'il relate une rencontre fictive avec Al Capone, puis enquête sur l'ennemi public n°1, Pierrot le Fou. Franck Lhomeau présente les deux textes qu'il a retrouvés, dont l'un est inédit. -> Olivier Cariguel - L'Occupation : une idée fixe de Michel Audiard ? Il a fallu attendre vingt ans après la victoire des Alliés pour que cesse la propagande d'une France résistante. Michel Audiard, qui travailla pour deux journaux collaborationnistes antisémites, a mené plusieurs réflexions sur le régime de Vichy. Olivier Cariguel nous explique pourquoi cette période imprègne son oeuvre. -> Jacques de Saint Victor - Les Tontons flingueurs, miroir déformant du milieu ? Film culte, Les Tontons flingueurs multiplie les références à la France gaulliste d'après-guerre et convoque le monde de la mafia. Jacques de Saint Victor montre comment cette parodie a façonné notre imaginaire sur le milieu. -> Michel Audiard. Morceaux choisis Nous publions un florilège des meilleures citations et répliques de ses films. -> Et aussi : Jean-Pierre Naugrette, Pierre Assouline et Denis Benoît LITTÉRATURE -> Robert Kopp - Le secret de Labiche Robert Kopp revient sur la personnalité de Georges Labiche et sur les succès intemporels de ses vaudevilles. ÉTUDES, REPORTAGES ET RÉFLEXIONS -> Yvon Lebranchu - Le recul de la France dans les essais cliniques La recherche clinique médicamenteuse se porte mal dans notre pays. Yvon Lebranchu en analyse les raisons.
Grand entretien avec Philippe Tesson - « Je déteste la démocratie telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui » Journaliste, chroniqueur, directeur de théâtre, Philippe Tesson est un témoin lucide de notre société. Tout en portant un regard sévère sur la presse et sur la démocratie qui se plie désormais aux diktats de l'opinion, il partage son amour pour l'art dramatique, source de savoirs, d'intelligence et de rêves. DOSSIER : LA COLÈRE DE BERNANOS -> François Angelier - « Bénédiction sur le tonnerre » La vie et l'oeuvre de Bernanos se placent sous le signe de la colère. Dénonçant le fourvoiement et le déshonneur, l'écrivain cible aussi bien l'Église que la politique et la technologie. Ses combats prophétiques et clairvoyants restent d'une étonnante actualité. -> Jérôme Besnard - Georges Bernanos, l'antidote à Charles Maurras Bernanos continue d'influencer des personnalités et des militants de tout bord. Jérôme Besnard revient sur le formidable pouvoir d'attraction de cette voix libre, éprise de justice et de vérité. DOSSIER : SAINT-SIMON. L'ESPRIT DE COUR AU COEUR DU POUVOIR -> Evelyne Lever - Louis XIV et la théâtralisation du paraître Evelyne Lever décrit la cour de Louis XIV, ses rituels et ses moeurs. En imposant à la noblesse cérémonial et étiquette, le Roi-Soleil affirme son pouvoir absolu. -> François Raviez - Le monstre sous le masque : Saint-Simon ou la pointe assassine Saint-Simon excelle dans l'art du portrait. À partir de quelques exemples, François Raviez montre comment le mémorialiste, expert en ironie, perce au grand jour la nature secrète des individus. -> Entretien avec Catherine Nay - La courtisanerie sous la Ve République Avec humour et une pointe de malice, Catherine Nay explore l'esprit courtisan sous la Ve République : si certains présidents n'ont guère le goût de la flatterie, d'autres y sont fort sensibles. -> Robert Kopp - Saint-Simon et « le néant du monde », de Stendhal à Proust Stendhal, les frères Goncourt et Proust comptent parmi les très grands lecteurs de Saint-Simon. Robert Kopp raconte ce que ces célèbres écrivains doivent à leur maître. -> Et aussi : Jacques de Saint-Victor, Stéphane Guégan, Jean-Pierre Naugrette, Marin de Viry et Arthur Pauly. LITTÉRATURE -> Pascal Ory - L'honneur sauf Pascal Ory relate un épisode peu connu de la vie de Jean Moulin qui se déroula en juin 1940. -> Stéphane Barsacq - Pour saluer René de Obaldia Stéphane Barsacq rend hommage à son ami René de Obaldia, mort en janvier 2022.
GRAND ENTRETIEN Marcel Gauchet - La droitisation de la France Les idées portées par la droite imprègnent de plus en plus la société française. Pour Marcel Gauchet, le phénomène s'explique par une renaissance du conservatisme dont les thèmes fédérateurs (l'intérêt national, un État fort et l'ordre social) reprennent toute leur pertinence. Le philosophe revient sur la notion d'extrême droite qui sert aujourd'hui à disqualifier un discours dérangeant. DOSSIER : L'EXTRÊME DROITE EST-ELLE DE RETOUR ? -> Franz-Olivier Giesbert - De Gaulle et l'identité de la France Charles de Gaulle a tenu des propos qui, en 2022, le classerait dans une droite populiste, voire à l'extrême droite. Nourri par les lectures de Maurras, Barrès, Péguy, le général entendait défendre une certaine image de la France qu'évoque Franz-Olivier Giesbert. -> Jean-Yves Camus - L'extrême droite : essai de définition Le terme « extrême droite » est un terme polysémique et polémique d'où la difficulté de le définir. Jean-Yves Camus dessine les contours du mouvement politique à partir de plusieurs critères dont le rejet de l'universalisme, la peur de l'autre, la haine de la différence et l'antisémitisme. -> Éric Roussel - De Maurras à Poujade : les messages subliminaux d'Éric Zemmour Parmi les inspirateurs d'Éric Zemmour, il faut compter Maurras et Bainville, deux chantres du nationalisme. Éric Roussel rappelle leur conception de la France et de l'identité nationale que le politicien veut réactiver. -> Jérôme Besnard - Le serpent de mer de l'union des droites Souhaiter rassembler les droites ne date pas d'hier : le projet court depuis la Libération. Jérôme Besnard en retrace les différentes phases. -> Laurent Gayard - Manipulation sur le Net : algocratie et ochlocratie La rumeur, les théories du complot, la désinformation et les fausses informations qui circulent sur Internet sont devenues des armes de déstabilisation politique et un business très rentable. Laurent Gayard décrit le phénomène. -> Et aussi : Valérie Igounet, Pierre-André Taguieff, Jacques de Saint Victor, Raphaël Doan, Laurent Ottavi et Grégoire Kauffmann. LITTÉRATURE -> Abel Quentin - Le grand remplacement L'auteur du Voyant d'Étampes (Prix de Flore, Éditions de l'Observatoire, 2021) se demande si notre civilisation peut se passer de littérature. ÉTUDES, REPORTAGES, RÉFLEXIONS -> Nathalie Heinich - Entretien : « Il ne s'agit pas de nier les différences mais de mettre en avant ce qui rassemble » L'universalisme, défendu avec courage par Nathalie Heinich, se porte mal : accusé d'être une valeur occidentale qui a justifié la conquête coloniale, il est aussi soupçonné de vouloir uniformiser les identités.
DOSSIER : MENACES SUR LA CULTURE -> Entretien avec Fanny Ardant : « La liberté ne se donne pas, elle se prend » La liberté est un principe de vie chez Fanny Ardant. Ses choix artistiques comme ses prises de position sont des pieds de nez aux censeurs de tous ordres. La comédienne évoque sa vision de la création, ses rôles et ce sentiment qu'elle aime tant explorer, l'amour. -> Les classiques sont-ils toxiques ? par Xavier Darcos Des universitaires remettent en cause l'enseignement de l'histoire gréco-romaine dite raciste et misogyne. En se référant aux sources, Xavier Darcos démontre le caractère simpliste, approximatif et tyrannique de ces raisonnements. -> Bilan culturel d'un mandat présidentiel par Isabelle Barbéris Isabelle Barbéris analyse la conception macronniste de la culture. À partir d'exemples concrets, elle expose les paradoxes et les incohérences d'une politique qui, tout en vantant l'exception française, se veut multiculturaliste et déconstructiviste. -> Le vandalisme : des crimes de lèse-culture à répétition, rarement sanctionnés par Robert Kopp La destruction de monuments, de tableaux et de livres ponctue notre histoire. Robert Koppse penche sur les fanatismes religieux, politique et affairiste qui, du Moyen Âge à aujourd'hui, aboutissent à des actes de vandalisme. -> Hemingway à l'épreuve du genre par Jean-Baptiste Féline Afin de conserver Hemingway au panthéon littéraire, des intellectuels n'hésitent pas à lui inventer une identité androgyne : derrière l'homme fort et viril se cacherait une identité fragile et ambiguë. -> « Décoloniser la musique » : un désir de destruction par Jean Szlamowicz La musique est désormais le lieu d'attaques idéologiques : considérée comme l'apanage de la culture occidentale, elle est jugée raciste par les décoloniaux. Le jazz prouve tout le contraire, explique Jean Szlamowicz. -> Netflix, Disney+, Amazon et les autres : les plateformes menacent-elles la liberté de création ? par Annick Steta Les plateformes numériques choisissent les programmes et financent des projets en fonction d'études très poussées de leurs abonnés. Pour être sélectionnés, les réalisateurs doivent donc de plus en plus répondre à certains critères. -> Et aussi Julien Volper, Eryck de Rubercy et Bérénice Levet JEAN DUTOURD, GROGNARD ET HUSSARD La Revue des Deux Mondes rend hommage à Jean Dutourd, écrivain dont l'esprit frondeur et réactionnaire ne lui attira pas que des amitiés. Avec Max Bergez et Stéphane Guégan. LITTÉRATURE -> Comme un homme par Stéphanie Pollack La directrice littéraire de chez Fayard s'interroge sur les véritables enjeux du film Phantom Thread de Paul Thomas Anderson.
Dossier 1 : Défendre la République -> Entretien - Régis Debray : « La République peut être orgueilleuse mais pas méprisante » Pour Régis Debray, les fondements de la République laïque ne reposent pas sur des idées libertaires. Sans renoncer à ce que nous sommes, il faut de la compréhension et de la pédagogie pour transmettre nos valeurs et ne pas heurter inutilement des sensibilités. -> « République », le régime qui nous divise le plus ? par Jacques de Saint Victor Jacques de Saint Victor compare la situation de 2020 à celle de 1789 lorsque les élites ne soutenaient plus les grands principes du pouvoir en place. Le modèle républicain est aujourd'hui attaqué par les partisans d'une « laïcité ouverte » qui sert le prosélytisme religieux et les questions identitaires. -> Entretien - Catherine Kintzler : « La laïcité est le contraire d'un intégrisme » Signataire de la tribune « Profs, ne capitulons pas ! » (Nouvel Obs, 1989), Catherine Kintzler dresse le bilan trente ans plus tard et déplore les multiples renonciations de l'Éducation nationale face aux pressions religieuses et communautaires. -> Et aussi Michel Onfray, Sébastien Lapaque et Marin de Viry Dossier 2 : La crise de 1929, ruptures et rebonds -> Entretien - Jean-Claude Trichet : « Préparer l'économie et la société aux défis de demain » Jean-Claude Trichet analyse les trois crises économiques qui ont ébranlé l'Occident (1929, 2008 et 2020) et détaille les politiques mises en place pour y remédier. -> La crise de 1929 aux États-Unis : un nouveau monde ? par Bertrand Van Ruymbeke Bertrand Van Ruymbeke décrit les mesures prises par les présidents Hoover et Roosevelt pour répondre au krach boursier de 1929. -> Les années trente en France par Éric Roussel En plus de provoquer du chômage, la crise de 1929 remit en cause les institutions et la démocratie en France. Ces bousculements ne sont pas étrangers à l'avènement de la Seconde Guerre mondiale selon Éric Roussel. -> « Le fascisme ne passera pas » par Michel Winock Michel Winock explique pourquoi la France échappa à la vague antidémocratique et fasciste que connurent d'autres pays européens dans les années trente. -> La couture ne connaît pas la crise par Sophie Kurkdjian L'industrie de la mode fit preuve de créativité face à 1929. Elle modifia ses méthodes de production, changea les conditions de travail et se démocratisa. -> Et aussi Jacques Mény, Jean-Pierre Naugrette, Marc Cerisuelo, Jean-Claude Milner et Sébastien Lapaque. Littérature -> Inédit Mon pays, c'est l'écriture par Faïza Guène Née en 1985 à Bobigny de parents algériens, Faïza Guène a décidé de tracer ses propres frontières. Revue des Deux Mondes Février 2021 ISBN 9782356502391 Directrice : Valérie Toranian En kiosque : 22 janvier En librairie : 3 février
Grand entretien - La nation, le politique et le religieux par Régis Debray et Jean- François Colosimo Je a n- F r a n ç o i s Colosimo e t Régis Debray ne partagent pas la même vision de la laïcité, un concept qui s'est forgé au temps des Capétiens. Si le premier oppose le pouvoir temporel (État) au pouvoir spirituel (Église), le second démontre que le politique n'a jamais existé sans référence à une verticalité. Doss i e r : Milan Kundera, le maître de l'ironie -> Entretien - Alain Finkielkraut : « Comment je suis devenu kundérien » A l a i n Finkielkraut d é c o u vr e Milan Kundera en 1968 lorsque paraît La Plaisanterie, une l e c t u r e qui le marque profondément. Le philosophe évoque les intuitions prophétiques de l' é c r i v ai n : l'engloutissement de la culture dans le tout-culturel, la perte de l'identité e u r o p ée nn e , le règne du kitsch et de l'esprit de sérieux. -> Entretien - Antoine Gallimard : « Il y a chez Kundera une jouissance à représenter le désordre du monde » An t o i n e Gallimard , éditeur et ami de Kundera, rappelle le rôle essentiel qu'a joué l ' au t e u r de La Valse aux adieux dans le renouveau du roman. -> Kundera et l'esprit des lumières par Jacques de Saint Victor À l'heure où le rire est devenu suspect, Jacques de Saint Victor explique l'urgence de (re) li r e Kundera dont l'oeuvre est irriguée par l'esprit corrosif et libératoire des Lumières. -> L'art de la fugue par Olivier Bellamy D ' ap rè s Olivier Bellamy, Kundera écrit ses romans comme s'il composait de la musique : l e tempo des phrases, le dépouillement du vocabulaire, la valeur harmonique des dialogu e s entraînent le lecteur/auditeur dans de belles symphonies verbales. -> P etit lexique personnel et subjectif de Milan Kundera par Florence Noiville À partir de neuf entrées (comique, effacement, grenouille, orchestre...), Florence Noiville so uligne certains thèmes qui jalonnent les livres de Kundera et partage des so uvenirs personnels. -> E t aussi Jean-Paul Enthoven, Teresa Cremisi, Hugues Pradier, Michel Delon, Martin P e t r a s et Ulysse Manhes. L itt ér a t ur e -> Inédit C all e dei Colori par Sylvain Prudhomme S ylvain Prudhomme r acon t e comment une fille accompagne son père dans la maladie. Études et réflexions -> Entretien - Hélène Carrère d'Encausse - France-Russie : de l'ignorance et du mépris à l 'e n t housiasm e et à l'alliance H é l èn e Carrère d'Encausse d é c r i t trois siècles de relations franco-russes, de Pierre le G r an d à Lénine.
Événement - La terre, l'amour, le Christ : Michel Houellebecq monte au front -> Michel Houellebecq au temps du désespoir par Sébastien Lapaque Si Michel Houellebecq est considéré comme un écrivain de la décadence, il ne cède jamais au déclinisme, affirme Sébastien Lapaque : son oeuvre en explore les différentes facettes pour mieux s'en délivrer. -> Lettre à Michel Houellebecq à propos de Sérotonine par Marin de Viry Marin de Viry analyse deux personnages du dernier roman de Michel Houellebecq en proie à l'enfermement et à la destruction. Selon lui, le narrateur se détourne sans cesse de l'amour, la seule valeur salvatrice. -> Le mariage de Michel H. et Lysis Q. par Marin de Viry Dans une fiction désopilante, Marin de Viry raconte les noces d'un Michel Houellebecq heureux. Dossier - Sommes-nous décadents ? -> Une parabole : la décadence romaine par Xavier Darcos Depuis son avènement en 410, la chute de Rome alimente notre réflexion sur la décadence des civilisations. Xavier Darcos revient sur les causes avancées au fil du temps : chaque époque forge une explication en fonction de ses préoccupations. -> Éternelle décadence par Michel Winock L'idée de décadence traverse les siècles avec plus ou moins d'intensité. Michel Winock relève les nombreux points de convergence entre notre société et celle des années 1880. -> Décadence et modernité par Robert Kopp La décadence et la modernité n'ont pas toujours été des notions contradictoires, prouve Robert Kopp en relisant Baudelaire. -> L'Europe tétanisée face à l'hégémonisme américain par Renaud Girard Les relations entre l'Europe et les États-Unis sont passées de l'alliance à la sujétion, soutient Renaud Girard. Le géopoliticien explique comment et pourquoi nous en sommes arrivés là. Il propose quelques pistes pour sortir de ce déséquilibre. Et aussi Lucien d'Azay, Jérôme Besnard et Kévin Boucaud-Victoire Littérature -> Inédit. « Je suis le faussaire de mon passé » par Nina Bouraoui Née en France, Nina Bouraoui a grandi à Alger. L'auteure de Tous les hommes désirent naturellement savoir (JC Lattès, 2018) raconte son exil sentimental et romantique.
Grand entretien - Bat Ye'or : « Le djihad contre les juifs est aussi une guerre contre l'Europe » Depuis cinquante ans, Bat Ye'or travaille sur le statut du dhimmi, c'est-à-dire du non- musulman en terre d'islam. D'après la doxa, les chrétiens auraient longtemps bénéficié d'une protection en Orient. L'essayiste britannique affirme le contraire : quand ils n'étaient pas discriminés, les juifs et les catholiques étaient tout au plus tolérés. Dossier - Que fait le pape ? -> Qui est François ? par Christiane Rancé Pour comprendre le pape, il faut garder à l'esprit ses origines, sa culture, son histoire. D'après Christiane Rancé, François regarde le monde à travers le prisme de son pays natal, l'Argentine, régulièrement ébranlé par des tensions de tous ordres. -> La triple crise de l'Église par Jean-Marie Guénois La crise que traverse l'église ne relève pas d'une opposition entre conservateurs et progressistes mais de problèmes structurels, intellectuels et moraux. Jean-Marie Guénois revient sur le scandale de la pédophilie et évoque un « lobby gay » au Vatican. -> Le pape, le politiquement correct et le reste par Boualem Sansal Boualem Sansal déplore le silence des dirigeants européens sur la question des religions, et de l'islam en particulier. L'écrivain s'inquiète des paroles du pape qui ne semble pas mesurer les dangers de l'islamisme. -> François, le pape global par Christian Makarian Christian Makarian analyse les actions diplomatiques du pape. Si le souverain pontife ne peut pas prendre parti dans les conflits, il ne s'interdit pas de réaffirmer des messages forts : alors que le combat contre Daesh était à son sommet, le pape afficha son refus absolu des crimes commis au nom de la foi. -> Entretien avec Andrea Riccardi : « Le pape François est devenu un leader incontournable » En 1968, Andrea Riccardi créa la communauté de Sant'Egidio, une ONG très active sur le front humanitaire et le dialogue interreligieux. L'historien, écouté par François, décrypte les dessous de sa politique diplomatique. Et aussi Jean-François Colosimo, Sébastien Lapaque et Jérôme Cordelier. Littérature -> Inédit. De toute façon Nice est immortelle par Guillaume Sire L'auteur de Réelle (L'Observatoire, 2018) se promène dans Nice. Il y croise Romain Gary, Clément Rosset, Aragon et une vendeuse de maillot de bains orange !
Dossier 1 - Donald Trump est-il si fou ? -> Entretien avec Yasha Mounk. « Si l'Amérique rompait avec les principes de la démocratie libérale, ce serait une tragédie planétaire » La démocratie libérale perd de son attrait dans les pays occidentaux. Le basculement du camp conservateur américain dans le populisme est un cas emblématique. Le politologue Yasha Mounk s'inquiète de cette crise de la démocratie. -> Du colbertisme en Amérique par Tony Corn Pour Tony Corn, la politique protectionniste de Donald Trump s'inscrit dans une tradition, celle d'Alexander Hamilton qui, au XVIIIe siècle, appliqua les principes de Colbert : tarifs douaniers élevés, soutien aux manufactures, développement de la marine marchande. -> À quoi bon l'hystérie anti-Trump en Amérique ? par Renaud Girard Renaud Girard se demande pourquoi les médias s'acharnent contre Donald Trump alors que celui-ci booste l'économie américaine et marque des points à l'international (cf. le dossier coréen). -> Donald Trump : une certaine cohérence par Nicolas Lecaussin Donald Trump respecte ses promesses de campagne et notamment sur le plan économique ; les résultats sont remarquables, selon Nicolas Lecaussin. -> L'économie fera-t-elle tomber Trump ? par Annick Steta La relance de l'économie américaine se base sur une relance budgétaire qui pèsera lourdement sur la dette publique, affirme Annick Steta. Dossier 2 - Les mystères de Charles Dickens Charles Dickens est classé parmi les écrivains réalistes. Or il existe bien d'autres facettes de cet auteur à savoir : -> un Dickens caricaturiste par Lucien d'Azay -> un Dickens fasciné et horrifié par le peuple d'après Céline Prest -> un Dickens peintre de l'enfance par Georges Letissier -> un Dickens inquiétant par Jean-Jacques Lecercle -> un Dickens maître des ambiances nocturnes par Jean-Pierre Naugrette -> un Dickens envoûtant par Sarah Thornton -> un Dickens fin observateur des États-Unis par Laurent Folliot + Un inédit de Sir Arthur Conan Doyle : le mystère d'Edwin Drood Littérature -> Inédit. Journal littéraire de Bernard Quiriny L'auteur de l'Affaire Mayerling (Rivages) partage ses lectures entre mai et juillet 2018. Études et réflexions -> A-t-on le droit de parler de patriarcat arabo-musulman ? par Fatiha Agag-Boudjahlat
Dossier 1 - Les racines de l'islamo-gauchisme -> Entretien avec Jacques Julliard. « L'islamo-gauchisme, c'est la haine de l'identité française » Jacques Julliard raconte la genèse du mouvement islamo-gauchiste, ses accointances avec l'islamisme anti-occidental et sa dérive idéologique. L'historien qualifie cette haine de la France, sans cesse renvoyée à son passé colonialiste, de néo-vichysme. -> Pour une brève histoire de l'islamo-gauchisme par Christophe Bourseiller Christophe Bourseiller décrit les relations entre les groupes révolutionnaires et les islamistes qui se cristallisent, pour lui, avec les attentats du 11 septembre 2011 : marxistes ou trotskistes ont alors stigmatisé non les terroristes mais l'islamophobie. -> Pleneliser par Michel Onfray Michel Onfray décrypte le livre d'Edwy Plenel, Pour les musulmans (La Découverte, 2014), dans lequel on ne trouve jamais les mots Mahomet, charia, Coran, djihad... -> De quoi l'islamo-gauchisme est-il le nom ? par Raphaël Liogier Désigné comme islamo-gauchiste, Raphaël Liogier montre comment la formule, devenue fourre-tout, sert à disqualifier l'ennemi dans le débat d'idées. -> Les faiblesses du syndicalisme au miroir du fait religieux au travail par Denis Maillard Syndicalisme et religion entretiennent des liens anciens. D'opposition au début du XXe siècle, ils sont devenus de connivence dans les années quatre-vingt avec l'islam. Denis Maillard retrace ce virement. Et aussi Laurent Bouvet, Alain Minc, Didier Leschi et Jean-Claude Michéa Dossier 2 - Brésil -> Entretien avec Fernando Henrique Cardoso. « Toutes les démocraties représentatives sont en crise » Président du Brésil de 1995 à 2003, Fernando Henrique Cardoso porte un regard lucide et inquiétant sur son pays à la veille des élections présidentielles (octobre 2018). Et aussi Sébastien Lapaque et Annick Steta. Littérature -> Inédit. La femme qui a changé le monde par Thomas B. Reverdy Thomas B. Reverdy se remémore les années quatre-vingt, époque où une révolution était en marche.