FeniXX réédition numérique (LGP)
-
- Préhistoire & Protohistoire
- Antiquité (jusqu'en 476)
- Moyen Âge (de 476 à 1492)
- Temps modernes (de 1492 à 1799)
- Époque contemporaine (depuis 1799)
- Histoire de France
- Histoire de l'Europe
- Histoire du Maghreb & du Moyen-orient
- Histoire de l'Afrique subsaharienne
- Histoire des Amériques
- Histoire de l'Asie
- Histoire de l'Océanie
-
- Maternelle
- Primaire
- Collège
- Seconde & Lycée voie générale
- Lycée voie technologique
- Lycée professionnel
- BTS
- DUT
- Cahiers de vacances
- Soutien & Entraînement Maternelle
- Soutien & Entraînement Primaire
- Soutien & Entraînement Collège
- Brevet des collèges (préparation)
- Brevet des collèges (annales)
- Soutien & Entraînement - Seconde & Lycée voie générale
- Baccalauréat général (préparation)
- Baccalauréat général (annales)
- Soutien & Entraînement Lycée voie technologique
- Baccalauréat technologique (préparation)
- Baccalauréat technologique (annales)
- Soutien & Entraînement Lycée professionnel
- CAP & BEP - bac professionnel (préparation)
- CAP & BEP - bac professionnel (annales)
- Prépas scientifiques
- Prépas littéraires
- Prépas commerciales
- Classiques - Textes & Commentaires
- Ouvrages pédagogiques de référence
- Pédagogie
- Concours & Examens supérieur
- Langues
Un petit village d'Ardèche, dans une vallée heureuse, et des habitants sans histoire. Une fille de dix-huit ans, Isabelle, son frère de vingt ans, Olivier et l'occupation allemande, avec son cortège de réquisitions, d'exactions et d'horreurs. Dans la tourmente, le frère et la soeur font face, lui en refusant le S.T.O. et elle en sauvant un jeune résistant blessé. L'aime-t-elle ? Il est déjà trop tard pour se poser la question : le temps n'est plus à l'amour. Et puis, c'est le drame. Trente résistants sont fusillés sous les yeux des habitants, les corps des suppliciés exposés pendant vingt-quatre heures. Seul l'un d'eux, laissé pour mort par les Allemands, n'est que blessé. C'est précisément le garçon qu'Isabelle avait recueilli et soigné. Il y a un traître, bien sûr. Mais qui ? Parmi les résistants eux-mêmes ? Pourquoi pas ? La lutte continue, sans pitié. Où chacun se révèle. Le plus timide est peut-être le plus brave, la frêle et solitaire jeune fille la plus solide. Et le traître ? Un roman d'action mais aussi un roman d'amour ; un roman de suspense et aussi une percutante étude de moeurs, l'atmosphère de l'époque étant évoquée avec beaucoup de réalisme par un romancier qui a depuis longtemps fait ses preuves.
Ange Vinciguerra vivait à Calenzana au coeur de la Balagne une adolescence paisible quand survient le drame familial qui enflamme la vendetta et le contraint à quitter la terre corse. Ce roman est son histoire, celle de son amour de jeunesse perdu et retrouvé longtemps plus tard, celle de la naissance du clan Vinciguerra, de l'épanouissement de son empire autour du Bassin méditerranéen. Les luttes électorales des folles années trente, la guerre des machines à sous, les marathons de danse de l'Alcazar, la sombre période de l'Occupation avec les atrocités de la Carlingue et la destruction du Quartier Réservé de Marseille, les règlements de compte de l'après-guerre et les vendettas du Combinatie, les magnifiques paysages du golfe de Calvi avec ses villages et ses chapelles émergeant de la paix virgilienne de ses olivettes, constituent la toile de fond de cette fantastique aventure qui nous conduit à la découverte d'un monde marginal régi par des lois rigoureuses où la violence impitoyable le dispute au sens de l'honneur, et où la vengeance est un devoir sacré. On assistera à celle d'Ange Vinciguerra, le Calenzanais ; elle sera sanglante et cruelle. Seuls deux journalistes tels que Jean Bazal et Paul-Claude Innocenzi pouvaient nous restituer avec autant d'authenticité la réalité et l'âme du milieu corse.
1923-1927 : pour Isabelle, 5 ans, l'enfant des concierges, la vie est une fête. Tirer le cordon, sortir les poubelles en chassant les rats, caresser sans oser le tutoyer, bien sûr le pékinois de Mademoiselle Chanel... tout lui est sujet de jeux et d'enchantement. Qu'importe la célébrité ou la noblesse de ceux qui peuplent cet immeuble cossu proche de l'Élysée. Pour elle, il n'est qu'un seul héros, son père. Un père peu expansif mais si prestigieux lorsque, en maître d'hôtel « à la française », il va en soirée chez le baron de Rothschild. Peu à peu, la magie de la petite enfance cédera la place aux perplexités, aux désillusions, aux crève-coeurs. Et qui aurait pu prévoir que Lindbergh, en traversant l'Atlantique, précipiterait le drame de la famille concierge ? 1930-1933 : arrachées à leur loge par la mort du père, Isabelle et sa mère vivent modestement aux Épinettes. La fillette est curieuse de tous et de tout : d'abord Tino Rossi, le chanteur à la voix d'or, Monsieur Chevalier ou Mademoiselle Mistinguett, l'inquiétant Monsieur Hitler ou le rassurant Monsieur Maginot qui avec sa « ligne », nous protégera. Curieuse surtout des mystères qui entourent la commande et la livraison des bébés. Prise entre les gauloiseries des hommes qui l'entourent et l'Amour divin qu'exacerbe une religieuse exaltée, comment vivre les émois d'une adolescence naissante ? Émois successivement engendrés par un petit prince venu de l'Orient, par Henry Garat, séducteur à demi abstrait, puis par un charmant jeune homme résolument concret ? Dans une époque et un milieu minutieusement reconstitués, ce roman ni mièvre, ni amer rayonne d'humour et de tendresse.
Il suffit d'un geste, le geste des dames de la nuit : bras demi-tendu. main levée et l'index qui dit « viens ». Ou, plus luxueux, démodé, les parades d'autrefois dans les villes assoupies : ce soir grand spectacle international. Enfants, militaires et femmes seules, demi-tarif. Alors voilà : Dubrieu est une merveille. La merveille des mots qui roulent et grondent, des trouvailles à l'étalage, des bonheurs en cascade, des générosités dont on ne fait pas rente. Merveille des personnages que tout écrase et qui se redressent assez pour marcher encore, merveille des enfants qui savent rire dans les ruines parce que quelqu'un les protège au loin. Merveille que ce lutteur sans relâche, vrais et faux combats mêlés. Certes, la merveille Dubrieu est inconfortable. Râleuse, vitupérante. Il en fait « trop », comme disent ceux qui n'ont jamais commencé à faire. Il est injuste, lui le fou de justice. Il condamne, lui le malade de liberté... Avec un rien de rabot, deux doigts de laque, il aurait facilement la « une » de la presse et la considération de sa banque. Mais à la devise de l'époque (« habile trop habile »), il a préféré l'apostrophe hautaine : humain trop humain. Tel est Dubrieu la merveille. La preuve, les pages qui suivent. Erik Orsenna