Littérature étrangère (L'Olivier)
« Mon roman comporte autant de lectures qu'il contient de voix. Il peut se lire comme une agonie. Mais aussi comme un jeu. » Roberto Bolaño« J'ai su alors, avec humilité, avec perplexité, dans un élan de mexicanité absolue, que nous étions gouvernés par le hasard et qu'au cours de cette tempête nous serions tous noyés, et j'ai su que seuls les plus rusés, pas moi à coup sûr, allaient se maintenir à flot un peu plus longtemps. » En 1975, Juan García Madero abandonne ses études pour se consacrer à la poésie. Il plonge dans les bas-fonds de Mexico et fait la rencontre d'Ulises Lima et Arturo Belano, chefs de file des réal-viscéralistes, un groupe de poètes avant-gardistes. Accompagnés d'une prostituée nommée Lupe, les trois hommes se lancent à la recherche de la poétesse mythique Cesárea Tinajero, dont la trace se perd dans le désert... Parviendront-ils à la retrouver ? De Barcelone à Paris, d'Israël à la Californie, Roberto Bolaño nous offre l'épopée lyrique d'hommes en quête de la vraie vie, « le voyage infini de gens qui furent jeunes et désespérés mais ne s'ennuyèrent jamais », selon Enrique Vila-Matas. Comparé par la critique internationale aux oeuvres majeures de Cortázar, de Borges et de Kerouac, Les Détectives sauvages marque le début d'une nouvelle ère dans la littérature latino-américaine. Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio.
Bobby Western, plongeur solitaire et ancien mathématicien, fuit un passé hanté par la disparition de sa sœur et un secret d’État enfoui au fond des eaux. Entre roman noir et tragédie grecque, Le Passager mêle suspense, science et mélancolie.
Hayim vient de mettre fin à ses jours. Il se retrouve dans une sorte de purgatoire où sont rassemblés tous les suicidés. Il travaille à la pizzeria Kamikaze, boit des bières avec Kurt Cobain au pub Mort Subite, et cherche sa bien-aimée Erga, qui s'est elle aussi suicidée. Sillonnant cet au-delà étrangement familier, les âmes désoeuvrées peinent à trouver un sens à leur acte et seraient presque tentées d'en finir une seconde fois.Avec La Colo de Kneller, Etgar Keret s'impose comme un maître de l'humour noir.Traduit de l'hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech.
"L'oeuvre de Roberto Bolaño est un monde unique dans lequel le lecteur est irrémédiablement happé. Y règnent un humour mordant, une insatiable quête de liberté, un souffle romanesque décalé." Pierre Ducrozet, Le Monde OEuvres complètes IV Un petit roman lumpen Nocturne du Chili Tombes de cow-boys Le Gaucho insupportable Traduit de l'espagnol (Chili) par Robert Amutio et Jean-Marie Saint-Lu
Un homme est follement amoureux d'une femme qui se transforme toutes les nuits en nabot ; un enfant voit ses parents rétrécir à mesure qu'il grandit, et finit par les transporter dans sa poche ; une petite fille riche fait tout pour avoir les yeux brillants... Bienvenue dans l'univers merveilleux et troublant d'Etgar Keret.À travers les trente-quatre microfictions d'Un homme sans tête, l'auteur plonge ses personnages dans un monde totalement absurde. Mais si ces histoires peuvent prêter à sourire, rien n'y est anodin.Traduit de l'hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech.
1972. Black River Falls, Wisconsin. Alicia Western, vingt ans, est admise à sa demande dans une institution psychiatrique. Au cours de neuf séances avec son thérapeute, elle nous livre les clés de son monde intérieur. Un monde tourmenté, peuplé de créatures chimériques et de figures puissantes : la grand-mère qui l'a élevée ; le mathématicien Alexandre Grothendieck, son mentor ; son frère Bobby, qu'elle aime depuis toujours d'un amour impossible. Folle, Alicia ? Pas plus que l'époque qui l'a vue naître et dont la cruauté semble sans limites. Fragile et géniale, cette jeune fille est sans aucun doute l'un des plus beaux personnages inventés par Cormac McCarthy.Situé dix ans avant Le Passager, dont il éclaire les zones d'ombre, Stella Maris est un voyage sans retour de l'autre côté du miroir.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Paule Guivarch.
Chicago, 1971. Russ Hildebrandt, pasteur en crise, voit sa vie basculer sous l’effet d’une attirance interdite et des tensions familiales.
Alice, romancière à succès, et Eileen, son amie restée à Dublin, échangent des mails aussi intimes que drôles sur l’amour, l’argent, la politique. Mais comment garder foi en la beauté quand le monde semble sombrer ?
Ukraine, 1941. Iréna, jeune paysanne chrétienne, assiste impuissante au massacre de ses voisins juifs. Ce choc la pousse à fuir son mari violent et à parcourir les routes, proclamant que le Christ était juif.
Découverte en France grâce à Ces hommes qui m'expliquent la vie, Rebecca Solnit, essayiste féministe de renommée internationale, a longtemps connu l'adversité avant de pouvoir faire entendre sa voix. Souvenirs de mon inexistence revient sur son parcours personnel depuis son installation à San Francisco à l'âge de 19 ans jusqu'à l'émergence de l'écrivaine reconnue qu'elle est devenue. A travers ce récit autobiographique, elle explore les différentes facettes de ce qu'elle appelle l'« inexistence » imposée aux femmes par les hommes et plus généralement aux minorités par la société. Puiser dans son vécu lui permet d'étayer une réflexion sur l'identité, sur son rapport à la lecture et à l'écriture tout en donnant quelques pistes pour concevoir un monde meilleur : chaque individualité, si opprimée et niée soit-elle, a la capacité de lutter contre la violence systémique dès lors qu'elle comprend qu'elle n'est pas seule. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy
Londres, 1967. Dans l'effervescence des Swinging Sixties se forme un improbable groupe de folk-rock psychédélique nommé Utopia Avenue. Chapeauté par l'excentrique manager canadien Levon Frankland, ce groupe fictif connaît une ascension fulgurante et croise la trajectoire de célébrités bien réelles telles que Syd Barrett, Francis Bacon, Leonard Cohen ou Janis Joplin.Dans ce roman aux accents de biographie rock, David Mitchell raconte avec une minutie éblouissante le mystère de la composition de chansons, le tumulte des premiers concerts dans les bars et les sessions en studio, les rencontres décisives, les caprices du hasard, les ambitions contradictoires et les conséquences de la célébrité. Au-delà, c'est le portrait d'une époque encore toute proche qu'il dresse, celui d'un Londres où le sexe se libère et où circule le LSD, mais où certains lieux publics et emplois sont encore interdits aux Noirs et aux Irlandais.Traduit de l'anglais par Nicolas Richard.
« Je m'appelle Lloyd Wilkinson Petrie, et j'écris, en ce 30 avril 1949, sur ordre des membres du conseil d'administration de l'Académie du Temple-école de garçons. »L'école a fermé ses portes depuis longtemps. Reclus dans son bureau, Petrie rédige ses mémoires sur sa fidèle Remington. Et raconte sa relation avec Ben-Sion Éléphantin, un ancien élève dont le nom lui a valu bien des moqueries. Pourquoi revenir sur ce lointain passé ? Et qu'est-ce qui a bien pu rapprocher ces deux garçons, en dehors de leur passion commune pour les antiquités égyptiennes ? Au fil de ce conte où rôde en permanence une inquiétante étrangeté, on s'interroge sur la fiabilité de ce narrateur à l'esprit troublé.Avec une incroyable virtuosité, Cynthia Ozick nous entraîne à nouveau dans un monde à part, proche des romans de son maître Henry James.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Agnès Desarthe.
En 1935, les troupes de Benito Mussolini envahissent l'Ethiopie avec le soutien des ascari, ces combattants érythréens enrôlés dans l'armée coloniale italienne. Vaincu, l'empereur Hailé Sélassié s'exile en Angleterre. En son absence, la résistance s'organise. Telle est la trame historique de ce roman qui a pour héros Kidane - un chef de guerre glorieux -, sa femme Aster et Hirut, une orpheline récemment devenue leur servante. Lorsque Kidane lève une armée et part au combat, les femmes refusent de se cantonner à un rôle secondaire et prennent les armes à leur tour. Peu à peu, l'espoir renaît dans le camp des rebelles, en dépit des atrocités commises par l'armée d'occupation et ses supplétifs indigènes sous les ordres du colonel Carlo Fucelli. A travers le récit croisé de personnages confrontés à une violence extrême, Le Roi fantôme met en lumière un pan méconnu de l'histoire de l'Ethiopie et souligne le rôle éminent qu'y ont joué les femmes. Porté par une écriture lyrique et un puissant souffle épique, ce roman inspiré par les archives familiales de Maaza Mengiste est une véritable Iliade africaine. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Serge Chauvin
Découvrez le destin fulgurant de Marie de France, première femme de lettres à écrire en français, dont l’exil forcé dans une abbaye anglaise devient le creuset d’une révolution littéraire et féministe.
Gay, noir, américain : on a toutes les chances de se tromper en définissant ainsi Hilton Als. Car, en dépit de leur exactitude, l'auteur de White Girls n'a de cesse d'interroger la pertinence de ces catégories censées fonder une identité. Mêlant récits autobiographiques, fiction, critique littéraire, musicale et artistique, les essais qui composent ce livre tracent les contours d'un imaginaire collectif dont l'idéal serait la « fille blanche ». Truman Capote, Michael Jackson, Flannery O'Connor, André Leon Talley, Basquiat, ou encore la mère de Malcolm X, sont autant de white girls radiographiées par le regard de cet écrivain sensible et impitoyable qui se reconnaît pour seuls maîtres Proust, Joan Didion et James Baldwin.
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1986, Afrique du Sud. Rachel, matriarche des Swart, meurt en laissant une promesse non tenue : léguer sa maison à Salome, sa domestique noire.
Irlande, début du XIXe siècle. Margaret, passionnée de médecine, doit se travestir en homme pour exercer sa vocation. Devenue Jonathan Perry, elle part pour l’Afrique du Sud, où son destin bascule entre secrets, passion et quête de liberté.
Santa Teresa, Mexique, années 1990. Quatre universitaires européens partent sur les traces d’un écrivain mystérieux, Benno von Archimboldi, et découvrent une ville hantée par des centaines de féminicides non résolus.
Ils vivent en Suisse, au Japon, à New York, Los Angeles ou Tel-Aviv. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qu’a priori rien ne rapproche. Et pourtant… Saisis à un moment décisif de leur parcours, les personnages d’Être un homme sont poussés à questionner le sens profond de leur existence. Pour certains, il s’agit de leur judéité. Pour d’autres, des liens familiaux, amoureux ou amicaux qui les unissent. Une aura de mystère les entoure, comme si une présence invisible les accompagnait. Dans ce recueil de nouvelles conçu avec l’ampleur d’un roman, Nicole Krauss fait mouche par la justesse et la poésie de son écriture. Elle tient une place à part dans le paysage littéraire américain et le prouve une fois de plus. Magistralement. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Paule Guivarch. Née en 1974, Nicole Krauss a publié en 2006 L’Histoire de l’amour (Gallimard, prix du Meilleur livre étranger). En 2011, elle a rejoint les Éditions de l’Olivier avec La Grande Maison. Son dernier roman, Forêt obscure, a connu un très beau succès critique et public en 2018.
Qu'est-ce qui peut pousser un journaliste américain de renom à quitter sa vie new-yorkaise bien établie pour s'installer à Lyon ? Dans le cas de Bill Buford, c'est assurément une passion débordante pour la cuisine doublée d'une curiosité sans limite. Un beau jour de 2008, la famille Buford pose donc ses valises quai Saint-Vincent. Bill parvient à s'inscrire à l'Institut Paul-Bocuse, décroche un stage chez l'incontournable Mère Brazier, puis auprès des plus grands chefs et artisans de la région. Et il ne ménage pas sa peine. A la fois roman d'aventures et reportage sur la gastronomie française, dont il célèbre l'excellence, A la française est un récit passionnant qui enchaîne les morceaux de bravoure et nous offre une plongée dans le monde des cuisines d'étoilés. Son sens de l'observation, son humour empreint d'autodérision et son ignorance des usages français font de Bill Buford un compagnon idéal dans l'exploration de ce que notre culture a de plus précieux à ses yeux : la cuisine. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Olivier Deparis
"Si j'avais eu un jour la possibilité de voir ce que l'avenir me réservait, j'aurais avant tout voulu savoir si j'allais avoir des enfants. Plus que l'amour, plus que le travail, plus que le nombre d'années ou la quantité de bonheur auxquels j'aurais droit, cette question était pour moi le mystère central." Toute femme, qu'elle désire des enfants ou non, est confrontée à la question de la maternité. Aujourd'hui encore, ce sujet reste entouré de tabous, comme s'il était impossible de donner la vie sans obéir à la fiction rassurante de la félicité. Au-delà de l'amour infini et de la joie qui l'ont envahie lorsqu'elle est devenue mère, Rachel Cusk explore, dans L'OEuvre d'une vie, le chaos qui succède à la béatitude. Avec un humour tranchant et une absolue sincérité, elle dynamite les clichés et raconte les bouleversements qui accompagnent l'arrivée d'un enfant dans la vie d'une femme, ce moment de transition entre la perte d'une identité et l'émergence d'une autre. Traduit de l'anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné
Université de Harvard, 1995. Selin, une jeune Américaine d'origine turque, entame des études de lettres et de langues. Selin se sent à part. Elle ne maîtrise pas les codes, sa gaucherie lui fait honte et ses amours avec Ivan, un étudiant en mathématiques hongrois, sont rapidement déçues. Pétrie d'illusions, elle envisage sa vie au miroir de la littérature, en particulier les romans russes, dont elle raffole. Don Quichotte des temps modernes, Selin comprend peu à peu que la réalité ne ressemble pas à ce qu'en disent ses livres favoris. Au terme de ce magnifique roman d'apprentissage plein d'humour et d'autodérision, une jeune femme trouve sa voix dans l'écriture, unique manière raisonnable, selon l'auteur, de supporter le monde réel. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Manuel Berri. Elif Batuman est née en 1977. Mêlant érudition, autobiographie et humour, ses reportages ont fait d'elle la plus jeune des journalistes « stars » du New Yorker auquel elle collabore régulièrement. Après Les Possédés (L'Olivier, 2015), récit remarqué, elle signe avec L'Idiote son premier roman, finaliste du prix Pulitzer en 2018.