Relations
Il est temps maintenant de reconnaître, au-delà de toute polémique, que construire une « société sans drogue » est un objectif inaccessible et irréaliste. L'échec avéré de « la guerre à la drogue » nécessite que s'opère un changement radical, tant au niveau de la prise en compte des usagers qu'au niveau des représentations sociales des toxicomanies. En effet, les drogues soulèvent des émotions publiques, familiales, intimes ; elles concernent le rapport de l'individu au plaisir, à la souffrance et à la peur, à la curiosité, au superflu, au défi par rapport à soi-même et aux autres. Ainsi le rejet passionnel dont elles font l'objet se teinte d'une certaine ambiguïté qui n'est pas sans rappeler les doubles liens et leurs effets mortifères que Gregory Bateson a mis en évidence. Réunissant des éléments sociologiques et historiques, le travail de François-Xavier Colle se situe à l'articulation du champ politique et de celui de la clinique. Thérapeute familial, spécialiste des conduites addictives, il signe là son engagement pour que les stratégies répressives cèdent la place à une politique de réduction des risques et de légalisation contrôlée. Diminuer les risques suppose de les évaluer et de les contrôler dans le respect des personnes et dans une proximité relationnelle où usagers, non-usagers, familles et acteurs - sociaux, thérapeutiques, judiciaires et politiques - sont conscients de la nécessité absolue de concilier sécurité des personnes et santé publique. Pour tous, prisonniers de débats encore trop confus, ce livre original et audacieux ouvrira des horizons positifs.
Les liens fraternels sont fascinants : ils ont à la fois une nature irréversible, aux plans biologique et légal (on ne divorce pas de ses frères et soeurs) et un caractère optionnel (à l'âge adulte, chacun peut choisir de rompre avec sa fratrie). A l'aide de nombreuses références littéraires, cinématographiques et des récits cliniques, l'auteure explore ce lien singulier, entre enfants d'une même fratrie ou issus de familles recomposées, qui se développe dans le temps. Elle montre l'importance d'en prendre soin parce qu'il est le lien le plus long de notre existence, qu'il peut se révéler une incroyable ressource ou représenter un haut lieu de souffrance. Dans tous les cas, il a un impact sur les relations que nous allons créer au cours de notre vie : couple, amitiés, relations professionnelles, parentalité. Semer des graines de confiance dans l'enfance, favoriser un lien direct et non médiatisé par l'adulte, laisser une chance au potentiel de ce lien, font partie des attitudes parentales constructives. Par la suite, identifier ses propres blessures et attentes, et prendre le risque de les dire au bon endroit, à la bonne personne, permet aux frères et soeurs de s'individuer, d'assumer la responsabilité du lien qui les unit et d'initier un dialogue au service des générations futures.
Cet ouvrage nous offre la lecture de plusieurs fragments d'histoires, sous forme de récits universels que chacun traverse plus ou moins douloureusement à un moment de sa vie. Le lecteur est invité à explorer et à questionner sa propre histoire d'un point de vue systémique et la manière dont il entre en relation avec les autres. Il montre comment, dans le dialogue avec Chloé, psychothérapeute systémique familiale, les noeuds peuvent se défaire, les souffrances s'exprimer et une nouvelle façon d'être ensemble se révéler. C'est-à-dire que le lecteur est éclairé sur l'intérêt de se construire « une armure invisible » : une protection qui ne rigidifie pas sa position face aux désaccords, mais qui le maintien en lien avec les autres tout en se respectant.
« Faire de la thérapie n'est pas résoudre des problèmes ou corriger des erreurs mais se plonger dans le mystère des familles et de leur rencontre. Ceci implique de passer d'une thérapie où le thérapeute observe à une thérapie où le thérapeute s'observe pour reflèter à la famille compétente cette perception qui permet de laisser émerger "l'autosolution".» Ainsi dans ce livre qui reflète sa carrière déjà longue de praticien et de théoricien systémique, Guy Ausloos exhorte le lecteur à se laisser pénétrer par le mystère de la famille compétente plutôt qu'à rechercher des recettes pour traiter la famille dysfonctionnelle. Les difficultés et les mutations des statuts parentaux, la perte des valeurs traditionnelles, la violence sociale, l'incertitude quant à l'avenir devant le chômage et la maladie, l'évolution des modèles professionnels, etc., déstabilisent les familles qui ont aujourd'hui besoin d'être confortées dans leur parentalité pour accompagner leurs enfants vers l'âge adulte. Par ses récits cliniques vivants issus de son expérience auprès d'adolescents et de jeunes adultes, dans le champ de la déviance et de la psychiatrie, ainsi que par une réflexion théorique constamment réactualisée et élargie, Guy Ausloos nous guide dans cette passionnante aventure du soin direct apporté lors des crises familiales et institutionnelles.
En mettant l'accent sur les logiques sociales et culturelles, l'autrice offre des repères essentiels pour comprendre les enjeux vécus par les familles biculturelles et ouvre des pistes concrètes pour l'accompagnement clinique et l'intervention thérapeutique auprès d'elles.
La transmission a-t-elle pris un coup dans l'aile ou sommes-nous aujourd'hui prisonniers de l'idéologie du choix et du présent qui ne tolère plus ni d'ancrage dans le passé ni de projection dans le futur ? Serions-nous libres mais esclaves de notre identité ou appauvris de notre passé comme de nos appartenances multiples ? Notre monde en perte de limites et de repères est aussi celui de l'hypernarcissisme, de l'hyperindividualisme et de l'hyperconsommation. Notre vécu, jonché de traumatismes, y compris ceux inscrits dans notre mémoire collective, est devenu caduque. Certains d'entre nous pensent qu'effacer l'histoire permettra de conjurer le mauvais sort. Cette fausse solution devient alors le problème et la répétition traumatique les guette. L'objectif de cet ouvrage est de montrer comment la psychothérapie peut aider les individus, les familles et les groupes à transformer leurs héritages pour continuer à transmettre et à se réinventer.
« L'auteur est reconnu dans le monde de l'hypnose comme un enseignant hors pair, doté d'une grande liberté conceptuelle et d'un humour stimulant. Alain Vallée attachait beaucoup d'importance à un enseignement actif, poussant chacun à réfléchir, à s'interroger sur sa pratique, tout en veillant à ce que cet apprentissage s'ancre dans une expérience corporelle authentique. Il avait l'art de mélanger bienveillance et provocation, afin que chacun s'implique et se laisse imprégner par la situation clinique présentée. Il s'agit d'un ouvrage facile à lire car illustré par un très grand nombre de situations cliniques permettant de comprendre avec beaucoup de finesse comment l'activation du corps relationnel est au centre des processus de changement. » Julien Betbèze
« Pas de recettes mais une écoute, un partage. Les mots qui rythment la démarche de Marc Galy donnent toute la place à l'autre : "imaginaire, présence, silence, attente, vide, distance, direction". Le mot douleur n'est pas occulté, mais s'inscrit dans une proposition de métaphores qui changent son essence. Aider à s'endormir, à supporter une radiothérapie, à arrêter de fumer. Se retrouver dans un essentiel tentant et confortable. Ressentir et rien d'autre. Ne pas juger. Ne pas être jugé. Mais être là, profondément, dans un ailleurs qui devient un ici, dans une temporalité qui s'émancipe de la tyrannie du temps. Dans un éveil comme un sommeil d'enfance. Une goutte d'éternité. » Philippe Delerm Marc Galy pratique l'hypnose médicale dans divers contextes. Il développe une réflexion large et moderne sur cette approche thérapeutique non médicamenteuse, amenée à jouer un rôle dans le parcours de santé des patients. L'hypnose est un processus sensoriel, une expérience de changement des perceptions qui relie le corps et l'esprit. Elle requiert, insiste l'auteur, une formation et une éthique du thérapeute engagé dans cette démarche. « Installez-vous dans le fauteuil » pour vivre l'exercice de l'hypnose à travers de nombreux exemples cliniques tant dans un cadre chirurgical que médical (stress, phobies, douleurs, addictions, etc.).
Comment résister en équipe à la destructivité des adolescents maltraités sans reproduire la violence, les abandons et les négligences qu'ils ont trop connus ? Comment sortir des interventions cloisonnées et mieux travailler ensemble en équipes intersectorielles sans s'épuiser ? Depuis plus de 20 ans, l'équipe du Tamaris à Bruxelles, une institution d'hébergement pour adolescents, sous mandat du tribunal de la jeunesse ou du service d'aide à la jeunesse de Bruxelles, déploie une clinique éducative s'inspirant du courant de la psychothérapie institutionnelle. L'auteur qui la dirige en présente les principaux outils, basés sur la vie quotidienne, afin de penser la pratique avec ces adolescents aux attachements désorganisés et d'intervenir sans répondre à leurs passages à l'acte par des passages à l'acte institutionnels. L'échange transdisciplinaire permanent au sein du service, le travail d'équipe, la co-intervention, le travail avec les familles, l'accompagnement individuel et les collaborations transversales avec des partenaires extérieurs constituent les principaux piliers de la méthodologie institutionnelle.
Comment aider une personne qui accepte une aide sous la menace, la contrainte ou au bénéfice d'un tiers ? à travers sa pratique dans le domaine de la protection de l'enfance, l'auteur décrit et analyse les interventions alternatives qu'il a mis en oeuvre. Les éducateurs, les travailleurs sociaux et les psychologues doivent souvent aider, à la demande ou au profit d'un tiers, des personnes qui ne souhaitent pas toujours l'être. Décrivant sa pratique au travers de situations et de fragments d'entretiens, l'auteur met à plat l'inconfort de sa position et analyse la double contrainte à laquelle elle conduit. Il montre comment il est possible d'inciter les personnes concernées à quitter leur attitude d'opposition et à s'impliquer dans la relation. Guy Hardy est assistant social, formateur certifié en PNL (programmation neurolinguistique) par le New York Training Institute, membre de l'association européenne des thérapeutes familiaux. Il anime de nombreuses formations en France, en Belgique et au Canada.
Face à la complexité croissante du mouvement systémique et des thérapies familiales, ce livre offre des repères théoriques largement illustrés par la pratique des auteurs. Pour chaque modèles de thérapie familiale, six rubriques : les concepts-clefs ; sur quoi porte l'intervention ; comment le problème est-il défini ; l'objectif de l'intervention ou de la thérapie ; les outils utilisés ; la position de l'intervenant ou du thérapeute. Muriel Meynckens-Fourez est psychiatre ; Marie-Cécile Henriquet-Duhamel, est psychologue (Centre Chapelle-aux-Champs, Bruxelles).
Cet ouvrage, nourri par une expérience et des connaissances qui se sont étoffées et diversifiées depuis 2007, poursuit les objectifs suivants : - dresser un tableau aussi large et complet que possible des applications actuelles de la tmf, en accueillant tout particulièrement la diversité théorique et pratique ; - poursuivre les efforts de construction d'une identité plus différenciée et plus claire de la tmf par rapport à d'autres approches thérapeutiques ; - réactualiser la littérature empirique sur l'efficacité de la tmf, ses indications particulières et ses « ingrédients actifs » ; -offrir le cadre, les techniques et les outils permettant la conduite effective d'une tmf dans différents contextes culturels et de soins. Tout en donnant un ancrage théorique et empirique aux programmes thérapeutiques présentés dans cet ouvrage, chaque application clinique prend le soin de décrire en détail un programme complet de tmf, avec son cadre, ses outils spécifiques, ses vignettes cliniques et son adaptation à une situation donnée. Le dernier chapitre en témoigne, qui fournit au clinicien un vaste éventail de techniques et activités pouvant être appliquées à de nombreux registres de pathologies et problématiques.
Dans le domaine de la violence intrafamiliale où les expériences se situent au-delà du représentable de par la gravité des faits et la sévérité des traumatismes, rigueur et créativité sont indispensables pour pouvoir rester thérapeutiques tant pour les victimes que les agresseurs et leurs proches. Cette clinique de la transgression nécessite d'évaluer précisément la violence, son impact et la capacité des personnes impliquées d'en avoir conscience mais aussi d'instaurer un indispensable travail de réseau qui court toujours le risque d'être clivé. Après dix années de pratique clinique auprès d'enfants, d'adolescents, d'adultes, de personnes âgées, de couples et familles, mais aussi de collaborations en réseaux, les auteur.e.s partagent les outils d'évaluation et d'analyse qu'ils/elles ont développés au sein du centre Les Boréales autour de la maltraitance et des violences conjugales avant et après séparation, de l'attachement, de la psycho-traumatologie et des neurosciences. Ils/elles décrivent le travail thérapeutique mené avec des patient.e.s polytraumatisé.e.s, où l'approche verbale est peu fructueuse, voire contre-productive. Des techniques analogiques mobilisant les ressources du cerveau droit sont illustrées avec de nombreux exemples cliniques et permettent de comprendre combien cette clinique nécessite de la créativité pour aider les patient.e.s à reprendre les rênes de leur vie.
Les patients viennent consulter les psychothérapeutes parce qu'ils ne savent plus comment se sortir de leurs difficultés. Ils se sentent paralysés ou aveuglés par la souffrance qu'ils éprouvent. Le modèle développé dans cet ouvrage combine une vision systémique à une approche respectueuse des limitations des patients et s'oriente plutôt vers les solutions que vers les problèmes. S'inspirant des travaux de Steve de Shazer, de Milton Erickson et de Gregory Bateson, il permet des interventions pragmatiques et efficaces qui ouvrent des perspectives concrètes et pleines d'espoir. Les auteurs partent du principe que les patients ne demandent qu'à coopérer avec le thérapeute. Il incombe à ce dernier de découvrir le mode de coopération spécifique à chaque patient. La notion de résistance perd son sens. Le thérapeute devient un créateur de contextes évolutifs : contexte de choix, de solutions, de créativité.
Le concept de parentification est largement utilisé dans le champ thérapeutique et social, et néanmoins très mal connu. L'objectif de l'ouvrage est de décrire précisément ce phénomène et de proposer des critères d'identification à partir de situations cliniques et de la recherche. Qu'est-ce qu'un enfant parentifié ? Quels sont les éléments organisationnels et éthiques qui concourent au processus de parentification ? Peut-il être source de maturation ou est-il principalement source de souffrance ? La complexité rencontrée dans la clinique avec les enfants et les familles nécessite de répondre clairement à ces questions car le maintien d'un flou conceptuel risque aussi bien de gommer la gravité de certaines situations que d'en dramatiser d'autres qui ne l'exigent pas.
Les problèmes humains trouvent ici des réponses concrètes qui sont présentés avec une lecture affinée de la complexité des interactions et du processus de changement, issue conjointement de l'approche systémique stratégique, l'approche orientée solution et l'hypnose. De nombreuses situations pathologiques trouvent des réponses concrètes par la mise en oeuvre de prescriptions stratégiques qui ont su démontrer depuis des années leur intérêt thérapeutique. Ces interventions singulières amènent les individus dans la direction du changement, et leur permettent de sortir des impasses dans lesquelles ils sont piégés. Ce travail est le fruit de plusieurs années de partage de connaissances théoriques et pratiques à travers le réseau international LACT research. Les auteurs ont choisi de transmettre leur savoir-faire, leurs prescriptions les plus efficaces - celles qu'ils appliquent quotidiennement et avec leurs meilleurs résultats. Elles sont présentées de manière pédagogique autour d'études de cas et se concluent par une synthèse sous la forme d'une fiche encyclopédique.
Depuis la parution de cet ouvrage en 2004, les violences conjugales ont été mises sur le devant de la scène : affaire Trintignant, campagnes de communication... Ce n'est pas pour autant que les réponses à ces violences ont progressé. Malgré les lois, les circulaires qui peuvent faire penser que les violences (conjugales) sont une cause nationale, l'Etat ne cesse de se désengager - suppression de crédits aux associations de prévention et de traitement, aux centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) augmentation du niveau d'incohérence due au fonctionnement de la Justice... La réédition des travaux menés par une équipe de thérapeutes familiaux de Marseille s'est alors imposée, d'autant qu'elle bénéficie du bilan qu'ils ont tiré de leur expérience. Ils nous incitent à penser la complexité des phénomènes violents pour ne pas céder au manichéisme - qu'il soit individuel, familial, social, politique ou scientifique - qui engendre lui-même les violences. Micheline Christen est assistante de service social (13), Charles Heim, Michel Silvestre et Catherine Vasselier-Novelli sont psychologues (13).
La famille est un groupe dynamique qui évolue et se transforme au fur et à mesure de son développement. Chaque étape de son cycle de vie entraîne une réorganisation des relations et des règles de vie partagée : autonomisation du jeune adulte, formation du couple, arrivée des enfants, scolarisation, adolescence, nid vide, retraite des parents, fin de vie... Le passage d'une étape à une autre peut donner lieu à des périodes de crise, propices à l'émergence de conflits et de symptômes. La diversification des configurations familiales n'entame pas la pertinence du concept de cycle de vie familial. Plus les familles sont fragiles et changeantes, plus il est utile de les appréhender dans leurs trajectoires évolutives, jalonnées de moments critiques pour l'équilibre des liens. Cet ouvrage offre une grille de lecture des parcours familiaux actuels, intégrant les évolutions socio-culturelles majeures telles que l'augmentation de l'espérance de vie, la procréation médicalement assistée, la recomposition familiale, l'homoparentalité, l'adoption ou encore les expériences de migration.
Ce livre a l'originalité d'évoquer les questions culturelles avec toutes leurs richesses et leurs fragilités. Il s'agit de comprendre les enjeux amenés par ces différences et de voir comment les travailler avec les conjoints. L'auteur retrace d'abord l'histoire du mariage et du couple en Occident, puis en Afrique, plus particulièrement au Sénégal. Ce regard mixé, nourri d'une double appartenance, s'intéresse aux différences dans le fonctionnement du couple en Afrique et en Europe. En effet, en Afrique, la culture musulmane, la prédominance de l'homme sur la femme, les croyances animistes et religieuses, encore très présentes, ont un impact sur les partenaires. L'union de deux êtres engage l'union de leurs familles et presque de toute leur généalogie. En Europe, les partenaires se choisissent aujourd'hui librement, indépendamment des familles. L'Européen doit se débrouiller seul et le mythe de l'autonomie ne le rend pas toujours heureux. Étonnamment, les processus de différenciation sont parfois difficiles et les couples ont plus tendance à se séparer qu'à se différencier... C'est à ces difficultés, entre autres, que les couples mixtes sont confrontés, et même si c'est la différence qui les a attirés l'un vers l'autre, chacun recherche du « semblable »... Comme dans toute relation de couple, il faut désidéaliser le couple rêvé et créer une « identité conjugale » forgée sur une double appartenance. Sans doute est-il important de trouver un compromis entre tradition et modernité, qui possédent chacune des valeurs essentielles. Pour chaque partenaire, il ne s'agit pas de renoncer à ses appartenances mais de reconnaître celles de l'autre et de les mixer avec les siennes.L'essentiel n'est-il pas le partage d'un même sens des valeurs ?
Olivier Real Del Sarte met en perspective les ressources de l'épistémologie génétique de Jean Piaget, la théorie de l'évolution, la cybernétique avec la pensée et la pratique systémique. Dans ce cadre théorique intégrateur, il entame un dialogue à la fois constructif et critique avec les neurosciences et les sciences cognitives. Comment s'en inspirer tout en évitant de réduire la phénoménologie tant mentale que sensori-motrice de la conduite du sujet à la seule activation des circuits de neurones du cerveau ? La complexité du fonctionnement du sujet humain nous oblige à ouvrir « l'homme neuronal » sur une articulation esprit-cerveau-corps-monde. À travers des vignettes cliniques, l'auteur présente le travail thérapeutique comme un art, une science et une éthique où s'exercent les ressources et les compétences créatrices des patients. Il montre l'intérêt de l'utilisation de ce que les systémiciens appellent « la sculpture » pour susciter l'expression somatique de leur problématique et construire des récits de vie ou de survie à partager. Le cadre théorique et pratique proposé entend répondre aux défis actuels des nouveaux champs de savoir et de pratiques posés aux thérapeutes et aux formateurs.
"Tous les thérapeutes familiaux sont confrontés aux mêmes types de situation : « Les garçons se chamaillent à longueur de journée » ; « Ma femme et ma fille se liguent contre moi » ; « Mon père est trop sévère »... Dans ces actions thérapeutiques collectives, il s'agit de modifier le système relationnel global et le travail est beaucoup plus efficace quand le thérapeute réussit à ce que les enfants se sentent libres de parler et d'agir pendant les séances. Premier ouvrage entièrement consacré à la place des enfants dans les thérapies familiales, il nous fait entrer au coeur même de séances vivantes et animées grâce à de nombreux récits de séances thérapeutiques. La participation des enfants au processus thérapeutique est vécue en direct. Psychologue clinicienne d'origine américaine, Carole Gammer est présidente de l'Association de thérapie familiale par phases (Paris)."
« Thérèse Steiner, en tant que pédopsychiatre, reçoit des enfants et des adolescents en difficulté et les situe toujours dans leur contexte de vie. Ainsi elle se centre sur les interactions du jeune avec sa famille, ses enseignants, ses éducateurs, ses copains. Elle peut être amenée à rencontrer les uns ou les autres en fonction des contextes et des patients. Comment ses jeunes patients imaginent-ils une vie plus agréable, une vie qui leur convienne mieux ? Que font-ils déjà qui va dans ce sens ? Le plus souvent les solutions n'ont pas de liens avec les problèmes. Pour autant, cet intérêt pour les solutions ne rend pas les thérapeutes phobiques des problèmes. Leur regard sur les problèmes est différent. Ils y perçoivent les exceptions, c'est-à-dire les moments où le problème est moins prégnant, et les capacités de résilience, les façons dont les patients font face aux difficultés de la vie. Cette perception facilite l'affiliation à la souffrance du patient et permet de coconstruire d'emblée un socle de compétences. Thérèse Steiner évoque à de nombreuses reprises l'expertise du patient et en donne de nombreux exemples tirés de séances de thérapie. La thérapie orientée vers les solutions a été construite et se construit toujours de façon pragmatique et déductive. Il ne s'agit pas de l'application d'une théorie à la thérapie. Thérèse Steiner nous montre comment elle s'est appropriée les principes généraux du modèle, comment elle les a confrontés et adaptés mais aussi comment elle a intégré de nouvelles techniques venues parfois d'autres champs. Chaque praticien souhaitant appliquer ce modèle a à faire la même démarche. » Marie-Christine Cabié
La notion d'anticipation - sous son aspect existentiel, affectif, interpersonnel - fut introduite par le psychiatre francais Jean Sutter en 1956. Elle concerne le thème essentiel du changement et du développement personnel, dans la mesure où chacun de nous s'engage émotionnellement dans son avenir et avec son environnement. Ceci est rappelé dans la préface du Professeur Sutter. A partir de 1975, Mario Berta, à Montevideo, développe le test projectif le plus performant qui soit dans ce domaine, l'Epreuve d'anticipation. Face à face avec le sujet, le praticien conduit la recherche d'images subjectives personnelles. Il s'agit d'une part de figurations tentantes, idéalisées, positives et d'autre part de figurations refusées, effrayantes, négatives. La clé de ce test projectif, original et passionnant, à la limite du jeu, réside pour l'auteur dans une confrontation au fait affectif : En réalité, je suis celui que je ne veux pas être. Toute crise relationnelle, émotionnelle, existentielle nous confronte à cet autre soi, celui que nous refusons, que nous redoutons, etc. Et pourtant le travail avec cette anticipation négative latente guidera notre évolution. Huit images symboles constitue le matériel initial de l'épreuve qui induit cette dialectique active sur le thème de l'évolution possible du sujet. Ce test s'adapte a la grande diversité actuelle des champs où s'appliquent des soins psychologiques. En une vingtaine d'années, Mario Berta a pu affiner sa pratique projective et donner a son épreuve des procédures complémentaires adaptables à chaque cas. L'intégralité de cette approche est présente dans cet ouvrage. Dans un contexte psychiatrique, Jean-Claude Benoit évoque ici l'emploi possible de ces projections anticipatrices chez des sujets psychotiques, ainsi que l'utilisation du test chez des intervenants en situation d'incertitude et enfin par le praticien visa-vis de lui-même.
Lire l'entretien avec l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart) Aujourd'hui, chacun sait qu'il vit dans un monde « complexe » composé de multiples « systèmes ». Mais ces mots de « complexité » et de « systèmes » servent le plus souvent davantage à opacifier les débats qu'à les clarifier. La complexité se confond alors avec le compliqué, réservé aux experts, ou bien elle devient un concept simpliste, un écran de fumée qui nourrit des sentiments d'irresponsabilité et d'impuissance. « Penser complexe » est à la portée de tous. Au prix de la remise en question de quelques habitudes paresseuses... En laissant ici de côté les débats théoriques des chercheurs en complexité, François Balta met à la portée de tout un chacun des éléments qui lui permettront de repérer si, face à un problème précis, la complexité de la situation est réellement prise en compte. L'enjeu est d'importance : nous ne devons pas nous laisser dépouiller de la part de responsabilité, et donc de pouvoir, qui nous appartient dans cette co-construction du monde. Y renoncer, ce serait nous soumettre à des hommes dits providentiels, ou à des mécanismes anonymes, et dans tous les cas, participer à une déshumanisation du monde.
Cet ouvrage singulier traite d'une question qui concerne bon nombre de professionnels de la relation d'aide, à savoir : Comment notre impuissance à aider suffisamment notre propre famille nous a amenés à développer des compétences particulières pour prendre soin des autres, de nos patients, de nos clients. Conçu comme un récit qui se déploie à travers de multiples bifurcations, ce livre est d'abord la révélation d'un drame familial qui va droit au coeur du lecteur. C'est ensuite l'histoire de la création d'une association, « Parole d'enfants », qui transforme la douleur en une passionnante aventure collective. C'est enfin, 20 ans plus tard, la question de la confiance et de la transmission au moment de passer le relais aux plus jeunes. En dévoilant les difficultés rencontrées comme intervenant lorsqu'il s'agit d'aider des familles en grande difficulté, l'auteur partage avec le lecteur différentes stratégies thérapeutiques originales et de nouveaux outils d'intervention concernant différentes problématiques : la négligence grave et le déficit de protection, les abus sexuels, les deuils compliqués, les conduites délinquantes, les conflits chroniques opposant des parents et dont les enfants sont les otages, etc. Un beau partage d'humanité et un plaidoyer pour une clinique de l'engagement, de l'audace, de la créativité !
L'objet de ce livre est de faire connaître les expériences de formation en thérapie familiale impliquant directement la famille d'origine des étudiants, leur conjoint et parfois aussi quelques amis importants. Tous sont pris comme témoins de la vie personnelle de l'étudiant, de son choix professionnel et des changements advenus en cours de formation. Les auteurs italiens, belges, français, anglais et sud-américains, offrent un panorama international des modalités de rencontre directe avec les familles d'origine : convocation des membres significatifs de la famille d'origine de l'étudiant, le récit de son génogramme, ateliers multifamiliaux en résidence devant le groupe de formation, rencontres avec les membres de la famille de thérapeutes expérimentés. Ils illustrent l'esprit d'initiative et de recherche qui anime le mouvement de la thérapie familiale.
Cet ouvrage consacré à l'ethnologue, sociologue, psychothérapeute, épistémologue anglo-américain Gregory Bateson (1902-1980) constitue une introduction à son oeuvre humaniste, scientifique et clinique et aux modèles relationnels qu'il a mis au point dans les années 1950, à Palo Alto (Etats-Unis). Ceux-ci ont eu une grande influence sur des modes de soins psychiques dans le traitement des troubles relationnels, affectifs et mentaux, utilisant l'appui des proches familiaux. Un vaste mouvement conceptuel et soignant a trouvé là ses bases théoriques. Jean-Claude Benoit est psychiatre, ancien chef de service en psychiatrie publique, ancien directeur d'enseignement clinique, président d'honneur de l'Institut d'étude des systèmes familiaux, à Versailles. Il anime depuis sa création la collection Relations .
La vie conjugale peut-être une source d'évolution formidable pour l'individu et la famille. A condition que la coopération se fasse dans une réciprocité équitable qui donne du plaisir à être ensemble et à partager. Le thérapeute de couple intervient dans des situations où les circuits d'échange interpersonnels ont été bloqués. Dans quelle mesure les couples vont-ils participer activement à l'élaboration de leur processus de changement ? L'action du thérapeute va être déterminante et suppose une formation à la fois théorique et clinique, qui s'élabore dans des partages multiples avec d'autres thérapeutes. L'auteur présente ici un modèle de coopération qui s'appuie sur les possibilités ouvertes par la technologie internet : à travers un site protégé et sécurisé, les thérapeutes sont invités à échanger entre eux sur des situations cliniques − appelées vignettes de savoir d'expérience − afin de favoriser l'engagement du professionnel dans ce qu'il fait, par une meilleure formalisation de ce qui se passe dans le processus de rencontre thérapeutique. Jacques Beaujean est psychologue analyste (C.G. Jung), thérapeute de famille et de couple (EFTA), formateur-fondateur du Centre de formation à la thérapie de famille (Liège), membre-fondateur du Groupement belge des formateurs systémiques (Bruxelles.
L'anthropologue anglo-américain Gregory Bateson (1904-1980) a créé de façon décisive une vision différente des sciences humaines, adaptée à notre époque de grande mutations. Ce livre rend compte de l'apport de sa pensée dans le domaine de la clinique et de la psychothérapie. L'auteur décrit la découverte batesonienne dans l'approche familiale directe des psychoses. Il intercale des chapitres personnels illustrant ces faits positifs par des observations cliniques récentes auprès de patients vus avec leurs proches et leurs soignants référents.
Le génogramme est un outil qui permet de représenter graphiquement une famille dans son histoire. Il crée une forme contenante qui rassemble les souvenirs épars, les histoires partielles, les liens de toute nature. Son maniement technique est simple et il peut enrichir considérablement le travail clinique. Il se travaille en famille et individuellement. Cet ouvrage présente la multiplicité de son utilisation, incitant le lecteur à construire son approche personnelle. Anne-Marie Garnier est pédopsychiatre (Vincennes), Francesca Mosca est psychologue clinicienne.
Dans leur métier, au quotidien, les soignants voient leurs responsabilités et leurs compétences très directement sollicitées. L'infirmière ou l'infirmier reçoit les patients et leurs proches en entretiens évaluatifs et thérapeutiques en se penchant tout autant sur les relations avec l'environnement que sur les seuls éléments pathologiques. L'entretien dialogué, ouvert sur le devenir individuel ou collectif, joue un rôle déterminant dans ces prises en charge et offre une alliance thérapeutique dans un projet soignant.