FeniXX réédition numérique (Théétète)
Il est sous la varangue maintenant, assis, ou plutôt à demi allongé dans l'un des grands fauteuils créoles qui en meublent une extrémité, celle où donne l'allée menant au portail. Il est parfaitement immobile, tout le corps abandonné à la courbure molle du dossier, les jambes étendues à l'horizontale, croisées l'une sur l'autre, les pieds posés sur la petite table de tamarin et de verre placée juste devant lui. Sa main gauche pend à l'extérieur du fauteuil, sans effort, presque jusqu'à toucher terre en raison de la position très basse où il est assis. De la cigarette qu'il tient à bout de doigts et qu'il laisse se consumer, inutile, monte un filet rectiligne de fumée bleutée qui hésite brusquement, à peu près à hauteur de son visage, s'incurve, se déchire, s'effiloche, se tord en arabesques diaphanes et se dissout progressivement jusqu'à n'être plus qu'un imperceptible voile dans les demi-teintes imprécises du crépuscule. Son bras droit est posé sur l'accoudoir. Sa tête est légèrement inclinée sur l'épaule droite. Il a le regard fixe, perdu au loin dans les lueurs instables du ciel rougeoyant où la nuit, peu à peu, installe ses masses sombres.
C'est en termes de participation à l'esprit de l'époque, de hauteur identique de vue, de correspondance de formation et de destin que nous rapprochons Rimbaud et Nietzsche, car les grands événements d'une culture ne sont pas le fruit d'individualités totalement séparées auxquelles de simples coïncidences de formulation viendraient prêter un semblant d'identité. Bien au contraire le front d'une culture se construit (ou se déconstruit) globalement, posant à chacun le même type de questions et induisant, chez ceux dont l'oreille est capable d'écouter ce qui s'avance « à pattes de colombes », ces réponses dont avec le recul nécessaire on peut enfin voir les points de convergence.
Alors que la question du plein-emploi semble le préalable à toute interrogation sur le sens de la vie en société cette évocation de vingt ans de recherches sur la manière dont les sociétés investissent de significations et d'émotions les lieux qu'elles créent, peut sembler anachronique. Fallait-il réveiller les vieux fantasmes de la participation des habitants à la conception architecturale ? Cet essai en a pris le risque, montrant les recherches d'alternatives à la planification, l'espoir de rendre les sciences sociales utiles à l'aménagement de l'espace et à l'amélioration de la vie en société, les limites et les échecs aussi. L'attention croissante pour le développement des idées morales et les interrogations paradoxales sur la rationalité marque son déroulement.
Dans cette nouvelle édition revue et augmentée de Temps et souffrance, Bernard Salignon propose un parcours qui interroge la folie dans le rapport qu'elle entretient au temps et à l'espace. Loin de rejeter la psychose dans l'inhumain, l'auteur fait de cette souffrance un mode essentiel de compréhension de l'homme. Au travers de trois analyses de cas, ce travail montre qu'il n'existe pas d'espace habité hors de la dimension du temps qui le déploie et lui donne sa forme. Si cette approche psychanalytique de l'être de l'homme s'adresse en tout premier lieu aux cliniciens et théoriciens ainsi qu'à l'ensemble des travailleurs sociaux, elle n'en convoque pas moins le philosophe et l'architecte aux points d'intersection de leurs disciplines et plus largement tous ceux qui par leur pratique sont questionnés par l'essence de l'homme.
Ce livre-là est né de ce courage, de cet arrachement, de ce beau risque en quête d'une langue singulière avec musique qui n'appartient qu'à son auteur. Il aura fallu prendre le temps du seuil avant de traverser la passerelle au-dessus du vide. (Michaël Glück). « Copyright Electre »
« Lire - Cette pratique Appuyer, selon la page, au blanc, qui l'inaugure son ingénuité, à soi, oublieuse même du titre qui parlerait trop haut. »
En internat, en lieu d'accueil, dans des centres de postcure, des hôpitaux de jour, en M.A.S., en M.E.C.S., en A.T.O., en C.A.T... la dimension du quotidien est centrale, dans toutes ses dimensions de routine mais aussi de surprise. Le quotidien est un espace de répétition de l'archaïque et en même temps un lieu d'invention et de création, le lieu de la rencontre entre les humains. Parmi les travailleurs sociaux, les A.M.P. ont cette spécificité d'être « spécialistes » du quotidien en institution. L'approche du quotidien, à travers les soins, l'accompagnement, les aides, est une technique de haut niveau dans le médico-social. Dans cet ouvrage tiré de deux conférences, l'auteur poursuit son exploration d'une clinique éducative bien vivante.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Comme, échauffée l'eau s'allège et devient vapeur, et dans l'air voyage, la parole qui par passion s'arrache à la pesanteur, s'élève et s'affine ; alors quelques mots lui suffisent pour fleurir. Telle, A pas de nuage, la trajectoire d'un livre dont le titre dit la vérité du dire. « Copyright Electre »
L'ouvrage est un recueil de récits se présentant sous la forme de tableaux écrits, réels ou possibles. Des faits, des événements, des instants ou des situations sont observés, répertoriés et classés. Chaque histoire apparaît alors comme une manière d'ordonner le monde et de le penser différemment.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Qu'il s'agisse de biberons, de massages, de câlins, comme on le lira, je ne parle pratiquement jamais de maternage. Pour moi, c'est un terme flou que je mets en pendant de bavardage. De toutes façons, il s'agit d'un travail qui demande de la rigueur, et qui consiste à repérer - puis à utiliser - les éléments qui doivent être mis en jeu pour permettre que, dans la relation à l'autre, il y ait un apport de sécurisation et de structuration. » Bernard Durey, dans ce livre, éclaire d'un jour nouveau la relation thérapeutique et éducative aux enfants et adolescents en proie à l'abandonnisme.