III
Amos, années 80. Deux destins se dessinent : Roy Dupuis devient une icône, Samuel Larochelle, lui, apprend à se reconstruire. Entre autodérision et tendresse, ce récit intime raconte comment on devient soi-même, loin des modèles imposés.
Ne pas aimer les hommes : c'est incrusté en elle depuis sa petite enfance auprès d'une grand-mère plus grande que nature et d'une mère fragilisée. Mais Marie-Sissi n'en fait qu'à sa tête, quitte à se brûler les ailes. Elle enfile les garçons « comme des pâtes sur un collier en macaronis », elle carbure au sexe faute de mieux. Ne pas aimer les hommes ou comment sortir du cercle infernal de l'amour bidon qui fait mal. « Je me suis toujours dit qu'on peut me pénétrer comme on veut, aussi profondément qu'il est possible, jamais on ne m'atteindra le coeur. Quelle conne ! » C'est cru, c'est direct, c'est troublant, dans la foulée des premières autofictions de l'autrice, Borderline et La brèche.
Trois récits percutants, entre vulnérabilité et sororité, où Claudia Larochelle revisite son adolescence, ses combats de journaliste et ses amours tumultueuses.
On dirait des photos tombées d'un album de famille. Il y est question des deux Grandes Guerres, de la Résistance, des camps de la mort, mais aussi de survie, de foi, de poésie. Il y est question d'une fratrie nombreuse réunie autour d'un réveillon d'antan, et d'une histoire d'amour longue de trois quarts de siècle. Dans un texte vibrant, inspiré, Tristan Malavoy met les petits et les grands drames du passé en parallèle avec les siens, les nôtres. De quoi est fait l'héritage que j'ai reçu, l'héritage humain, celui qui ne figure pas dans les testaments ? Et en quoi être l'héritier de celles et ceux qui m'ont précédé, au propre, fait-il de moi le dépositaire, au figuré, de ce qu'ils ont traversé ? En racontant cette arrière-grand-mère, cette grand-mère et ce grand-pè
« Nouées de mère en fille. Inextricables, tissées serrées, jusqu'à nous étouffer. De mère en fille. Nouées dans une caresse suffocante quand des petites mains de quatre ans te pressent la gorge parce qu'elles comprennent mal les limites entre le doux et la douleur. De mère en fille, nos angoisses tressées ensemble pour le meilleur et pour le pire. Indispensables l'une à l'autre et toujours un peu de trop en même temps. » En dénouant ses souvenirs dans ce récit en trois temps à forte teneur autobiographique, la narratrice s'interroge sur ce qui forme les relations de confiance et d'attachement, particulièrement dans les rapports mère-fille. Troublant, percutant.
Elle grandit auprès d'un père absent, d'une mère dépressive, et les marques d'amour se perdent dans la banalité de la vie. Sa quête d'affranchissement et de liberté la poussera à forger son propre destin. Grâce à quoi ? Au théâtre. Dans ce roman à forte teneur autobiographique, touchant et inspirant, l'autrice fait preuve d'une remarquable force d'évocation.
Pourquoi Simon sourit-il autant? Et que cache-t-il derrière ce sourire? Que camouflent les costumes de mascotte qu'il emprunte ou les masques qu'il revêt? D'où lui viennent cette légèreté, cette juvénilité? C'est à ces questions que Simon tente de répondre, en revisitant l'arrivée lumineuse du théâtre dans sa vie. L'auteur se dévoile et se donne sans demi-mesure. Avec une gravité qui prend aux tripes... mais avec le sourire. - Mais Simon, tu dis tout. Garde-toi une petite gêne, pour l'amour. - J'ai envie de tout dire. En fait, j'ai besoin de tout dire. J'essaie de mieux me cerner. J'ai l'air transparent, mais je suis insaisissable comme une pile d'acétates. Formé en interprétation théâtrale au Collège Lionel-Groulx, Simon Boulerice est un touche-à-tout épanoui. Chroniqueur radio et télé, il navigue également entre le jeu et la mise en scène. Surtout, il écrit : du théâtre, de la poésie et des romans, tant pour adultes que pour enfants. Parmi sa cinquantaine de titres : Simon a toujours aimé danser, Martine à la plage, Javotte, Edgar Paillettes, PIG, Le dernier qui sort éteint la lumière et L'enfant mascara.
Léa, enfant du capitalisme sauvage à la langue bien pendue, a pour meilleure amie Poupie. Elles se sont connues à la garderie, ont conclu un pacte d'amitié à l'adolescence. Best friends forever. Pour la vie. Mais la vie, justement, pourrait en décider autrement... « L'air d'un fantôme abandonné. Poupie, sur le trottoir. Un fantôme. L'air froid. J'ai mal à la gorge qui pique. Va-t-elle crever? Le vide. Christophe a crissé son camp après avoir touché les boules d'Ema-Jade comme un cave. Saoul. Il a capoté quand il a vu Poupie par terre. Va donc crever dans le fossé. Dans ma tête et mon coeur, je suis prise de vertige. Je fonds. Je panique. Je meurs par en dedans. »
Maxime Olivier Moutier revisite son enfance à la lumière de celui qu'il est devenu, ou aurait pu devenir. Il se prête au jeu des souvenirs avec un sourire en coin et un admirable sens de l'exagération. Mais il y a aussi de la colère qui pointe, une colère qui ne décolère pas. Et une sensibilité qui ne dit pas son nom. Il y a, par-dessous tout, une infinité de questions sur les fondements de notre identité au regard de l'enfance.
Une méchante fée se serait-elle penchée sur son berceau ? Catherine Mavrikakis cherche à contrer le mauvais sort que les membres de sa lignée lui ont lancé. Elle n'est pas morte à 36 ans comme sa grand-mère dont elle a hérité le prénom et comme son père le lui avait prédit. Mais à quel prix ? Qu`a t-elle sacrifié ? Quel rêve a-t-elle dû assassiner ? À travers ses souvenirs, Catherine comprend l'importance dans son entourage de présences féminines souvent tragiques. Ce sont ces femmes qui lui ont permis d'exister. Elle retrouve alors la petite fille aventureuse et terrorisée, fragile et puissante, désespérée et pleine de vie qu'elle a été. Comment vit-on en ne se soumettant pas à l'avenir que d'autres ont écrit pour soi? Que doivent inventer celles à qui on a dessiné un avenir? L'écriture sait-elle mettre fin au ressassement des souvenirs qui entravent le futur? Protège-t-elle contre les malédictions de toutes sortes ? Que reste-t-il de celle que Catherine n'a pas voulu être ?
Marc Séguin revoit le garçon, l'adolescent puis le jeune adulte qu'il a été. Tous grugés par une incessante inquiétude, ils reviennent hanter l'homme mûr, le peintre reconnu qu'il est devenu. Il y a un train qui siffle au loin, des fissures multiples, un ravin qui se creuse. Et les seins de la belle Arielle. Il y aura des morts. Une amitié malmenée. Et un amour empêché. Comment aimer et se laisser aimer quand on est coupé de ses sentiments? Comment réparer l'irréparable? Dans ce récit sous tension où la fiction pourrait bien jouer des tours à la réalité et où l'art s'avère révélateur tout autant que mensonger, ce qui heurte la conscience du narrateur et lui torture le coeur se dévoile par couches. Les repentirs, ou la mise à l'épreuve des aveux.
Après avoir sillonné les sept mers et brûlé quelques divans de psy, Pascale Montpetit se lance dans une enquête poignante. Son point de départ : la gorge, la sienne. Le lieu du crime, comme on dit dans les polars. Telle une détective, elle rassemble indices et mobiles, afin de comprendre pourquoi sa souffrance s'est logée là, trois fois. Inceste, cancer, boulimie. « Ce que je fais ici, ça ne se fait pas, c'est pourquoi je l'ai fait. » Ce faisant, elle retrouve sa part de liberté et s'ouvre au monde.
« Quelque chose de trop flou dans cette histoire nous incitait à ne pas avoir envie d'en apprendre davantage. » Dans la jeune vingtaine, Claudine entreprend des études sur le Moyen-Orient en Angleterre, où elle assiste, en compagnie de ses amis, à l'arrestation troublante d'un étudiant. S'installe alors dans le groupe un climat de méfiance. Réunis près de vingt ans plus tard à Londres, ils découvriront la vérité. Devenue journaliste à la télévision, Claudine constatera avec stupéfaction que leurs doutes à l'époque étaient fondés. Pourquoi se sont-ils fermé les yeux ?
Il y a les souvenirs dont elle a hérité, ces histoires qui lui ont été tellement racontées qu'elles ont fini par faire partie intégrante de sa mémoire. Il y a les images floues qu'elle garde de son enfance et les récits à partir desquels elle s'est construite. Il y a aussi les souhaits qu'elle porte, des projections dans le futur qui prennent racine dans son passé. À travers l'histoire des premières années de sa mère et celle de ses dernières semaines, en passant par le souvenir des petits chaperons de toutes les couleurs que son père a imaginés pour elle enfant, Rafaële Germain tente de trouver des réponses à la question : que veut-on garder de ce que le monde a déposé en nous?