Hachette Littératures (réédition numérique FeniXX)
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Un essai sur les trois principaux courants de la pensée écologique (écologies « profonde », « autoritaire » et « démocratique ») et sur l'idéologie économique qu'ils viennent contredire à des degrés divers. Le point sur cette idéologie (qui prend sa source chez Adam Smith et vise à faire de l'économie un ordre propre et autonome), sa prégnance dans le monde, ses dangers et les signes de son essoufflement. Une critique des thèmes et des présupposés de l'écologie « profonde » ainsi que du scénario fondamentaliste auquel elle conduit : à quelles contradictions peut mener ce rejet global de l'humanisme. Une généalogie de l'écologie « autoritaire » : comment les grands axes de la pensée de Hans Jonas, qui détermine en partie ce courant et confère aux experts un rôle décisif, conduisent à un scénario politique difficile à mettre en place. Une analyse des grands enjeux de l'écologie « démocratique » qui vise, elle, à freiner « de l'intérieur » les excès de la société industrielle, sans toutefois remettre en cause la totalité de ses principes.
Il y a plus de quatre siècles, après que Copernic eut ébranlé l'idée d'une position absolue, Galilée découvrait que « le mouvement est comme rien » : il n'existe pas en soi, un corps ne se meut que par rapport à un autre corps. Au début du XXe siècle, Poincaré et Enstein franchissaient une nouvelle étape avec la relativité restreinte, où l'espace et le temps ne sont plus séparés. Puis Einstein inventait une nouvelle manière de penser avec la relativité généralisée. Celle-ci n'est plus seulement une théorie des objets dans un cadre préétabli. Elle offre une conception dynamique de la géométrie d'un espace-temps courbe et dépendant de son contenu matériel. La gravitation n'y existe plus en soi, mais devient, elle-même, relative au choix du système de coordonnées. La relativité a-t-elle dit son dernier mot ? Son principe exige que les lois de la nature soient valides, quel que soit le système de référence. Mais les lois de la mécanique quantique ne l'ont-elles pas mise en défaut vers les échelles microscopiques ? Laurent Nottale suggère d'envisager les effets quantiques comme la manifestation d'une relativité étendue aux changements d'échelle. En passant du macroscopique au microscopique, l'espace-temps, de courbe, deviendrait fractal. Un essai à la fois très accessible et profondément novateur.
Synthèse sur la Rome des derniers siècles de l'Antiquité, cette étude révise l'idée reçue de décadence et présente la ville à un moment crucial : celui de son passage de la Rome impériale à la Rome pontificale, conservant son rôle de capitale. «Copyright Electre»
Parmi les grandes villes de l'Antiquité, Alexandrie a exercé sur les peuples de la Méditerranée une extraordinaire fascination. Fondée par Alexandre en 331 av. J.-C., elle devient la capitale du royaume des Ptolémées, jusqu'à l'arrivée des Romains en 30 av. J.-C. Son rôle de port à l'embouchure du Nil en fait le lieu de transit de toutes les richesses de l'Égypte, et la place à la tête du commerce méditerranéen. Les sciences y prennent un essor remarquable, grâce aux plus grands savants : la médecine avec l'anatomiste Hérophile, la géographie avec Eratosthène, l'astronomie, les mathématiques, tandis que s'épanouissent la littérature et la poésie... Autour de la Bibliothèque et du Musée, la vie alexandrine allie les nouvelles exigences grecques et l'héritage égyptien. Les Gréco-Macédoniens y sont seuls citoyens, mais les femmes peuvent être reines ; les Égyptiens s'intègrent peu à peu, tandis que les esclaves constituent la majorité silencieuse. Le rideau s'ouvre sur cette société avec ses fêtes et ses rites, ses lieux de vie et ses monuments. Creuset où se mêlent les cultures, les traditions artistiques et les hommes, Alexandrie brille pendant trois siècles d'un éclat magnifiquement retracé et illustré dans cet ouvrage.
Le Directoire n'est pas seulement l'époque des Incroyables et des Merveilleuses... Sans négliger la vie parisienne pittoresque et bouillonnante des années qui suivirent Thermidor, Jacques Godechot s'est attaché à décrire la réalité quotidienne dans un pays resté aux trois quarts peuplé de paysans. La France est alors en pleine mutation. La bourgeoisie consolide sa prépondérance tandis que les militaires qui se veulent les seuls représentants authentiques de la République jacobine se coupent de plus en plus de la Nation. La liberté religieuse fait timidement son apparition dans un pays coupé en deux par le schisme. Les structures politiques ont été bouleversées depuis six ans, les structures économiques, profondément modifiées par les réformes de la Constituante, et par la guerre. Mais les esprits et les moeurs n'ont pu suivre cette évolution accélérée. Voilà qui donne à la vie sous le Directoire, son aspect si original. Quel sera l'avenir alors que vont s'apaisant les grandes tempêtes soulevées par la Révolution ? La France hésite, cherche sa voie mais brutalement, le 18 Brumaire, Bonaparte interviendra.
Les papes, qui avaient quitté Rome pour Avignon depuis plus d'un siècle, inaugurent par leur retour en 1420 le triomphe de la société de cour. La cour de Rome, c'est au moins deux mille personnes qui administrent l'Etat le plus complexe, le plus cosmopolite de l'époque, gèrent d'immenses fortunes et instaurent un mode de vie brillant dont les fêtes, les fastes, le luxe ostentatoire marqueront profondément le siècle. Mais c'est aussi une cour érudite, dont les grands esprits novateurs, inspirés de vastes desseins, assurent la renommée de Rome "capitale des Lettres". La création de l'université pontificale du Vatican, de la bibliothèque vaticane, la politique systématique d'achat et de copie de manuscrits, la lecture et le commentaire des auteurs grecs et latins contribueront à la naissance de l'humanisme et à son rayonnement. Le Vatican devient le centre et le nerf du monde chrétien. Rome renaît de ses cendres: sur les champs de ruines, les lacis de ruelles et de coupe-gorge, les princes de l'Eglise et les banquiers de la cour font percer de longues avenues bordées d'imposantes façades, décors somptueux pour d'étonnantes parades. Rien, dans l'histoire de l'Occident, ne peut se comparer à ce chantier où accourent de partout les maîtres les plus célèbres, à cette éblouissante floraison de tous les arts, à ce refuge généreux et tolérant ouvert aux poètes, aux humanistes et aux philosophes, libertins bien souvent.
Succédant à Montmartre voué au tourisme folklorique, Montparnasse, à partir de 1905 et jusqu'en 1930, fut le quartier des peintres. Encore aujourd'hui, prononcer son nom c'est faire surgir les figures dramatiques ou pittoresques de Modigliani, Soutine, Foujita, Kisling, Zadkine. C'est évoquer les cafés enfumés du carrefour Vavin, les boîtes exiguës d'où partit la mode du jazz et des blues, les cités d'artistes, misérables demeures du génie. Dépassant cet aspect désormais légendaire, l'auteur analyse les raisons du succès de ce quartier occupé, au début du siècle, par les couvents, les écuries et les exploitations maraîchères. Avec lui, on découvre que Montparnasse ne fut pas seulement la création des peintres de l'École de Paris, étrangers pour la plupart, mais peut-être davantage celle des poètes symbolistes, des surréalistes et des écrivains américains. Il évoque les assemblées de gens de lettres autour de Paul Fort à « La Closerie des Lilas », les spectacles populaires de la rue de la Gaîté, le salon de la baronne d'OEttingen, forum des « Soirées de Paris », les séances de « Cadavre exquis » chez Jacques Prévert, l'étonnant milieu du « Sphinx », Hemingway et Miller, le studio de Gertrude Stein et la librairie de Sylvia Beach...
Pendant des siècles, le Japon vécut replié sur lui-même et isolé du monde occidental. En 1868, l'empereur Mitsuhito décrète la création d'un gouvernement éclairé (Meiji) et l'ouverture de son pays au monde extérieur. Du plus humble paysan jusqu'au souverain absolu, la transformation sera complète, tant dans le comportement individuel que dans les manières de penser qui obéissent à un unique mot d'ordre "Imiter l'Occident afin de devenir son égal." Les structures politiques, juridiques, industrielles, culturelles et sociales de l'ancienne société traditionnelle sont bouleversées de fond en comble. L'homme japonais met lui-même bien plus de temps à changer, car une mutation si soudaine ne va pas sans grand désarroi. C'est cette période remarquablement féconde, animée par le désir forcené d'égaler les nations occidentales, qui fait le propos de l'auteur. Une époque extraordinaire à plus d'un titre, paradoxale pour les Japonais eux-mêmes, écartelés entre le progrès à tout prix et leur identité nationale.
René Théwissen n'est pas un homme comme les autres. Depuis trente-neuf ans, il consacre sa vie à aider les gens, à les soigner, à les guérir. Il a "le regard", il a "les mains", il possède un magnétisme et une force exceptionnels. Ce récit retrace son itinéraire, son approche de la vie et sa philosophie - amour, sagesse, tolérance -, fondée sur sa propre expérience de la souffrance et du rejet. Dans ce livre qui est un message, René Théwissen propose des réponses à ceux qui sont à la recherche d'un sens à donner à leur vie dans un monde qui leur échappe. Aimer et Guérir est un chemin vers la seule vérité qui nous importe : la vie, c'est l'action, c'est l'amour, c'est l'espoir.
Sous Paris, il y a un autre Paris... Un Paris souterrain d'une immensité tout à fait surprenante qui déroule un labyrinthe de galeries, de tunnels, de canaux et de voies ferrées. Pour 150 kilomètres de métro bruyant et familier, il y a, à l'étage en dessous, 2 000 kilomètres d'égouts silencieux et 300 kilomètres de carrières ténébreuses et à peu près inconnues. Si le réseau d'égout décalque, sous la surface du sol, l'image des rues, des places et des avenues, le réseau des anciennes carrières dessine un entrelacs autrement subtil et mystérieux. Ces cavités innombrables constituent, sous nos pas, un volume de vides identique au volume des pleins que l'on peut voir à la surface. Paris qui est sorti de ces souterrains y tiendrait à l'aise. Le lecteur gourmand abordera, avec délectation, les rivages mystérieux et secrets, aux limites de la grande plage qui dort sous les pavés. Le lecteur curieux trouvera dans cet ouvrage une anatomie du sous-sol parisien et l'histoire de ces souterrains. Il y rencontrera des diables et des moines, des brigands et des sorciers, des malheureux, des bannis, des réprouvés et même le premier évêque de Paris. Il y fera la connaissance des contrebandiers qui se glissent sous le mur des Fermiers Généraux, des mineurs de charbon qui travaillent sous l'hôpital Sainte-Anne et de quelques fous qui pêchent de l'or dans les glaisières de Passy. Et tous les lecteurs constateront combien l'histoire des souterrains de Paris est indissociable de celle de la capitale et combien elle l'éclaire.
Transfusion sanguine, amiante, hormone de croissance et autres vaches folles : les affaires qui ont agité l'opinion et les médias ces dernières années ont projeté la santé sur le devant de la scène... Mais loin d'entraîner un effondrement du système de soins et un discrédit du domaine médical, elles ont au contraire provoqué une véritable révolution de la santé publique dans notre pays. La dernière décennie a vu le réveil de la conscience collective, l'organisation de la société civile en associations autour de maladies diverses, et la prise de responsabilité de l'État, qui s'est enfin mis en mesure d'assumer le premier de ses devoirs : protéger la santé et la vie des citoyens. Jean-François Girard retrace cette promotion de la santé comme préoccupation majeure de notre temps. Il dénonce une médecine trop scientifique et matérialiste, qui oublie l'humain, un aveuglement des institutions qui géraient les crises au jour le jour sans se donner les moyens de faire face aux risques futurs ; des égoïsmes qui freinent toute réforme et menacent notre sécurité sociale... Mais il souligne aussi avec force les évolutions qui annoncent une ère nouvelle : l'approche de la maladie se nourrit aujourd'hui des acquis des sciences sociales qui l'insèrent dans une vision globale de la vie des hommes en société. Les bouleversements causés par l'épidémie de sida ont créé une véritable démocratie sanitaire dans de nombreux pays. La santé est en train de devenir enfin l'affaire de tous, c'est-à-dire de chacun.
Les miracles existent-ils ? Dans notre époque à la fois férocement matérialiste et étrangement mystique, il valait la peine de se poser honnêtement la question. C'est ce qu'a fait Dominique Rouch. Des grands miracles de la Bible aux actuelles apparitions de la Vierge en Roumanie ou en Syrie, l'auteur porte un regard sans complaisance ni parti pris sur un ensemble de phénomènes pour le moins troublants, miracles de Lourdes, bien sûr, mais aussi liquéfaction annuelle du sang de saint Janvier à Naples, stigmatisés, tombeaux miraculeux, etc... Un temps fort de l'ouvrage : le témoignage de l'auteur qui a assisté personnellement et en plein Paris à un phénomène mystique particulièrement troublant... et inexplicable. Dominique Rouch s'est par ailleurs entourée de l'avis de personnalités venues du monde tant scientifique que religieux, chrétien, judaïque ou musulman. Une approche objective et critique, un document surprenant qui bouleverse bien des idées reçues.
Claude Dulong nous dresse ici les destins de diverses femmes, connues telles que Ninon de Lenclos, ou restées dans l'ombre comme une sorcière de village, pour apprécier les progrès accomplis en matière de condition de la femme entre la mort d'Henri IV et celle du Roi-Soleil. Ce siècle qui fut surnommé "le Grand siècle", le fut-il vraiment pour les Françaises ?
Au terme de dix ans d'affrontements, de désespoirs et de découragements, de rebondissements parfois dramatiques, un grand rêve européen est en passe de se réaliser : l'Euro. L'histoire de l'Euro est un roman qui met en scène des acteurs prestigieux : François Mitterrand, Helmut Kohl, John Major, Jacques Chirac, Tony Blair, Lionel Jospin... Gabriel Milesi, qui a eu accès à des sources inédites, raconte les péripéties de ce passionnant feuilleton. A Maastricht, face au blocage anglais, François Mitterrand fait préparer son avion pour rentrer à Paris ; Edouard Balladur, en pleine tourmente monétaire de 1993, imagine un scénario secret mettant fin au SME, pour se libérer du carcan de la Bundesbank ; Jacques Chirac, en 1995, croise le fer avec le président italien ; Helmut Kohl prend ensuite les Français de court en exigeant que l'Ecu s'appelle l'Euro, à la fureur de Giscard ; en 1996, le ton monte entre Chirac et Kohl à propos du pacte de stabilité, et il faudra séparer les deux hommes, au bord de l'empoignade physique ; on est presque au bout du chemin quand les socialistes français menacent de tout faire capoter, mais Jospin se range à l'orthodoxie sous la menace de Chirac, ce dernier lui confiant en tête-à-tête qu'il signera le traité d'Amsterdam, avec ou sans son Premier Ministre ! En arrière-plan de ces batailles se dessine l'histoire des peuples, avec leurs angoisses et leurs incompréhensions. De sommets en sommets, de référendums en dissolution, de législatives en présidentielle, de crises en réconciliations, finalement l'Euro est né. Une belle histoire, qui nous donne les clés de l'aventure européenne.
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Dans son premier livre "Aimer et guérir", René Théwissen nous expliquait la découverte de ses dons, et de son pouvoir magnétique. Dans ce "Livre de vie", il souhaite partager sa propre philosophie, son existence dédiée à ceux qui cherchent ou souffrent. Il nous parle également de son couple, de sa foi en Dieu, en l'Astral et en la réincarnation.
"Depuis l'enfance, j'aime les mots qui chantent et les poètes qui nous révèlent les mystères de la nature et le secret des coeurs. D'eux j'ai appris que tout est Poésie : le regard amoureux d'une femme, un enfant blotti contre sa mère, des arbres enflammés par l'automne, des giroflées sauvages dans le creux d'un vieux mur... À quinze ans, j'écrivais : « Ô Terre, divine amie, source de bonheur et de vie », si aujourd'hui, au terme de ma vie, je le crois encore, c'est à Mamina, ma chère compagne si tendrement aimée, que je le dois. L'amour est une rose pourpre qui ne s'effeuille jamais." Édouard Bled
Avec deux millions de citoyens musulmans, l'islam est aujourd'hui la seconde religion de France. Mais quel est cet islam français dont la montée des intégrismes brouille trop souvent l'image ? Jocelyne Cesari s'efforce de répondre à cette question en rappelant quels sont les fondements du culte et de la culture islamique, en évoquant les pratiques religieuses des musulmans en France et en traitant des rapports parfois difficiles qu'entretient la communauté musulmane avec la République. Les musulmans sont des hommes et des femmes aussi divers par leurs pratiques religieuses et leurs origines sociales ou ethniques que les autres croyants. Il faut, pour accepter cette évidence, que les esprits s'apaisent et que la peur disparaisse. Il faut surtout que nous cessions de les percevoir à travers notre ancienne histoire coloniale. Docteur en sciences politiques, spécialiste de l'islam en France et en Europe, Jocelyne Cesari travaille à l'institut de Recherche et d'Études sur le monde arabe et musulman (IREMAM-CNRS) et enseigne à l'institut d'Études politiques d'Aix-en-Provence. Elle a notamment publié « Être musulman en France ; associations, militants et mosquées » (éditions Karthala-IREMAM), un ouvrage remarqué sur les comportements des citoyens issus de l'immigration maghrébine.
En donnant la parole à Bérengère, personnage émouvant, restée dans l'ombre de Richard Coeur de Lion, Ivan Cloulas et Anne Denieul jettent un nouveau regard sur ce héros de légende. La jeune infante de Navarre, devenue reine d'Angleterre, participe, à ses côtés, à la troisième croisade : prise de Chypre, siège de Saint-Jean d'Acre, libération de Jaffa, marche sur Jérusalem. Bien d'autres épisodes encore lui dévoilent les divers visages de l'Orient où s'affrontent chrétiens et musulmans. A son retour de Terre sainte, Richard est fait prisonnier en Allemagne et Bérengère s'efforce d'obtenir l'intervention de la papauté pendant que la mère du captif, Aliénor d'Aquitaine, rassemble son immense rançon. Richard est enfin libéré, mais il doit se consacrer à la reconquête de ses biens usurpés par le roi de France Philippe Auguste. Délaissée, la jeune reine ne se résigne pas à être reléguée à l'arrière plan. Elle tente de se rapprocher de son époux, quand Richard, blessé au siège de Châlus, meurt brusquement le 6 avril 1199. Bérengère se voue à maintenir présent son souvenir. Retirée au Mans, elle fonde l'abbaye de l'Epau qui abrite aujourd'hui son gisant. Cette histoire, minutieusement établie à partir des faits réels, la reine elle-même nous en fait le récit. Bérengère raconte sa jeunesse et sa passion pour Richard, et à travers son regard, surgissent les exploits de ce héros chevaleresque, l'épopée des Plantagenêts, l'aventure de la troisième croisade, la fascination de l'Orient, les rivalités entre les maîtres des royaumes anglais et français.
En 1831, une sanglante insurrection fait du canut la figure de proue de la révolte ouvrière. En même temps, le théâtre de Guignol popularise la bonhomie narquoise de cet artiste en soie. Qui se cache sous les images stéréotypées du fameux "gone" ? Et qui sont le passementier stéphanois, son voisin, et la moulinière des campagnes qui le fournit en fil ? Pour répondre à ces questions, les auteurs ont parcouru les ruelles et les traboules, pénétré dans les ateliers, pris en main les outils, palpé brocarts et rubans, pesé les mots du parler lyonnais pétri d'humour, nourri d'humanité. Ils y ont gagné la familiarité de ces travailleurs de la soie et la connaissance du coeur sans lesquelles il n'y a pas de témoignage authentique.
1871.« L'unification allemande fut une folie de jeunesse que la Nation commit sur ses vieux jours » (Max Weber). Triple-Alliance, traité des trois Empereurs... Apogée du systèmede Bismarck ? « La machine est si bien montée qu'elle marche toute seule », écrit le chancelier. Mais, déjà, le système européen évolue au fil de l'expansion économique et coloniale. Européanisation consciente du monde : la suprématie européenne est maintenue, mais avec de nouveaux centres de pouvoir, une nouvelle répartition des forces...
Le point sur la « pénalisation » de la République et ce qu'elle sous-entend : une extension de la justice pénale à des personnes jusque-là protégées ; le traitement des méfaits du libéralisme, par un recours massif à la prison ; le nouveau langage à travers lequel les individus traduisent aujourd'hui leurs relations. Une recherche des causes de ce « tournant pénal » : l'importance prise par les victimes et les médias, qui trouvent dans les associations et l'opinion un relais puissant ; l'autonomie des magistrats, qui tendent à s'émanciper de la tutelle de l'État ; un développement interne à la société démocratique, qui, face à l'insécurité, accentue l'individualisme peureux. Des propositions pour lutter contre les ravages possibles d'un tel mouvement : rapatrier le droit pénal sur quelques délits essentiels ; imaginer d'autres manières de signifier la réprobation sociale ; substituer à la logique répressive la protection des individus fragiles qu'engendrent nos sociétés.
Au carrefour de l'histoire et de la médecine, ce livre basé sur des archives officielles, des documents administratifs, mais aussi une enquête personnelle approfondie et nombre de papiers privés, retrace l'évolution de la condition médicale dans la France provinciale et rurale du XIXe siècle. Au cours du siècle, des guerres de l'Empire au septennat tragiquement interrompu de Sadi Carnot, la médecine a fait un bond prodigieux. A une thérapeutique tâtonnante a succédé une véritable science expérimentale et il y a loin du Médecin de Campagne évoqué par Balzac ou de l'officier de santé Charles Bovary, au docteur formé par les disciples de Claude Bernard et de Louis Pasteur. Mais s'ils se posent dans un contexte historique et un décor social différents, les mêmes problèmes demeurent : l'organisation de la profession et les hiérarchies qu'elle implique, la diversité des apprentissages, les difficultés matérielles, les vicissitudes des carrières et des clientèles, les rapports avec les malades, avec les sorciers et rebouteux, les rivalités d'ordre professionnel, la place et le rôle du médecin de province dans la société, son influence politique croissante. A mesure que son combat contre la maladie s'avère victorieux, le médecin de province voit s'affirmer la considération morale dont il bénéficie. Désormais il est un notable. Mais avant de respirer l'encens officiel dans un fauteuil de conseiller général, le médecin de province chevauche par tous les temps, entre une dysenterie et une variole, du château à la chaumière, du lit de l'enfant moribond à celui du vieillard grabataire.
Le premier essai sur la force politique que constituent aujourd'hui les jeunes en France : tour à tour « surpolitisée », puis « apathique », maintenant « morale », la jeunesse est en fait méconnue de la plupart des observateurs. Le point sur les repères dont disposent les jeunes pour opérer leurs premiers choix politiques : poids de la famille, brouillage de l'opposition gauche-droite, rôle de la télévision, sensibilité « mondiale » et préoccupations « locales ». Une analyse du passage des jeunes à l'état de citoyens actifs : si leur intérêt pour la politique est manifeste, ils ne s'engagent que tardivement, après un long « moratoire politique » ; ce dernier prélude à des engagements ponctuels et souvent en dehors des cadres politiques traditionnels. Une réflexion sur le type de société qu'annonce ce rapport complexe à la politique : du vote à la violence, en passant par le boycott, quelles questions ces nouveaux types d'engagement posent-ils à ceux qui nous gouvernent ?
La cour du Japon à l'apogée de l'époque de Heian nous fait connaître une société qui est à l'origine d'un des plus remarquables épanouissements artistiques et littéraires du Japon. A la différence de nos grandes cours européennes, l'empereur, personnage quasi-sacré, ne peut cependant prendre aucune initiative. L'autorité, de fait, appartient au grand chancelier aidé par un conseil de hauts dignitaires. Imbus de l'idée que le bonheur du pays dépend de l'empereur et de ses conseillers, ils recherchent l'aide de puissances extra-humaines. Ainsi, consacrent-ils les trois quarts de leur travail au bon accomplissement du cycle annuel des célébrations, rites jugés indispensables à la prospérité et à la sécurité du pays. Cérémonies, art de vivre épris d'harmonie et de raffinement, mais aussi luttes de pouvoir, place des femmes... Francine Hérail nous fait partager la vie du palais intérieur de Heian et nous aide à comprendre les valeurs d'une société japonaise dont, en dépit des influences continentales, l'originalité ne s'est jamais démentie.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Quatre manuscrits, quatre récits, quatre voix ; mais une respiration continue, grâce à la filiation : le même patronyme signe les quatre écrits. Ces textes paraissent mener leur lecteur, d'une seule coulée, du Directoire à la Ve République. Ils ont cet intérêt exceptionnel : faire éprouver, à travers près de deux siècles d'histoire de France, le sentiment de la durée concrète. Ils ont le charme même du cinéma au ralenti : ils restituent à la métamorphose qu'ils décrivent - celle d'une famille, d'un métier, d'une nation - les séquences minuscules et les gestes fragmentés dont la somme - pourtant - fait un mouvement irrésistible. Bertrand Sandre, l'arrière-grand-père, écrit à Gênes, en 1798, une Histoire de ma vie. L'arrière-petite-fille, Marie Sandre, a quatre-vingts ans lorsqu'en 1961, elle répond à une enquête menée auprès des instituteurs retraités de la IIIe République. Entre Bertrand et Marie, Baptiste, fils du premier, Joseph, père de la seconde, rédigent eux aussi la chronique de leur existence. La passion d'écrire, qui court d'une génération à l'autre dans la famille Sandre, nous vaut aujourd'hui un trésor. C'est notre histoire contemporaine même, plus frappante encore d'être, à l'intérieur d'une seule famille, écrite avec le sang et l'encre. Mona Ozouf.
Historienne et musicienne, Annie Bélis a tiré la matière de cet ouvrage de sa connaissance théorique de la musique ancienne, et de sa pratique de directrice d'un ensemble musical. Dans l'Antiquité, aucune activité ne pouvait se passer de musique. Celle-ci imprégnait la civilisation grecque de part en part : à moins de passer pour un ignorant, un citoyen athénien du siècle de Périclès devait savoir chanter et toucher de la lyre. Des récitals, mais aussi des concours et de véritables joutes réunissaient les artistes devant un public nombreux et passionné. Après avoir longtemps imité le modèle grec, le monde romain a - lui aussi - fini par accorder, à sa manière, une large place à cet art. Tout un monde se développait autour de la musique. Essentiellement masculin (seules les courtisanes peuvent être qualifiées de musiciennes professionnelles en Grèce et à Rome), il se déclinait en strates bien distinctes : les musiciens itinérants ne fréquentaient pas les virtuoses, proches des hautes sphères du pouvoir et de leurs intrigues. Pour la première fois, la vie des musiciens de l'Antiquité est ici retracée, dans ses détails concrets quant au maniement des instruments ou aux techniques de chant, et dans ses aspects plus généraux quant à leur carrière ou leur place dans la société.
Les textes réunis ici ont pour auteurs des femmes et des hommes qui se disent soucieux de voir les femmes disposer de chances égales et participer à la vie politique. Ils sont de nature différente : interventions politiques, prises de position, arguments philosophiques, politiques ou féministes. «Copyright Electre»
Que se passe-t-il derrière la célèbre façade que les correspondants du monde entier ont rendue familière à des centaines de millions de téléspectateurs ? Bureau du Président, dont c'est aussi la résidence, bureau des « hommes du Président », la Maison-Blanche se veut celle de tous les Américains qui la visitent chaque jour par milliers... Mais le 1600, Pennsylvania Avenue est surtout le temple du pouvoir exécutif américain, l'un des centres stratégiques de la planète. Sous la protection d'un service secret omniprésent, elle abrite le coeur de la vie politique américaine. Henri Pierre, en habitué des lieux, s'est attaché à décrire et à analyser le monde de la Maison-Blanche : un appareil complexe animé par le Président lui-même et ses proches conseillers, où se livre une impitoyable course au pouvoir orchestrée par des médias dont le rôle, à l'intérieur même de la Maison-Blanche, justifie pleinement le titre de quatrième pouvoir, et où se décident les relations avec le Congrès et la Cour de Justice. Henri Pierre brosse en outre les portraits de trois personnages dont l'importance ne cesse de croître : le conseiller, le vice-Président et, bien sûr, la « First Lady ».
L'amour fou, l'amour passion est-il fatalement voué au drame ? Quelles sont les raisons qui font basculer en quelques secondes la passion amoureuse dans le crime ? Dominique Rouch a interrogé des accusés, des condamnés, des victimes pour tenter de mieux comprendre ces hommes et ces femmes qui ont un jour disposé de la vie de l'autre. Auprès de leurs avocats, des présidents de cour d'assises, elle a cherché à percer les secrets de l'instruction de ces criminels qui ont dû un jour rendre compte de leur amour devant la justice des hommes. Ces témoignages extraordinaires et parfois bouleversants, entraînent le lecteur dans le gouffre de la passion-destruction.