FeniXX réédition numérique (Christian Bourgois Éditeur)
Partageant la vie d'une jeune fille, un écrivain, le narrateur, a l'esprit occupé tout entier par la douceur des instants privilégiés qu'il a pu vivre. Est-il entre eux encore question de sentiments ? Il ne le semble pas, en tout cas pour Lorraine. Qu'importe ! Aujourd'hui glisse à chaque instant vers un passé plein de rumeurs, les amis de jeunesse sont devenus des hommes, mais les jeunes filles ne cessent pas de donner tendrement le jour aux générations à venir. Ecrit avec délicatesse et sensibilité, ce roman du plaisir sera pour le lecteur une sorte de récompense.
« Les grandes pyramides » : un entassement hétéroclite de souvenirs d'amours, de guerre et de bohème ; l'histoire narquoise et angoissante à la fois de trois frères confrontés soudain à la société post-industrielle ; de la Libération à la guerre d'Algérie, de la guitare électrique à l'après-gaullisme, la chronique insolite de ces trente dernières années.
Après tant d'années d'un si vaste emploi, dans tous les domaines, et sans examen préalable, il était temps que la notion de structure fût attaquée de front, examinée directement en elle-même. C'est à Lupasco que revient le mérite d'en dégager, avec son contenu, ses conditions sine qua non de formation et d'existence, expérimentales et logiques - d'une logique neuve qui étonnera sinon bouleversera ses insouciants utilisateurs.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Ce qui fait l'importance de toutes les crises, c'est qu'elles manifestent ce qui jusque-là était latent, rejettent ce qui est conventionnel, superficiel, secondaire, secouent la poussière de la politique, mettent à nu les ressorts véritables de la lutte des classes, telle qu'elle se déroule réellement. » (Lénine.) Paris, mai 68, ce n'est pas la révolution mais, au coeur de l'Occident, sa formule réinventée. Barricades, violence politique, grèves sont éléments classiques des situations révolutionnaires analysées par Marx et Lénine. Les forces de contestation nouvelles - face au blocage du double ordre européen de l'Ouest et de l'Est - découpent la constellation qui fait de la France le centre de gravité du continent, une des clés du monde.
"Nous sommes en train de perdre la dignité académique et d'atteindre "le niveau de l'histoire" (Marx), le niveau de Madrid, Barcelone, Berkeley et Caracas. PAIX au modèle berlinois, GUERRE aux situations autoritaires à l'intérieur et à l'extérieur de l'Université."
Dans L'insurrection, François Vigouroux entreprend la quête d'un livre qui est l'histoire d'une révolte dans un pays mythique aux confins de l'Afrique et de l'Europe de l'Est ; la quête d'un livre introuvable qui, s'il raconte une insurrection qui s'est réellement produite, est surtout prémonitoire d'une seconde insurrection, celle-là même que l'on attend pendant tout le livre et qui finalement éclate.
D'aucuns diront : « un affrontement avec le silence », « une nécessité tragique d'écrire pour constater qu'il n'y a rien à écrire », etc., sans savoir qu'il n'y a justement aucune fierté à tirer de réflexions désormais si banales ; leur chant relève de l'opérette à grand spectacle plus que du bel canto et voilà que l'illusoire chemin au silence est encombré de nouveaux gravats : le discours critique du silence. Comme d'ailleurs ce dos lui-même. Mouvement vertigineux d'une écriture en abîme parodiant curieusement les flashes hallucinés du voyage. M.
La confusion, sous un ciel d'encre, du rêve et de la parenthèse, le justaucorps d'une pensée constamment saisie de défaillances, tout ce que ces textes font entendre, quoi que je fasse, de ratés, est ce qui, aujourd'hui, dans un après-coup dont je ne sais très exactement que penser, m'attachent encore à eux. De même que, peut-être, plus que l'ensemble incongru et somme toute dérisoire, qu'offrent à l'oeil effaré du chercheur les décharges municipales, me touchent désormais, d'une atteinte singulière et proprement incontrôlable, les signes discrets qui ponctuent leur approche : haillons votifs pendus à de vagues buissons, fragments d'objets indéchiffrables enkystés dans une terre ingrate, tombés sans doute des camions avant la fosse, ou bien sauvés, par quelque vent, du charnier général. Ainsi, sans issue et sans fin, de ce qui rôde dans ce livre.
Il ne prenait plus aucun plaisir au massacre des miettes. L'humanité n'existait plus - il n'existait plus. Assis sur les restes de sa terrasse, il regardait la nuit tomber sur le gris du jour... Aphorismes, faux romans policiers, "débuts de romans", sujets de tableaux, notes, réponses à des enquêtes : le pessimisme intégral de Monory est un breuvage ironique et glacé qui se déguste lentement et sûrement. Ce livre regroupe l'ensemble de ses écrits, à l'exception de Diamondback, paru précédemment aux éditions Christian Bourgois.
L'épistémologie n'est ni une juridiction d'appel statuant sur la validité des concepts scientifiques ni une psychanalyse démasquant les fantasmes sous-jacents à la connaissance objective, mais une problématique soulevée par ces deux énoncés inséparables : 1) que la science est une production de la culture ; 2) qu'elle est un langage, c'est-à-dire un système suffisant à soi. Articuler ce système à l'histoire totale, déceler ses appartenances à un ensemble dont témoignent, en leurs figures diverses, d'autres langages, c'est, de façon plus précise et plus urgente, la tâche d'une épistémologie biologique. Plus précise, s'il est vrai que l'ordre vital fut longtemps et demeure souvent imparfaitement délimité entre l'ordre physique et l'ordre humain ; plus urgente, pour rejeter le soupçon d'impureté qui entoure, dans la pensée rationaliste traditionnelle, les objets ambigus de la science de la vie.
Foutu. Malik, aux yeux de gazelle, frissonna en refermant son cahier. Jamais il ne tournerait la vingt-cinquième page. Ils étaient pourtant bien partis pour se rencontrer. Lui, Selky, Anna et d'autres. C'était même précisément mon boulot d'arranger ça. Et on aurait évité au moins deux ou trois décès au pied de la blanche intercalaire. Et j'aurai revu Rosemonde. Mais voilà : ils ne dépassent jamais la fin de section. Vous voyez le genre...
"Hollywood" m'a puissamment intéressé. Livre envoûtant, ensorcelant. On est pris d'emblée dans un tourbillon diabolique. Roger Martin du Gard. Un livre fantastique. Toute la fureur érotique de l'adolescence. Jacques Brenner. Avec ce livre riche, chargé de substance, enlevé dans un rythme haletant, Claude Cariguel s'affirme un écrivain de qualité authentique. Robert Margerit.
"Humbles paradis s'ouvre comme un écrin où scintillent de petits joyaux d'humour et de fraîcheur, une série de poèmes consacrés aux insectes, minuscules jouets que la Nature donne aux enfants et que l'adulte n'a pas oubliés. Matière à la fois humble et prodigieuse, travaillée en orfèvre par un poète qui se souvient du Siècle d'Or espagnol. Cette Première anthologie poétique offre également au lecteur des extraits de La Pierre de la Folie, l'oeuvre qu'André Breton avait tant prisée, et divers poèmes inédits qui nous dévoilent l'aspect le moins connu du talent d'Arrabal, celui pourtant auquel il tient le plus et qui se révèle fascinant." J.-F. Forneret (1985).
Seul, l'Amour fraternel, dépassant tous les ressentiments, pourrait triompher des millénaires offenses. Je l'espère et je crois, l'Amour, comme une pluie de grâce, se répandra sur le sol éclaté de sécheresse. Même sans une réciprocité immédiate, dans toute sa gratuité, il deviendra contagieux et l'on sortira des ténèbres à la lumière. K.G.
"Espace, écoutille, chanson bleue, rendez-vous toujours manqué, ivresse. Éclatement de crânes-myriades. Le grand frisson boit autre chose que de l'eau. Les cailloux se jettent à la mer - falaises négrifiées, étoiles et missiles, comme nous, soumis aux valeurs inférieures - les vents d'Ouest pour se défendre décapitent les sables, et les muscles à base d'os coupent le linge de peau." KALI YUG EXPRESS est un recueil de 42 nouvelles de Claude Pélieu, préfacé par William Burroughs en 1968.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Marc Pierret, né à Lille l'année du krach. Baptisé à Tourcoing. 1935 : Cours de solfège, rue de la Cloche, dans sa paroisse. 1939 : Broncho-pneumonie. Certificat d'études en 1943. Soustrait un vélo à l'ennemi en 1944. Premier orgasme dans un Cinéac, à Lille, en 1945. Renvoyé du collège Saint-Pierre en 1946. Valet de ferme dans la Creuse en 1947. Obtient en 1950 le permis Poids Lourd dans le Train des Equipages (41e Cie de Q.G.). Chauffeur de Consulat à Hamburg en 1953. Fume sa première cigarette de haschisch chez Ali, à Paris, en 1955. Monte la garde sur les toits de la Fédération de Paris du P.C., 120, rue La Fayette, en 1956. Perd son unique match de boxe amateur, poids léger, à Bizerte en 1958. 1959 : Assistant-stagiaire de Godard dans « A bout de souffle ». Entre en analyse, à Passy, chez Robert Lefort, en 1961. En 1962, visite du Louvre. 1965-1969 : se fait traiter d'âne par Billetdoux, de flic par Pelieu, d'ultra-révolutionnaire par Claude Roy. Baignade dans le Gange. La Commission de censure interdit à l'affichage son essai « Utopies et perversions » (N.E.D.). 1971 - 2 800 F d'impôts. 1973 : se déchire le ménisque en tombant dans un escalier. Au mois de mai 1974, vente du 400e exemplaire de son roman « Donnant donnant » paru six ans plus tôt chez Christian Bourgois.
"Stanco" : fatigué, "stracco" surfatigué. Comme si, dit Orazi, le peuple avait renforcé le mot avec ce "r" qui fait "tomber les bras". Même si le mot a une autre origine. Stracco : il n'en peut plus. Et il marche, le personnage qui porte ce nom, avec son chien. Va sur les chemins, toujours à la recherche d'un endroit où poser sa fatigue. Mais toutes les rencontres qu'il fait rendront Stracco encore plus fatigué du monde. Même et surtout les bonnes rencontres : celle par exemple de l'infatigable amoureuse unijambiste, qui le tue d'amour. Car cette histoire, si amèrement ironique, si cruellement poétique, d'un petit Juif errant en proie à des appétits de protection qui engloutissent ses libertés, irradie d'une fatigue surnaturelle. L'esprit caustique-tragique et chaleureux-désespéré du pâtre Orazio Orazi se déploie là tout entier.
De quoi essaye-t-on de rendre compte ? Du karaté comme expérience remettant en question le discours des sciences humaines à partir de ce concept refoulé : la violence. De la violence et du pouvoir comme forces "signifiantes" constamment présentes mais méconnues par une inhibition collective historique dont sont livrés quelques éléments généalogiques. D'une tentative pragmatique de dépasser cette inhibition sociale, inscrivant la souveraineté de l'impuissance sur le corps dans les rapports de forces quotidiens, dans une "philosophie pratique du combat". De l'application politique de cette vocation au combat dans une tentative de contribution à une stratégie révolutionnaire de l'autonomie sociale et politique.
La plupart des textes rassemblés dans ce recueil n'auraient sans doute jamais vu le jour si l'auteur ne les avait conçus « sur le terrain ». Ecrit au cours d'une recherche de deux ans. conduite chez les Indiens Panare de Guyane vénézuélienne, ce hasard, coagulé en textes, est comme la cicatrice d'une mutilation culturelle à la fois voulue et insupportable : on ne fait pas impunément l'expérience du tout autre. Ressaisissement d'un Moi devant le scandale permanent d'un Nous d'essence différente, ces textes sont de l'ordre à la fois de la libération et de l'écriture. L'auteur est ici perpétuellement en quête de lui-même et de son sens à travers une analyse qui nous concerne tous.
Dans cet essai en forme de pamphlet, écrit d'un seul jet, Hélène Parmelin propose qu'au lieu de proclamer partout la mort de l'art, on appelle les choses par leur nom : qu'on cesse de situer la contestation dans l'alliance avec les industriels, et la lignée de Rembrandt dans un carré, un flash ou une « nana ».
"Arrabal hérite de la lucidité d'un Kafka et de l'humour d'un Jarry ; il s'apparente, dans sa violence, à Sade ou à Artaud. Mais il est sans doute le seul à avoir poussé la dérision aussi loin. Sous la chaux vive de son cynisme guignolesque, le monde familier s'effrite comme un décor de carton-pâte. Le rire devient alors un rituel d'évasion, une catharsis capable de déjouer la peur qui hanta l'enfance du dramaturge. Il y a là une énergie cannibale, un hédonisme de la confusion qu'Arrabal appelle volontiers le "panique" : tout à la fois un happening et un opera mundi, une tragédie et une farce, un mélange de répugnant et de sublime, de mauvais goût et de raffinement, de vulgarité et de poésie... C'est ce sens du paradoxe qui fait l'originalité d'Arrabal : le réel ici est toujours magique..." Dictionnaire des littératures de langue française (Bordas).
"La richesse, la diversité surprenante des dons de Claude Cariguel éclatent au long de ce livre. L'auteur est encore loin d'avoir la place qui lui est due." Roger Martin du Gard. "Des créatures picaresques que Cariguel nous décrit avec une verve féroce. Ce qui fait la séduction de ce livre, ce sont les thèmes alternés de la pureté, du suicide et de l'amour : les trois maîtres-mots de tous les enfants terribles." Jacques Frémontier (Franc-Tireur). "On lira les Danseurs, comme on lisait en 1930 les Indifférents d'Alberto Moravia." Jacques de Ricaumont (Nouvelles Littéraires).
Récit réaliste, récit allégorique à la manière du Paradis perdu et de la Divine Comédie, ou « politic fiction » ? Il est question dans ces pages du rapport de l'homme avec les choses. Mais peut-être y est-il aussi question de la bombe, du Viet-nam, des États-Unis, du tiers monde, de l'Orient et de l'Occident ? Chaque époque a en effet ses grands songes, chacune son enfer. Ici, comme Dante, un homme parcourt quelques-uns des cercles de notre univers. Il cherche. Il marche.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Déflagration d'images. Les mots se désarticulent. Sous mon plafond de pierre, je reçois le rouge de l'aube à travers un trou qui a le visage d'un poisson-lune. Comme un point-nombril, comme un oeil-centre qui me projette en tentacules dans le théâtre de vivre. La vie est ce voyage en charpie contre toutes les phrases poncées des grammaires totalitaires.
Sur la mer danse la photo pareille au froid d'altiplano qui gèle les semailles ce printemps. - Tout ça c'est à cause de leurs saloperies, dit le paysan. Ils finiront par détraquer le Cosmos. (A défaut d'homme les Jivaro se contentent parfois d'une tête de paresseux.) - Mais le sang versé quand le soleil l'a fendue, dit la tortue et qui cessa de couler quand le vieil oiseau l'eut guérie ? - Pas vu, dit le paresseux. - Moi je l'ai bu, dit la tortue. Son sang, quand elle a accouché. (La fécondité rendue aux femmes par le rite, la tête réduite est vendue à un touriste après qu'on ait prié son âme muisak d'abandonner toute idée de vendetta.) - De quoi ? fit le paresseux. - La lune en est restée tachée, dit la tortue en détournant à petits coups sa tête vers le trou. Le feu craque dans la cheminée. Dans le ciel une étoile est un pied d'enfant qu'on chatouille.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Fragments circonstants d'obsessions défaites, de 1970 à nos jours. TOIL, souffrance & filets & travail et toile, selon le Harrap's Shorter. Cependant Loti. En finneganien, l'outil fou, toll tool, hommage fortuit à H.M. Une trame consume ses motIFs, mouvement inassignable qui décime l'ensemble. TOIL, aussi le joujou (toy) dans le touillis (tooillier - a. fr. : remuer, salir). La mort son mauvais goût. Figuration en fuites, brûlis de découpes. De l'État des lieux aux lieux d'un État, la bibliothèque historiée se fait historique défaite. Ce qui improbablement s'est modifié c'est le mode d'une souffrance qui d'un coup pourrait être sans limite, qui se replace encore - sans doute - aux dépens de la vieille très revieille vieillissante douleur vraiment vieillie. TOIL, le plus joyeux des suicides littéraux, ou la plus suicide des tristesses écrites. TOIL, un bon shampooing. TOIL, voyage de la haine au neutre, hanté par la mutilation. TOIL, boue, enluminures, arcimboldesque fiction.
Agnès est suffisamment jolie et libre pour hésiter longuement entre la sécurité un peu ennuyeuse d'un mariage avec Robert qui l'aime comme un bourgeois peut aimer, et l'aventure sentimentale avec Antoine qui est élégant, désinvolte et la courtise, comme un jeune homme « dans le vent », entre deux voyages d'affaires. Avec une ironie tantôt perfide et tantôt complice, Michel Doury suit dans leurs évolutions ces trois personnages en quête d'amour ou du moins qui croient l'être, mais nous apparaissent plutôt comme d'habiles patineurs sur le brillant glacis de leur égoïsme et des facilités de notre époque. Cependant, un mariage à la mode, c'est-à-dire confortable, ne résout pas toujours les problèmes d'une coquette raisonnable, et le destin peut accomplir sa cruelle intervention par un beau matin froid.
Au XIIe siècle, Guillaume de Saint-Flour meurt dans d'étranges circonstances. Les occultistes de la rue Philibert-de-l'Orme attachent une importance excessive à l'Obélisque de la Concorde. Près de Salzbourg, une chanteuse est enlevée et emportée dans les mines de sel. Dans quelques villages de l'est de l'Irlande, le fossoyeur a la charge de briser le cou des morts et de leur tourner le visage du côté de la colonne vertébrale. Dans la cave d'un café de la rue Gustave-Geffroy, quatre jeunes filles nues écoutent du Mozart. Un long canal souterrain unit la banlieue ouest de Paris à Etretat. En mars 1974, boulevard Saint-Marcel, quelqu'un écrit les brèves histoires d'un monde miné ; il dresse de curieuses tables alphabétiques.