La cosmopolite
Entre Venise submergée et les forêts enneigées du Grand Nord, L'Anneau du pêcheur rassemble des contes où le sacré côtoie le quotidien.
Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Oscar Wilde. Écrite entre janvier et mars 1897 depuis la prison de Reading où il est incarcéré, publiée dans sa version originale intégrale seulement en 1962, cette longue lettre autobiographique d'Oscar Wilde est autant une lettre d'amour qu'une lettre de rupture adressée au jeune lord Alfred Douglas (surnommé "Bosie"), son ami et amant, l'homme par qui le scandale et le procès de 1895 sont arrivés. Condamné pour outrage aux moeurs (homosexualité) à deux ans de travaux forcés, souffrant du silence de Bosie et bien décidé à vider l'abcès, l'auteur du "Portrait de Dorian Gray" écrit ici, sur le mode de la confession, sa version des faits, relatant l'enchaînement des évènements qui l'ont conduit en prison. Une large part du texte est consacrée à ses relations avec son ami, qu'il ne ménage pas, maniant tour à tour, dans un esprit volontiers polémiste, le mépris et la haine. Mais le "De profundis" est aussi une profonde méditation sur les hommes, sur la société et sur l'art, ainsi que le texte d'une renaissance à travers la découverte de la douleur et de l'humilité. Oscar Wilde veut trouver dans l'épreuve traversée le fondement d'un renouveau spirituel. Assimilant la figure de l'artiste à celle du Christ, il dépeint ce dernier comme le "vrai précurseur du mouvement romantique dans la vie", en ce qu'il a "concrétisé dans toute la sphère des rapports humains cette sympathie imaginative qui dans la sphère de l'art est l'unique secret de la création". Le titre "De profundis" fait référence à la prière pour les morts du Livre des Psaumes de la Bible: "De profundis clamavi ad te, Domine" (Des profondeurs nous t'implorons Seigneur...).
Plongez dans Départ(s), le dernier roman bouleversant de Julian Barnes, où mémoire, amour et adieu s’entremêlent avec humour et profondeur. Une œuvre testamentaire à ne pas manquer pour les amateurs de littérature contemporaine.
Plongez dans Une vie si lointaine, le nouveau roman captivant de M.L. Stedman, auteur du best-seller Une vie entre deux océans.
« Il ne restait aucune trace du jeune homme que j'avais rencontré à peine une semaine plus tôt, vibrant d'incertitude, on aurait dit quelqu'un de totalement différent. Pareil à un acteur qui passe à autre chose après une audition désastreuse, délaissant un rôle qui ne lui était pas destiné. » Un homme et une femme se retrouvent dans un restaurant de Manhattan. Elle est une actrice accomplie, en pleine répétition pour une pièce. Il est séduisant, troublant, jeune - assez pour être son fils. Qui sont-ils l'un pour l'autre ? Katie Kitamura, au sommet de son art, signe un fascinant jeu de dupes où deux récits se superposent, brouillant les lignes entre réalité et performance. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy
Une chose est sûre, Issa ne souhaite pas se rendre au Cameroun. La voilà pourtant dans l'avion, poussée par sa mère qui craint pour la santé de sa fille enceinte. Au pays de ses ancêtres, Issa doit suivre la voie salutaire des rituels anciens, sous l'oeil vigilant et superstitieux de ses grands-mères. Mais tout n'est pas si simple quand on est trop noire à Francfort et trop allemande à Buéa. Ce séjour sera l'occasion de se confronter à l'histoire de sa famille et de prendre conscience que les traumatismes, tout comme l'amour inconditionnel et la volonté de vivre, se transmettent de génération en génération. Traduit de l'allemand par Rose Labourie
Dans la vibrante région brésilienne de Bahia, Dona Flor, jeune professeure de cuisine, découvre la passion auprès de Vadinho, son mari volage et joueur invétéré. Sa mort soudaine, en plein Carnaval de Bahia, ne la laisse pas longtemps esseulée. Dona Flor épouse le docteur Teodoro, bourgeois établi qui lui offre la stabilité, mais dont la fadeur lui fait regretter l'ardeur de son premier mariage. Un soir, Vadinho revient sous la forme d'un spectre et Dona Flor entame alors une double vie, où le fantastique s'invite dans le quotidien, et où l'amour se conjugue au-delà des conventions. Cette nouvelle traduction de Dona Flor et ses deux maris, véritable ode à la liberté, restitue toute la puissance et la sensualité de ce chef-d'oeuvre de la littérature brésilienne. Traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec
Quarante ans après une séparation douloureuse, Charlie revient dans sa ville natale du Wisconsin pour reprendre la ferme familiale. Derrière ce retour se cache aussi un autre dessein : reconquérir Vivian, la femme qu'il a jadis aimée, épousée, puis perdue. De leur mariage bref et chaotique ne subsistent que les ruines d'un amour marqué par les excès. Vivian n'a rien oublié des douleurs passées. Sa vie, discrète et pleine de renoncements, semble l'avoir éloignée de tout espoir romantique. Pourtant, elle accepte de revoir Charlie, malgré les obstacles et un secret qu'elle n'a jamais osé lui confier. Dans ce roman tout en délicatesse, porté par des héros du quotidien, Nickolas Butler interroge la possibilité d'un second souffle amoureux, entre remords et désir de réparation. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Mireille Vignol
« Ce roman pulvérise toutes nos attentes, Maria Stepanova s'y révèle être une véritable artiste. » Berliner Zeitung M. est écrivaine. Quelques années plus tôt, son pays a déclaré la guerre à l'un de ses voisins. Désormais en exil, elle s'applique à recréer un nouveau chez-soi, tout en se sentant peu à peu coupée de sa langue : celle qu'elle a parlée toute sa vie, dans laquelle elle a écrit ses livres, celle dont elle tente, aujourd'hui, de se détacher. Alors qu'elle se trouve dans un train en partance pour un festival littéraire à l'étranger, une grève perturbe le programme. Le voyage s'achève dans un village perdu où M. ne connaît personne et son téléphone portable est déchargé. Et si, comme par magie, elle disparaissait ? L'Art de disparaître est un grand roman sur l'exil, la perte de repères et le réenchantement du quotidien par l'écriture. Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard
C'est l'histoire d'une jeune fille « aux yeux clairs et aux poumons solides » que Paolo Cognetti raconte dans ce livre. Une jeune fille qui, comme lui, aimait Milan, la montagne et l'écriture. Antonia Pozzi explora le monde avec un désir ardent et se réalisa à travers la photographie et la poésie. Elle aima avec excès, vécut passions et dépressions, et les sommets restèrent son refuge. Elle se suicida en 1938, à l'âge de 26 ans. Grâce à Paolo Cognetti, la voici qui revient à la vie à travers ses photos, ses journaux, ses lettres et ses poèmes, fragments d'une existence qui palpite encore. En entremêlant ses mots aux siens, il rend hommage à une poétesse majeure, qui, sans le savoir, a écrit un chapitre de l'histoire du siècle dernier. Traduit de l'italien par Anita Rochedy et Thierry Gillyboeuf pour les poèmes d'Antonia Pozzi
« Devant celles et ceux qui ont survécu au génocide, je veux essayer de comprendre cette douleur, depuis ce que je suis, une écrivaine pour qui les mots et la narration sont une manière d'exprimer de la compassion, une tentative d'apporter du changement, qui essaie de comprendre ce monde terrible qui nous entoure et de réfléchir à un avenir meilleur pour l'humanité. » Tout au long de l'année 2024, Samar Yazbek s'est entretenue avec des centaines de survivants gazaouis évacués au Qatar pour des raisons médicales. À chacun, elle a posé cette question : Que faisiez-vous le 7 octobre 2023 ? En donnant ainsi la parole à celles et ceux que le monde n'entend pas, l'écrivaine a retenu 26 témoignages rédigés à la première personne, 26 récits de ce que l'histoire retiendra peut-être comme l'une des guerres d'extermination les plus sauvages de notre époque, afin que leurs voix résonnent et que le monde les écoute. Traduit de l'arabe (Syrie) par Sarah Rolfo
« Élégie + comédie, dit-elle, c'est la seule manière de décrire ce que nous vivons en ce moment. Et ce n'est pas parce qu'une chose n'est pas drôle dans la vraie vie qu'on ne peut pas l'écrire comme si elle l'était. » En pleine pandémie mondiale, une écrivaine s'installe dans un appartement au coeur de Manhattan pour s'occuper du perroquet d'une amie. Au contact d'Eurêka, un ara plein d'entrain, elle s'offre une échappée loin du marasme extérieur. Jusqu'au jour où le précédent gardien du volatile réapparaît, s'immisçant ainsi dans son intimité. Il est jeune, séduisant, instable, et Eurêka semble le préférer à elle. Les Vulnérables est un texte tendre et profond qui explore l'altérité, notre besoin d'empathie et la nécessité de l'écriture. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Mathilde Bach
Depuis quelque temps, Asher Baum n'est plus lui-même. Il vient d'être lâché par son prestigieux éditeur new-yorkais, son troisième mariage est sur le point de sombrer et son insupportable beau-fils est devenu la nouvelle coqueluche de l'édition. Pire encore, dans un moment de folie, Baum a tenté d'embrasser une jeune journaliste, ce qu'elle s'apprête à rendre public. Alors, quand il découvre un secret fracassant, il ne sait plus où donner de la tête : doit-il le taire ou le révéler, quitte à faire exploser son couple ? Dans ce premier roman événement, Woody Allen brosse le portrait plein de verve d'un intellectuel paralysé par le vide et la futilité de la vie, sur fond d'un Manhattan plus cinématographique que jamais.
« Dans la galerie des criminels qui ont fasciné des écrivains, l'élégant Malcolm Macarthur est l'un des plus énigmatiques. Et dans le panthéon des écrivains fascinés par des criminels, Mark O'Connell se révèle un des plus brillants. » Emmanuel CarrèreEn 1982, dans une Irlande secouée par les attentats, le chômage et les grèves de la faim, Malcolm Macarthur se retrouve, à l'âge de 37 ans, dans une impasse financière. Ce dandy intellectuel qui ne se sort jamais sans son noeud de papillon est pris de panique à l'idée de devoir travailler pour gagner sa vie. Il échafaude alors un plan improbable : braquer une banque. Pour ce faire, il a besoin d'une voiture et d'une arme. Pour se les procurer, il assassine sauvagement une infirmière et un jeune fermier. Mark O'Connell a longtemps été hanté par l'histoire de ce double meurtre. Alors que Macarthur a purgé ses trente ans d'emprisonnement, le voilà libéré et de retour à Dublin. Afin de percer les mystères qui entourent encore ces crimes brutaux et inexplicables, Mark O'Connell décide de le rencontrer. L'auteur se retrouve ainsi confronté à son propre récit : que signifie écrire sur un meurtrier ? « Ce livre rejoint la liste des grandes oeuvres littéraires qui ont tenté de saisir la propension humaine au mal. » The GuardianTraduit de l'anglais (Irlande) par Charles Bonnot
« Ilaria Tuti nous offre une histoire extraordinaire. » Il Piccolo 1914. Alors que la guerre fait rage en Europe, un groupe de doctoresses anglaises ouvre en France le premier hôpital entièrement géré par des femmes. Parmi elles, Cate Hill, chirurgienne italo-anglaise et mère célibataire, qui n'a pas hésité à laisser sa fille à Londres pour venir au secours des soldats blessés sur le front occidental. Dans l'enfer des tranchées, le capitaine Alexander Seymour s'est donné une mission : sauver ses hommes et les ramener à la maison. Mais, au milieu des bombes, des exécutions, de la faim et du froid, rien ne semble plus impossible. Après une bataille dévastatrice sur la côte française, le capitaine blessé croise le chemin de Cate. Si en apparence tout les oppose, l'expérience de la guerre et leur désir d'émancipation ne tardent pas à les rapprocher... Inspirée par l'histoire vraie des premières lady doctors, Ilaria Tuti signe ici un magnifique roman où l'engagement et l'abnégation font naître espoir et liberté.
Médecin anglais spécialiste de Flaubert, Geoffrey Breathwaite découvre dans un recoin du musée Flaubert, à Rouen, le perroquet empaillé qui inspira à Louise, la vieille servante d'Un coeur simple, une étrange passion. Mais à Croisset, dans la propriété familiale des Flaubert, se trouve un second perroquet avec les mêmes prétentions à l'authenticité. Où est le vrai perroquet, qui est le vrai Flaubert, où est la vérité de l'écrivain ? Si rien n'est certain, l'inspecteur Barnes, au bout de son éblouissante enquête littéraire, démontre néanmoins, avec élégance et humour, que la seule chose importante, c'est le texte... Quarante ans après sa première publication, il est urgent de (re)découvrir le chef-d'oeuvre de Julian Barnes, lauréat du Prix Médicis en 1986 aux Éditions Stock. Augmentée d'une préface inédite, cette édition anniversaire inclut également un brillant recueil d'essais inédits dans lequel Julian Barnes interroge la façon dont nous changeons d'avis sur la politique, les livres, les mots, les souvenirs et bien plus encore.
« Une oeuvre littéraire indispensable et un document historique d'une importance inégalée. Une lecture qui devrait être obligatoire. » Jonathan Safran Foer, auteur d'Extrêmement fort et incroyablement près Ce texte essentiel, inédit en français à ce jour, prend sa place aux côtés de Si c'est un homme de Primo Levi et d'Être sans destin d'Imre Kertész, chefs-d'oeuvre de la littérature concentrationnaire. Lorsque József Debreczeni arrive à Auschwitz, son espérance de vie est de quarante-cinq minutes. C'est le temps qu'il faut aux déportés envoyés dans la file de gauche pour se déshabiller et être emmenés dans les chambres à gaz. L'auteur, lui, est dans la file de droite. S'ensuit un voyage d'horreur de douze mois à travers ce qu'il appelle « le pays d'Auschwitz », jusqu'au camp final de Drnhau, où il passera sept mois, de novembre 1944 à mai 1945, dans ce « crématorium froid », soi-disant hôpital où les Nazis envoient les prisonniers à bout de forces. Page après page, le pays d'Auschwitz prend vie : József Debreczeni détaille le système hiérarchique concentrationnaire et l'implacable mécanique d'extermination mise en place par le régime nazi. Page après page, des visages humains se dessinent. Les prisonniers qu'il côtoie sortent de l'ombre et deviennent des personnages vivants, uniques. Il les délivre ainsi de leur numéro et leur restitue leur humanité. Traduit du hongrois par Clara Royer
Nietzsche est l?un des trois essais biographiques que compte Le Combat avec le démon, écrit par Stefan Zweig en 1925. Il s?agit d?une interprétation personnelle mais argumentée de la vie du célèbre philosophe allemand. Les premières touches de ce portrait laissent entrevoir un être déraciné, quasi-aveugle, tourmenté par de violentes migraines et de terribles maux d?estomac, qui mène une existence solitaire dans des pensions anonymes. Mais ce quotidien austère, fait de souffrances, n?intéresse Zweig que dans la mesure où il est, selon lui, indissociable du cheminement intellectuel de Nietzsche. En effet, si la condition physique du philosophe a influencé sa réflexion, lui soufflant des concepts aussi fondamentaux que la volonté de puissance, sa pensée a en retour façonné sa façon d?être au monde et aux autres. Car relativiste, amoral, Nietzsche l?a été jusque dans sa vie, dans ses rapports à autrui. Mû par une passion excessive de la vérité qui excluait toute concession, laissant sans cesse derrière lui ses croyances perdues, il est allé jusqu?à sacrifier ses amitiés au nom de son insatiable besoin de connaissances et de nouveauté. Cette course vers l?abîme, Stefan Zweig en exprime toute la profondeur, toute la beauté à travers les événements et les oeuvres qui jalonnent la vie de Nietzsche.
« En bas dans la vallée surpasse Les Huit Montagnes. » La Reppublica Fredo et Luigi ont grandi dans la Valsesia, une vallée montagneuse du nord de l'Italie. Ils se ressemblent tout en étant très différents, comme les arbres que leur père a plantés à leur naissance. Pour Luigi, un mélèze, qui regarde vers le soleil et ondoie dans le vent. Pour Fredo, un sapin fort et résistant, qui s'épanouit à l'ombre. Betta, milanaise et lectrice de Karen Blixen, a traversé de façon fugace la vie de Fredo pour s'enraciner dans celle de Luigi, qui est devenu garde forestier. Alors que le couple attend une petite fille, Fredo est de retour après sept ans au Canada. Depuis la mort du père, les deux frères n'ont en commun que leur addiction à l'alcool et la vieille maison familiale, là-haut sur la montagne. Luigi voudrait racheter la moitié de Fredo, pour y commencer une nouvelle vie avec Betta. Mais sur ces terres rudes et oubliées de tous, un verre ou un mot de trop suffisent parfois à libérer les ténèbres de la vallée, et à transformer les chiens en loups. Dans ce roman dur et poli comme la pierre, Paolo Cognetti descend des glaciers du Mont Rose pour raconter les existences fragiles des habitants de la vallée - et celles des animaux et de la nature qui les entourent. Traduit de l'italien par Anita Rochedy
À l'occasion du centenaire de la naissance de James Baldwin, l'une des figures littéraires américaines les plus brillantes et incandescentes du XXe siècle, les Éditions Stock publient un recueil de textes inédits, précédé d'une préface de Léonora Miano. Une lecture essentielle. Réputé pour son engagement dans le mouvement des Droits Civiques, James Baldwin (1924-1987) n'a eu de cesse d'interroger et de décortiquer l'histoire et la société américaines. Dans ce recueil de texte - en France - nouvelle, essais, discours, conférences, lettres, - la clairvoyance et la force de la pensée baldwinienne scintillent à chaque page. L'auteur de La Chambre de Giovanni s'y interroge sur la possibilité d'un président afro-américain, dénonce le racisme étatique, la manipulation médiatique ; il analyse l'hypocrisie du fondamentalisme religieux, livre ses réflexions sur les relations entre Noirs et Juifs ; expose l'importance de l'engagement social (parité, éducation, etc.) ; partage ses impressions sur le blues et la boxe. Au fil des pages s'esquisse le portrait en creux d'un Baldwin tour à tour romancier, journaliste, militant, essayiste et ancien prédicateur. La Croix de la Rédemption nous rappelle pourquoi nous aimons tant lire les oeuvres de cet immense styliste. Ses phrases serpentent à travers les problèmes et en ressortent teintées de lumière, il sait nous emmener là où il veut et dévoiler ses cartes pour nous offrir une vue de l'Amérique du milieu du siècle dernier... mais aussi de celle d'aujourd'hui, toujours en proie à ses tourments et ses démons. Alors que l'on fête cette année le centenaire de sa naissance, ses textes n'ont rien perdu de leur acuité et de leur modernité. En refermant ce recueil, le lecteur ne pourra s'empêcher de se demander : « Mais qu'aurait donc écrit Baldwin aujourd'hui ? » Traduit de l'anglais (États-Unis) par Valentine Leÿs et Romaric Vinet-Kammerer
Sadie Smith, ex-agente du FBI, est envoyée par ses mystérieux employeurs pour infiltrer une communauté d'éco-activistes radicaux dans un village français entouré de grottes millénaires. Sa mission : inciter les militants du Moulin à franchir la ligne rouge et permettre ainsi une riposte judiciaire de l'État. Rien d'insurmontable pour Sadie qui en a vu d'autres. Mais c'est sans compter les exigences sans limites de ses commanditaires... Rattrapée par son passé, envoûtée par les écrits de Bruno Lacombe, mentor charismatique de la communauté qui a rejeté le monde moderne, Sadie risque de voir son pouvoir de séduction se retourner contre elle. « Rachel Kushner est l'écrivain le plus passionnant de sa génération. » Bret Easton Ellis, auteur d'American Psycho Traduit de l'anglais (États-Unis) par Emmanuelle et Philippe Aronson
Qui n'a pas entendu parler d'Ulysse et de ses sirènes ? De l'amour fou d'Orphée pour Eurydice ? Ou de la mystérieuse boîte de Pandore ? Depuis des milliers d'années nous lisons avec délice les aventures des dieux et déesses de la mythologie grecque. Dans ces récits, la force et le courage sont l'apanage des hommes tandis que les femmes sont trop souvent cantonnées aux rôles de jeunes filles sans défense ou d'épouses jalouses éconduites. Ces mythes continuent pourtant de forger notre représentation du monde. Inspirés par l'incroyable succès du Bel au Bois dormant, Karrie Fransman et Jonathan Plackett ont donc décidé de ressortir leur baguette magique et de dépoussiérer tout cela en intervertissant - à l'aide de leur malicieux algorithme - le genre des personnages, sans rien modifier d'autre. Ainsi, le pauvre Perséphon se fait enlever par la puissante Hadéesse, Théséa triomphe de la terrifiante Minogénisse tandis que Circé le magicien transforme allègrement les compagnes d'Ulyssa en truies... Subliment illustré par Karrie, L'Enlèvement de Perséphon deviendra à coup sûr le nouveau livre de chevet de toute la famille. Un roman d'une impressionnante puissance littéraire et une révélation de cette rentrée. Traduit de l'anglais par Marguerite Capelle et Hélène Cohen
« Un triomphe littéraire »Der Tagesspiegel Quelque part entre Jutland, Frise et Zélande, sur une petite île battue par les vents, le destin des Sander est intimement lié à celui de la mer du Nord. Hanne Sander, la femme du capitaine, y a élevé seule trois enfants. Ryckmer, l'aîné, vient de perdre sa licence de marin, il est hanté par les fantômes de ses ancêtres baleiniers et attend la tempête du siècle. Eske, la cadette rebelle, craint davantage les touristes que les flots bouillonnants. Henrik, le benjamin, est le premier homme de la famille à n'avoir jamais rêvé de prendre la mer - et le seul en paix avec lui-même. Dans ce monde tiraillé entre tradition et modernité, chacun tente tant bien que mal de trouver sa place, jusqu'au jour où un drame bouleverse le fragile équilibre des Sander - et de toute la communauté. Traduit de l'allemand par Elisabeth Landes
« Daisy Johnson est un nouveau monstre sacré de la fiction. » Lauren Groff, autrice des Furies Lieu de mythes et de secrets, l'hôtel se dresse au-dessus des marais sombres, dans sa splendeur surannée. Bâti sur une terre maudite, ses fondations portent en elles le souvenir d'une mort violente. Pourtant, il est impossible de résister à son pouvoir d'attraction. En pénétrant dans l'hôtel, chacun réagit à sa façon. Pour certains, c'est un lieu qui respire la familiarité, pour d'autres, l'étrangeté. Les visiteuses qui ont osé s'aventurer dans la chambre 63 - la plupart des victimes sont des femmes - en sont ressorties changées à jamais. Les voilà désormais prisonnières de l'hôtel et de sa malédiction. Petit chef-d'oeuvre de littérature gothique, ce livre vous hantera longtemps après l'avoir refermé. Traduit de l'anglais par Laetitia Devaux.
Quatre pays. Quatre époques. Quatre femmes. Héloïse, splendide courtisane, voit son existence bouleversée par sa participation à la Commune de Paris en 1871 ; Sofia, elle, rêve de devenir actrice mais ses aspirations sont brisées par la révolution d'Octobre ; Elda, ouvrière frioulane, est entraînée dans la résistance italienne au coeur de l'hiver impitoyable 1944-1945, et Sheila découvre la liberté et ses pièges dans le Swinging London des années 1960. Chacune de ces femmes incarne à sa façon un pan de l'Histoire trop longtemps resté hors-champ. En écho à ces destins éminemment romanesques, Cristina Comencini se livre sur son propre parcours en tant que fille, soeur, femme et mère, brouillant la frontière entre fiction et réalité, et signe son roman le plus intime mais aussi le plus universel. Traduit de l'italien par Béatrice Robert-Boissier
D'un côté, Charles Dickens, romancier incontournable de la littérature anglo-saxonne du xixe ; de l'autre, Prince, prodige de la musique pop du siècle dernier. Deux artistes flamboyants qui ont illuminé le monde de leur génie ; deux artistes qui ont durablement marqué le jeune Nick Hornby. Dickens l'a sauvé de la stupeur de l'adolescence en lui montrant que les livres étaient une échappatoire pour l'esprit, Prince, avec son falsetto grinçant et son inimitable jeu de guitare, lui a ouvert les portes d'un territoire musical inconnu. Comment ces virtuoses qui ne vivaient que pour leur oeuvre ont-ils géré la puissance de leur créativité ? Avec espièglerie et une profonde admiration, Nick Hornby retrace les vies extraordinaires de ses idoles et s'interroge sur la provenance - et la signification - de leur génie bien particulier. Traduit de l'anglais par Christine Barbaste.
Devenus aujourd?hui des classiques de la littérature érotique, les Tropique du Capricorne et Tropique du Cancer n?ont rien perdu de leur force explosive. C?est à Paris qu?Henry Miller écrit ces deux romans. Marginal, pique-assiette, désabusé, alcoolique, fauché aux goûts de luxe mais surtout fou de sexe, il y met en scène sa vie exceptionnelle, et chante son amour pour la nuit et ses rencontres improbables. Son appétit vorace et sa curiosité sans limites l?entraînent de Harlem à Broadway, de la place Clichy aux quartiers chic de la rive gauche et au Montparnasse bohème de ces années-là dont il est le plus fidèle chroniqueur. Miller veut tout voir, tout décrire, tout embrasser, sans se soucier de la morale et du bon goût. C?est ainsi qu?il livre deux oeuvres foisonnantes qui vibrent encore aujourd?hui d?une énergie démesurée et contagieuse. Henry Miller est né à New York en 1891. C?est en France, où il s?était fixé dès 1930, qu?il fit ses plus grandes rencontres : Anaïs Nin, Blaise Cendrars, Queneau, Durrell. C?est aussi en France que furent publiées les éditions originales de Tropique du Cancer et de Tropique du Capricorne, aussitôt interdites dans les pays anglophones. Miller est mort en 1980. Un des premiers livres de la « nouvelle » Cosmopolite. Pour la première fois, les deux Tropiques rassemblés en grand format. Un prix très étudié. Longtemps confinés par la censure américaine à la clandestinité, ces livres novateurs ont exercé en Europe une profonde influence.
Après le succès de ses Mémoires, Woody Allen revient avec un recueil de nouvelles jubilatoire. Qu'il écrive sur des acteurs ratés ou des vaches meurtrières, sur l'origine du poulet du Général Tso ou sur celle du noeud de Windsor, qu'il explore la vie sexuelle des célébrités, le talent d'un cheval peintre ou le destin tragique du nez de Sylvester Stallone, il donne vie à des récits loufoques, perspicaces et, surtout, implacablement drôles. Un recueil où s'exprime à chaque page toute la singularité, l'humour et le talent d'observateur et d'écrivain du réalisateur oscarisé de Manhattan. Du pur Woody Allen ! Traduit de l'anglais (États-Unis) par Nicolas Richard
Anaïs Nin ne pensait pas devoir sa célébrité à ses extraordinaires journaux intimes. Ils devaient simplement l'aider, selon elle, à prendre conscience de ce qu'elle était et de ce qu'elle souhaitait devenir : une écrivaine reconnue avec une oeuvre véritable, entre autres, une série de romans dont le titre serait Les Cités intérieures, celles qui se situent au-delà des apparences, de l'autre côté du miroir. Dans ces Cités intérieures, constituées de cinq romans - Les miroirs dans le jardin, Les enfants de l'albatros, Les chambres du coeur, Une espionne dans la maison de l'amour et La séduction du Minotaure -, elle met en scène trois femmes, trois amies, Lillian, Djuna et Sabina qui sont des reflets fictionnels de l'auteure. À travers ses héroïnes, Anaïs Nin tente de traiter les négations, le dédale et la complexité de la nature féminine : Djuna et ses amours passionnées, tempétueuses et qui se dégradent avec le temps dans Les enfants de l'albatros et Les chambres du coeur ; Sabina qui se veut libre mais se retrouve rongée par la culpabilité et l'angoisse dans Une espionne dans la maison de l'amour et Lilian qui, dans le dernier roman de ce cycle romanesque, tire le fil d'Ariane pour aller jusqu'au bout du labyrinthe de sa vie et y découvrir peut-être le Minotaure. Mais ces Cités intérieures sont surtout celles de l'auteure elle-même, dont la vie et les rencontres passionnées et passionnantes, telles qu'on les connaît grâce à ses journaux, constituent la matière première de ce cycle fictionnel. Traduit de l'anglais par Anne Metzger (Les miroirs dans le jardin et La séduction du Minotaure), Béatrice Commengé (Les enfants de l'albatros), Élisabeth Janvier (Les chambres du coeur) et Anne Laurel (Une espionne dans la maison de l'amour) PRÉFACE DE LAURE ADLER
Août 1577. Installé depuis dix ans à Amsterdam où il tient une auberge, Beer vit avec sa fille adoptive Marie qui supporte de plus en plus mal son mutisme et sa mélancolie. Ces derniers soirs, comme chaque année au mois d'août, il s'isole dans sa chambre pour se remémorer sa vie passée à Anvers, ses trois épouses mortes en couches et son dernier amour, la Femme Sauvage, décédée durant leur fuite vers le nord.Il replonge dans la ville bruissante d'Anvers au XVIe siècle aux côtés des intellectuels éclairés de l'époque - cartographes, imprimeurs, commerçants, astrologues, peintres, etc. - qui fréquentent son auberge et y tiennent les réunions secrètes de leur confrérie, baptisée la Famille de l'Amour. Au retour d'une expédition maritime, des explorateurs lui demandent d'héberger une « femme sauvage » et sa petite fille, toutes deux vêtues de peaux de phoque. Pour ne pas déplaire à ces hommes qu'il admire, Beer accepte à contrecoeur. Il les enferme dans une chambre qu'il munit de barreaux et commence à faire payer les curieux qui veulent découvrir « les créatures ». Ce comportement obtus et barbare lui aliène progressivement la sympathie de ses proches, à commencer par Margreet, la sage-femme qui vit avec lui, et son fils Ward, qui prend ses distances en lisant des livres ésotériques interdits par la censure.Alors que le pays est en proie aux luttes religieuses et aux révoltes ourdies contre l'occupant espagnol, que les exécutions publiques, les tortures, les destructions d'églises, les incendies et les massacres se multiplient, un félon du nom de Jan Grauwels tente de manipuler Beer pour infiltrer la Famille de l'Amour... « Le nouveau livre de Jeroen Olyslaegers est comme Game of Thrones dans l'Anvers du XVIe siècle » Trouw Traduit du néerlandais (Belgique) par Françoise Antoine
Dans le Harlem des années cinquante, se nouent les destins de quatre adolescents : Julia l'enfant évangéliste qui enflamme les foules, Jimmy son jeune frère, Arthur le talentueux chanteur de gospel et Hall son frère aîné. Trente ans plus tard, Hall tente de faire le deuil d'Arthur et revient sur leur jeunesse pour comprendre la folle logique qui a guidé leur vie. Pourquoi Julia a-t-elle subitement cessé de prêcher ? Pourquoi le quartet s'est-il dispersé ? Pourquoi Arthur n'a-t-il jamais trouvé le bonheur ? Ce roman magistral, où la violence et l'érotisme sont constamment maîtrisés par la tendresse et l'humour du poète, est, comme l'écrit Alain Mabanckou, « l'un des plus beaux chants de fraternité, d'amour, d'espérance et d'expiation ». Traduit de l'anglais (États-Unis) par Christiane Besse. Préface d'Alain Mabanckou.
« Un chef-d'oeuvre ! Les Silences de Dunkelblum tient à la fois du frisson linguistique et du thriller. Le roman d'Eva Menasse relève du génie. » Die Zeit Au premier coup d'oeil, Dunkelblum est un village autrichien comme les autres. Tout le monde se connaît et chacun reste à sa place. Mais derrière les façades au charme rustique se cache un infernal secret. À la fin de l'été 1989, un mystérieux visiteur fait son apparition et des événements étranges ne tardent pas à se produire. Un squelette est déterré dans un pré et une jeune femme disparaît. Comme dans un cauchemar trop vite oublié, les traces d'un ancien crime refont surface, obligeant les villageois à affronter un passé encore douloureux. Petit à petit, la ville se met à chuchoter et l'Histoire s'invite dans le présent. Vaste pandémonium, village de poupée témoin du passé nazi autrichien, Les Silences de Dunkelblum est un roman magistral, d'une beauté stylistique sans pareil où chaque phrase transpire la culpabilité de l'âme humaine. Pour nous rappeler une chose : la mémoire, contrairement aux blessures, ne s'estompe pas. Traduit de l'allemand (Autriche) par Françoise Toraille