Les symboles de notre histoire
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Le Graal n'apparaît en tant que tel qu'au XIIe siècle dans le roman Perceval de Chrétien de Troyes. Il faut probablement voir en lui la reprise, christianisée, du chaudron d'abondance des Celtes mentionné dans plusieurs sagas irlandaises. Cette mutation illustre le phénomène complexe de la " migration des symboles " (Goblet d'Alviella) à travers les cultures. C'est donc à un voyage dans les profondeurs de l'imaginaire européen qu'invite la quête du Graal entreprise par les plus valeureux des chevaliers de la Table Ronde réunis autour du roi Arthur. Dans le sillage de Chrétien de Troyes, plusieurs continuateurs ont enrichi ce cycle romanesque en renouvelant les interprétations de ce symbole de plénitude et de fécondité, transformé par le christianisme en vase sacré dans lequel aurait été recueilli le sang du Christ. Le Graal s'impose en tout cas comme l'une des figures majeures de l'imaginaire médiéval remis à l'honneur par les mouvements ésotériques et néogothiques du XIXe siècle. Il a inspiré une riche iconographie, poétique et encore en partie mystérieuse. Plus de deux cents lieux en Europe revendiquent un lien avec la quête du Graal.
La démocratie naissante, qui savait combien les rois avaient pu compter sur la force des oriflammes, essaya d'emblée de fonder une symbolique républicaine qui puisse faire oublier celle de l'Ancien Régime. L'allégorie féminine avec son bonnet phrygien - image de l'émancipation et de la liberté - naît en 1792. Un cordonnier-chansonnier languedocien la baptise Marianne et peu à peu ce prénom populaire s'impose pour la désigner. Nos cinq Républiques la mettront en scène selon leur sensibilité. Marianne romantique aux cheveux longs dans le vent sur les barricades de 1848 ou de la Libération ; Marianne sage - bourgeoise ? - lorsque la démocratie est plus établie. La greffe prend si bien que pour les adversaires du régime républicain aussi elle le personnalise. Elle subira alors les outrages de la caricature d'extrême-droite, souvent très créative, jusqu'à ce que, aboutissement logique, le régime de Vichy la chasse des mairies, heureusement provisoirement. Cet ouvrage présente les " sept familles " des Marianne qui sont un véritable miroir de notre histoire.
Pendant près de sept siècles, les fleurs de lys ont été l'emblème de la France et de ses rois. Elles apparaissent au XIIIe siècle, au " temps des cathédrales ", et entretiennent des liens étroits avec la spiritualité de la Lumière promue par l'abbé Suger. Mais, comme souvent, cette signification religieuse recouvre peut-être des sens plus anciens. Au fil des siècles, elles accompagnent le renforcement de la monarchie française et de l'état qu'elle construit. Elles deviennent ainsi une figure majeure de la symbolique du pouvoir dans ses différentes facettes. Symbole royal ? Symbole français ? La question suscite des débats passionnants au XIXe siècle quand la démocratie remplace la royauté. Notamment dans les blasons des villes - souvent très anciens - où elles sont bien difficiles à remplacer. Mieux comprendre cet emblème sorti de la nuit des temps et omniprésent dans notre histoire et sur nos monuments, telle est l'ambition de cet ouvrage abondement illustré.
Pas de roi sans couronne. Attribut des pharaons ou du Christ, elle remonte à la plus haute antiquité. Ses significations s'enracinent dans une riche et très ancienne symbolique. Pendant des siècles elle a été l'emblème d'un pouvoir royal qui avait aussi une dimension religieuse. Chez nous, son histoire commence avec les Capétiens. En Europe, la - mythique ? - " couronne de Charlemagne " est la mère de toutes les couronnes. Au fil de l'histoire, les couronnes - royales ou impériales, ouvertes ou fermées - vont se diversifier. Parallèlement, du Moyen Âge jusqu'au début du XIXe siècle, les rites de couronnement s'élaborent et se déploient dans des cérémonies imposantes qui veulent marquer les esprits. Aujourd'hui, elle reste un élément important de notre imaginaire symbolique et on la découvre encore dans toute une iconographie de la signalétique des villes aux illustrations de l' heroic fantasy.