FeniXX réédition numérique (Silex)
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
L'arrivée de Vicco Watt en Afrique, est une véritable déclaration de guerre. Aristocrate, conquérant, il vient, au nom d'une puissance coloniale, prendre possession des terres, des âmes et des hommes - ces hommes qui ne sont, à ses yeux, que des « sauvages ». Il ne sait pas encore qu'il sera dépossédé de lui-même, au terme de sa course hallucinante. Au début de son périple, Vicco Watt paraît être une sorte de personnification de la fatalité et de la ruse de l'Histoire. Il gère le monde à sa guise et soumet les forces les plus audacieuses. Les soldats qu'il commande, triomphent des pires pièges. Mais le monde, dans lequel Vicco Watt et ses compagnons semblent incarner divers héros invincibles, est - avant tout - le monde de la rivalité. Sans le savoir, le conquérant assassinera son demi-frère. Vicco se trouvera face à son propre néant. L'apogée de sa vie sera la faillite de tous ses rêves. En explorant, minutieusement, les rapports qui peuvent résulter du choc des civilisations, l'auteur de ce récit a su détailler et décrire tout ce que ce choc peut charrier : violence, cruauté, fantasmes et postures dérisoires. Le lecteur ne sera donc nullement surpris de découvrir, dans Le dissident, l'illustration de certaines stratégies guerrières, et l'éloge de quelques formes de résistance.
Le titre même du recueil « Ignescent » suggère tout un programme de destruction/construction par le feu de l'amour et du mot, la flamme du verbe et de la vie : igné et naissant. Structuré en cinq parties rappelant les cinq actes d'un drame classique, ce texte donne naissance à de nouvelles visions traduites en forme originale, « le prosème » où l'idéologique et le symbolique se fusionnent harmonieusement. Par l'intermédiaire de thématiques prises dans le vécu brûlant, la conscience du poète et celle du monde se révèlent dans toutes leurs richesses multiculturelles validant ainsi des énoncés perturbateurs. Le prosème acquiert alors la force du feu qui n'est rien d'autre que le moteur d'une régénération périodique. Ici la poésie de la fraternité devient un puissant outil de contestation contre toutes les injustices de l'histoire. La plaque tournante des sentiments aux registres divers révèle l'écho de plusieurs cultures dont la dialectique fait surgir de nouveaux ponts de compréhension. Le poète forgeron crée non seulement de nouvelles formes et sonorités, de nouveaux mots et sens, mais révèle en même temps le creuset intérieur de sa sensibilité plurivocale. D'autre part, l'intellect sous sa forme révoltée fait jaillir de nouvelles constellations poético-politiques aux percussions purificatrices et illuminatrices. Le prosème ainsi véhiculé comme charnière amicale devient alors une action fécondante. Les ramifications poursuivent leurs aventures dans les stratosphères idéologico-symboliques, qui ne sont point le pâle reflet du réel mais la substance même d'un sur-réel qui nous hante quotidiennement.
1982, Yaoundé : la démission surprise d’Ahidjo et l’arrivée de Biya marquent un tournant. Cameroun, quel avenir ? lève le voile sur les coulisses du pouvoir, les crises politiques et les défis d’un pays à la croisée des chemins.
Les Affinités affectives qui portent sur des problèmes de coeur liant Mombina De Nzambi (l'Africain) et Miss Washington (l'Afro-Américaine) tendent à montrer la complémentarité et la parfaite union de deux Amoureux sur les plans idéel, spirituel, éthique et charnel ainsi que leurs communes préoccupations au sujet des questions sociales, économiques, politiques, idéologiques ou doctrinales sans pour autant perdre de vue leur projet commun d'engager le combat émancipateur des Peuples opprimés, exploités et dominés en général et tout singulièrement des Peuples d'Afrique, des Amériques, des Caraïbes, des Antilles, d'Asie etc. dans le but avoué de bâtir une humanité pacifique, juste, unie, fraternelle, généreuse, prospère et non exploiteuse de l'Homme. Cet important et émouvant ouvrage mérite d'être lu partout et de figurer dans toutes les bibliothèques.
Quelle fut et est encore la confrontation de la sagesse boulou et des philosophies occidentales, comment s'effectua ce « télescopage » de deux modes de pensée radicalement différents dans leur essence et dans leur fin ? Les Boulous sont une tribu qui appartient à l'ethnie béti qui fait elle-même partie de la famille bantou. Ils vivent dans la zone forestière du sud-Cameroun, dans ce monde clos de la forêt dense. La traite des esclaves puis l'expansion et la domination coloniale introduiront pourtant, dans cette communauté jusqu'alors fermée, un bouleversement peut-être irrémédiable, aussi bien dans les structures économiques, sociales et religieuses que dans la perception que les Boulous ont d'eux-mêmes et du monde. La tradition boulou pose la totalité comme sujet et se fonde sur l'harmonie qui implique l'adhésion et l'égalité de chaque élément de ce Tout. L'individu est soumis au groupe, lui-même régi par un code social, philosophique et religieux, une hiérarchie dont la rigueur et la complexité garantissent la survie et la cohésion de la communauté. Confrontés à des problèmes qui tiennent pour l'essentiel à la survie quotidienne, mis en situation d'infériorité par l'exploitation coloniale et néocoloniale, comment les Boulous, devenus autres qu'eux-mêmes, pourront-ils de nouveau être eux-mêmes ? Plaçant cette interrogation fondamentale dans le cadre large d'une réflexion philosophique, religieuse, économique et sociale, l'auteur s'engage également, avec courage et détermination, dans la voie d'un anti-impérialisme radical.
Être mariée et enceinte, croire qu'un nouveau bonheur est en train de naître et voir se défaire un lien qu'on croyait solide, quelle femme supporterait pareil destin sans se révolter ou vouloir disparaître, selon son caractère ? Si elle n'était pas dans son état actuel, peut-être n'attacherait-elle qu'une importance relative à un phénomène répandu ? Mais sa maternité la rend plus sensible qu'une autre aux éléments qui semblent conspirer contre elle. « La mort délivre de l'inquiétude » pense-t-elle. Et si un espoir subsistait de repartir sur le bon chemin ?
Au cœur du Khasso, Mèya, jeune femme d’une beauté rare et fille du doyen des griots, voit son destin basculer lors d’une cérémonie en l’honneur du roi.
Y-a-t-il une chance sur dix mille que les mêmes personnes se retrouvent dans le métro, à la même heure, plusieurs jours de suite ? Statistiquement, non. Selon le calcul des probabilités, non plus. Mais quand l'amour s'en mêle, il n'y a plus rien qui tienne, à commencer par les statistiques et les probabilités. Il est le maître du hasard et des destins. Mais il déjoue les plans trop bien conçus et fait triompher des projets qui n'existaient pas.
Entre désert et révolte, Barbarie-l'espoir de Laureine Valtis déploie une poésie crue et tendresse, où la condition des femmes en Afrique se heurte à l'immensité des possibles.
Au cœur du Sahel, Chante-Sahel vous invite à un voyage poétique où l’amour, la révolte et la beauté des paysages africains se mêlent.
Frédéric débarque en Afrique avec l’illusion de tout changer. Mais entre l’arrogance des expatriés et la réalité brutale du continent, son aventure tourne au cauchemar révélateur.
Les poèmes de Kpatcha Alou parlent de ténèbres et de lumière, de haine et de fraternité. Ils opposent constamment les ombres de la souffrance et de la rage et le soleil de l'Amour, seul capable de cicatriser les plaies. Ils nous disent aussi la « Peine » du poète qui, par sa parole, « tente de soulever les amulettes/des environs, Mais... » ce « gardien de l'Amitié a... perdu la clé de la lumière/et la Nuit coupe les souffles ». Son cri alarmé que pourtant sous-tend l'espérance, n'est donc plus qu'un appel, une pathétique prière.
À travers Poèmes pour l'Angola, Frédéric Pacéré Titinga célèbre l'Afrique et son avenir. Une poésie engagée, porteuse d'espoir et de fierté, où chaque vers résonne comme un hommage à la terre et aux peuples angolais.
« En attendant le verdict » est la clé d'un itinéraire, d'une passion. La passion de la vie. La passion de la parole seule et haute, célébrant une terre immense. Ici, poète et poèmes voyagent jusque dans les racines torrentielles du rêve qui engendre des clairs soleils pour demain - Poésie issue des tréfonds de l'origine, de l'histoire et de la géologie d'un pays vibrant de fraternité, à l'heure où point l'aube d'un jour nouveau. L'écriture de Fernando d'Almeida est pétrie de mots qui s'étincellent et nous plongent dans un horizon à la dimension d'un grand talent.
Il n'y a pas de frontières entre les différents espaces poétiques de Raouf Raissi. Pas d'intitulés qui découpent les textes entre eux. Une poésie qui pourrait être comme le vent informel, si l'on n'y sentait un souffle éclatant de rythme hors rythme qui assure une certaine régularité tonale, en évitant l'écueil d'une cadence trop évidente ; maîtrise de l'image par une rationalisation voulue du langage qui n'altère pas le foisonnement d'une imagination vive ; maîtrise de l'écriture qui permet à l'auteur de ne pas avoir recours aux effets pour donner vie et clarté à ses poèmes.
Il s'agit d'un inventaire toujours, recommencé de la douleur d'être dans un monde défait de ses rêves essentiels - dur affrontement entre la mémoire et l'histoire. Le poète, identifié avec son continent écartelé, multiforme, verra-t-il enfin ses blessures cicatrisées ? Il n'y a plus de doute : malgré des millénaires de distorsions, de dispersions, la voix de l'Afrique, avec Georges Tchianga, garde encore son accent de pureté et d'espoir.
Un poème dont on retiendra le foisonnement d'images étranges, insolites voire cruelles : le poète « donne à voir » au gré de ses « fantasmes » et les anaphores dont il use modulent un chant qui va crescendo, emporté par la vague d'un lyrisme débridé pour retomber dans la chute finale là où « commence la brisure ».
Entre autres choses, l'écriture est un art de la mémoire. Jeune médecin, le héros éponyme de ce roman veut écrire un livre sur sa vie. Il tente de porter un regard neuf sur son enfance. Oscillant entre le passé et le présent, il s'efforce d'explorer en profondeur tous les faits que sa mémoire peut exhumer. Rien ne ressuscite immédiatement. L'oubli résiste d'autant plus qu'il est, comme la mémoire elle-même, un véritable palimpseste. Pour renouer avec son passé, Siana franchit ou redécouvre certaines frontières. Il franchit d'abord une « frontière obscure » qui lui permet d'accéder à l'ensemble de ses souvenirs. Il s'aperçoit ensuite qu'il avait quitté, alors qu'il n'était qu'un jeune garçon, le lieu dans lequel il avait vu le jour : il était allé vivre en ville avec quelques membres de sa famille. Il avait ensuite fallu qu'il s'éloigne de la « frontière obscure du bidonville » qui maintenait tous ses proches dans un extrême dénuement. Dans ce récit où l'eau et l'air sont deux éléments majeurs, Okoumba Nkoghé détecte, cerne et décrit les moments les plus saisissants d'une destinée individuelle qui est le reflet d'une expérience collective. Il caractérise cette destinée et cette expérience en usant d'un style étonnant.
Une élégie poétique bouleversante où Frédéric Pacéré Titinga transforme la douleur de la perte d’un enfant en une stèle de mots.
« Ils nous tuent, Diémori, ils ne nous déshonorent pas », c'était le cri des héros de l'Afrique combattante. Depuis les colonisateurs, les mêmes forces de la mort, le même désespoir tenace. Mais les jeunes générations ne veulent plus mourir, dans l'absurde de la déraison. Le récit présenté ici réinstalle dans le cercle de l'espérance, cette volonté de s'affirmer, comme une présence qui reconstruit le monde. Les nouveaux systèmes des dictatures politiques ont traqué les jeunes écoliers, comme gibier de potence. Ils ont assassiné dans les geôles de supplices le militant Zacharie. Par l'action des camarades, le village tout entier se rassemble, et clame haut sa volonté de braver les monstres des partis uniques. Les patriarches et les prêtresses du vaudou se conjoignent, autour de la mort, pour faire triompher un monde de liberté et de dignité. Un texte réussi, qui lie la polémique à l'apologie, autour d'un drame quotidien dans l'Afrique contemporaine, et qui atteste cependant de la volonté des jeunes générations, d'assumer leur part dans l'histoire des peuples.
La poésie de Charles Carrère est intimiste et un tantinet confidentielle. Elle est écrite sous l'abat-jour. Au lieu d'égratigner la page blanche, la plume l'adorne d'une dentelle soignée d'italiques. Pas de cris. Le rythme est celui fervent et triste des déferlements de vague marine, à marée basse et à la vesprée à Gorée. Une légère tristesse empreint les mots. À toutes les extravagances de violon, le poète préfère la mélodie et la barcarolle. Senghor recommande que la lecture de certaines de ses élégies majeures soit accompagnées, soit de kora, soit de balafon, soit de tam-tam. Celle de la poésie de Charles Carrère commande un décor sauvage d'hibiscus écarlates, de bougainvillées jaunes panachées de violet, de lianes grimpantes, de murs moussus comme est composé son « éden » goréen, quand l'alizé tisse à la lumière humide sur la trame de rumeurs de la mer, et qu'un vol de goélands paraphe le couchant.
Poète et dramaturge, Quentin Ben Mongaryas poursuit, aux abords du fleuve Ogooué, la réalisation d'une oeuvre poétique qui dissout souvent les frontières qui distinguent, aujourd'hui, le poème du conte. La place du poète négro-africain est localisée et redéfinie dans ces poèmes. À l'intérieur d'un monde dont il dit les peurs et les angoisses et cherche puis découvre les espérances secrètes, le poète pratique une langue à plusieurs voix : l'espace et l'expérience s'ouvrent à la nostalgie des origines tout en dévoilant des terres nouvelles. L'amour de la femme gabonaise est marqué d'un sceau solaire. La passion est extatique, elle irradie et inonde les corps avant de galvaniser les rêves. Le poème peut explorer et dénommer des univers féeriques, puis multiplier les métaphores afin de mieux décrire des métamorphoses humaines et animales. Parfois, quand la lune luit, les spectres, les génies nocturnes et les êtres merveilleux peuplent le monde. Mais le réel convoque le poète : les villages meurent, les villes prolifèrent, les sites anciens disparaissent. L'Afrique se crispe, gémit et geint. Le paradis perdu est parfois le lieu à partir duquel la parole du consolateur s'extravase.
A3 se propose de réunir des textes critiques consacrés aux écrivains de l'Afrique, de l'Amérique noire et des Antilles. Les ouvrages qui paraîtront au rythme de 4 volumes par an seront des études originales traitant d'un auteur, d'une oeuvre ou d'une question. La perspective retenue est avant tout celle de l'essai : A3 présentera des informations et, à cet égard, un soin particulier sera donné à la partie documentaire de chaque volume (bibliographie, documents, repères chronologiques, etc.). Mais A3 entend aussi poser des questions, ouvrir des pistes, interpeller. S'adressant à tous ceux qui, lecteurs, chercheurs ou curieux, désirent en savoir plus sur ce qui se passe et s'écrit dans le champ littéraire africain, américain et antillais, A3 constituera un espace où pourront s'entrecroiser et se confronter des approches critiques, diverses par leurs orientations méthodologiques, mais toujours conçues dans un souci de faire accéder le lecteur à une problématique précise et susceptible de renouveler les points de vue prévalant jusqu'alors.
La distance entre l'enfance et la sénilité, entre la vie et la mort, se mesure à l'intensité du regard. Et non sur les graphiques des courbes ascendantes des métallurgies, ni les tonnages des industries capitalisables. Mais si le destin vous installe sur une terre rouge de votre sang ? Une terre dont les sédiments alluvionnaires n'engendrent que des ressources minières, ce diamant plus important que les enfants qui meurent de faim et de solitude amère ? Ce récit d'une sincérité poignante, retrace l'itinéraire d'une expérience, dans une région marquée par la « théorie » du diamant industriel. Et peut-être, dans la découverte de « la malédiction », l'exorcisme du sort, aboli par le zéro absolu de la passion et de la souffrance. Le « scandale géologique brut et brutal » serait alors un scandale psychologique et historique. Les poèmes réunis dans le recueil « Khedidja » sont nés à Annaba, entre l'estuaire et la baie des caroubiers, au détour de la corniche encombrée de paquebots et les eaux de la Seybouse enlisée. Un long itinéraire de l'exil et de la solitude, aux confins des oueds ensablés, des terres endormies dans la vallée des oliviers. Annaba - Bône - Hippone, le regard de Khedidja dans la ferveur de l'oraison. Une prière pour la paix, une incantation pour la liberté.
À l'exception des récits traditionnels, l'emprise fantastique de la sorcellerie a souvent été évoquée de façon parcellaire dans les littératures africaines. En décrivant un univers hanté et animé par une inaltérable soumission à des pratiques occultes, Ntyugwetondo Rawiri délimite une aire au sein de laquelle le démoniaque règne avec brutalité. Blessés, traqués et affligés, les personnages se mettent à délirer et s'abandonnent au pouvoir de la mort. En revenant dans son pays natal, Igowo retrouve des êtres à qui il sera uni pour le meilleur et pour le pire. Il découvre l'amour, la joie, le bonheur. Mais des individus doués de pouvoirs maléfiques rôdent autour de sa famille. Ntyugwetondo Rawiri s'efforce d'établir des correspondances entre des situations extrêmes, des personnages touchants et des investissements conscients et inconscients. Elonga est un roman dont il faut admirer la retenue et l'originalité.
À travers le destin de Kouamé, Fous d’Afrique interroge l’éducation des jeunes générations et leur rôle dans la construction d’une Afrique responsable.
Décryptez l’œuvre de Mouloud Feraoun à travers une analyse critique qui interroge la Kabylie mise en texte, son contexte socio-historique et la singularité de sa voix littéraire.
Découvrez Chez Tanty, une pièce théâtrale enlevée qui plonge le lecteur dans l’univers d’un maquis ivoirien, où Konogoli, ouvrier maçon, trouve refuge et désillusion.
Une femme aux visages multiples, entre mémoire et résistance, défie l’oubli et célèbre la lumière malgré les chemins rocailleux de l’histoire.
Quelle place occupe la littérature africaine dans la construction de l'Afrique contemporaine ? Littérature et Développement de Bernard Mouralis interroge, à travers une approche interdisciplinaire.
Écrits en prison entre 1975 et 1976, les poèmes de Luttes et Lueurs portent la voix puissante de Landing Savané, figure majeure de la lutte pour la justice sociale au Sénégal.