FeniXX réédition numérique (Utovie)
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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« In-habitation », en effet. Car c'est bien d'une absence, d'un défaut, d'un manque qu'il s'agit. Ce besoin viscéral du toit, de l'abri, s'accompagne de modalités particulières qui vont bien au-delà de la conscience claire de l'individu. Combien de névroses, impuissances affectives et sexuelles, tiennent à des conditions de vie génératrices de stress permanents parce que quotidiens ? André Cornut, trente ans de pratique immobilière : agent et promoteur, en expose et révèle les dessous, sans détours ni ménagements. Tout y passe et rien ne résiste à l'ironie chaleureuse d'un auteur tour à tour pamphlétaire, moraliste, visionnaire. Pour avoir vécu la dégradation de l'art d'habiter en Provence (un des pays les plus touchés par le massacre d'un urbanisme démentiel), André Cornut est à même de démonter le mécanisme de cette folie. C'est ce qu'il fait dans cet essai, salubre et fort, avec verve et talent. 45 FF.
Antoine est un éleveur de canards. Oh ! pas un "gros" éleveur, rassurez-vous ! À sa mesure. Mais cela peut aussi poser des problèmes... Il les achète le 30 juin, quand l'école est finie. Il choisit une année des canards nantais qui sont tout jaunes et, l'année suivante, des canards de Barbarie qui sont jaunes avec des taches noires. Cette fois, Antoine a eu l'idée de faire un mélange. Il a acheté, dans un cageot, trois canards nantais et, dans un autre cageot, un canard de Barbarie. Quand ils ont été sur l'herbe, les canards nantais n'ont pas voulu que le canard de Barbarie (le « barbare » comme dit Antoine) les accompagne. Ils lui ont donné de méchants coups de bec et l'ont fait reculer. Le « barbare » s'est donc éloigné et Antoine, pour le consoler, l'a pris sur ses genoux...
Christophe Blanluet est né en 1965, à Montpellier. Atteint de polyarthrite, il est handicapé depuis l'âge de six ans. La maladie l'a conduit d'hôpital en hôpital, de clinique en fauteuil roulant. À quatorze ans, il décide de tout dire. Il l'écrit, et voici son témoignage, revu récemment pour cette édition. C'est à prendre comme on vous le donne. Un coup de poing, dont on se prend parfois à douter. Christophe n'est-il pas tenté d'en remettre dans les mauvais traitements qu'il subit, à l'école, ou de ses voisins ? N'importe. Il décide de se battre, et de se surpasser, pour faire mentir les premières années de sa vie. Par exemple, l'été 83 le trouve avec cinq copains, en canoé gonflable pour rallier la source de la Saône à la Grande Motte : 900 kilomètres à la rame en dix jours ! Alors, écoutez Christophe qui réclame la dignité pour tous : "Jamais personne ne pourra comprendre la douleur que l'on subit à voir les autres faire des choses que l'on ne peut pas faire, nous. Je peux le dire, car je l'ai vécu, je le vis, je suis moi-même handicapé".