Formation et pratiques professionnelles
La didactique professionnelle est l'analyse du travail en vue de la formation. Son origine est récente : les années 1980. Elle part d'une idée forte : c'est dans le travail que la plupart des adultes retrouvent du développement. Dans la lignée de Piaget et Vergnaud, l'auteur montre comment le cadre théorique de la conceptualisation dans l'action, pour qui la connaissance est avant tout un instrument d'adaptation aux situations de la vie, permet de comprendre comment l'activité professionnelle est organisée et comment elle peut générer de l'apprentissage, que ce soit dans le travail lui-même ou grâce à des dispositifs didactiques directement transposés du travail.
La finalité ultime de la formation n'est pas tant de « faire apprendre » que de faire entrer la personne qui apprend dans une histoire et une culture afin qu'elle y trouve sa place et s'y réalise comme sujet, tout à la fois autonome et relié à autrui. L'ouvrage cerne les différentes facettes de ce processus de subjectivation en vue de dégager les conditions d'un apprentissage qui permet l'accomplissement de celui-ci. Il se penche d'abord sur la façon dont cette thématique de l'émancipation du sujet a émergé et a évolué dans le champ de la formation des adultes au cours des dernières décennies. Il propose alors une série de balises permettant de circonscrire de façon plus précise en quoi consiste le processus de subjectivation. Celui-ci est ensuite décrit et analysé, étape par étape, du point de vue de la personne qui apprend. Enfin, les conditions essentielles qui favorisent la subjectivation en formation sont examinées, du côté de la relation « maître-disciple » et du groupe en formation.
« Le monde francophone de la formation des adultes, et de ce qu'il reste convenu d'appeler "l'éducation permanente" est marqué depuis près d'un demi-siècle par la tentation de la nouveauté, le goût des modes éphémères, la précarité des orientations pédagogiques et philosophiques. Dans un tel contexte, où innovations et désillusions se succèdent sans que beaucoup d'idées, de pratiques ou de convictions persistent au-delà de quelques saisons, la rémanence du thème de l'autoformation fait exception. Dans notre précédent ouvrage, nous avions cherché à fixer l'état de développement de ce "préconcept, heuristique et fédérateur" en livrant trois points de vue sur cet objet « nécessaire mais non suffisant". Le présent livre fait suite à ce projet initial, avec le recul du temps et devant le constat du pouvoir grandissant de cet "attracteur" polysémique et rassembleur, obscur et séduisant... » (extrait de l'Introduction).
Aujourd'hui, près de 4 millions de jeunes travaillent en suivant des études. Les bénéfices de ces activités pour les jeunes sont variés (pouvoir étudier, tout d'abord, mais aussi développer son indépendance, accéder à des loisirs nouveaux parfois onéreux, enrichir son CV de façon à augmenter son employabilité). L'ouvrage, toutefois, présente un point de vue différent car il traite du rôle des expériences de travail sur la construction identitaire et sur les intentions d'orientation professionnelle de jeunes majoritairement issus de milieux populaires. À partir d'enquêtes de terrain réalisées sur l'apprentissage, les stages en entreprise, les petits boulots d'étudiants, l'auteur met en évidence l'importance de ces expériences sur les représentations de soi, du futur, et celui de la qualité des situations de travail proposées par les entreprises qui les emploient.
Des liens étroits unissent le travail et la formation. Mais peut-être parce que ces liens paraissent évidents, ce n'est qu'assez récemment que des travaux universitaires se sont donné pour objectif de les étudier systématiquement, de les conceptualiser et, parfois, de contribuer à leur mise en place. Ces recherches, qui relèvent de différents courants, approches et disciplines en sciences humaines et sociales, contribuent à la définition d'un champ de pratiques et d'un espace épistémologique original. Cet ouvrage collectif ne dresse pas un paysage exhaustif, mais fait état d'une pluralité de pratiques dont la diversité tient aux options théoriques des chercheurs, aux activités laborieuses analysées, aux formations décrites ou imaginées, et aux individus impliqués dans les formations.
Ecrire à partir de l'expérience est une forme d'actualité. On écrit, on fait écrire pour construire des savoirs, pour transférer des compétences, pour améliorer le travail d'une équipe, pour "formaliser" la réflexion, pour légitimer une profession en crise.... Cette écriture de l'expérience est prise entre des postulats contradictoires. Quel est son "intérêt" par rapport à d'autres approches de l'analyse des pratiques ? Quel est son statut entre récit littéraire, analyse de pratiques, recherche scientifique ? Cet ouvrage est une analyse de ces formes d'écriture.
Cet ouvrage est issu d'un projet commun du Groupe de recherche sur l'accompagnement des Universités de Tours et d'Angers, élaboré au début des années 2000 qui s'est concrétisé par un colloque international en mai 2003 et poursuivit par un travail de synthèse et de critique. Il existe en effet une grande diversité des modes d'accompagnement et cet ouvrage présente un bilan à la fois historique, méthodologique et pratique à partir de situations professionnelles analysées. Une ouverture finale présente les « futurs » possibles de l'accompagnement.
En partant de la grande diversité des évaluations de projet ou de la constitution fréquente aujourd'hui de monographies de projet, il est possible d'identifier les règles incontournables sans lesquelles tout projet va se trouver inévitablement malmené ; mettre en évidence ces règles, c'est faire oeuvre de grammairien cherchant à définir le cadre incontournable à l'intérieur duquel va pouvoir se déployer l'espace de possibles que va utiliser l'écriture d'un projet ; ces différentes règles sont ici passées en revue, depuis l'art du jet et la démarche itérative du travail de conception et de réalisation jusqu'à la rose des vents des projets, la sémiotique des acteurs, en passant par le bon usage des paronymes du projet, les sept grandes familles de projet et les relations capricieuses entre programme et projet. Ces neuf règles identifiées permettent d'esquisser les caractéristiques fondatrices de toute conduite de projet.