Les éditions Héliotrope
Dix ans après le Brexit, Géopolitique du Royaume-Uni décrypte les nouveaux défis d’une nation en quête d’équilibre entre héritage impérial et modernité. Un essai clair et documenté pour saisir les enjeux d’un pays au cœur des mutations mondiales.
Eleanor, psychologue hantée par la mort de sa mère, hérite d’une maison maudite dans une vallée isolée.
Découvrez Touche pas à mon cadavre, un polar noir hilarant où un entrepreneur paniqué cache un cadavre... avant que la rivière ne l’emporte !
Le jour de sa pendaison sur l'île Bourbon, en 1730, le pirate Olivier Levasseur, dit La Buse, lance plusieurs hommes dans une fabuleuse chasse au trésor. Deux cents ans plus tard, sur cette même île, rebaptisée La Réunion, Jo creuse la roche à s'en déchirer les bras, persuadé de mettre un jour la main sur ce magot. Pendant ce temps, dans sa petite case entourée de manguiers en fleurs, sa femme, Léone, se plaît à regarder dans le dos la vie maritale et le monde des pirates. Léone n'aime pas l'océan ni les marins. Tandis que Jo éventre la roche, Léone, créole noire bien déterminée à se hisser dans la bonne société française, se cuisine un visage blanc. Quelques années plus tard, leurs deux enfants, France et Gilles, déambulent dans les rues en rêvant de la tour Eiffel et des gens qu'on voit en couverture de Paris Match. Leur nourrice, Nénène, recoud les femmes à qui l'État français s'applique à vider le ventre. Et Jo, lui, creuse encore. Bercé par les songes et les superstitions, ce récit d'aventures s'écrit sur près d'un siècle de l'histoire de La Réunion, territoire revendiqué par un empire colonial, délaissé par une république, refuge d'un imaginaire puissant.
C'est le scandale de l'heure. Sébastien, le fils aimé, l'ami fidèle et l'amoureux chéri est visé par plusieurs témoignages de femmes : une véritable onde de choc. Katlyn connaît son fils mieux que personne. Est-il possible qu'il soit coupable des faits qui lui sont reprochés ? Pour Charles, très proche de Sébastien, les accusations paraissent invraisemblables. Clémence, qui forme avec le talentueux joueur de tennis un couple dynamique, ambitieux et fusionnel, ne comprend pas ce qui se passe. Ce roman polyphonique à fleur de peau raconte un présent dans lequel les certitudes menacent de voler en éclats. Un présent où les évidences se réfractent et se fissurent à l'intérieur de zones tantôt grises, tantôt surexposées.
L’été 2024, Catherine Mavrikakis traverse les États-Unis d’est en ouest, sur les traces de Kerouac et McCarthy. Entre paysages lunaires et rencontres troublantes, elle dresse un portrait saisissant d’un pays à la fois fascinant et inquiétant.
Et si la rage devenait une arme de libération ? Armer la rage dénonce sans détour la culture du viol et l’hypocrisie d’une société qui criminalise la défense des femmes.
Montréal, 2006. Quand Omar Masraoui, figure respectée du Plateau-Mont-Royal, est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, deux détectives refusent de croire à sa culpabilité.
C'est l'histoire d'un film qui ne s'est pas fait. C'est l'histoire de trois artistes, Hollis Jeffcoat, Joan Mitchell et Jean Paul Riopelle, dont les vies ont été entremêlées. C'est l'histoire d'un accident. C'est l'histoire de la place qu'occupent les femmes dans le monde de l'art. C'est l'histoire de mon amour pour une artiste, Hollis Jeffcoat, sur qui j'ai essayé d'écrire un film. M. D. Martine Delvaux fait le récit d'une enquête passionnée, qui s'ouvre dans le Paris des années 1970, sur une jeune peintre américaine inconnue, à l'ombre de deux artistes célèbres.
Elles ont entre neuf et onze ans et viennent de milieux très divers. Au Camp Forevermore, sur la côte nord-ouest du Pacifique, la petite société aléatoire qu'elles forment se réorganise au gré des bracelets d'amitié échangés. Par groupes de cinq, elles quittent le rivage en kayak pour rejoindre une île en mer, guidées par leur monitrice. Sauf qu'au petit matin, après une nuit sous la tente, Nita, Andee, Isabel, Dina et Siobhan se retrouvent abandonnées à elles-mêmes, leurs kayaks à la dérive. On suit les cinq filles durant cette aventure cauchemardesque et bien au-delà. Le destin des survivantes se déploie sous nos yeux, de l'enfance à l'âge adulte. Le traumatisme du camp aura-t-il déterminé la suite ? Ou est-ce l'avenir qui, a posteriori, éclaire les gestes posés lors de cette excursion fondatrice ? D'une plume lucide et en empruntant les angles les plus inattendus - l'amour étouffant d'un chien, une introduction à la catéchèse, les coulisses d'une pièce de théâtre scolaire -, Kim Fu livre un roman obsédant sur la formation de l'identité et l'effet du temps qui passe.
Dan Katz, historien de l'architecture montréalais, se rend à Drancy pour étudier la Cité de la Muette, qui fut tour à tour habitat social moderne, camp d'internement sous l'occupation nazie, caserne de gendarmes puis HLM. Lorsqu'il découvre que ses grands-parents y ont été enfermés et torturés avant d'être envoyés à Auschwitz, ses recherches prennent un tour sombre, autrement plus personnel. Car si Henri Cannac, le gardien responsable des sévices, est décédé depuis longtemps, son petit-fils, candidat du Parti de la France, a hérité de ses opinions politiques, à l'extrême droite du spectre. Katz, s'improvisant espion et justicier, se met en tête de le traquer et de lui faire payer les crimes de son aïeul. À mesure qu'il s'en approche, Katz met au jour les plans du politicien, bien plus funestes qu'il ne l'aurait cru, et qui semblent impliquer des intérêts fonciers au Québec. Katz s'enfonce alors dans une quête dangereuse qui le mènera de la Bretagne à la Gaspésie. Un roman noir étonnant et habile qui interroge les notions de culpabilité et de réparation.
Découvrez La sainte paix d’André Marois, un roman noir jubilatoire où une retraitée se transforme en meurtrière pour préserver sa tranquillité.
Quarante ans après la disparition de son père, Louise Dupré tente de percer le mystère d’un homme à la fois proche et lointain.
«Il me fallait un dispositif, une provocation, peut-être un garde-fou pour continuer d'observer cet objet à la fois banal et étrange qu'est ma vie. L'observer en suivant de nouvelles lignes : le chemin que me propose le film Thelma & Louise. Mon film choisi, mon film aimé, le film qui a marqué ma vie, le film qui encore aujourd'hui me fait pleurer. J'ai voulu remonter le cours du temps en m'installant dans la Thunderbird avec Thelma et Louise, pour retrouver celle que j'étais en 1991, cette jeune femme qui n'est pas si différente de la femme que je suis aujourd'hui. J'ai suivi le scénario du film à la manière de marques topographiques sur le chemin de ma propre vie : deux femmes, une voiture, un voyage, un viol, un révolver.»
Martine Delvaux et Jennifer Bélanger s'inscrivent dans une lignée de femmes allongées. Souffrant l'une et l'autre de douleurs chroniques, elles ont choisi d'écrire à partir de cette position qu'elles connaissent intimement : le corps étendu sur un lit, un divan, un plancher ou une civière, et qui attend. Entourées d'autres femmes - écrivaines, artistes, amies, mères, filles, amantes et soignantes -, les autrices rendent hommage à la vie horizontale des accidentées, des endolories, des insomniaques, des rêveuses et des survivantes. Les allongées défilent de page en page, de lit en lit, sur la pointe des pieds et ensemble. Elles résistent devant un monde qui, de tout temps, a préféré voir en elles des paresseuses, des martyres, des hystériques, des menteuses, des plaintives, des folles. Ainsi montent leurs voix, entre le chuchotement et le cri. Le plafond se brise. Un horizon apparaît.
Il a laissé une étendue de ruines dans sa vie. Le coup de foudre et la passion ont dégénéré en conflit, puis en guerre, à la vitesse de l'éclair. Pourtant, elle était certaine d'être en train de vivre une grande histoire, l'histoire de sa vie. Les cascadeurs de l'amour n'ont pas droit au doublage, mais elle a pu écrire ce livre - une ultime missive envoyée du front, le champ de bataille de la rupture. Pour son troisième roman, Martine Delvaux s'applique à coudre ensemble avec adresse les clichés effilochés de l'amour dans un livre bel¬liqueux, rageur et libérateur. Un livre qui solde pour de bon les comptes du ratage amoureux.
Miné par les déceptions amoureuses et filiales, un homme décide d'aller se perdre à Las Vegas. Entre les amants, les rencontres anonymes et la consommation de substances diverses, il s'abandonne à la bête qui sommeille en lui. Des mois plus tard, on le retrouve à Berlin, où il tente de comprendre la brutalité qui l'habite et l'engourdissement général qu'il ressent. Récit de l'intime et de la violence, «Avec un poignard» porte sur les relations factices, la mémoire et le deuil. C'est aussi un roman qui laisse parler la colère. Celle d'un fils envers un père fuyant depuis toujours, absent, ailleurs.
Chez les Huang, le père fait la loi. Immigrant chinois résolu à s'intégrer à la société canadienne, il est aveugle aux aspirations des membres de sa famille. Sa femme aurait bien emporté un peu de tradition à Fort Michel, en Ontario. Adele, l'aînée, cache derrière sa beauté une soif d'aventure. La sérieuse Helen peine à s'affranchir d'un idéal de performance. Bonnie, sensuelle et indocile, couve des pulsions délétères. Dans la liste préliminaire des Prix des libraires 2021 Tandis que Peter, l'unique fils, rêve à la fille qu'il pourrait être. Ce livre raconte son parcours. Ce ne sera pas simple, entre les cours d'école et les cuisines de restaurants où s'expriment des masculinités violentes ; entre le sadomasochisme d'une amante âgée et les fantasmes religieux d'une homosexuelle réformée. Imitant ses soeurs, dispersées aux quatre coins du monde, Peter se retrouvera seul à Montréal, et tardera à s'y faire des alliés. Heureusement, il y aura toujours Audrey Hepburn dans «Sabrina».
« Elle dépose sur la table une boîte de chocolats Laura Secord remplie de photos, elle veut me montrer Émilie dans sa longue robe noire. Une robe de religieuse, que sa grand-mère avait revêtue dès l'âge de trente ans. Elle rit, "L'âge où les femmes devenaient vieilles". Je calcule. Émilie est morte à quatre-vingt-treize ans, elle s'est sentie vieille pendant plus de soixante ans. J'en frémis. Soudain, comme si elle venait d'avoir une illumination, elle se lève, se dirige à petits pas vers sa chambre. Elle revient aussitôt avec trois albums tout neufs. "J'ai décidé de vous remettre à chacun les photos de votre enfance. Le moment est venu." Le coeur me serre, je comprends bien ce qu'elle veut dire. Elle me tend un album à la couverture multicolore, tout en dégradés. Des teintes claires ou sombres, joyeuses ou sérieuses, audacieuses ou discrètes. Comme elle, ma mère. "C'est pour toi", dit-elle simplement. » Quelques mois après la mort de sa mère, Louise Dupré entreprend un récit de deuil pour tenter de saisir qui était la femme qu'elle a appelée maman. Un livre qui se lit passionnément.
Et si l’absence devenait le cœur même de l’histoire ? Blanc dehors raconte la quête d’une femme face au silence de son père disparu, entre mémoire et fiction.
L'homme dont il est question ici a longtemps préparé les morts pour une dernière exposition. Il aime le travail bien fait. Venu à ce métier à rebours des vivants par une sorte de vocation, il a accepté de répondre aux questions de sa fille et de raconter les corps. Pour plus d'efficacité, il a griffonné une liste : le pompier, le prêtre, deux jeunes filles retrouvées près d'une forêt, le métro, etc. Des dizaines et des dizaines de cas que l'embaumeur n'a pas oubliés. Anne-Renée Caillé a su faire de ces conversations avec son père un premier livre fort, sobre et profond.
Fait historique méconnu : en mars 1933, Nikita Zynchuck, immigrant et chômeur, est abattu d'une balle dans le dos par un policier. Le récit de cet événement et des jours qui l'ont suivi nous entraîne dans le Montréal cosmopolite d'alors, marqué par la Crise, la misère, les tensions entre les religions et entre les cultures, sans oublier les poussées insurrectionnelles des communistes. Roman social, «Le Mammout» tire de l'oubli un quidam qui, en déclenchant malgré lui une émeute, est passé bien près de devenir le porte-étendard d'une révolution autrement moins tranquille que celle que le Québec a connue. Finaliste, Prix littéraire des collégiens 2021 Finaliste, Grand Prix du livre de Montréal 2020 Prix Jacob Isaac Segal 2020 Finaliste, Prix des Libraires 2020, catégorie «roman québécois» Dans la présélection du Prix France-Québec 2020
Tout coule. Au pied des chutes, l'eau bouillonne et l'écume grandit. Plus loin, les fleuves impassibles n'en finissent plus d'irriguer le territoire, charriant les corps et d'infinies histoires à travers le continent. Dans ce mouvement insaisissable, l'énergique narratrice de Niagara, du Saint-Laurent au lac Ontario, puis du fleuve Mississippi au golfe du Mexique, ne quitte pas de vue les flots. Elle guette la silhouette fantomatique de sa mère qui dérive et de tous les disparus qui l'accompagnent au fil de l'eau. « Je vois ce trajet insensé dans mes rêves. Cela commence toujours par une phrase en voix off prononcée méticuleusement par Marguerite Duras : Tout coule, on ne se baigne jamais dans le même fleuve... tout coule. Marguerite, au creux de mes nuits, se moque de voler leurs pensées aux grands philosophes. »
Son mari Armand parti à la guerre, Marguerite retourne vivre avec son fils dans l'étrange forêt qui l'a vue grandir. Ce faisant, elle doit renouer avec Ornella, une mère tyrannique qui, dans son atelier de parfumerie, se livre toujours à ses rituels occultes. Autour de la maison, un grand chien rôde, les poules sont étranglées, une glaire blanchâtre recouvre les plantes du sous-bois. Et un géant, venu rallumer le feu dans l'âtre, lui apprend qu'une ennemie d'Ornella prépare sa vengeance. Marguerite, pour protéger son fils, n'aura d'autre choix que de participer à l'affrontement. Pendant ce temps, en Indochine, Armand est fait prisonnier. Dans la colonne de captifs en marche vers les camps, il suit son camarade, Camille, qui a imaginé leur fuite. Au détour du sentier s'ouvrira une brèche dans la jungle : il leur suffira de se laisser glisser vers le fleuve noir, où les crocodiles les attendent, et peut-être aussi, au bout d'un long périple, leur salut. Dans la liste préliminaire des Prix des libraires 2021
Une jeune femme aux prises avec des douleurs chroniques cherche à comprendre et à apprivoiser son mal. Depuis quelque temps, elle s'évanouit dans les lieux publics, sans que la médecine puisse l'expliquer. Des années plus tôt, elle a rompu avec sa mère, alors que cette dernière était hospitalisée. Tout semble pourtant la ramener à l'enfance, dans un univers clos, en tête à tête avec une mère qui passait ses journées en robe de chambre devant la télé, à fumer.
« Chaque soir, c'est pareil : maman prépare une tarte aux pommes et l'enfourne. Papa et moi regardons les nouvelles à la télé. Après l'émission, un cri retentit toujours de la cuisine, puis le bruit d'une chute. Mon père et moi nous précipitons. La tarte est renversée sur le sol ; maman explique qu'elle l'a fait tomber à cause du moule qui était brûlant. Papa s'allume une cigarette sans rien dire et part à la recherche de son cendrier. Chaque soir c'est pareil, et mes parents font comme si de rien n'était. Je crois qu'ils veulent me rendre fou. » Dans ce roman glaçant, un jeune garçon voit sa maison devenir le théâtre d'une lutte pour sa survie et doit parer les coups diaboliques de ceux dont il attend pourtant le réconfort.
Gustave est un jeune homme qui ne craint pas la mort. Au contraire. Il aime ces moments où toutes sortes de gens et d'animaux viennent mourir entre ses bras. Ce n'est pas normal. Gustave adore aussi le froid. Tant mieux. Car le mercure descend chaque jour davantage. Clémentine serait d'ailleurs morte en plein hiver. Mais qui est-elle ? Et que s'est-il passé ? Un policier dépressif cherche à comprendre. La chair de Clémentine, deuxième roman de Vincent Brault, joue avec le gore, le fantastique et le dispositif de l'enquête.
Vous entrez dans cet hôtel avec un poids sur la conscience. Vous avez menti à vos proches, ignoré les lois, trahi vos amis, détruit la vie d'un homme, saccagé la propriété d'autrui... Il est temps aujourd'hui de laver vos fautes. Le personnel est là pour vous aider. Profitez de l'ambiance relaxante du lounge ; faites le vide en admirant la nature boréale le long des sentiers pédestres ; méditez dans le confort feutré des chambres ; évacuez les mauvaises pensées en vous dépensant au centre sportif. Mais, de grâce, n'essayez pas de nous tromper : votre salut en dépend. Nous savons qu'il n'y a pas d'innocents ici. Il n'y en a jamais eu. Avec ce roman incandescent, Alice Michaud-Lapointe explore la psyché de personnages aveugles à eux-mêmes dans des monologues effrénés où il vaut mieux lire entre les lignes pour découvrir la vérité.
Le repos éternel est une vaine chimère pour le cadavre de Kowalski. Et pour la conscience qui l'habite toujours, c'est encore plus vrai. Une petite fille disparaît. Un cadavre sort de terre. Et Kowalski est le dernier à s'en étonner. Porté par une écriture solide, un premier roman profondément singulier.
Lisbonne, ses nuits fiévreuses et ses mystères : un écrivain québécois y retourne pour clore sa trilogie, entre réalité et hallucination. Qui sont vraiment Clara et Nicolas ?
Ce livre est un hommage aux images à la fois tendres et violentes de la photographe Nan Goldin. Goldin est une guerrière, une gardienne de la mémoire. Elle lutte pour qu'on n'oublie pas la vie des femmes, des sidéens, des bannis. Depuis la mort brutale de sa soeur aînée adorée, elle se bat pour le souvenir de ceux qu'elle a perdus. Goldin est une gorgone dont le regard sidère. Elle demande de poser les yeux sur ce qui est étranger, elle exige que les secrets soient dénudés. Martine Delvaux met ici ses pas dans les pas de Goldin, et avance avec elle dans la colère, la rébellion et l'amour fou. L'écrivaine trouve chez la photographe une oeuvre-soeur, un écho de sa propre esthétique et de son engagement à dire, coûte que coûte, ce qu'elle sait et ce qu'elle voit.
On entre dans le plus récent roman de Verena Stefan, comme dans une eau dont le flot nous entraînerait rapidement loin. On entre dans les innombrables strates de la pensée d'une étrangère d'abord désorientée à l'intérieur d'un territoire qu'elle découvre - Montréal et la campagne alentour -, où elle se laisse dériver entre les langues. On vit avec Lou, qui lui raconte les animaux sauvages peuplant le territoire - les couguars, les ours et les loups justement. On traverse l'effroi, le cancer, la chimio qui attaque le vivant. On arpente les rues de la ville, la couleur des gens d'ici et, au bout d'une rue, on retrouve un village suisse de l'enfance. Et de cette épaisseur dense et fascinante du réel monte une sorte de courant chaud, d'hymne à l'amour et à l'appétit de vivre. Traduction de l'allemand par Louis Bouchard et Marie-Elisabeth Morf, revue par l'auteure Prix John-Glassco 2010