Encre Marine
Concernant l'idée de révolution, six thèses principales paraissent ressortir d'un examen systématique des OEuvres complètes de V. I. Lénine. 1°/ La révolution est une guerre ; et la politique est, de manière générale, comparable à l'art militaire. 2°/ Une révolution politique est aussi et surtout une révolution sociale, un changement dans la situation des classes en lesquelles la société se divise. 3°/ Une révolution est faite d'une série de batailles ; c'est au parti d'avant-garde de fournir à chaque étape un mot d'ordre adapté à la situation objective ; c'est à lui de reconnaître le moment opportun pour l'insurrection. 4°/ Les grands problèmes de la vie des peuples ne sont jamais tranchés que par la force. 5°/ Les révolutionnaires ne doivent ni ne peuvent renoncer à la lutte en faveur des réformes. 6°/ À l'ère des masses, la politique commence là où se trouvent des millions d'hommes, voire des dizaines de millions. Et les foyers de la révolution tendent à se déplacer vers les pays dominés. Jean SALEM, professeur à la Sorbonne, montre ici l'intérêt ainsi que l'actualité de ces thèses que, durant les dernières décennies, bien des gauches respectueuses ont reléguées sous l'éteignoir, désavouées avec virulence ou, tout simplement, censurées.
Plongez au cœur de la pensée morale du XVIIe siècle avec Essais de morale de Pierre Nicole, figure majeure du jansénisme.
Chiverton Hall, un manoir anglais sous la neige, devient le théâtre d’une rencontre explosive : Victoria, héritière des lieux, et Sam, trader londonien aussi ambitieux qu’impulsif.
Et si le bonheur s’apprenait comme un chemin ? Dans Les Voies de l’accomplissement, Robert Misrahi trace un itinéraire philosophique unique, de l’angoisse à la joie, en passant par la liberté et le désir.
Wilhelm von Humboldt, savant et linguiste visionnaire, a exploré près de 80 langues à travers le monde. Et toute langue est étrangère révèle son ambition : concilier la diversité des langues avec l’unité du langage, un projet toujours actuel.
Et si la poésie de Nietzsche éclairait sa philosophie mieux que ses essais ? Rien qu’un fou, rien qu’un poète révèle comment ses derniers poèmes, écrits entre 1879 et 1888, dessinent les contours d’une pensée audacieuse et souvent méconnue.
Écrire un commentaire du Cimetière marin strophe après strophe et presque vers par vers eût paru sans doute au poète qui le composa une bien étrange affaire. Si l'on ajoute, plus insolite encore, la présence du Boléro de Ravel dans le tableau, on se persuade que l'entreprise tient de la gageure. Pourtant, l'idée se défend, non seulement d'un commentaire philosophique visant la plus grande précision, mais d'un lien d'une espèce singulière avec le Boléro au motif d'un rythme ostinato. C'est une intuition initiatrice, qui ne vaut nullement comparaison et ne doit pas entraîner à des rapprochements forcés. On découvrira peut-être dans l'aventure que la Figure qui s'enroule dans l'oeuvre du poète comme en celle du musicien est le Serpent. Elle se voit autant qu'elle s'entend, ou plutôt entre les deux se pressent. Elle reste à demi dissimulée comme en un rébus. Il faut lire Le Cimetière marin au boléro en pensant au titre d'un tableau, comme La Jeune Fille à la perle de Vermeer. Que le lecteur se rassure : il ne s'agit de rien d'autre que d'expliquer le poème de Paul Valéry et lui seul. L'attribut que lui prête le titre de l'ouvrage n'a d'autre fonction que de déclencher un écho discret, comme l'est, à l'oreille de la Jeune Fille, la perle. Michel Guérin, écrivain et philosophe, est professeur émérite de l'Université d'Aix-Marseille et membre honoraire de l'Institut universitaire de France. Il a publié aux éditions Les Belles Lettres collection « encre marine », Le Fardeau du monde (De la consolation) en 2011, Origine de la peinture en 2013 et La Croyance de A à Z en 2015. Ses recherches portent principalement sur la Figure et sur le geste : une 2e édition (augmentée) de Philosophie du geste a paru aux éditions Actes Sud en 2011.
Et si le vrai problème du dopage n’était pas de se doper, mais de se sentir dupé ? Le Dopage sans duperie bouscule nos certitudes et propose une réflexion audacieuse sur l’avenir du sport professionnel.
« Peut-on dire qu'une philosophie est vraie ? » [et la réponse négative de Canguilhem], « La réalité des philosophies » [et l'idéalisme radical de Gueroult], « Les deux systèmes de métaphysique » [et la place de Spinoza], « Comment je vois la Nature », « Les points cardinaux de ma philosophie », « Comment philosopher », « Faire son devoir » [ce qui compte est l'acte] sont parmi les chapitres principaux de cet ouvrage. Ceux-ci sont secondaires : « Bergson et Eucken », « Palmyre », « Kant contre Spinoza » [sur la place des définitions]. Marcel Conche est professeur émérite de philosophie à l'Université de Paris I, et membre associé de l'Académie d'Athènes.
« Le grand maître des apparences, Baltasar Gracián, dit que ce qui ne se voit pas est comme s'il n'était pas. Il n'a sans doute pas livré là, peut-être par prudence, le fond de sa pensée : ce qui ne se perçoit pas n'existe pas. Telle est la thèse en tout cas du présent Traité. » Clément Rosset
En 2005, le professeur Devauchelle procéda à la première greffe de visage dans le service de chirurgie maxillo-faciale de l'hôpital d'Amiens. Une telle intervention suscita de nombreuses interrogations dans la société civile. Ce livre recueille le témoignage de plusieurs personnes qui ont vécu, et vivent toujours, l'expérience de la greffe de visage depuis des positions décisives - l'une des patientes greffées, le chirurgien, la psychiatre accompagnant les patients. à ces voix se mêlent celles de chercheurs en philosophie. Les quatre textes composant ce livre racontent la greffe de visage et tentent, chacun à leur manière, autant qu'ils le peuvent, de porter cette expérience à l'expression de son sens. Ils s'entrelacent et se font écho. Dans la décantation, toujours inachevée, de ce que signifie l'expérience de la greffe de visage - entre « face » et « visage » - les questions usuellement formulées (du don, de l'identité personnelle, de la singularité du visage eu égard au reste du corps humain, de son importance pour le lien social, de la légitimité du geste nouveau dans la pratique médicale, etc.) se trouvent parfois déplacées, parfois annulées au profit d'autres jusqu'ici insoupçonnées, et ainsi éclairées d'une lumière nouvelle.