Jamboree
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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C'est un bien petit bonhomme, que ce Marc Meilleraye que l'on a retrouvé dans la neige, pieds et mains gelés, après des heures d'angoissante recherche, et qui repose maintenant sur un lit de clinique. Un petit Scout de quatorze ans, qui vient de vivre la plus terrible épreuve peut-être qu'il soit donné de vivre à un garçon de cet âge, dont il sort démâté, meurtri, défait, mais qui va peut-être connaître, non point le bonheur, mais ce peu de joie, dont le pauvre coeur des enfants a besoin pour aller d'un jour à celui qui le suit. Ils sont arrivés, Hélène et Marc, au soir d'une journée d'hiver, dans le petit hôtel d'une station de montagne autrichienne, et personne ne sait rien d'eux, personne n'en peut rien deviner, si ce n'est qu'une tragédie les unit, et les sépare à la fois. Ils ne parlent à personne, n'échangent entre eux que de rares paroles, et chacun se demande ce qui a bien pu se passer entre ces deux êtres, qui demeurent chacun clos dans leur silence, si loin l'un de l'autre, que rien, semble-t-il, ne pourra les rapprocher. Et puis, c'est le drame brusque, le téléphérique remis en route en pleine nuit, et les hommes qui cherchent, cherchent sur le glacier, dans le sourd fracas des avalanches... Bernhardt Walbach nous conte, avec beaucoup d'émotion et de mesure, le long périple de Marc et d'Hélène, et aussi du petit Claude, réussissant, à force de simplicité et de sincérité, à faire de cet ouvrage un petit chef-d'oeuvre de psychologie et de pitié humaine. Chacun y retrouvera l'écho de ses propres drames, l'essentiel de son attente, et une vérité qui fait, de chaque protagoniste, non un personnage de roman, mais un vivant vers lequel, instinctivement, s'en va notre amitié. Une oeuvre attachante et forte, sortant des sentiers trop rebattus de la littérature de jeunesse, et qui rend un son neuf et profond.
Je ne vous dirai pas comment l'histoire se termine, elle n'est pas convenable. Sachez seulement que l'huile fit retour à l'expéditeur. Mais pas emballée, vous voyez ça d'ici ? Non ? Tant pis. Je ne peux pas en dire plus. En tout cas, l'histoire prouve que le métier n'est pas sans risque. Mais, je m'égare.
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Une bien bouleversante surprise, pour un garçon de treize ans et demi, que celle de découvrir un soir qu'il est orphelin, que ceux qui, jusqu'alors, l'ont conduit dans la vie, aimé, soutenu, ne sont pas ses parents, qu'il ne possède pas de frère, comme il l'avait cru. Et cela peut devenir un drame, s'il apprend de surcroît qu'un oncle et une tante, qu'il n'a jamais vus, le réclament impérieusement. Henri n'accepte pas. Ses amis non plus, et c'est une succession d'épisodes prenants, parfois drôles, mais toujours inattendus. Philippe-Henri, c'est l'histoire des gosses qui refusent que le monde des grandes personnes puisse imposer sa volonté, quand ils pensent qu'elle n'est pas juste ni humaine, et il faudra bien que raison leur soit donnée en définitive, quand un étrange retour des choses retournera la situation. Un joli livre, frais et alerte, aux personnages singulièrement attachants, aux péripéties inattendues, qui plaira à tous les jeunes lecteurs de Jamboree.
Il ne devrait pas être permis, penseront les gens « bien », non, il ne devrait pas exister de patrouille dans le style de celle qui conte ses aventures dans le nouveau roman de Jean-Marie Dooz. Il est vrai que ces garçons sont, pour le moins... surprenants. Mais si on interrogeait quelque vieux chef chevronné en lui demandant si, jamais, dans ses camps, ses routes, si jamais il n'a rencontré une patrouille comme celle du Jeu des Rois, nous pensons qu'il serait bien obligé d'avouer que si. Car, à côté des patrouilles en grand style, toujours sûres d'elles-mêmes, il existe de ces petites sociétés un peu... farfelues, où l'on tire à hue, à dia, où chacun fait montre d'un aimable esprit d'individualité, ce qui amène parfois à des résultats... surprenants ! La pat en question était partie pour un beau jeu, le Jeu des Rois... Mais le C.P. ayant eu la malencontreuse idée de perdre les instructions, nos gars imaginent de reconstituer le jeu, ce qui les entraîne dans une série de péripéties qu'ils étaient loin d'avoir prévues... Il faut lire l'inimitable compte rendu du second, qui épilogue, moralise, s'attaque aux gloires les plus chevronnées de la littérature scoute, violemment contredit parfois par tel ou tel de ces équipiers : il faut rire, car vraiment ce livre est drôle, aux extraordinaires aventures d'Hervé, de Sept Épées, et du digne chef de patrouille. Mais si les garçons jouent, et de tout leur coeur... les grandes personnes, elles, ne jouent pas et, d'un coup, le Jeu des Rois sombre dans la tragédie. Et les garçons seront à la hauteur. Et, d'un seul coup d'aile, ils s'élèveront exactement à l'altitude d'âme qui est nécessaire pour prendre parti en face de certains problèmes. Aussi beau et plus grand que Foulard noir, dont le succès a été tel qu'un film en a fait le premier roman scout filmé !
Voici peu de temps, les Scouts de France lançaient à travers le pays les « Patrouilles Libres », ces patrouilles à foulard noir qui devaient apporter aux jeunes des bourgs et des campagnes la joie de la grande fraternité scoute, le dynamisme de la vie vécue coude à coude dans un idéal commun. C'est l'histoire de la patrouille de l'Albatros que nous conte dans ce volume Jean-Marie Dooz. Une patrouille de petits campagnards, qui, s'ils n'ont pas inventé la poudre, savent du moins que c'est fait. À sa tête, un extraordinaire C.P. : Yves-Marie, aux grands yeux étonnés, à l'énergie indomptable, qui entraîne ses sept gars vers les grandes aventures. Mais l'aventure qui n'était pas prévue au programme de la pat, c'est celle de la maladie du jeune C.P., qui devra faire face, non à des espions ou à des contrebandiers, mais à une maladie, douloureuse, brutale, lui retirant d'un coup tout ce qui, jusqu'alors, a rempli sa vie : son ami, sa patrouille. Un type de garçon émerveillé, honnête jusqu'à l'absurde, et dont le coeur immense devrait gagner la terrible partie qui s'impose à lui. La vie de tous les jours dans un coin perdu de Sologne, la dure bataille du garçon en qui les siens ont cru et qui ne peut les décevoir, en font un livre tout empli de fraîcheur, d'une étrange simplicité, qui touche et laisse songeur quand on l'a refermé, tant à cause de sa claire spiritualité que de son absence d'apprêt. "Foulard noir", le roman d'une patrouille libre, écrit par un débutant qui se révèle déjà un maître.
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Il est des individus qui n'ont guère connu la joie, comme de ces naufragés qui sont restés de longs jours sans manger : il faut les nourrir à doses infimes, prendre garde, les réhabituer doucement, et de cette manière les amener aussi au bonheur comme ceux qui ont longuement été privés de pain. C'est le cas de Pierre. Jusqu'à 14 ans, il a vécu dans un coin du Hainaut, n'ayant pour compagne que sa solitude et son attente. Et voici qu'un jour, par un miraculeux effet du hasard - ou de la Providence - il voit les choses changer, un foyer s'ouvrir à lui, une maison où il fait doux, où il est permis d'être joyeux, où tout le monde, sans exception, travaille à ce que les laides images du passé s'effacent. Il y a ces nouveaux parents qui ne font aucune différence entre lui et leur vrai fils. Il y a surtout Benoît, le petit Benoît qui comprend tout, assume tout, sait tout calmer, tout comprendre. Et Pierre prend un peu peur devant ce changement ; et Pierre tremble pour son bonheur si neuf et si inattendu qu'il a toujours l'impression qu'il va se réveiller après un trop beau rêve. Il sera long de l'amener à y croire vraiment, long et difficile de le confirmer dans la joie. Mais tous ceux qui l'entourent se sentent assez d'amour pour l'entourer et le conduire tout au long de ce chemin. Un livre étonnant, aux personnages dessinés avec beaucoup de finesse, et que nos jeunes lecteurs n'oublieront plus.
Étrange coin que cette province belge où la Patrouille de Marc arrive par un été brûlant, violent, à peine supportable et où les garçons vont être mis à rude épreuve. Marc, on s'en souvient, est le C.P. têtu de «
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"Imaginez qu'un groupe de garçons complètement tourneboulés par les romans scouts (et assimilés) et désireux de vivre les aventures des plus fameux héros de cette littérature, franchisse une frontière où il rencontre ces mêmes aventures, dans un pays de fantaisie où tout se passe comme ils l'ont cent fois rêvé... Il y a - naturellement - un malheureux prince à délivrer, un mystérieux ordre de Sparte, des poignards, des coups d'escopette, des éléphants et des souris blanches, le tout ressemblant curieusement à bien des romans [...] classiques de la littérature de jeunesse, et que l'auteur malmène sans vergogne. Un jeu de massacre ? Une farce ? Possible, mais en tout cas André Jouly se révèle un admirable montreur de marionnettes, et si, au fond, tout ça n'est pas bien sérieux, le rideau tombé, on doit reconnaître qu'on a bien ri."
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