Leméac Éditeur
Quinze femmes ordinaires de l'Est de Montréal se réunissent pour un marathon de collage d'un million de timbres-primes. C'est dans la cuisine de la gagnante que se rencontrent et se confrontent sa famille et ses voisines, et bien vite la fête tourne au drame. Dans des tableaux exubérants et tragicomiques, elles font entendre leurs misères, leurs espérances, leurs aliénation, leurs frustrations et leurs calomnies dans un délire amer.
Avec une force d'écriture décuplée, emportée par des furies animales qui la font replonger dans l'univers cru d'Oss - où s'était révélée l'unicité de son imaginaire -, Audrée Wilhelmy livre un conte de pleine maturité dont les filets érotiques et les parfums iodés ensorcellent. Noé, dite la Petite, mène à corps perdu cette amorale histoire de trinité masculine - de père, de fils et d'ours. Personnage initiatique par qui les autres s'accomplissent, elle fait ici la rencontre d'Emessie fils, un vendeur de bonbons ambulant qui traverse chaque année le continent du nord au sud derrière le cul de sa jument.Ce texte fin comme l'ambre donne à nouveau la mesure d'un talent qui remplit déjà hautement ses promesses.
Quatre années au cœur d’un refuge pour hommes sans-abri : Un lourd manteau restitue, sans fard ni misérabilisme, les voix de ceux que la société préfère ignorer.
Un conte atemporel et amoral où les sorcières et les loups ne sont pas toujours là où on les attend.
Dans un village du Grand Nord québécois, l’arrivée d’un médecin coïncide avec celle d’une multinationale minière assoiffée d’or. Quand les cadavres s’accumulent et que la terre se rebelle, Julien Daigneault devra choisir son camp.
À l'ère de la radicalisation politique et des chambres d'écho médiatiques, les conversations, tant privées que publiques, tendent à devenir un terrain miné. Cet essai accessible offre une multitude d'astuces pour naviguer sur cette mer d'informations et pour établir des échanges constructifs. L'ouvrage comprend un lexique qui permet de se familiariser avec une cinquantaine de notions sociopolitiques - de l'anarchisme au wokisme, en passant par le colonialisme, la désobéissance civile, l'endoctrinement, le féminisme, l'intersectionnalité et la liberté d'expression -, dont la connaissance élémentaire facilite un engagement éclairé dans la vie citoyenne.
Un homme débarque dans la vie de la narratrice. Le nouvel amoureux de sa mère. Autoritaire, insidieux, parasite. Mais l'adolescente résiste. Grâce à l'écriture, à son amitié avec Sandrine, à la rivière toute proche qui l'apaise. Elle rêve de l'Italie, de l'Etna, de paysages où ce qui brûle en elle peut jaillir. En marge de la violence, il existe des espaces de douceur et de beauté. Mélina Schoenborn nous le rappelle avec sensibilité. Porté par une écriture poétique, fragmentée et traversée d'humour, Je suis un volcan révèle une voix qui gronde. Une voix forte.
Un homme s'éveille, drogué jusqu'aux os, dans un sauna gai où il est entré soixante heures plus tôt. Entre euphorie et violence, dépossédé de son corps et animé par le crystal meth, il fait le récit exact de ce qui a secoué ses derniers jours et ses dernières années, en un va-et-vient d'images intime et douloureux habité tout entier par un dur deuil amoureux.
À l'aube de l'âge adulte, Mathilde lutte contre la sensation de ne pas être assez. Assez confiante, déterminée, vivante. Se questionnant sur sa place dans le monde, elle se terre dans sa maison de banlieue. Jusqu'au jour où elle tombe sur un reportage à propos de l'Ambassade, hôtel désaffecté de Montréal reconverti en lieu d'accueil pour des réfugiés menacés d'expulsion. Mathilde s'y rend dès le lendemain pour proposer ses services comme bénévole. En quelques semaines, la jeune femme découvre l'activisme, les manifestations, l'amour, le courage des exilés, l'intolérance, le feu des convictions qui réchauffe et brûle tour à tour... Mais peut-on traverser un tel condensé d'existence et en sortir indemne ?
Carreauté Kid détonne avec les autres élèves de secondaire quatre : élevé par son père, il est fan de musique grunge, dont il incarne l'esprit jusque dans son style vestimentaire. Solitaire et introverti, il est secrètement amoureux de la pétillante Adèle, à qui il dédie des covers de chansons qu'il joue à la guitare et publie sur sa chaîne YouTube - sauf que, malgré la chimie évidente qui opère entre eux, Adèle est en couple avec un autre...Comment concilier la complexité des sentiments avec le poids des conventions ? D'un triangle amoureux en apparence classique naît un roman vivant et sincère, à la fois nostalgique et actuel.
Invitée à raconter sa version de la tragédie de sa soeur Antigone, Ismène la discrète, l'oubliée, revit les doutes qui l'ont traversée à l'époque et qui la taraudent toujours vingt-cinq siècles plus tard. Seule avec ses notes et ses immenses questions, elle livre une conférence d'abord hésitante qui se mue en confidence enfiévrée, à mesure que les souvenirs affluent et que les conversations passées refont surface.Au-delà du mythe, ce monologue inquiet sonde le conflit intime entre deux soeurs que tout oppose : Antigone la radicale, qui rayonne dans la pureté de la mort, et Ismène la modérée, qui hérite de l'imperfection de la vie et qui cherche à exister avec sa honte, sa peur, son besoin d'amour. Devant l'héroïsme et l'absolu, l'humanité et le réel font-ils le poids ? Un texte ample à la parole fine, tendue, brûlante.
Condamné à effectuer des travaux communautaires, Malik se retrouve dans une résidence pour aînés auprès d'un vieil homme détestable qu'il n'a nulle envie de connaître. Sous la petite délinquance de l'un et l'aigreur de l'autre se cache une sensibilité qui, peu à peu, transformera cette relation forcée en amitié sincère.
Une fille en or, une fille en terre, une fille en double, une fille en pixels : quatre parcours étranges et familiers où le réel tremble, où on danse en enfer, où on se dématérialise tout en demeurant à l'affût des plus infimes détails de la vie quotidienne. Quatre filles qui se transforment et qui cherchent à comprendre ce qui bouleverse leur existence. Inspirée des Métamorphoses d'Ovide, cette pièce aux confins du fantastique creuse nos mythologies contemporaines avec finesse, naviguant librement entre ombre et lumière, humour et blessure, banalité et magie, vie et mort - en une toile chatoyante, bigarrée, magnifiée comme au théâtre.
Marie-Odile, agricultrice, est à Ouagadougou pour un colloque international. Son tour de parole approche. Tandis que l'émotion la submerge - douleurs anciennes, joie des enfants accourus la veille lui donner la main en criant « nassara » : le Blanc, la Blanche -, la porte de la salle s'ouvre violemment. Entre Ali.Habitée par les voix multiples d'un choeur invisible, portée par une narratrice qui suit à la trace les pensées des deux personnages, la pièce entremêle chagrins privés et chocs du monde en une écriture soyeuse, haletante, aiguë. Quel est ce feu dans le ventre qui donne lieu aux déflagrations ? Et comment l'éteindre ?
L'enfant mascara est une histoire d'amour à sens unique, comme on en voit partout, dans toutes les écoles secondaires. À cette différence qu'elle se conclut de manière particulièrement tragique. Inspiré par des faits réels qui se sont déroulés dans la ville d'Oxnard, en Californie, Simon Boulerice transpose dans la fiction l'un des meurtres homophobes, voire transphobes, les plus violents à s'être produits aux États-Unis, tout en rendant hommage à Larry/Leticia, un être rempli de désir, d'éclat et d'arrogance, dont la vie n'aura été que fulgurance.
Entre Québec et Anticosti, Le Saint-Laurent et ses îles vous embarque pour une traversée littéraire unique, où Damase Potvin mêle géographie, légendes et récits historiques.
Trois destins entrelacés, trois continents, une quête commune : fuir ou se reconstruire. Ailleurs que moi mêle l’urgence humanitaire en RDC, la fatigue d’un mercenaire à Moscou et les souvenirs douloureux d’un homme à Montréal.
Six serveuses d’un bar montréalais, unies par la colère et la sororité, se soulèvent contre l’oppression quotidienne.
Entre 1948 et 2022, de Québec à la Californie, Quilt tisse les destins d’une professeure, d’une ex-mannequin et d’un prêtre défroqué. Une courtepointe littéraire où chaque fragment raconte la quête de soi après la perte des pères.
Sarah-Lou, 18 ans, découvre la ville et ses dangers. Après une soirée qui tourne au cauchemar, son amie Alice disparaît et les soupçons se tournent vers elle. Qui croire quand la réalité se brouille et que les visages perdent leur sens ?
Plongez dans Sous-bois, un récit poétique et sensible où deux amies, Désir et Delphine, explorent le passage délicat de l’enfance à l’adolescence.
Le Vieux-Québec, ce décor de pierre et de brouillard, devient sous la plume de Charles R. Cross une ode à la littérature et à la fraternité.
Jacques Poulin (1937-2025) a fait du Vieux-Québec un mythe littéraire. Au coeur des murs de pierre, le brouillard du fleuve estompe les contours du réel et de la chimère pour donner vie au romanesque : les arbres à chats s'appuient aux maisons d'écrivains, les serveuses de cafés tracent leurs poèmes sur les nappes de papier, les librairies laissent s'échapper les murmures des livres. Les flâneurs suivent à la trace leur roman à venir, parfois jusqu'aux confins de l'Oregon. Dans cet essai déambulatoire, hommage à l'une des grandes oeuvres de notre littérature, la promenade vient nous réconcilier avec le grand rêve de fraternité humaine.
Un week-end entre profs, un chalet, un barbecue. Puis l’étincelle qui embrase tout : Explosion de Thomas O. St-Pierre mêle humour noir et tension narrative, entre satire sociale et drame psychologique.
Un week-end entre profs, un chalet, un barbecue. Puis, tout bascule : ce n’est pas la fin du monde, mais celle d’un monde. Entre satire sociale et thriller psychologique, Explosion révèle les secrets inavouables de gens ordinaires.
Entre mémoire et oubli, Anne s’en va explore ce qu’il reste d’une existence quand le corps et l’esprit s’effacent.
Et si la douleur devenait le chemin vers une renaissance ? Kétamine raconte l’expérience unique de Gabrielle Chevarier, qui explore les confins de la conscience et du corps grâce à un traitement expérimental.
Comment le désir et l'amour sont-ils vécus au temps des applications de rencontre et de l'intelligence artificielle ? Confronté à la question alors qu'il se réveille nouvellement célibataire à quarante ans passés, Martin Desrosiers mène une enquête philosophique sur les pour et les contre de la technologisation de notre vie sexuelle et sentimentale. Qu'est-ce que le pouvoir des algorithmes change à nos envies, à nos attentes, à notre rapport à l'autre ? Que reste-t-il de nos amours, une fois que les robots se mettent à devancer nos désirs et à jouer les cupidons ? Avec l'acuité intellectuelle, l'élégance stylistique et l'humour pince-sans-rire qu'on lui connaît, l'auteur livre le récit captivant de son voyage au bout des applis.
Alors que se multiplient les interventions cherchant à baliser le discours sur le suicide, Marina Girardin rappelle que la littérature a souvent envisagé ce phénomène comme une question sans réponse, marquée par une ambiguïté fondamentale. En revenant sur les moments d'ombre où le spectre de la mort volontaire a fait irruption dans sa vie, et en revisitant des oeuvres qui développent ce thème, elle montre comment l'écriture permet de traverser l'abattement et d'aborder le suicide sans le réduire à une pathologie ni à un tabou. À la croisée de l'intime et du politique, Les eaux glacées de l'Isar interroge la place que nos sociétés laissent à la parole sur la mort volontaire et fait de la lucidité une manière de donner sens à l'existence.
Esther, jeune adolescente extra-lucide, cherche sa place entre l'univers déjanté de sa grand-mère et celui de sa mère, plus cru, à l'image du bar miteux où elle chante. Entre ces trois générations de femmes se dessine un héritage de dépendance et de sensibilité exacerbée. À travers la boîte noire de sa conscience, Esther voit, entend et vit au diapason des autres, sans tout comprendre, tentant d'inventer, quitte à la réinventer déjà, sa propre identité.
Christian et Nathalie ont une dynamique de couple bien établie. Une nuit, Jasmine débarque chez eux en réponse à une imprudente publication de Nathalie sur les réseaux sociaux. Dès lors, tout s'ébranle : leurs habitudes, leurs valeurs, leurs désirs, leurs acquis, le sens même de leur vie. Cette comédie douce-amère radiographie avec un oeil aigu les grandeurs et misères de notre civilisation essoufflée. Sur le vide, sur l'amour, sur les rapports factices qu'ont parfois les humains, sur la tentation de se décharger du poids d'avoir à prendre des décisions quant à ce qui constitue notre existence, voici un portrait dont l'ironie percutante est adoucie par une vraie tendresse envers nos ridicules.
Et si la culture du viol était partout, même là où on ne la voit plus ? La fabrique du viol de Suzanne Zaccour révèle comment nos lois, nos mots et nos silences construisent chaque jour l’impunité des agressions sexuelles.