Territoire
Après quinze ans d'analyse des méthodes et des débats consacrés à l'évaluation, de mise en oeuvre de cette évaluation dans les domaines de politiques et de programmes d'actions publiques, il apparaît avec force que celle-ci est une pratique sociale infiniment plus intéressante que tous les livres de méthode qui lui ont été, jusqu à aujourd'hui, dédiés. Afin de relancer le débat, ce livre propose de fonder la discussion des principes, des moments et des méthodes de l'évaluation sur une théorie du jugement politique. Tout en marquant ses relations profondes avec les sciences sociales, il les distingue en proposant une conception de l'évaluation comme moment constructif du développement de nouvelles formes de la conscience et de la pratique politique en démocratie. Nous vous présentons ici un ouvrage à la fois concret et théorique, nourri d'exemples puisés dans l'expérience ou les observations de l'auteur. Un essai qui invite autant à un renouveau de la pratique qu'à une discussion sérieuse de son sens.
« L'adage destructeur qui affirme que « la première génération crée l'entreprise, la deuxième la maintient et la troisième la tue » est quelque chose de remédiable si, à chaque génération, on s'astreint à former les successeurs, et s'il règne une bonne harmonie. Nous devons éclairer l'attachement viscéral d'un entrepreneur à son entreprise. Attachement qui se traduit ici par une approche sage et prévoyante des successions, par le souci de maintenir le siège des capitaux dans le territoire d'origine, par l'adoption d'un management profondément social. Quand on crée quelque chose - et les entreprises n'échappent pas à cette règle -, on génère l'attachement des fondateurs et des successeurs familiaux à une oeuvre. Et cette oeuvre est collective : elle concerne ceux qui l'ont fondée mais aussi tous ceux qui y travaillent ou qui y ont travaillé. Une entreprise est un bien mis à la disposition de la communauté, et au service de la solidarité avec les clients, les fournisseurs, et les collaborateurs auxquels elle fournit du travail. »
Hier colporteur de l'Occident vers les lointains des terræ incognitæ, point de départ des grands voyages exploratoires qui, dès le XIVe siècle, redessinèrent les cartes de la terre, le Finistère européen a peut-être rendez-vous aujourd'hui avec l'invention d'un nouveau paradigme territorial. De fait, pour ces régions excentrées de l'Europe, il s'agit d'inventer une voie littorale qui dépasserait la fausse alternative de l'hypercompétitivité ou de l'assistanat. L'Ouest européen rassemble une diversité de régions dont la richesse ne se mesure pas seulement à l'aune des indicateurs économiques. De Cadix l'Andalouse à Galway la Gaëlique, doit s'affirmer un développement territorial fondé sur des valeurs telles que la solidarité, le souci de l'intérêt collectif, l'organisation décentralisée et la préservation des ressources naturelles. Ce livre nous en donne les principales clés.
Janus pourrait être l'emblème de ce livre : l'économie et le social sont les deux faces d'un même monde que nos représentations mentales nous font, en permanence, opposer. Et pourtant ! Une société qui ne saurait plus assurer le passage harmonieux entre les dynamiques du social et la puissance de l'économie a-t-elle encore un futur ? Une société qui ne saurait plus écouter le présent, dans ce qu'il révèle de forces de changement, a-t-elle, encore, un futur ? La conviction des auteurs - engagés dans la recherche et dans l'action - est que l'économie s'invente, et invente, au travers des liens qu'elle noue avec la société : liens de coopérations, de confiance, d'échanges ; liens aussi d'oppositions, de conflits, de négociations. Tout n'est pas économique : les entreprises qui construisent leur futur ne peuvent le faire qu'en construisant en même temps le futur des hommes. Utopie, ou réalité en marche ? Sans concession à une mode « entreprise citoyenne » qu'ils contestent, les auteurs montrent comment certaines entreprises modifient leur rapport au social par souci de performance économique, pour construire un futur moins aléatoire. Ces stratégies innovantes, que l'on sent précaires à travers les témoignages des responsables d'entreprises, vont-elles rester sans lendemain ou sont-elles les prémices d'une économie plus respectueuse du social ? Des chercheurs exposent ici, à partir d'exemples précis, les conceptions qui pourraient aider à construire différemment la performance des entreprises. Une perspective intéressante ; mais le chemin est encore long.
Loudunais, Saumurois, Marmandais, Haut Bocage... La diversité des pays de la façade est familière aux géographes. Ces pays traditionnels, héritiers de traditions vivaces, connaissent un renouveau. Mais le retour au pays n'a rien de nostalgique : les pays atlantiques de demain articuleront l'économie-monde des flux délocalisés et l'économie patrimoniale des sites. Ils seront les fédérateurs d'une civilisation à venir, en prise sur la modernité, qui devra concilier mobilité et fidélité. Cet ouvrage, dirigé par Guy Baudelle, complète « Espaces-projets atlantiques » en proposant une mise en perspective des villes avec leur plat pays. Les difficultés de la coopération intercommunale n'ont pas empêché une réelle prise de conscience de son caractère inéluctable comme vecteur de développement local. Aussi les auteurs s'interrogent-ils sur l'évolution possible des constructions émergentes : pourra-t-on passer de l'intercommunalité au pays ? La logique comme l'horizon des récentes constructions intercommunales répondent-ils aux exigences de l'avenir ? Ce livre analyse les conditions d'émergence de villes-pays, associant étroitement les pôles urbains et les campagnes en vue de favoriser leur épanouissement mutuel. L'enjeu est de taille : entre l'enracinement territorial et la nécessaire ouverture, il s'agit de réussir l'intercommunalité au pays.
À l'heure où la plupart des rivages sont des lieux de création de richesses, le développement économique semble se tenir en retrait de la façade atlantique de l'Europe. Pourtant, là aussi, quand telle ville ou telle région réinvente sa propre centralité, elle devient un espace-projet porteur de développement. Aussi, à travers les contraintes et la position en périphérie du continent, ce livre cherche à repérer les actions des uns et des autres : ici et là, acteurs et projets ouvrent des routes et des portes, réaniment les ports, redessinent des fronts de mer. De Liverpool à Vigo, de l'Aquitaine aux Asturies, des territoires atlantiques mobilisent leurs ressources pour se constituer en façades. À l'ouest de l'Europe, ces « marges » s'ouvrent en « entrées » et peuvent devenir les pivots d'une recomposition européenne des territoires. Après Cités atlantiques, cet ouvrage, dirigé par Jacques Beauchard, propose un regard élargi sur les régions atlantiques, laboratoires d'une modernité territoriale constituée en têtes de réseaux périphériques.
Tout le long du littoral atlantique, de la Bretagne à la Gironde, en passant par les îles de Ré et d'Oléron, les économies patrimoniales ont longtemps été considérées comme marginales. L'espace même des jardiniers de la mer, pratiquant l'ostréiculture, la mytiliculture, l'algoculture ou encore la salicornoculture, présente un aspect d'abandon. Les chenaux se bouchent ; les tamaris qui les bordaient et retenaient la vase ont disparu. Les anciens bassins sauniers décrits par Victor Hugo se couvrent d'herbe et le milieu qui paraît délaissé n'intéresse plus que les écologistes et les chasseurs, au point de reléguer ces zones marécageuses au rang de parcs naturels. Vient alors un cri du coeur dont ce livre se fait l'écho : « Dans la réalité, cet espace de marais n'est pas mort. Ce patrimoine était simplement en sommeil ! » Car après avoir constaté que leurs productions ne leur appartenaient plus, les jardiniers de la mer se sont organisés et tentent de se faire connaître. À travers leurs nombreux et divers contacts avec les consommateurs, ils ont pris conscience de la valeur patrimoniale de leur espace et de leur économie de production. Ce livre raconte alors l'histoire de l'adaptation de professionnels riches de leurs traditions au monde moderne.
Le Nord-Pas-de-Calais veut gagner, et repart de l'avant en s'appuyant sur ses points forts : sa population, sa géographie, son histoire industrielle et marchande, urbaine et rurale. Le tunnel sous la Manche, Euralille, de multiples candidatures à des grands projets, les Jeux olympiques de 2004, cette région semble avoir tous les culots pour saisir les nouvelles chances que l'histoire et la géographie lui offrent. Comme le dit Pierre Mauroy, « la reconversion, c'est fini ». Gagner « avec » ses habitants, rassemblés, déterminés, eux qui sont désormais sa première force ; gagner « pour » eux bien sûr, mais aussi pour la France, car cette eurorégion naissante constitue la première avancée vers l'Europe du Nord. Ce livre nous explique cette extraordinaire mutation, ses enjeux et ses volontés. Il montre pour quelles raisons faire du Nord-Pas-de-Calais la région de l'industrie et du développement durable n'est pas un défi mais une démarche intelligente, organisée et raisonnable. Il lie le passé et le futur, démontrant avec enthousiasme comment cette démarche originale est à l'oeuvre, prête à se généraliser et à ouvrir une nouvelle aventure.
Du pays basque à la Galice, des Asturies à la Navarre, l'Ibérie atlantique englobe, jusqu'au Nord Portugal, une succession de territoires hétérogènes et cloisonnés. Leur voisinage géographique ne suffit pas à rassembler ces régions, aux trajectoires historiques et économiques diverses, dont les métropoles, jalouses de leurs prérogatives, tendent à se replier sur elles-mêmes et sur leur arrière-pays immédiat. À l'heure où la disparition progressive des industries traditionnelles semble inéluctable, dans le contexte de l'unification européenne souvent oublieuse des périphéries, cette façade éclatée se voit fragilisée par des bouleversements économiques sans précédent. La fédération de ses régions au sein de l'Arc atlantique pourrait contribuer à atténuer les rivalités des villes et à rééquilibrer leurs relations avec leur territoire. L'ouverture des flux en direction de la façade française et du reste du continent s'impose autant que le développement de réseaux cohérents au sein de ces littoraux en quête d'Europe. Après « Espaces-projets atlantiques », cet ouvrage, dirigé par Pierre Laborde, propose un itinéraire parmi les particularités territoriales et économiques de ce front de mer situé entre Atlantique et Méditerranée, aux situations riches d'enseignements pour la prospective de la façade atlantique.