Rencontres
À la suite d'un grave accident survenu loin de chez lui, l'auteur a été contraint d'effectuer pendant quatre ans de longs séjours en hôpital, en clinique et dans des centres de rééducation spécialisés. Ce fut pour lui l'occasion de découvrir, de l'intérieur et dans sa réalité quotidienne, un milieu socioprofessionnel qui lui était jusqu'alors totalement inconnu : le monde médical. Il nous fait partager, dans un récit à la fois pudique et iconoclaste, quelques-unes des expériences les plus marquantes qu'il lui a été donné de vivre au contact des personnels soignants. Il relève avec finesse les changements qu'il a observés dans l'attitude des bien portants après qu'ils aient été confrontés à son handicap. De toutes ces réflexions se dégage peu à peu une sorte de code de bonne conduite à l'usage des bien portants dans leurs relations avec ceux qui ne le sont pas. Mais surtout, pour avoir su assumer son destin avec autant de dignité, pour avoir gardé l'espoir chevillé au corps malgré l'accumulation de difficultés de toutes sortes, Bernard Dumaz nous donne une grande leçon de courage, d'optimisme et finalement de confiance en l'homme.
À la rencontre d’Eugène Guillevic, l’un des plus grands poètes du XXe siècle, à travers un dialogue unique et un poème inédit.
Insolite, oui. Il n'y a pas d'autre mot pour qualifier - aux plans de l'art, des idées ou de l'homme - Roland Delsol. Jeanne Fayard, en d'autres temps, s'est intéressée à des personnages plus célèbres (le dramaturge américain Tennessee Williams, par exemple), mais aucun ne l'a impressionnée autant que le sculpteur Roland Delsol, rencontré lors d'un stage aux « Ateliers du Soleil », à la Brunie de Salvagnac-Saint-Loup, dans le Rouergue. N'aurait-il jamais taillé un de ses inoubliables « visages », un de ses émouvants corps de femme, l'homme Roland Delsol, athlète mutilé (un accident lui a arraché l'avant-bras gauche), globe-trotter (de Tahiti à la Guyane et à l'Amérique latine), serait déjà un personnage hors du commun. Mais, touché par la grâce impérieuse de la création artistique, voilà qu'un jour, de retour au pays, il oublie de se rendre à son travail d'obscur bureaucrate ; il se donne, dans son village, un champ à peupler de présences ou de bois ou de pierre ; et tel est le rayonnement de sa fureur de vivre et de créer que, vers ce champ, aux « vacances insolites », convergent les foules. Dans cette démarche, peut-être y eut-il au début, parfois, une curiosité ambiguë, mais il suffit de feuilleter cet ouvrage pour reconnaître, dans l'oeuvre de Roland Delsol, l'expression d'un talent puissant, communicatif, indiscutable, dont l'audience d'ailleurs, ne cesse de grandir. Jeanne Fayard nous accueille dans l'intimité de cette geste créatrice, formidable et pathétique. Elle le fait avec pudeur, lucidité, amitié surtout. Grâce à elle, nous vivons réellement une « rencontre » prodigieuse, car elle nous fait découvrir un homme, un artiste, absolument « différent » et néanmoins parfaitement accessible, comme peut l'être l'oeuvre, qui révèle en vous des pans de vérité sans lesquels vous ne sauriez devenir (selon le mot du poète) celui que « vous avez commencé d'être ».
Le discours sur le cinéma tourne, souvent, autour de thèmes trop exclusivement économiques : crise, baisse de fréquentation des salles, concurrence de la télévision... L'ambition du Colloque international de mars 1995 à l'Odéon, « Le cinéma vers son deuxième siècle », était d'élargir la réflexion vers d'autres horizons. À partir de l'analyse de trois de ses fonctions historiques (enregistrer, raconter, mettre en spectacle), il s'est agi de questionner le cinéma de demain à travers de nouvelles questions : le rôle des nouvelles technologies, ou la place du cinéma dans le futur paysage culturel, audiovisuel et urbain... Ainsi, les intervenants à ce Colloque ont contribué à l'enrichissement de la réflexion théorique actuelle sur l'avenir du cinéma. Cet ouvrage reprend intégralement les interventions des divers participants, parmi lesquels les cinéastes O. Assayas, J.-J. Beineix, A. Bergala, Y. Chahine, Costa Gavras, Claire Denis, G. Kaboré, A. Kiarostami, R. Kramer, C. Lanzmann, M. de Oliveira, Lucian Pintilié, A. Tanner, les Taviani, ainsi que celles de R. Bonnell, J. Clément, H. Damisch, R. Debray, J. Douchet, M. Ferro, J.-M. Frodon, S. Hasumi, M. Karmitz, G. Miller, M. Nicolas, P. Ory, D. Païni, A. Renaud-Alain, N. Saïl, D. Sibony, B. Sobel, D. Toscan du Plantier, S. Toubiana et Th. Zeldin. Ce Colloque, qui bénéficiait du concours d'Arte, de France Culture, de la Maison des cultures du monde et du journal Le Monde, était conclu par Jacques Toubon, ministre de la Culture et de la Francophonie.
C'est en poète, que Jacques Ferlay nous entraîne au coeur de Norge, dont l'oeuvre est déjà de plain-pied dans notre mythologie poétique contemporaine. Il ouvre pour nous la voie d'accès à cet univers norgéen abondant, multiforme, à la fois simple et profond, souriant et grave, où la réflexion métaphysique sous-tend un sentiment jubilatoire de la vie. Entretiens délicieusement humoristiques, étude précise, inédits étonnants, iconographie et bibliographie exhaustive, constituent tous les éléments de ce livre : nécessaire à qui veut connaître et approcher le Poète Norge.
Genet, l'Amour cannibale, tome 1 d'une étude de Maurice Chevaly. Rencontre d'un adolescent interné à la colonie pénitentiaire de Mettray. Dépossédé du monde et confronté au viol, Genet fera siennes les lois d'une vie inversée où humiliation et cruauté, mensonge et homosexualité tisseront les fils ténus d'une autre morale, celle de Genet, "le dieu du mal". Rencontre d'un homme au visage de bagnard dissimulant amours de midinette et souffrances inavouées, d'un homme marginalisé, voleur ou prostitué, traître ou révolutionnaire, Genet, qui cherchera son identité dans les communautés masculines les plus diverses. L'Amour cannibale, c'est aussi la rencontre d'un sadomasochiste, d'un fétichiste, d'un pervers qui invente une étrange mystique pour mieux légaliser son enfer. Ce Credo, cette apocalypse, Maurice Chevaly les retrouve fantasmés dans l'oeuvre de Genet et, plus particulièrement, dans son théâtre. C'est l'objet de la rencontre proposée dans le tome 2 : L'enfer à fleur de peau.
Ce livre n'est ni une biographie, ni une étude littéraire : plutôt un roman vécu, au fil duquel vous pourrez suivre, pas à pas, Jean Giono dans les traces de sa vie quotidienne, livre-fleuve qui suit le cours du temps en jouant à saute-mouton. Immobile au centre de l'oeuvre gionienne, vous voyagerez dans une vraie Provence, à la rencontre de petites et grandes destinées, vivant les aventures créées et recréées par ce démiurge. Giono, ou le triomphe de l'excessif et de la vie. Que sa Joie demeure !