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Quinze autrices québécoises relèvent un défi audacieux : explorer l’horreur sous toutes ses formes, avec une finesse et une poésie qui renversent les codes du genre.
Lorsque Chrystelle Fournier disparaît un soir de décembre, la vie des femmes qui l'entourent chavire. Ses deux amies d'enfance sont hantées par la peur, la culpabilité et les souvenirs douloureux, alors que sa mère se terre derrière un mur de rage et d'amertume. Il y a aussi une serveuse un peu revêche qui préférerait ne jamais avoir été mêlée à tout cela et une jeune journaliste férue d'histoires sordides qui rêve de se faire un nom dans le monde du true crime. Elles réaliseront que la violence est parfois tout près.
J'étais trop faible, je ne le suis plus. Renforcie par les terres qui m'ont vue courir. Je me jette dans ce qu'il reste du lit, m'enveloppe des draps qui se défont sous mes doigts. Je suis revenue. Des voyageuses parcourent les Highlands d'Écosse, ces territoires hostiles qui les confrontent et les exaltent, les brisent et les libèrent. Une doctorante, une mère, une survivante. Elles ne pourront plus se mentir ni fuir devant ce qui leur fait peur, devront faire face à leurs spectres. Si elles ne se connaissent pas, une force étrange et subtile voudra les réunir, quelque part dans les montagnes du Nord-Ouest. Fanie Demeule enseigne à l'UQAM, d'où elle est diplômée du doctorat en études littéraires, et travaille à titre de responsable éditoriale pour les éditions Tête première et Hamac. Elle a fait paraître les romans Déterrer les os, Roux clair naturel et Mukbang, ainsi qu'un livre illustré intitulé Bagels. Dans ses temps libres, elle parcourt l'Écosse à vélo, en train, ou avec les mots.
Patrick est déterminé à faire de son beau-fils une star du hockey mineur, dans le but évident d'éclipser le père. Ça patine sur la bottine sur la glace, mais ça joue dur dans les estrades : rivalité, trahisons et violence. Une délectable comédie noire par les maîtres en la matière.
Mirabelle quitte Montréal pour la Californie afin d'y éclaircir les circonstances du décès de sa mère. Son enquête la mène aux portes de la très sélecte Maison de Méduse, un spa somptueux aux apparences de secte auquel sa mère accordait toute sa confiance. Abordant la complexité de l'amour mère-fille, ce conte d'horreur gothique de Mona Awad est une descente aux enfers dans l'univers de la beauté, de l'envie et du deuil.
Dans un quartier chic d'une petite ville au Lac-Saint-Jean, deux couvreurs de toitures s'immiscent un peu trop dans la vie de ses résidents semi-bourgeois. Une lutte des classes se met en place et ça pourrait mal finir. Noir deux tons est un portrait sans complaisance - et furieusement drôle - de deux beaux-frères aussi désespérants que touchants qui peinent à s'acclimater au code de vie de la société moderne.
J'ai toujours eu l'impression que si ma soeur et moi on n'écoutait pas les terreurs anxieuses de ma grand-mère pis qu'on traversait entre chez elle et notre maison quand il commence à faire noir et surtout, surtout, l'hiver, les barbus allaient nous attraper, nous enlever, nous faire des choses terribles. En vieillissant, ces hantises suscitées par l'inquiétant terrain bordé d'arbres deviennent des supplices secondaires. On y verrait là de quoi se trouver chanceux, quand on connaît mieux la mesure des sévices cruels que l'on peut infliger à une femme seule dans le noir. Depuis toujours, les Gaspésiens vivent entourés d'une nature menaçante qui alimente de nombreuses légendes. Fantômes, démons, vampires, sorcières et monstres; en neuf nouvelles, l'autrice invente un folklore moderne et angoissant qui puise sa source dans sa propre enfance et sa région natale, là où la terre se termine. Joyce Baker est autrice et occultiste. Née en Gaspésie en 1989, elle vit au gré des saisons à Montréal ou à Grande-Rivière, son village natal. Elle est chercheuse en littérature et a codirigé le collectif Stalkeuses en 2019. Glauque est son premier ouvrage de fiction.
Ève jaugea plus intensément l'individu devant elle, cherchant à percer son mystère. Quel âge pouvait-il avoir? Il ne semblait ni très vieux, ni très jeune. Il pouvait tout aussi bien avoir le même âge qu'elle. Ève chassa l'idée de son esprit aussi vite qu'elle y était entrée. Impossible : personne ne pouvait avoir son âge. Trois siècles se sont écoulés depuis la fin de l'humanité, marquée par la lente agonie des derniers hommes, mystérieusement condamnés à la stérilité. Puis, Rose Latulippe a mis au monde une première, nouvelle, miraculeuse enfant : désormais au seuil de l'âge adulte, Ève Latulippe, brave et curieuse chasseresse, ignore à quel point ses idées atypiques vont bousculer ses compatriotes. Un récit d'aventure turbotrash féministe qui dépoussière notre folklore et le revire cul par-dessus tête pour l'ancrer dans une réjouissante modernité littéraire.
Elle déteste fumer, mais elle le fait quand même parce que ça lui rappelle des choses. Comme être jeune et amoureuse, comme rester dans les bars jusqu'au last call, comme avoir l'impression que la vie va quelque part. Son chum pose une main sur sa cuisse, encore. Il la regarde. Il a peur, et il ne veut pas le montrer. Elle lui fait peur, parce qu'elle l'aime. Parce qu'elle a le coeur assez grand pour ça. Un recueil de courtes nouvelles intimistes qui explorent l'imperceptible, peuplées de gens qui n'ont rien à dire mais arrivent quand même à nous tordre le coeur. Des amies depuis longtemps perdues qui font semblant d'être encore là, des filles tristes ou blessées qui passent leur soirée à se demander si elles devraient prendre un autre verre, ou deux, ou dix, celles qui vivent des moments anodins qui les transforment ou les brisent. Ces instants de dislocation avec les autres, ou simplement en soi-même. Parfois, ça fait du bien de casser un peu de vaisselle. Catherine Côté est née en 1991 à Montréal. Elle lit des romans russes, des best-sellers d'horreur et de la poésie beatnik. Elle écrit aussi, quand le temps est bon. Et il est souvent bon.
Un collectif où quinze écrivaines ont relevé le défi d'écrire une nouvelle dans un genre qui ne leur est pas habituel : l'horreur.
À Pointe-Gatineau, il y a des chasseuses novices, des filles en rouge qui cherchent l'amour, d'autres qui se font taponner contre la clôture du champ gauche ou accoster tard le soir dans des stationnements déserts. Il y a surtout des Mélanie, beaucoup de Mélanie, peut-être même trop.
Être une jeune femme de bonne famille ne met pas à l'abri de tous les périls. À la dérive et obnubilée par le désir de mourir, elle aboutit dans un centre de désintoxication. Entre les thérapies, les moments de détresse et les cigarettes dans le stationnement, elle apprendra à se confronter à elle-même. Au bout de deux mois à faire semblant d'y croire, peut-être sera-t-elle enfin devenue un humain de meilleure fabrication? Dans un langage cru et sans concession, Jeanne Dompierre raconte le centre de désintoxication vu de l'intérieur par une jeune femme à la dérive et suicidaire, déposée là par sa mère, soulagée de laisser ce problème à quelqu'un d'autre. Au travers de ses rencontres mais, surtout, de ses moments de solitude, la jeune femme se transformera tranquillement en adulte.
Dans ce roman épistolaire-choc, l'illustre et fortuné écrivain Rick Stone enseigne à son ambitieuse nièce tous les préceptes qui feront d'elle une véritable machine d'autopromotion, en même temps qu'une auteure de guides d'écriture qu'on s'arrachera.
La vie de Miranda, professeure de théâtre à l'université, est un cauchemar éveillé. L'accident qui a mis fin à sa prometteuse carrière de comédienne lui a laissé des douleurs chroniques aiguës. Tout semble lui filer entre les doigts, jusqu'à ce qu'elle rencontre trois étranges bienfaiteurs... Tout est bien est l'histoire d'une femme à son point de rupture ainsi qu'une dénonciation extraordinaire et impitoyablement drôle de notre refus collectif de reconnaître la douleur des femmes. Un roman subversif et puissant.