Ma vie avec
"Si une bonne fée me donnait le choix : devenir Proust, mais souffrir d'asthme et d'insomnie jusqu'à ma mort, ou bien dormir passablement bien et rester moi-même, que choisirais-je ? Sans doute la seconde option. Voilà pourquoi je ne suis pas Proust. Les grands écrivains sont-ils ceux qui se consument pour leur oeuvre, qui en meurent ? À mon âge, il était mort." Lectrice d'À la recherche du temps perdu depuis ses quinze ans, Catherine Cusset y a puisé une leçon de vie dont elle nous livre un récit intime, drôle et profond. Qu'on ait lu Proust ou non, elle nous le rend infiniment proche.
"Si une bonne fée me donnait le choix : devenir Proust, mais souffrir d'asthme et d'insomnie jusqu'à ma mort, ou bien dormir passablement bien et rester moi-même, que choisirais-je ? Sans doute la seconde option. Voilà pourquoi je ne suis pas Proust. Les grands écrivains sont-ils ceux qui se consument pour leur oeuvre, qui en meurent ? À mon âge, il était mort." Lectrice d'À la recherche du temps perdu depuis ses quinze ans, Catherine Cusset y a puisé une leçon de vie dont elle nous livre un récit intime, drôle et profond. Qu'on ait lu Proust ou non, elle nous le rend infiniment proche.
"Orwell, qui n'aspirait au fond qu'à mener une existence paisible à la campagne, entouré de quelques amis choisis, à cultiver son jardin dans son éternelle veste de tweed, arborant sa petite moustache désuète et une des cigarettes roulées qu'il fumait sans arrêt, a fait de la littérature un outil de lutte contre toute forme de dictature." Aucun écrivain ne dit notre époque comme George Orwell. Altérations du rapport à la vérité, détournements de la langue, manipulation de l'information, totalitarismes de la pensée - il est assurément notre contemporain. Cheminer avec lui n'est ni doux ni apaisant. Orwell n'épargne au lecteur aucune violence, ni la misère, ni la domination, ni la rudesse des rapports humains, ni le désespoir. Impressionnée par son opiniâtreté et la force de ses convictions malgré un profond pessimisme, Isabelle Jarry, qui le lit depuis longtemps, revisite avec une tendresse non dénuée d'esprit critique la vie et l'oeuvre d'Orwell, et redonne à l'auteur de 1984 son histoire, son humanité et tout son mystère.
"Orwell, qui n'aspirait au fond qu'à mener une existence paisible à la campagne, entouré de quelques amis choisis, à cultiver son jardin dans son éternelle veste de tweed, arborant sa petite moustache désuète et une des cigarettes roulées qu'il fumait sans arrêt, a fait de la littérature un outil de lutte contre toute forme de dictature." Aucun écrivain ne dit notre époque comme George Orwell. Altérations du rapport à la vérité, détournements de la langue, manipulation de l'information, totalitarismes de la pensée - il est assurément notre contemporain. Cheminer avec lui n'est ni doux ni apaisant. Orwell n'épargne au lecteur aucune violence, ni la misère, ni la domination, ni la rudesse des rapports humains, ni le désespoir. Impressionnée par son opiniâtreté et la force de ses convictions malgré un profond pessimisme, Isabelle Jarry, qui le lit depuis longtemps, revisite avec une tendresse non dénuée d'esprit critique la vie et l'oeuvre d'Orwell, et redonne à l'auteur de 1984 son histoire, son humanité et tout son mystère.
Michel Schneider est mort le 21 juillet 2022, laissant derrière lui un texte : Ma vie avec Joseph Conrad. "Sera-t-il mon dernier opus ? D'où la tentation de l'inachever pour vivre encore après ces pages laissées en plan", écrivait-il. C'est la lettre posthume et bouleversante d'un écrivain qui, lisant et relisant depuis l'adolescence l'auteur d'Au coeur des ténèbres, évoque la place de la littérature dans sa vie, mais aussi ce qui a constitué sa vie d'homme : la famille, les femmes, la psychanalyse, la musique. Il se remémore, à travers Conrad, ses rêves et ses cauchemars, ses vivants et ses morts, ses voyages (intérieurs). "Je suis écrivain parce que je suis un pianiste raté", ajoutait-il. Ma vie avec Joseph Conrad est suivi ici de la réédition de Glenn Gould, piano solo, publié originellement dans la collection "L'un et l'autre" de J.-B. Pontalis. Antoine Compagnon, de l'Académie française, qui a été son ami dès leurs années d'étudiants, a donné une préface à ce volume : en manière d'hommage, il nous invite dans sa vie avec Michel Schneider, qui devient par ricochet un peu la nôtre.
Michel Schneider est mort le 21 juillet 2022, laissant derrière lui un texte : Ma vie avec Joseph Conrad. "Sera-t-il mon dernier opus ? D'où la tentation de l'inachever pour vivre encore après ces pages laissées en plan", écrivait-il. C'est la lettre posthume et bouleversante d'un écrivain qui, lisant et relisant depuis l'adolescence l'auteur d'Au coeur des ténèbres, évoque la place de la littérature dans sa vie, mais aussi ce qui a constitué sa vie d'homme : la famille, les femmes, la psychanalyse, la musique. Il se remémore, à travers Conrad, ses rêves et ses cauchemars, ses vivants et ses morts, ses voyages (intérieurs). "Je suis écrivain parce que je suis un pianiste raté", ajoutait-il. Ma vie avec Joseph Conrad est suivi ici de la réédition de Glenn Gould, piano solo, publié originellement dans la collection "L'un et l'autre" de J.-B. Pontalis. Antoine Compagnon, de l'Académie française, qui a été son ami dès leurs années d'étudiants, a donné une préface à ce volume : en manière d'hommage, il nous invite dans sa vie avec Michel Schneider, qui devient par ricochet un peu la nôtre.
"Lève-toi comme un lion pour servir ton Créateur", tel est le commencement du grand code de la Loi juive. Edmond Fleg, écrivain et philosophe, né à Genève en 1874, avait emprunté une tout autre voie que celle de la foi jusqu'à ce que l'affaire Dreyfus le persuade du sens qu'il donnerait désormais à sa vie: l'exemple d'un homme pleinement juif et français. Haïm Korsia a été marqué tôt par la lecture d'Edmond Fleg. Il a reconnu dans l'engagement de son aîné un chemin fait de cette conviction que le judaïsme et la République partagent le même socle de pensée. Il suit ici l'itinéraire d'un homme qui s'est enrôlé dans la Légion étrangère pendant la Première Guerre mondiale et a été décoré de la Croix de guerre, et qui obtient bientôt la naturalisation française avant de publier son grand oeuvre en 1927. Pourquoi je suis Juif est un appel au retour à l'étude de la pensée juive, qu'il ne va plus cesser d'approfondir de livre en livre. Il traduira également une partie de la Bible en français. Edmond Fleg a vécu à Paris, quai aux Fleurs, où Haïm Korsia est retourné et où une fois encore leurs destins se sont croisés.
"Lève-toi comme un lion pour servir ton Créateur", tel est le commencement du grand code de la Loi juive. Edmond Fleg, écrivain et philosophe, né à Genève en 1874, avait emprunté une tout autre voie que celle de la foi jusqu'à ce que l'affaire Dreyfus le persuade du sens qu'il donnerait désormais à sa vie: l'exemple d'un homme pleinement juif et français. Haïm Korsia a été marqué tôt par la lecture d'Edmond Fleg. Il a reconnu dans l'engagement de son aîné un chemin fait de cette conviction que le judaïsme et la République partagent le même socle de pensée. Il suit ici l'itinéraire d'un homme qui s'est enrôlé dans la Légion étrangère pendant la Première Guerre mondiale et a été décoré de la Croix de guerre, et qui obtient bientôt la naturalisation française avant de publier son grand oeuvre en 1927. Pourquoi je suis Juif est un appel au retour à l'étude de la pensée juive, qu'il ne va plus cesser d'approfondir de livre en livre. Il traduira également une partie de la Bible en français. Edmond Fleg a vécu à Paris, quai aux Fleurs, où Haïm Korsia est retourné et où une fois encore leurs destins se sont croisés.
"J'ai connu les affres et les espoirs des personnages de Colette. J'ai été Claudine dans les bois de Montigny, j'ai été Gigi espérant un mari, je suis maintenant Léa guettant les stigmates du vieillissement. J'ai même été la contemporaine de Sido, mère apeurée, redoutant le froid, le chaud, le manque, trompant la panique à un comptoir de bistrot le jour où mon fils prit seul le métro pour la première fois, plus tard terrorisée par des chauffeurs de taxi sans licence susceptibles de prendre en charge mes filles. Colette ? J'aime en elle l'amie des bêtes, la femme libre qui ne sombra jamais dans le militantisme, la créatrice d'une prose fastueuse et poétique." Pauline Dreyfus raconte ici son goût ancien pour l'oeuvre de Colette, cette femme de lettres si moderne et exubérante, qui fut aussi comédienne et danseuse de music-hall. Paradis perdu de l'enfance, vie sentimentale chaotique, liberté sexuelle, transmission filiale, amour des lieux, des livres et des animaux sont autant de thèmes abordés dans cet ouvrage au style alerte, qui donne à redécouvrir la prose ardente et les différents visages d'une écrivaine pionnière.
"J'ai connu les affres et les espoirs des personnages de Colette. J'ai été Claudine dans les bois de Montigny, j'ai été Gigi espérant un mari, je suis maintenant Léa guettant les stigmates du vieillissement. J'ai même été la contemporaine de Sido, mère apeurée, redoutant le froid, le chaud, le manque, trompant la panique à un comptoir de bistrot le jour où mon fils prit seul le métro pour la première fois, plus tard terrorisée par des chauffeurs de taxi sans licence susceptibles de prendre en charge mes filles. Colette ? J'aime en elle l'amie des bêtes, la femme libre qui ne sombra jamais dans le militantisme, la créatrice d'une prose fastueuse et poétique." Pauline Dreyfus raconte ici son goût ancien pour l'oeuvre de Colette, cette femme de lettres si moderne et exubérante, qui fut aussi comédienne et danseuse de music-hall. Paradis perdu de l'enfance, vie sentimentale chaotique, liberté sexuelle, transmission filiale, amour des lieux, des livres et des animaux sont autant de thèmes abordés dans cet ouvrage au style alerte, qui donne à redécouvrir la prose ardente et les différents visages d'une écrivaine pionnière.
« On raconte que les mourants revoient dans les derniers instants leur vie entière, en commençant par la fin. C'est ainsi que je vais vous raconter celle de Guillaume Apollinaire, des hasards de la maladie aux hasards de l'origine : une fin, comme un commencement, pris dans le mystère. »Prenant le contrepied des biographies, François Sureau a choisi de remonter le cours de la vie d'Apollinaire, pour mieux s'approcher de ce qui a hanté de manière permanente l'existence de Guillaume : la mort, la vie, la guerre, les femmes, la France, l'étranger.Ce n'est pas tant le destin du poète qui importe à François Sureau, que l'acuité avec laquelle il a perçu le monde dans lequel il vivait et la retranscription unique qu'il en a livré dans son oeuvre. Ma vie avec Apollinaire montre combien elle résonne encore, intacte, un siècle après que la grippe espagnole a emporté l'écrivain.
« On raconte que les mourants revoient dans les derniers instants leur vie entière, en commençant par la fin. C'est ainsi que je vais vous raconter celle de Guillaume Apollinaire, des hasards de la maladie aux hasards de l'origine : une fin, comme un commencement, pris dans le mystère. »Prenant le contrepied des biographies, François Sureau a choisi de remonter le cours de la vie d'Apollinaire, pour mieux s'approcher de ce qui a hanté de manière permanente l'existence de Guillaume : la mort, la vie, la guerre, les femmes, la France, l'étranger.Ce n'est pas tant le destin du poète qui importe à François Sureau, que l'acuité avec laquelle il a perçu le monde dans lequel il vivait et la retranscription unique qu'il en a livré dans son oeuvre. Ma vie avec Apollinaire montre combien elle résonne encore, intacte, un siècle après que la grippe espagnole a emporté l'écrivain.
En imaginant un va-et-vient entre la trajectoire et l'oeuvre de la comtesse de Ségur, sa propre expérience de psychanalyste et sa vie personnelle, Caroline Eliacheff nous fait redécouvrir une auteure en avance sur son temps. Une femme engagée, qui a sans relâche défendu la cause des enfants et épinglé les parents maltraitants. Une pionnière dans la compréhension des plus jeunes, dont les intuitions se sont trouvées confirmées par les théories psychanalytiques, de Freud à Françoise Dolto. Et bien sûr la romancière à succès qui a formé des générations de lecteurs : des Malheurs de Sophie au Général Dourakine en passant par François le bossu et Un bon petit diable, les écrits de la comtesse hantent notre imaginaire collectif. La famille, l'éducation, la féminité, l'héritage et la transmission sont au coeur de ces pages délicates.
En imaginant un va-et-vient entre la trajectoire et l'oeuvre de la comtesse de Ségur, sa propre expérience de psychanalyste et sa vie personnelle, Caroline Eliacheff nous fait redécouvrir une auteure en avance sur son temps. Une femme engagée, qui a sans relâche défendu la cause des enfants et épinglé les parents maltraitants. Une pionnière dans la compréhension des plus jeunes, dont les intuitions se sont trouvées confirmées par les théories psychanalytiques, de Freud à Françoise Dolto. Et bien sûr la romancière à succès qui a formé des générations de lecteurs : des Malheurs de Sophie au Général Dourakine en passant par François le bossu et Un bon petit diable, les écrits de la comtesse hantent notre imaginaire collectif. La famille, l'éducation, la féminité, l'héritage et la transmission sont au coeur de ces pages délicates.
"Je voyage pour vérifier mes rêves", a écrit Gérard de Nerval. Comme lui, je n'ai pas eu de quoi nourrir une nostalgie de l'enfance. Je me souviens des punitions infligées par la religieuse à l'orphelinat pour mes lectures la nuit sous la couverture à la lueur de la lampe de poche. J'avais neuf ans. Je recommençais néanmoins et la poésie devint une échappée irremplaçable. Comme Gérard de Nerval, j'ai voyagé vers l'Orient, l'Égypte, la Turquie, les caravansérails au fil de la route de la Soie puis l'Afghanistan et quelques terres en feu. J'ai connu la mélancolie qui mène à la création, entre tristesse et énergie vitale. Je me suis promené sur les pas du poète à Paris, autour des phalanstères où, avec d'autres écrivains, il goûtait aux charmes du club des Haschichins en déclamant des vers. Il a été de ces boussoles qui vous guident pour découvrir votre vérité d'homme. "La nuit sera noire et blanche." Par-delà les siècles et les ténèbres, il m'a indiqué la lumière. O. W.
"Je voyage pour vérifier mes rêves", a écrit Gérard de Nerval. Comme lui, je n'ai pas eu de quoi nourrir une nostalgie de l'enfance. Je me souviens des punitions infligées par la religieuse à l'orphelinat pour mes lectures la nuit sous la couverture à la lueur de la lampe de poche. J'avais neuf ans. Je recommençais néanmoins et la poésie devint une échappée irremplaçable. Comme Gérard de Nerval, j'ai voyagé vers l'Orient, l'Égypte, la Turquie, les caravansérails au fil de la route de la Soie puis l'Afghanistan et quelques terres en feu. J'ai connu la mélancolie qui mène à la création, entre tristesse et énergie vitale. Je me suis promené sur les pas du poète à Paris, autour des phalanstères où, avec d'autres écrivains, il goûtait aux charmes du club des Haschichins en déclamant des vers. Il a été de ces boussoles qui vous guident pour découvrir votre vérité d'homme. "La nuit sera noire et blanche." Par-delà les siècles et les ténèbres, il m'a indiqué la lumière. O. W.
"C'est sans doute comme témoin de son temps, appliqué à l'écriture exigeante de son Bloc-Notes, qu'il exprima le mieux le goût qu'il avait de la vérité. C'est avec ce Mauriac-là, plus qu'avec l'écrivain tourmenté dont la vie était très éloignée de la mienne, que je devais me sentir le plus en harmonie, non parce qu'il était de gauche - car je n'ai jamais pensé qu'à aucun moment il le fut -, mais parce qu'il se méfiait de l'air du temps et des meutes constituées, dont il percevait mieux que quiconque la propension à la violence." Issu d'une famille républicaine, laïque et déracinée ayant quitté l'Algérie au début des années soixante, Bernard Cazeneuve s'est tôt lancé dans la quête de ses racines, qui l'a conduit à s'intéresser aux romans de Mauriac, issu de la bourgeoisie catholique girondine. Mais autant que l'auteur du Noeud de vipères et de Thérèse Desqueyroux, c'est celui du Bloc-Notes qu'il met en avant ici - celui qui brossa le portrait de De Gaulle, Mendès France ou Mitterrand, et qui fut de toutes les grandes batailles politiques du siècle dernier, dans une recherche inlassable de justice et de vérité. Ce bref opus rédigé dans une langue sensible, où Bernard Cazeneuve raconte tout à la fois sa découverte de la littérature et la naissance de sa vocation politique, donne à voir la rencontre de deux êtres engagés.
"C'est sans doute comme témoin de son temps, appliqué à l'écriture exigeante de son Bloc-Notes, qu'il exprima le mieux le goût qu'il avait de la vérité. C'est avec ce Mauriac-là, plus qu'avec l'écrivain tourmenté dont la vie était très éloignée de la mienne, que je devais me sentir le plus en harmonie, non parce qu'il était de gauche - car je n'ai jamais pensé qu'à aucun moment il le fut -, mais parce qu'il se méfiait de l'air du temps et des meutes constituées, dont il percevait mieux que quiconque la propension à la violence." Issu d'une famille républicaine, laïque et déracinée ayant quitté l'Algérie au début des années soixante, Bernard Cazeneuve s'est tôt lancé dans la quête de ses racines, qui l'a conduit à s'intéresser aux romans de Mauriac, issu de la bourgeoisie catholique girondine. Mais autant que l'auteur du Noeud de vipères et de Thérèse Desqueyroux, c'est celui du Bloc-Notes qu'il met en avant ici - celui qui brossa le portrait de De Gaulle, Mendès France ou Mitterrand, et qui fut de toutes les grandes batailles politiques du siècle dernier, dans une recherche inlassable de justice et de vérité. Ce bref opus rédigé dans une langue sensible, où Bernard Cazeneuve raconte tout à la fois sa découverte de la littérature et la naissance de sa vocation politique, donne à voir la rencontre de deux êtres engagés.
Un après-midi d'octobre 1968, "le plus grand compositeur vivant" fait irruption dans la vie d'un garçon de sept ans et lui fait don d'une musique somptueuse, fracassante et quelque peu délurée. Igor Strawinsky meurt au printemps 1971. Mais pour l'enfant, l'adolescent, bientôt le jeune adulte, la traversée du continent Strawinsky se poursuit sous le signe de la stupéfaction et de l'éblouissement. En miroir de sa propre vie, sans prétention musicographique, sans refus non plus de l'anecdote érudite ou du coq-à-l'âne malicieux, Jean-Yves Larrouturou fait le récit d'un compagnonnage joyeux avec l'univers musical en perpétuelle révolution de Strawinsky, compositeur de créations inouïes et d'archétypes intemporels, mais aussi gentleman-cambrioleur de huit siècles de musique savante et populaire, de l'École de Notre-Dame à la Cartoon music. Vivre avec la musique de Strawinsky est une source inépuisable de bonheur, de troubles et de plaisir. Une joie furibonde et inextinguible.
Un après-midi d'octobre 1968, "le plus grand compositeur vivant" fait irruption dans la vie d'un garçon de sept ans et lui fait don d'une musique somptueuse, fracassante et quelque peu délurée. Igor Strawinsky meurt au printemps 1971. Mais pour l'enfant, l'adolescent, bientôt le jeune adulte, la traversée du continent Strawinsky se poursuit sous le signe de la stupéfaction et de l'éblouissement. En miroir de sa propre vie, sans prétention musicographique, sans refus non plus de l'anecdote érudite ou du coq-à-l'âne malicieux, Jean-Yves Larrouturou fait le récit d'un compagnonnage joyeux avec l'univers musical en perpétuelle révolution de Strawinsky, compositeur de créations inouïes et d'archétypes intemporels, mais aussi gentleman-cambrioleur de huit siècles de musique savante et populaire, de l'École de Notre-Dame à la Cartoon music. Vivre avec la musique de Strawinsky est une source inépuisable de bonheur, de troubles et de plaisir. Une joie furibonde et inextinguible.
"Le 16 mai 1871, la colonne Vendôme, symbole des guerres napoléoniennes pour les uns, oeuvre d'art pour les autres, a été détruite. Après la Commune de Paris, Gustave Courbet, accusé à tort d'être seul responsable de la démolition, a été traduit devant un conseil de guerre. Le meilleur ami de mon père, Jean, un peintre que je connais depuis l'enfance, m'a mise sur la piste de cette énigme historique et judiciaire comme on commande une enquête à un détective privé. Que reprochait-on au juste à l'artiste ? Son engagement socialiste ? D'avoir transformé les regards sur la société en remplaçant, dans ses toiles, les dieux et les rois par de simples mortels ? À mesure que je suis remontée à la source de l'affaire, l'enquête a pris un tour plus intime. Et très actuel. La politique, la culture, l'art pour tous, la radicalité : autant de questions qui m'occupent et traversent Ma vie avec Courbet." S.T.
"Le 16 mai 1871, la colonne Vendôme, symbole des guerres napoléoniennes pour les uns, oeuvre d'art pour les autres, a été détruite. Après la Commune de Paris, Gustave Courbet, accusé à tort d'être seul responsable de la démolition, a été traduit devant un conseil de guerre. Le meilleur ami de mon père, Jean, un peintre que je connais depuis l'enfance, m'a mise sur la piste de cette énigme historique et judiciaire comme on commande une enquête à un détective privé. Que reprochait-on au juste à l'artiste ? Son engagement socialiste ? D'avoir transformé les regards sur la société en remplaçant, dans ses toiles, les dieux et les rois par de simples mortels ? À mesure que je suis remontée à la source de l'affaire, l'enquête a pris un tour plus intime. Et très actuel. La politique, la culture, l'art pour tous, la radicalité : autant de questions qui m'occupent et traversent Ma vie avec Courbet." S.T.
"Nous ne nous sommes, depuis lors, jamais quittés, ce vieux Karl et moi. Plus la vie me faisait pénétrer les arcanes du monde capitaliste, plus Marx m'apparaissait unique, le seul à avoir compris, décrit, encensé, percé à jour un système dans lequel l'économie de marché et les mouvements profonds de la société sont indissolublement liés." Le drame du libéralisme est qu'il rime souvent avec conservatisme et réaction, alors qu'il devrait en être l'antithèse : encore faudrait-il que ses épigones aient lu Marx... Marx, élu meilleur antidote à la pensée anticapitaliste ? Ce n'est pas le moindre des paradoxes mis en lumière dans cet essai décapant. Alain Minc nous fait redécouvrir une oeuvre qui incarne une tentative unique de penser le monde, en embrassant la philosophie, l'histoire, l'économie et la sociologie. Relisant le Manifeste communiste, Le Capital ou Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, lui qui se présente, non sans espièglerie, comme le dernier marxiste français livre ses propres hypothèses sur l'économie et la politique contemporaines. Il donne à voir un Marx qui se révèle éminemment pertinent dans sa description de la dynamique capitaliste, conçue comme une force de progrès. Un homme à l'ambition prométhéenne, dont la construction théorique et la vie ne font qu'un. L'auteur qui, de tous, nous aide le mieux à comprendre le monde d'aujourd'hui, et à agir pour une société plus juste.
"Nous ne nous sommes, depuis lors, jamais quittés, ce vieux Karl et moi. Plus la vie me faisait pénétrer les arcanes du monde capitaliste, plus Marx m'apparaissait unique, le seul à avoir compris, décrit, encensé, percé à jour un système dans lequel l'économie de marché et les mouvements profonds de la société sont indissolublement liés." Le drame du libéralisme est qu'il rime souvent avec conservatisme et réaction, alors qu'il devrait en être l'antithèse : encore faudrait-il que ses épigones aient lu Marx... Marx, élu meilleur antidote à la pensée anticapitaliste ? Ce n'est pas le moindre des paradoxes mis en lumière dans cet essai décapant. Alain Minc nous fait redécouvrir une oeuvre qui incarne une tentative unique de penser le monde, en embrassant la philosophie, l'histoire, l'économie et la sociologie. Relisant le Manifeste communiste, Le Capital ou Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, lui qui se présente, non sans espièglerie, comme le dernier marxiste français livre ses propres hypothèses sur l'économie et la politique contemporaines. Il donne à voir un Marx qui se révèle éminemment pertinent dans sa description de la dynamique capitaliste, conçue comme une force de progrès. Un homme à l'ambition prométhéenne, dont la construction théorique et la vie ne font qu'un. L'auteur qui, de tous, nous aide le mieux à comprendre le monde d'aujourd'hui, et à agir pour une société plus juste.
Jules Michelet est l´auteur d´une Histoire de la France en dix-sept volumes, d´une Histoire de la Révolution française en sept, d´une Histoire du XIXe siècle en trois, auxquels il faut ajouter ceux de son Journal puis d´autres dans lesquels il associa l´histoire et la nature. Historien prolixe, fouilleur d´archives obstiné, génie de l´écriture, adepte des développements discursifs, il a fait de sa science une discipline distrayante. De Marc Bloch et Lucien Febvre aux jeunes historiens d´aujourd´hui, ses successeurs se réclament et s´inspirent de lui. Gilles Heuré est encore enfant lorsque, entraîné par ses parents, il découvre l´histoire grâce au cinéma, aux illustrations, aux récits, aux tableaux. En saisissant aujourd´hui à bras-le-corps l´immense oeuvre de Jules Michelet, en l´arpentant jusque dans ses moindres recoins, de l´histoire de France aux pages passionnées et érotiques sur Athénaïs, sa femme, il rend à son auteur sa vraie stature : un historien irrespectueux, prompt à culbuter les idoles et à montrer la vraie nature des puissants. S´il est une leçon à retenir de Michelet, c´est bien que penser l´histoire n´est pas s´échapper du temps qui est le nôtre.
Angie David est en deuil lorsqu'elle aperçoit, sur les rayonnages de sa bibliothèque, plusieurs livres de Simone de Beauvoir. Elle saisit les Mémoires d'une jeune fille rangée, et c´est comme un coup de foudre. Elle entreprend fiévreusement la relecture de tous les volumes en sa possession. La puissance des récits, la singularité d'une vie libre, une personnalité qui a valeur de modèle. Et la voici de retour de plain-pied dans la vie. C´est à une immersion dans la production autobiographique de Simone de Beauvoir qu'Angie David nous invite. Elle célèbre l'oeuvre littéraire en montrant combien celle-ci éclaire, avec la même puissance qu'hier, nos existences d'aujourd'hui. Et en profite pour tordre le cou aux idées toutes faites sur la vie de Simone de Beauvoir, ses relations avec les hommes comme avec les femmes, son regard sur le monde.