Recherches scientifiques
Les élèves passent plus de quinze ans de leur existence à l'école, quinze années décisives pour leur avenir et pour leur participation à la vie publique. L'humiliation des élèves en classe existe encore de nos jours. Elle pose la question des droits des élèves. Quels sont ces droits ? Comment évoluent-ils ? Sont-ils respectés ? De nombreux règlements scolaires les ignorent. Dans l'école comme dans la société les mêmes problèmes existent : humiliation, violence, individualisme égoïste. L'école forme des citoyens, l'institution scolaire se doit d'être attentive à ce respect des élèves.
Quelle est la place de l'affectivité dans l'expérience scolaire de l'élève ? Pour réussir, les élèves doivent-ils aimer l'école, aimer apprendre, aimer leurs enseignants ? L'originalité et l'intérêt de ce travail repose sur l'analyse des aspects affectifs du discours des élèves concernant leurs rapports à l'école, au savoir et au maître. Des entretiens ont été réalisés auprès d'élèves en situation de réussite ou d'échec à deux niveaux du cursus scolaire, le CE2 et la classe de seconde.
Depuis ces dernières années la conception du rôle de l'enseignant et de l'éducateur s'est modifiée et l'importance de la qualité de la relation qu'il entretient avec l'enfant ou l'adolescent est clairement apparue. Dans les publications contemporaines, l'étude de la relation éducative est généralement abordée soit d'une façon indirecte, soit selon une seule perspective (sociologique, psychosociologique, psychanalytique), et généralement dans un cadre limité (recherche, polémique, etc.). Cet ouvrage propose une présentation méthodique des différents modes d'analyse de la relation éducative, accompagnée de commentaires critiques, afin de fournir au lecteur les informations indispensables à la compréhension des modalités de fonctionnement des rapports sociaux qui s'établissent entre les partenaires (enseignant ou éducateur, enfants ou adolescents, parents, institution), des diverses difficultés rencontrées par eux et de lui donner ainsi les moyens d'une réflexion personnelle. Cette édition rend compte des apports de publications récentes et présente l'influence de conceptions nouvelles de l'action pédagogique sur les formes de relation, notamment celles qui mettent l'accent sur le rôle d'acteur de l'élève et sur la personnalisation de l'action éducative. Elle examine les conditions sociologiques nouvelles qui affectent le fonctionnement de la relation et les interrogations posées par la violence en classe.
SOMMAIRE IntroductionPremière partie : La construction sociologique de la question des inégalités à l'écoleChap I -- L'implicite des sociologues, valeurs fondatrices, arrière plan social et évolution des problématiquesMatériaux conceptuels de la rhétorique sociologique sur les inégalités sociales à l'école -- Rhétoriques et recherches dans les contextes britannique et américain -- Evolution des problématiques dans la sociologie de l'éducation françaiseChap II -- Problèmes méthodologiques de la mesure des inégalitésPenser la construction des chiffres comme on pense les inégalités -- Accepter l'abstraction ou le choix de la modélisation -- Une analyse en spirale penser avec les chiffres -- Progrès dans l'appréhension des inégalités ? Deuxième partie : La sédimentation progressive des inégalités sociales de carrière scolaireChap III -- Facettes et genèse précoce des écarts sociauxQuelques questions autour des écarts sociaux de bagage scolaire -- Maternelle et primaire, inégalités dès la ligne de départChap IV -- Secondaire et supérieur, passif scolaire et anticipations socialesAu collège, accentuation des écarts et premiers choix -- La prévalence des comportements stratégiques au lycée et dans l'enseignement supérieurTroisième partie : Implications en terme d'inégalité des caractéristiques du contexte scolaireChap V -- Sélectivité et efficacité différentielle des établissements scolairesCarrières scolaires variables selon les établissements fréquentés -- Progressions inégales d'un établissement à l'autreChap VI -- Formation et socialisation au sein des classesLa classe, une petite société formatrice -- Effets des pratiques et dispositifs pédagogiquesChap VII -- Contexte comme vecteur d'inégalités socialesInégale qualité du contexte scolaire -- Stratégies des familles face aux inégalités de l'offre -- Pression des usagers et capacités d'action des établissementsQuatrième partie : Evolutions, comparaisons, interprétationsChap VIII -- Démocratisation et ses facettes, comparaisons historiques et internationalesEvolution des inégalités face à l'école en France -- Eclairage des comparaisons internationalesChap IX -- Interprétation des faits, test des théoriesInégalités sociales de réussite -- Expliquer les inégalités sociales de choix et de stratégies scolaires -- Portée théorique des effets de contexte -- Des évolutions qui interrogentChap X -- L'école dans la boucle des trajectoires socialesSurplomb de la boucle O-D -- Pouvoir inégal de contrôle des arrangements institutionnels scolaires O - E -- Une institution relativement autonome, nichée dans un contexte social -- Modalités de relations E - D et leur incidence sur les inégalités -- Repenser théoriquement et politiquement la responsabilité de l'écoleConclusion -- Bibliographie
Beaucoup plus qu'on ne peut généralement le penser, l'attitude des parents à l'égard de leur enfant, la façon dont ils se le représentent et les relations qu'ils entretiennent avec lui sont tributaires de l'état des connaissances savantes sur la petite enfance. Ce sont ces savoirs issus de la médecine, de la psychologie, des sciences humaines, qui délimitent le cadre de référence à travers lequel l'enfance est perçue. Les normes éducatives mais aussi les attitudes de tout un chacun à l'égard de l'enfant sont façonnées par ces discours savants. La parentalité - l'art d'être parent -, qui semble pourtant si naturelle, y trouve sa légitimité.L'étude de l'évolution de ces savoirs depuis la dernière guerre mondiale montre bien l'importance de ceux-ci comme cadre de référence de la société à l'égard du petit enfant. Mais ces savoirs évoluent, et bien souvent de façon contradictoire et conflictuelle. L'importance prise récemment par la question du père et les polémiques développées auparavant sur l'intérêt de l'accueil collectif le montrent à l'évidence. En fait, la légitimité du discours scientifique masque son caractère hypothétique, alors même que la diffusion de ce discours par les médias tend à le constituer en discours de la vérité.Le chemin est long de l'émergence de la théorie de la carence maternelle après-guerre aux questionnements sur la filiation suscités par les techniques de procréation médicalement assistée. Une image se construit, celle de l'enfant-sujet à multiples facettes?: l'épanouissement, la performance et la vulnérabilité. L'impact des théories psychanalytiques s'y donne à lire. Plus récemment, les travaux sur les apprentissages précoces favorisent l'investissement parental sur les performances d'un «?super bébé?» qui devra affronter l'âpreté de la compétition scolaire et sociale. Autant d'approches montrant qu'à l'heure actuelle, le petit enfant est constitué en enjeu social de la parentalité, et plus globalement encore, de la conception de la personne humaine.
L'auteur traite du malaise dans l'institution scolaire à partir de sa pratique d'intervention psychosociale dans les établissements et d'une pratique d'accompagnement et de formation des acteurs de l'école dans et hors les murs de l'institution. Les demandes qui lui sont adressées traduisent le malaise et tiennent aux décalages trop grands vécus entre individus et contraintes sociales. Les dix premiers chapitres analysent cette expérience sociale partagée dans l'Institution scolaire, le livre se termine par le récit d'une expérience décisive pour l'auteur quant à ce travail d'analyse.