Jean-michel Gliksohn
Jean-michel Gliksohn
Nous ne pouvions, en 128 pages, présenter un panorama complet de la critique littéraire. Nous avons donc fait des choix exemplaires, en prenant soin de montrer que si les Français ont l'esprit critique, la critique littéraire n'est pas que française. La difficulté majeure était de dégager les fonctions de la critique (qui sont très rarement isolées) tout en suggérant le sens d'une évolution dans le temps. « Décrire », « Savoir », « Juger », « Comprendre » ne sont pas les quatre grands moments d'une histoire de la critique. Nous y voyons bien plutôt des constantes, mais il est arrivé, au fil des siècles, que l'accent se déplace de l'une sur l'autre, sans qu'aucune ne cesse pour autant d'entrer en jeu dans le grand mécanisme de l'esprit humain.
Ces essais veulent apporter, dans des domaines où la recherche est en plein essor, tantôt des états présents, tantôt des aperçus nouveaux, tantôt des perspectives de recherche. « Copyright Electre »
La tragédie d'Iphigénie, victime puis prêtresse, se joue autour de l'autel sacrificiel, dans l'imminence d'une immolation. Les dieux sont absents : ils ont fixé les enjeux et laissent se déployer le drame de la raison d'État et des attachements privés, la parenté dangereuse du rituel avec le massacre. Le ciel, pour finir, reprendra, ou non, la parole et l'on pourra voir jusqu'où, entre-temps, les hommes seront allés. L'auteur montre, à travers la fortune littéraire du mythe, comment son ancienneté de convention, sert de litote à des vérités que chaque temps renouvelle, et comment la recherche de la simplicité, ou la multiplication des intrigues, les élans d'humanité vertueuse, ou les dénouements ex machina, atténuent tout en la multipliant l'image, cruelle et troublante, de la virginité immolée.