Littératures modernes
Dans les recherches contemporaines sur les littératures l'épopée reste vivante. « Copyright Electre »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La tragédie classique française - au sens large : de Jodelle à Marie-Joseph Chénier - présente une impressionnante unité. Elle la doit, en grande partie, aux règles, mais celles-ci ne suffisent pas à rendre compte de sa physionomie. Théâtre d'intrigue, d'acteurs, d'amour, théâtre politique, tel est son vrai visage. Sur le plan diachronique, on note moins une évolution linéaire qu'une série de compromissions du genre avec d'autres réalités littéraires, poésie, roman, opéra, philosophie des Lumières. Existe-t-il, dans ces conditions, une époque où la tragédie, réalisant une sorte de pureté, ait mérité d'être appelée plus particulièrement « classique » ?, c'est un point à débattre. À débattre aussi le problème des causes - et du moment - de sa disparition. Et de nos jours ? L'exégèse du théâtre tragique reste marquée par deux faits : sa prise en charge par la métaphysique, vers les années quarante, et les luttes autour de la « nouvelle critique », dans la décennie 1955-1965. À la scène, la tragédie, tenue parfois pour injouable, a donné lieu à des expériences qui conduisent l'observateur à se poser trois questions : chant ou discours ? texte ou spectacle ? représentation ou démonstration ?
Si les jugements des poètes sur la philosophie et des philosophes sur la poésie sont si divers et contradictoires, c'est avant tout parce que les termes qui désignent les deux disciplines s'appliquent à des réalités diverses et changeantes. Plutôt que de disserter dans l'abstrait, il convient de s'attacher à la singularité des oeuvres. C'est pourquoi l'auteur étudie l'expression poétique de grands thèmes philosophiques comme ceux du Mal, du Libre Arbitre, de l'Éternité, des Causes finales, de la Chaîne des Êtres. Il expose les problèmes et précise les notions nécessaires à l'intelligence des textes. Il illustre ses analyses de larges extraits empruntés aux auteurs anciens et modernes. Les poèmes sont cités dans le texte original, et accompagnés de traductions le plus souvent nouvelles. Le lecteur pourra relire ou découvrir des textes de Lucrèce, Boèce, Jean de Meun, Ronsard, Milton, La Fontaine, Voltaire, Pope, Coleridge, Goethe, Hugo, Santayana, Borges, Blaga, Eliot, Frost..., et se convaincre que la poésie peut être l'expression d'une pensée autant que l'art de ciseler des bibelots d'inanité sonore.
Y a-t-il une spécificité du naturalisme ? Peut-on - enfin ? - apprécier sa valeur et son apport à la littérature ? Longtemps déprécié, puis méconnu, ce mouvement littéraire touche toutes les littératures occidentales au moment du tournant du siècle, où s'ébauche une nouvelle modernité. Suscitant une nouvelle communauté de lecteurs et de spectateurs, il requiert aujourd'hui toute notre attention. Pour tenter de cerner l'originalité d'une entreprise littéraire qui contribue, entre autres choses, à remettre en cause le statut de la littérature, il faut interroger les textes, signés de quelques grands noms : Ibsen, Zola, Strindberg, Hauptmann, Tchékhov, Verga, et de quelques autres, peut-être dédaignés à tort, comme Arno Holz. L'accent est donc mis sur la poétique du naturalisme : rhétorique du désordre, analyse cruelle, turbulences de l'écriture, appel de l'Histoire..., autant de marques du texte naturaliste. Ces repères visent ainsi à proposer une vue synthétique du phénomène naturaliste, une des composantes de notre modernité.
Qui se cache derrière le rire ? L’acteur comique d’André Villiers explore l’art méconnu de ceux qui font rire, entre talent inné et technique. Une plongée unique dans les coulisses du comique et de la vocation théâtrale.
Décryptez les paradoxes de l’anarchisme de droite, ce courant méconnu qui a marqué la littérature contemporaine par son rejet radical de la démocratie et son culte de la liberté individuelle.
En valorisant les liens de l'artiste avec son microcosme, l'intimisme préfigure cette retraite contemporaine sur le moi et son environnement immédiat. « Copyright Electre »
Des repères susceptibles d'orienter la lecture de l'oeuvre de Claude Simon et des éléments aptes à nourrir la réflexion sur les formes et les fonctions de l'objet romanesque. « Copyright Electre »
Observée sur toutes les coutures, la dramaturgie d'Audiberti révèle ses cohérences et sa théâtralité jubilante et fonctionnelle. « Copyright Electre »
Utilisant les formes d'écriture les plus diverses (proses, poèmes, notes fragmentaires), l'oeuvre poétique de Jaccottet témoigne d'une fidélité intransigeante à quelques intuitions de départ, qu'elles soient d'ordre éthique ou esthétique, mais elle tradui
Le choix du lieu pour aborder la pensée poétique du poète n'est pas ici thématique, mais problématique : c'est la principale entrée, dans une réflexion poétique globale qui fond à son usage de grands enjeux (platonisme, plotinisme), et les réélabore sous la forme de grands mythes, capables de rendre compte de la dialectique... « Copyright Electre »
Hamlet... ce prince obèse, ténébreux et souple, de dix-huit ans et parfois de trente, fragile comme une porcelaine et fort comme un Viking, qui ne retarde jamais ses actes et les diffère toujours, Jésus coiffé du casque de César Borgia, le meilleur et le pire des mortels, le Vengeur, l'Excentrique, le beau Démon, le Fou, l'Ange-poète, l'Allemagne, le Gentleman, l'Esthète, le Personnage - la Cantatrice chauve. Muni d'un considérable appareil critique, Ion Omesco tourne autour de cet illustre caméléon, caméra au poing, et le traque à travers le temps. Comment est-il, Hamlet, finalement, lorsqu'on lui met la main dessus ? Comme il vous plaira. « Hamlet » ou la tentation du possible est un essai sur l'ambiguité.
L'auteur étudie l'expression poétique de grands thèmes philosophiques. « Copyright Electre »
Le succès du théâtre de Beaumarchais, qui ne se dément pas depuis deux siècles, ne saurait s'expliquer simplement par la portée de son contenu satirique, l'ingéniosité de ses intrigues et le brio de son dialogue. En fait, loin d'être le dernier représentant de la comédie d'intrigue, genre en pleine décadence, Beaumarchais a entièrement révisé les mécanismes de la comédie classique pour créer un système dramatique parfaitement original : il détourne le langage de sa finalité psychologique traditionnelle en lui confiant d'autres fonctions, il suscite un rire de nature très particulière et contribue à ouvrir le théâtre sur une réalité socio- historique extérieure à la pièce. De plus, au lieu de laisser le spectateur adhérer à la fiction scénique, il tend à lui donner un certain recul critique, afin qu'il n'oublie pas complètement qu'il est au théâtre. En cela, sa démarche témoigne d'une remarquable modernité.
1886, année charnière : le mouvement décadent, souvent méconnu, incarne l’audace d’une avant-garde littéraire en rupture avec les conventions. Le Mouvement décadent en France en révèle toute la richesse et la modernité surprenante.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Le théâtre a été, trop souvent, confondu avec un genre littéraire. Pour prépondérant que soit le texte, il convient de ne pas oublier que le théâtre est avant tout la scène où se jouent toutes les relations imaginaires de l'homme. Chaque société a inventé son théâtre. Ce système régi par ses lois, cohérent et clos, c'est la dramaturgie, au sens propre l'élaboration du drame. Mais aucun système ne se réduit à un autre. C'était donc s'engager dans une impasse que de chercher dans la dramaturgie médiévale la survivance du drame antique ou l'ébauche du théâtre moderne. En fait, cette dramaturgie élaborée et épanouie sur près de cinq siècles, est une des pièces maîtresses d'une civilisation et d'une littérature dont on commence à peine à reconnaître la cohérence et l'importance. La présente étude, centrée sur oeuvre maîtresse du théâtre médiéval, se propose d'esquisser cette dramaturgie qui, du douzième au seizième siècle, a mis en scène à travers toute l'Europe l'aventure humaine, jouant les désirs et les peurs, les affres et les rêves d'une société, pour nous tout à la fois présente et perdue. Dramaturgie exceptionnelle, traitant l'espace et le temps sur un mode inouï de l'homme moderne, abolissant las frontières raisonnables du comique et du tragique, où la grâce, envers christique de la fatalité, joue sa partie dans le sublime et la dérision. Ivre de liberté, le théâtre du Moyen Âge, dans le champ clos d'une aire fermée par le cercle des spectateurs, s'offre comme la scène exemplaire où se jouent l'aventure d'une société et la condition humaine. Voilà pourquoi, au Moyen Âge, le maître mot pour désigner le théâtre est celui de jeu, exemplairement illustré par le Jeu de saint Nicolas.
Avant d'être l'institution que nous approuvons ou que nous redoutons, l'État est une idée. Aussi peut-il exister, aux frontières de la philosophie, une littérature de l'exis politique. Elle fait apparaître que le Souverain est l'essence de l'État. Mais il est conçu tantôt comme un dirigeant unique (l'État, c'est moi ), tantôt comme la volonté générale du peuple. Pierre Brunei a étudié ces variations, d'Aristote à Rousseau, en passant par Machiavel et Hobbes. Mais on trouvera bien d'autres réponses dans cet ouvrage. En outre, l'auteur a cru devoir introduire, entre l'État et le Souverain, un troisième terme : littérature. Il a posé les problèmes de l'engagement de l'écrivain, de la constitution d'un corpus littéraire correspondant au corps politique, de l'établissement d'un lexique, condition d'une écriture politique, du lien entre politique et poétique. Il a voulu reprendre la question posée par Sartre en 1947, Qu'est-ce que la littérature ?, et tenter d'y répondre.
Qui dit conté populaire pense aussitôt aux contes de Perrault. Mais les vrais contes populaires, ceux qui, naguère encore, vivaient dans la tradition orale et qui ont été recueillis de la bouche des paysans, des marins, des artisans, etc., par les folkloristes au dix-neuvième siècle et dans la première moitié du vingtième siècle, sont très nombreux et bien différents de la dizaine de récits adaptés par Perrault pour les dames de la cour de Louis XIV. Ils ont aussi une tout autre saveur que les récits édulcorés des albums pour enfants. Le conte populaire n'est pas seulement une forme de littérature orale. C'est une pratique sociale ; il ne se comprend pleinement que dans une perspective ethnologique. Cet ouvrage cherche à permettre au lecteur de faire connaissance avec les richesses de la tradition orale et avec les recherches menées dans l'étude des contes populaires. La première partie est une introduction à l'étude du conte. Après avoir distingué le conte populaire des genres voisins souvent confondus avec lui, on donne un aperçu rapide des rapports complexes entre tradition orale et littérature ; des modes de collecte des contes ; de la pratique du contage (circonstances du contage, personnalité des conteurs, art de conter) ; des diverses théories concernant l'origine, la diffusion, la structure et le sens des contes. La deuxième partie est une anthologie du conte populaire français de la tradition orale. Elle comprend plusieurs versions des principaux contes types, afin de faciliter les études comparatives.
La tragédie d'Iphigénie, victime puis prêtresse, se joue autour de l'autel sacrificiel, dans l'imminence d'une immolation. Les dieux sont absents : ils ont fixé les enjeux et laissent se déployer le drame de la raison d'État et des attachements privés, la parenté dangereuse du rituel avec le massacre. Le ciel, pour finir, reprendra, ou non, la parole et l'on pourra voir jusqu'où, entre-temps, les hommes seront allés. L'auteur montre, à travers la fortune littéraire du mythe, comment son ancienneté de convention, sert de litote à des vérités que chaque temps renouvelle, et comment la recherche de la simplicité, ou la multiplication des intrigues, les élans d'humanité vertueuse, ou les dénouements ex machina, atténuent tout en la multipliant l'image, cruelle et troublante, de la virginité immolée.
Les biographes de Montherlant ont révélé la falsification de la date de naissance d'un auteur, né en 1895 et non en 1896. Dans l'esprit du grand public, le recul dans le temps est encore plus grand et l'auteur de La reine morte paraît plus que centenaire. La consécration précoce d'une oeuvre trop vite institutionnalisée s'est retournée contre elle ; les révélations sur la vie privée de l'homme ont fait le reste. On reproche désormais à Montherlant d'avoir manqué son existence et son oeuvre, d'avoir mis en particulier trop de théâtre dans sa vie, et trop peu de vie dans son théâtre. À la faveur d'un timide retour en grâce dans les commémorations et les programmes d'enseignement, s'amorce peut-être néanmoins une possible réhabilitation, non d'un idéologue, que Montherlant n'a jamais voulu être, mais d'un grand écrivain, injustement décrié aujourd'hui. S'attachant à la pièce célèbre, qui a fait la réputation du dramaturge, La reine morte, pièce inaugurale (ponctuellement comparée à la pièce finale en pourpoint qu'est Le cardinal d'Espagne), cet ouvrage se propose de montrer, à travers l'examen d'une série de questions théâtrales, qu'il y a là, sans doute, un répertoire à redécouvrir. Refusant d'écrire l'acte final de ses pièces, Montherlant a laissé entendre qu'il n'avait peut-être pas dit son dernier mot.
Ce livre n'est ni l'histoire de la littérature fantastique qui nous manque encore, ni l'un de ces essais riches d'assurance et pauvres de savoir comme nous en avons trop, mais l'étude de quelques grandes oeuvres. En matière de critique, les généralités sont viande creuse, et les études attentives fruits savoureux. Des oeuvres, toujours étudiées dans le texte original, l'auteur a voulu dégager le sens littéral, qui lui paraît le plus important et le plus difficile à saisir. Une grande figure sombre domine la littérature fantastique : ce n'est pas la chair, mais la mort. S'il distingue de manière assez lâche un fantastique traditionnel, intérieur ou poétique, suivant que l'intérêt porte sur l'aventure, le héros ou l'atmosphère, l'auteur s'attache avant tout aux oeuvres des maîtres : Goethe, Coleridge, Hoffmann, Poe, Mérimée, Storm, Maupassant, Kipling, H. James, M.R. James, L.P. Hartley. Il a réservé une place de choix à Walter de La Mare, qui a porté le conte fantastique à la perfection.
Il suffit d'ouvrir le journal : la littérature russe appartient désormais à notre monde quotidien. Ni manuel ni répertoire, ce livre voudrait provoquer une réflexion sur les grandes oeuvres. Celles du dix-neuvième siècle d'abord : classiques des classiques, Pouchkine et Gogol fraient la voie aux chroniqueurs de la société russe, avant d'inspirer Tolstoï et Dostoïevski. Eugène Onéguine annonce Tourgueniev : après le Pétersbourg glacial du Manteau, la ville étouffante et fiévreuse de Raskolnikov, et bientôt les délirants labyrinthes du Pétersbourg de Biely, à l'âge des révolutions de l'histoire et de l'écriture. La Russie de l'âge d'argent féconde le vingtième siècle, comme 1917 va mettre à mort le dix-neuvième. Une histoire, qui n'est pas dite, se profile, des liens se tissent : de Zamiatine à Soljénitsyne, de Gogol à Boulgakov, de la satire à la science-fiction soviétique, entre le roman et les autres genres, entre l'U.R.S.S. et l'émigration. Au lecteur de jouer et d'arpenter pour son compte cet espace où jailliront, peut-être, quelques sources du vingt et unième siècle.
Pourquoi une étude sur un genre désuet en 1998 ? Pour l'époque du téléphone et de la télévision, le roman épistolaire peut-il éveiller autre chose qu'un intérêt archéologique ? Une nostalgie peut-être. La nouvelle critique y cherche en tout cas des exemples privilégiés de performances formelles et, dans ces dernières années, des romanciers plus nombreux qu'on ne le croirait le ressuscitent en le réinterprétant. On verra le genre naître de la courtoisie romane - le premier roman à faire une grande place aux lettres est italien et écrit en latin, le premier roman épistolaire véritable est espagnol -, puis, devenir l'une des expressions favorites de l'honnêteté française, sans jamais renier ses origines : Werther en Allemagne, Jacopo Ortis en Italie, le Gustave de Mme de Krüdener seront comme les épistoliers du Moyen Âge des prisonniers d'amour. Jalonnée par des chefs-d'oeuvre comme les Lettres portugaises de Guilleragues, La Nouvelle Héloïse, Les Liaisons dangereuses, cette histoire aboutit aux recherches formelles d'un Chklovski, d'un Gripari ou de Michel Melot en 1993. Par-delà les ruptures d'une écriture, dont l'esthétique est celle du discontinu, on relèvera les permanences d'une vocation à la fois sentimentale et didactique, et de structures qui sont celles de la séparation et de l'exil.
La Tempête de Shakespeare comme vous ne l’avez jamais lue : une exploration vertigineuse des illusions, du pouvoir et de la liberté. Ion et Ionel Omesco décryptent cette pièce métaphysique où chaque personnage est à la fois marionnette et magicien.
Les problèmes de la condition féminine figurent aujourd'hui parmi les questions d'actualité et les sujets à la mode. C'était déjà le cas au XVIe siècle. La prodigieuse abondance des débats qu'ils suscitent dans la poésie, le roman, la nouvelle, les traités de médecine et de morale domestique, prouve leur importance dans la conscience contemporaine. Bien des écrits polémiques, qui exaltent ou rabaissent la femme, relèvent du jeu intellectuel, et le décalage est inévitable entre le réel et les représentations qu'en donne la littérature. Celles-ci n'en restent pas moins révélatrices de la mentalité d'une époque. L'esprit novateur du premier siècle moderne, qui vit tant de remises en cause, a-t-il entraîné une mutation dans la conception et dans la condition de la femme ? Les figures les plus significatives qu'en propose l'imaginaire poétique, romanesque ou didactique répondront d'elles-mêmes. L'égalité des sexes, à la Renaissance, demeure un paradoxe. Les voix masculines ont été longtemps les seules à se faire entendre en littérature. Celles des femmes, au XVIe siècle, commencent à s'élever en contrepoint à celles des hommes. Nous les écouterons alternativement.
Cet ouvrage est la première étude d'ensemble consacrée à un genre dramatique un peu oublié, mais qui connut un grand succès vers 1630, au point d'éclipser les autres formes théâtrales. La tragi-comédie, longtemps réfractaire aux « règles », fertile en péripéties dramatiques et en situations pathétiques s'achevant par un dénouement heureux, mêlant parfois le comique à l'héroïsme, préférant le spectacle et le mouvement à l'analyse psychologique, a été illustrée par les plus grands dramaturges du temps - un Rotrou, un Corneille, un Scudéry, un Mairet -, et a produit quelques oeuvres remarquables - le Cid n'est que la plus connue -, qui soutiennent la comparaison avec les chefs-d'oeuvre du théâtre élisabéthain et de la comédie espagnole. L'auteur esquisse ici l'évolution du genre, puis étudie successivement la morphologie, les structures dramatiques, les thèmes récurrents, la part du spectacle et la rhétorique expressionniste de ce théâtre particulièrement représentatif de l'esthétique et de la sensibilité baroques.
L'activité dramatique en France au seizième siècle n'est pas encore assez connue. Sa richesse et sa diversité sont pourtant étonnantes. Le siècle qui voit naître les grands genres du théâtre classique est aussi celui où s'épanouissent encore, en pleine Renaissance, les formes dramatiques médiévales, toujours en faveur. Mystères, miracles et moralités ne s'étiolent qu'à partir des années 50 et la vogue de la farce ne faiblira pas. Les nouveaux genres, tragédie et comédie, s'adressent à une élite lettrée. Leur création reste un événement marginal. Mais le fossé se creuse entre le public populaire et le public cultivé. A la fin du siècle naissent des genres hybrides : la pastorale, divertissement de cour, et la tragi-comédie, plus largement goûtée, répondent à la sensibilité du temps. Victime de nombreux préjugés, le théâtre français du seizième siècle a souffert injustement de la comparaison avec les chefs-d'oeuvre classiques, alors que ses fins étaient toutes différentes. Quelques excellents ouvrages, des recherches érudites ont rétabli la juste perspective et rendu possible la présente tentative d'en donner pour la première fois un tableau d'ensemble. L'anarchie dramatique d'un siècle en fermentation ne saurait dissimuler sa richesse et son importance dans l'histoire du théâtre français.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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