Rue des écoles
A l'époque charnière de la décolonisation, l'auteur relate comment, sur le terrain, il a souvent été confronté à des situations difficiles. Pour s'être élevé contre la violence et les exactions des politiciens et nouveaux petits chefs, pour avoir en particulier dénoncé la torture, il a été expulsé du Tchad. Plus tard aux Comores, l'ancien résistant qu'il était, a toujours tenu à rester un homme libre et a sans cesse refusé de devenir "le godillot" d'un homme politique ou d'un chef de clan, noir ou blanc.
L'affaire de Suez a été de courte durée mais a eu de lourdes conséquences, cette crise a déraciné des familles en les éparpillant à travers le monde: Robert khayat en a fait partie, il a quitté Alexandrie en 1959 en emportant dans ses bagages les couleurs, les senteurs, les personnages pittoresques de son pays. Mais il ignorait qu'il allait être relégué comme un objet désuet, inutile et pesant.
Des parents compréhensifs et aimants, un cadre de vie privilégié, tout aurait dû sourire à la petite Sonia dans cette ville de Wuppertal où sa famille, d'origine polonaise, avait choisi de s'installer. Mais la montée inexorable de la peste brune stoppe net les attentes de ce destin à peine ébauché, pour faire de Sonia et de tous ses coreligionnaires des Ennemis de l'Etat allemand. Sauvés de la folie meurtrière nazie par Madame J. et promptement convertie au catholicisme, Sonia découvre qu'elle a une voix, qui retentit lors des offices religieux. Un Chant d'espoir, c'est la résonance de cette voix qui sait dire le malheur, mais plus encore la confiance et l'espoir.
30 années passées en tenue sur la voie publique, tel est le parcours de l'auteur. L'adolescent qui débarque en 1957 des Charentes en banlieue parisienne avec ses parents est paumé. Il s'habitue à sa nouvelle vie et devient ouvrier du bâtiment. Mai 68 arrive. Il abandonne le bâtiment pour devenir gardien de la paix. Comment peut-on devenir flic dans ce contexte alors que rien, au départ, ne vous y prédispose ? Une vie de tous les jours racontée sans fioritures.
L'auteur évoque sa carrière de journaliste, qui débuta en 1946, et conte l'histoire de sa famille qui, en 1873, quitta l'Alsace pour fonder en Algérie un nouveau Strasbourg. Il poursuit son récit, depuis sa ville natale Djidjelli jusqu'à Brazzaville sur les bords du fleuve Congo, puis à Alger. Ce récit rend ainsi hommage aux pionniers de la présence française en Algérie.
Ils sont mineurs de fond, sidérurgistes, agriculteurs, employés, instituteurs, ingénieurs, fonctionnaires; ils ont vingt-quatre ans, la plupart mariés, pères de famille et demeurent tous dans le Nord de la France. En avril 1956 ils ont été mobilisés. Une mission sans doute claire dans l'esprit des chefs mais bien vague pour ceux qui ne connaissent ni le pays ni les habitants. Ils vont s'engager sans réserve dans la "pacification", apprendre à connaître le pays, à concilier ses habitants.
Un retraité se remémore, en souriant, ses vacances d'enfant passées chez ses grands-parents limousins. Petit citadin, il y fut marqué par de nombreuses nouveautés tant rurales que régionales. Alors, pour leur redonner vie agréablement et parce qu'il a été fils unique, il y introduit la présence imaginaire d'une petite camarade du "pays", dont la vie évoluera jusqu'à une fin évidente, compte tenu que, dans les années 50, la sauvegarde du patrimoine rural passait avant toute autre chose.
Dans ses Carnets de jeunesse en Afrique du Nord, Daniel Verstraatt évoque le destin des jeunes Français, nés entre 1920 et 1922 et résidant pour la plupart en zone occupée en 1940, qui ne quittèrent pas la France pour l'Angleterre, mais choisirent en 1941 de s'engager dans l'Armée française d'Afrique du Nord, malgré d'évidentes difficultés. Parvenus pour une grande partie d'entre eux au Maroc, ils purent choisir leur arme et furent affectés à des régiments de professionnels.
" Le livre que vous avez entre les mains est un ouvrage précieux. Il démontre, en effet, par l'exemple, que la place laissée en politique à ceux de nos compatriotes français issus de l'immigration africaine ou antillaise est, infiniment trop souvent, réduite à la portion congrue." Ainsi s'exprime Kofi Yamgnane, ancien ministre à l'Intégration de François Mitterrand, qui a porté un regard attentif au témoignage de Jean-Placide Tsoungui. Constitué d'anecdotes et de réflexions politiques, ce dernier fera écho en l'esprit de nos contemporains qui aspirent à un renouvellement de la démocratie à la française et du système de représentation qui est encore le nôtre en 2005.
Ces allers-retours entre Sétif et Lyon, c'est le récit de la vie d'une famille d'immigrés au destin banal et pourtant si particulier. Les souvenirs d'une enfance partagée, entre les deux rives de la Méditerranée, dans ces années 1950-1960 si riches en événements entre la France et l'Algérie, sont la matière de ce livre, le temps se remonte par à-coups, les images défilent, les parfums oubliés reviennent, des airs anciens chantent à nouveau.
L'auteur, infirmière en pédopsychiatrie, témoigne de son expérience au sein d'une unité hospitalière chargée d'accueillir en internat des enfants présentant des troubles divers du comportement. C'est plus particulièrement à travers le cas de Sophie, une petite fille qui va peu à peu réussir à sortir de son autisme, que Geneviève Touquette nous fait découvrir son quotidien, celui de toute l'équipe soignante et celui des vingt-cinq enfants hospitalisés dans son service.
Fouad Kamal Kozah Bey nous livre le récit de sa vie, jetant un regard avisé et sensible sur un vingtième siècle qu'il a traversé de part en part, comme il a traversé le Moyen et le Proche-Orient, les turbulences des deux guerres mondiales, les grands conflits internationaux. Brillant ingénieur-architecte, infatigable voyageur, il est aux premières loges pour relater les grandes affaires. Au soir de sa vie, il témoigne aussi des premières heures de son pays : le Liban. Un récit d'un homme épris de poésie, qui retrace aussi la vie d'un père, souvent loin des siens, sur les routes d'Orient.
Le livre commence par l'histoire d'une lignée paternelle protestante du Tarn, qui compte un membre interné dans la citadelle de Montpellier et au fort Brescou, deux magistrats (lozérien et gardois) brisés dans leurs carrières lors de l'avènement pur et dur des II° et III° Républiques, l'histoire d'une lignée maternelle catholique vauclusienne illustrée par un ancêtre juif du pape, d'un autre décapité sous la Terreur... C'est ensuite le récit d'une enfance vauclusienne, bouleversée par la crise viticole, par la catastrophe de 1940. Puis c'est une adolescence orientée par un contact discret vers l'Ecole de la Garde de Guéret, aboutissant au combat au sein du Maquis de la Creuse, mais hélas aux camps de Déportation du Struthof, de Dachau et d'Allach.
Exercer en prison quand on est professeur des écoles, c'est assurer une mission très particulière de l'Education nationale, au-delà de la lutte contre l'illettrisme qui est cependant prioritaire. Il y a d'abord le choc de l'immersion dans l'univers carcéral, puis la découverte des règles qui régissent cette microsociété. Par le biais d'anecdotes, de situations vécues, c'est une expérience professionnelle et personnelle de neuf années qui se raconte dans ce livre, témoignage de la réalité du monde carcéral.
Ce témoignage de Michèle Maldonado évoque les moments heureux d'une Algérie perdue. Avec ses yeux de petite fille, l'auteur relate la simplicité de la vie quotidienne de Rivoli, village prospère de l'Oranais. Elle retrace les joies, les plaisirs minuscules, l'immense détresse lorsqu'il a fallu tout quitter. Hassi Mamèche, c'est la mémoire ravivée, la mer, le soleil, le parfum des freesias...
"Impossible n'est pas africain" raconte l'aventure de deux routards qui traversent l'Afrique d'ouest en est. Leur périple, en empruntant les moyens de transport les plus simples, se déroule sur 12 000 kilomètres entre l'océan Atlantique et l'océan Indien, en passant par le Sénégal, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Centrafrique, le Zaïre, l'Ouganda et le Kenya. Il en résulte des rencontres émouvantes balancées entre l'accueil local légendaire et des situations étonnantes générées par le mode de vie et les valeurs de l'Afrique.
Accompagner sa mère au fil des jours a d'abord été un devoir. Le fils que je suis s'y est astreint au fur et à mesure de l'entrée en âge de celle-ci. Mais ces rencontres régulières nous ont permis de nous découvrir. Elles ont suscité progressivement un face à face singulier qui nous a conduit l'une et l'autre à cheminer. Apprenant à mieux nous connaître et à apprivoiser ce que le temps apportait, sans nous en apercevoir nous nous sommes transformés. Ce recueil retrace l'évolution de notre relation.
"Ivan le magnifique, créateur et dispensateur d'émotion, de poésie, d'amitié joyeuse, démesurément généreux, conteur lyrique et peintre fou de couleurs.". Dans ce journal-portrait, qu'elle a tenu de 2001 à 2007 après la mort d'Ivan, Denise Kawun, en s'adressant à lui, fait revivre le peintre d'origine slave, Saint-Germain-des-Prés dans le Paris disparu des années 50, puis l'atelier et la bergerie dans la ferme du Cantal, les rencontres et les amitiés autour d'un être hors du commun, et surtout le lien amoureux près de cinquante années durant.
Le pays des griottes a accueilli les tableaux du musée du Louvre dans quelques châteaux du Lot afin de les soustraire aux nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale. C'est dans un de ces châteaux que la narratrice a séjourné durant des semaines, entourée de ces prestigieuses oeuvres d'art. Elle raconte également, avec une pointe d'humour, ses aventures comme agent de liaison.
"En Juin 2001, alors que j'étais assistante sociale dans un office HLM, mon univers a basculé suite à une grave agression dans le cadre de mon travail. Agressée par un locataire avec une hache et blessée grièvement, je raconte le parcours du combattant pour se reconstruire, affronter les administrations, la justice et comment petit à petit je retrouve le goût de vivre. L'émotion et l'humour se côtoient dans une courte promenade pour raconter, la violence physique et morale, les blessures visibles et invisibles".
Je présente l'histoire de Jérôme, un enfant il est vrai au comportement atypique dont les commérages colportèrent qu'il était "né coiffé" (anormal), sans l'once d'une preuve tangible. Tout cela dans une île d'exception, comme il en existe partout ailleurs... Jérôme fut conçu, naquit et vécut son enfance sans jamais se plier aux choix imposés, fussent-ils sympathiques et enivrants. Tenter de comprendre pour marcher avec intelligence sur sa terre fut la course de fond de sa vie.
Violaine, enfant atteinte d'une grave affection, et sa mère Giselle ont tenu à rédiger ce témoignage commun, message de courage devant l'issue incertaine de la maladie. Car, malgré l'injustice, le quotidien douloureux, il est nécessaire de mobiliser toute son énergie pour aller de l'avant. Face au cancer, il ne faut pas glisser vers un rôle de spectateur attentiste et anxieux, mais plus que jamais devenir acteur de sa propre vie.
Parce qu'il n'entendait plus, René-Jean Anderson, se mit, un jour, à écrire. Pendant plusieurs années, il a tenu une chronique mensuelle dans un petit journal du monde de la surdité. Une chronique qui s'appelait "Style libre". Un jour, il rassembla une partie de ses écrits et en fit un recueil qu'il appela "le Stylibroscope". Une série de textes courts, drôles, philosophiques, mécontents, rebelles, fatalistes...
La jeune fille dont il est question ici, a vingt ans aux alentours de mai 68, ce qui devrait changer bien des choses. Mais à la sortie du couvent Sainte-Marie, Catherine aborde le monde et les hommes avec presque autant de naïveté que la jeune Simone de Beauvoir. Très long est donc pour elle le temps d'apprendre à vivre, très longue et plutôt cruelle l'éducation sentimentale. Elle, qui imaginait sa vie comme une longue ligne droite, se croyant être destinée à être la femme d'un seul homme...
Le Parti Communiste Français a connu et connaît encore bien des péripéties, des jours glorieux et d'autres qui le furent moins. Le vieux militant communiste est une espèce fragile, peut-être en voie de raréfaction. Il importe de le protéger. Il est utile de raconter les "riches heures" de ce personnage. "J'ai voulu, par cet ensemble de récits et d'évocations, contribuer à son écriture. J'ai essayé de lui conserver un caractère souriant et primesautier, qui ôte toute gravité aux choses les plus sérieuses".
Du 23 au 26 mai 1940, Calais-Nord a été en grande partie détruite par les bombardements allemands. En quelques heures, des centaines de foyer ont perdu leurs biens, et pour beaucoup, leurs moyens d'existence. Ce fut le cas pour la famille de Mimi, qui avait dix ans au début de la tourmente. Fidèle à l'Histoire, l'auteur dégage, à travers ses yeux d'enfant, puis d'adolescente, des situations souvent gaies, parfois cocasses, au milieu des événements tragiques qui ont frappé le Calaisis.
Alice, le personnage principal de ce récit documentaire-fiction, est une fille de colons français à Madagascar. Longtemps déracinée, elle s'y réinstalle plusieurs années après l'avoir quitté. Colonisé dans le passé, maintenant indépendant, elle redécouvre un paradis natal -riche de ses sites, sa faune et sa flore uniques au monde, de ses traditions, ses artisans et sa culture pacifique-, qui apparaît comme perfusé par un cocktail de poisons : corruption, racisme inter-ethnique, dégradation de l'environnement.
Simone, une jeune Ardennaise née au début de la première guerre mondiale, épouse à l'âge de 17 ans un militaire de carrière qui sera tantôt gendarme, tantôt garde républicain mobile. Jeune mère de famille, elle n'a que 26 ans lorsque le deuxième conflit mondial éclate. Elle assiste en 1940 au démantèlement de la garde républicaine mobile par les troupes d'occupation. Quatre années plus tard, elle sera témoin de l'horreur lorsque les troupes de la Wehrmacht envahissent le village meusien de Robert-Espagne dans le seul but de massacrer la population... A travers le récit de Simone, un hommage est rendu à toutes les victimes de cette tragédie.
Ce texte nous plonge dans un récit de vies mêlées des années soixante jusqu'à nos jours sur le chemin "triangulaire" Antilles-Guyane-France. Il débute en Martinique, dans un quartier de Fort-de-France, autour des personnages clés, les grands-parents d'adoption de l'auteur. C'est par l'intermédiaire de ces personnages à l'itinéraire atypique, aux témoignages captivants sur la Guyane de l'or, du Bagne, au parcours émouvant, que va se tisser le réseau affectif de l'auteur, jeune Guyanaise extirpée du milieu familial originel.
D'une passe audacieuse, entre rugby et poésie, l'auteur nous invite à la rencontre de deux mondes qui semblaient pourtant éloignés. "3 lignes pour le 15" : un parcours au long duquel l'approche, la rivalité, le défi et la confrontation mis en mots nous donnent à savourer l'esprit de ce jeu. Jean-Louis Chartrain a pratiqué et enseigné le rugby. Il a aussi analysé ce sport sur le plan symbolique.
Après la mort accidentelle de son mari, Maguy Vautier, la narratrice, effectue un séjour au Niger qui est pour elle une révélation. Elle rencontre des Touaregs, vit avec eux et se prend de passion pour ce peuple, son mode de vie et de pensée, sa culture. Elle leur consacrera plus de trente années de sa vie, un engagement dont elle retrace dans ce livre les fondements et l'itinéraire, non sans évoquer les difficultés rencontrées, ses doutes et ses incertitudes.
Les pertes colossales en récoltes, parfois jusqu'à la moitié de ce qu'un paysan peut retirer de la terre, constituent le frein économique majeur pour les pays en développement. Cet ouvrage propose une approche nouvelle du stockage de produits alimentaires frais dans la théorie microéconomique, laquelle perçoit traditionnellement le stock comme un résidu. Tout au contraire, le stock a un impact déterminant dans l'accumulation primitive du capital des pays les plus pauvres.