Culture & communication
Ce livre s'intéresse à des pratiques de communication oubliées, non débattues, qui ne font plus « évènement » ou sont cachées, dans la sphère professionnelle à l'ère numérique. Les violences numériques ordinaires traduisent des transformations profondes des formes de communication et de coopération au travail. Il s'agit de violences relationnelles et symboliques médiatisées par notre équipement numérique, qui sont invisibles et largement tolérées dans les organisations, même si elles produisent de la souffrance, que celle-ci soit intentionnelle ou non, conscientisée ou non par les acteurs. Les résistances discrètes aux technologies qui équipent le travail et les potentialités des technologies pour soutenir et actualiser les processus de résistance professionnelle sont envisagées dans leur dimension positive et créative, à la fois comme révélatrices des formes de pouvoir symboliques à l'oeuvre dans les organisations contemporaines et porteuses de transformations. La démarche de recherche-action collaborative proposée permet de prendre au sérieux et d'éclairer ces pratiques « de l'ombre », comme des éléments essentiels et constitutifs de la vie des organisations, de faire évoluer les grilles de lecture, et de viser l'apprentissage organisationnel et la transformation.
L’analyse du discours enfin accessible à tous : ce manuel innovant déploie outils théoriques et exemples concrets, des tweets aux lettres de poilus. Une référence pour décrypter les mots qui façonnent notre monde.
Souvent déconsidérées du fait de leur caractère jugé incontrôlable qui rendrait complexe leur approche en tant qu'objet d'étude, les émotions ont longtemps été exclues de la recherche scientifique, faisant figure d'insaisissable. Ce livre a pour objectif de fournir des outils théoriques et méthodologiques spécifiques pour analyser la façon dont les émotions sont communiquées dans les organisations afin d'agir et/ou de faire agir. En appui des apports des sciences de l'information et de la communication (SIC), les auteures proposent une approche communicationnelle des affects, permettant ainsi leur analyse dans une grande variété de contextes organisationnels, de l'organisation instituée et formalisée au collectif organisé. Que ce soit par les corps, les discours et les récits, les dispositifs ou encore les objets, les émotions sont appréhendées comme des actes de communication se situant au coeur même des dynamiques de prise de décision et d'action. Il s'agit ainsi de concevoir la communication des organisations et au sein des organisations en tant que communications affectives, c'est-à-dire comme communication qui produit, codifie et génère des émotions, à la fois constitutive et instituante de culture affective et d'agir individuel, collectif et organisationnel.
Ce livre plonge au coeur de l'engagement politique visuel sur les réseaux sociaux, en analysant la façon dont les citoyens et citoyennes expriment leurs opinions et leurs émotions à travers des publications basées sur des images. En s'intéressant à l'expression individuelle quotidienne, et non aux actions ou mouvements collectifs, il propose une analyse innovante de la citoyenneté en ligne. Il est divisé en trois parties : La première pose les bases théoriques du concept de citoyenneté visuelle, en explorant ses dimensions personnelles, créatives et émotionnelles. La deuxième offre un cadre méthodologique détaillé, avec des outils concrets pour étudier les posts sur les réseaux sociaux (quels éléments visuels prendre en compte, comment analyser les relations texte-image, comment coder le contenu visuel et identifier les opinions et émotions). La troisième présente des résultats quantitatifs et propose une analyse concrète des émotions et opinions exprimées dans les posts, en montrant comment les métaphores politiques y sont souvent centrales. Avec plus de 60 exemples, ce livre est un outil clé pour analyser la citoyenneté visuelle sur les réseaux sociaux, à destination des passionnés de politique, de communication et de nouveaux médias.
Comment les pratiques de communication au travail évoluent-elles avec l’usage – devenu massif – des outils de communication numériques ? Comment les salariés vivent-ils la numérisation croissante des échanges ? Quels bouleversements et phénomènes nouveaux autour de la civilité ou de l’incivilité organisationnelles peut-on observer ? Avec quelles conséquences sur l’environnement organisationnel et la santé au travail ? À travers 7 chapitres signés par des chercheurs en communication, en gestion, en psychologie sociale et en droit social, ce recueil pluridisciplinaire dessine les contours de phénomènes d’incivilités numériques au travail tels qu’ils se développent dans les organisations contemporaines, qu’il s’agisse de mail lapidaire, d'absence de réponse persistante ou de mise en copie abusive. Les transformations des pratiques de civilité sont analysées comme les symptômes d’évolutions organisationnelles et technologiques, qui révèlent souvent un travail « en souffrance ». Ce livre s’adresse aux chercheurs et aux étudiants, mais également aux professionnels intéressés par les nouveaux enjeux organisationnels et de santé au travail liés à l’usage des technologies de communication, et notamment du travail à distance.
À partir d'une revue de la littérature scientifique et professionnelle française et internationale, ce livre explique la complexité de ces nouveaux médias que nous utilisons quotidiennement sans y penser. Le XXIe siècle a vu les pratiques numériques intégrer notre quotidien, tant dans la sphère personnelle que dans l'univers professionnel. Les médias sociaux en sont l'une des manifestations les plus évidentes. Que ce soit pour le partage ou la recherche d'informations, la génération Y a grandi avec eux, mais ils ont également conquis les générations précédentes. Sont-ils porteurs de liens sociaux ou, au contraire, ont-ils un caractère dissociant ? Provoquent-ils une forme de délitement de la relation au bénéfice de l'interface ? La génération née avec ces modes de connexion généralisés adopte désormais d'autres usages, voire détournements, qui sont analysés ici (fake news, dark web, etc.). Le développement des moyens de communication mobiles et autres systèmes embarqués s'inscrit dans des logiques d'instantanéité, de reconfiguration de l'espace-temps et de la relation interpersonnelle, contribuant à leur avènement irréversible. Ce livre traite de cette forme de communication, qui oscille entre virtualité et réalité, et explique ce qui rend le phénomène si complexe.
Une étude sur l'impact du smartphone sur la communication humaine. Les différents contributeurs montrent comment la psychologie, la sociologie, l'anthropologie ou encore les sciences de la communication peuvent apporter un éclairage sur ce sujet sensible. Avec le smartphone, que devient la communication ? Entre pharmakon (qui désigne à la fois le poison et le remède) et pharmaphone (quand on s'intéresse de plus près à son impact sur la voix), l'objet emblématique du XXIe siècle a transformé en profondeur la communication entre les humains et peut aussi nous renseigner sur elle. Dix-sept spécialistes se penchent sur la question et sur le ressenti des adolescents. L'objectif de l'ouvrage est d'offrir aux professionnels de l'éducation et de la communication et aux enseignants un bagage conceptuel et bibliographique pour explorer la problématique de l'impact du smartphone sur les relations humaines à travers la réalisation d'un récit. Il encourage, après avoir pris appui sur les concepts, à créer des histoires qui les mettent en scène et à organiser une pièce de théâtre ou tourner un court-métrage grâce à l'oeil « intelligent » du smartphone. Avec les contributions de : Serge Tisseron, Pascal Lardellier, Jean Abitbol, Clotilde Chevet, Xavier Pommereau, Philippe Gutton, Anne Cordier, Daniel Marcelli, Olivier Duris, Fabienne Martin-Juchat, Daniel Bougnoux, Feirouz Boudokhane-Lima, Cindy Felio, Hélène Jeannin et Nadja Monnet.
Une étude de sémiotique contemporaine sur la façon dont nous donnons sens à nos expériences et révélons nos manières d'être. La vie, qu'elle soit humaine ou animale, individuelle ou collective, ne peut compter que sur elle seule pour persévérer dans son cours et se maintenir dans le monde. Voilà pourquoi elle doit toujours s'activer et souvent emprunter des voies nouvelles lorsque sa persistance est menacée. Le sens est cette direction indéterminée que trace la vie, que tracent nos vies. En parcourant le monde, nous rencontrons, manipulons et produisons des textes et des objets qui, à leur tour, viennent à manifester un sens, celui que nous leur conférons au cours de nos existences et de nos expériences. Nous marquons ainsi toujours d'une empreinte symbolique notre environnement ; nous révélons toujours, par nos manières d'être et de faire, des formes de vie sémiotiques. À la fois essai en sciences sociales et introduction générale à la sémiotique, ce livre présente une étude complète et critique des formes de vie : une définition détaillée du concept, une clarification quant à leur rapport avec les pratiques, les stratégies et les styles de vie, une classification de leurs variétés, enfin, une explication de comment, à terme, elles parviennent à colorer de leurs éthiques les milieux humains, nos sémiosphères. Instaurant le dialogue entre sémioticiens actuels et historiques, comme Algirdas Julien Greimas ou Roland Barthes, cet ouvrage explore les nouveaux champs sémiotiques de l'expérience et de la culture, tout en offrant des pistes et des outils pour étudier et exercer le sens de façon plus éclairée.
Comment interagit-on dans et avec les réseaux sociaux ? Comment ceux-ci affectent-ils la politique et le journalisme ? Comment construit-on un espace et un lieu interactif ? Comment les utilisateurs de plateformes digitales se définissent-ils comme membres d'une communauté ? En dix contributions, des analystes du discours de la communication digitale proposent un regard innovant sur les formes hybrides et multimodales des discours des réseaux sociaux. Cet ouvrage se situe à la croisée de plusieurs intérêts : odécrire la communication des réseaux sociaux en prenant appui sur l'analyse d'événements et de discours attestés ; o témoigner de l'importance des méthodologies combinées dans l'analyse des discours des réseaux sociaux ; o rendre compte des enjeux identitaires du digital, entre narcissisme et citoyenneté ; odéfinir le jeu du politique et la responsabilité des médias à l'ère digitale. Les auteurs décrivent le fonctionnement et les enjeux des discours des réseaux sociaux avec un regard croisé, comparatif, tant qualitatif que quantitatif et en tenant compte d'une variété de contextes (Canada, Royaume-Uni, France, Italie et Suisse). Cet ouvrage s'adresse tout particulièrement aux chercheurs et enseignants en humanités digitales et en sciences de la communication politique et des médias ; en tant que réflexion sur les enjeux citoyens et sensibilisation aux nouveaux médias, il intéressera également les enseignants du secondaire et les utilisateurs des dispositifs digitaux.
Objet d'études très diverses, le portrait est ici abordé sous un angle original, celui de la sémiotique. L'ouvrage reconstitue les règles fondamentales du genre, les méthodes de la signification qui dépassent la diversité des supports, des époques et des styles. La sémiotique dialogue ici avec la philosophie, les sciences de l'information et de la communication et les théories de l'art, notamment, pour saisir un double mouvement d'extraction par lequel le monde se transforme en un fond tandis que le visage devient une figure offerte à l'observation. Cinq approches sont successivement adoptées : la figuralité, la figurativité, la présence, l'énonciation et la réflexivité. Chacune débouche sur une analyse de corpus contemporains : des portraits d'adolescents, des photos de presse et de paparazzi, des portraits électoraux et des photos officielles, des autoportraits peints et des selfies. Le genre du portrait est donc envisagé dans ses formes les plus actuelles et rapporté à diverses pratiques sociales. Au-delà des lieux communs (les questions de ressemblance, de présence...), l'ouvrage permet de faire dialoguer les deux principaux supports du portrait - la peinture et la photographie - en distinguant leurs effets de sens et leurs contributions à l'effet de vie. Car derrière la mise en place d'un protocole d'extraction, ce qui est en jeu dans le portrait, c'est la possibilité de prêter vie à ce qui n'est après tout qu'une figure de papier.
La peopolisation politique, ou médiatisation de la vie privée des personnalités politiques, est en vogue depuis quelques années. Cet ouvrage propose une grille de lecture théorique et empirique pour aborder cette pratique et comprendre son évolution. La peopolisation politique désigne usuellement la mise en scène de la vie privée ou de l'intimité des représentants politiques ou encore les rapprochements entre la sphère politique et celle des célébrités. Ce phénomène s'est développé avec une intensité et une chronologie variables dans les pays européens. Cet ouvrage étudie la construction et la diffusion de la peopolisation politique dans quatre contextes (Belgique francophone et néerlandophone, France et Grande-Bretagne). Il poursuit un objectif théorique et méthodologique selon trois axes : o la mise en évidence des composantes qui forment le noyau de l'énonciation people et leur déclinaison en politique ; o la mise en perspective diachronique de ces composantes, où sont croisées les mises en scène des représentants politiques qui relèvent de stratégies consensuelles entre médias et politiques et les ruptures qui interrogent le processus de désacralisation du politique ; o la confrontation entre les données contextuelles relatives aux systèmes médiatiques et politiques, qui peuvent expliquer des variations d'intensité dans la diffusion de la matrice people. En définitive, c'est la définition des sphères de l'espace public médiatique, tant du point de vue de la nature des contenus qui y sont traités que de son organisation structurelle, qui est en jeu.
Ce livre esquisse ce qu'on pourrait appeler le système de l'oeuvre de Duras. Cette oeuvre, tout entière travaillée par le régime du glissement, de l'empiétement, comme aspirée par le néant, poursuit, depuis plus de quarante ans, sa lente avancée. Vers le silence. Il s'agit ici d'approcher une fantasmatique profondément pessimiste qui, en faisant éclater les contours du langage, sa syntaxe, aussi bien que ses concepts, dit l'horreur de l'arrachement, la nostalgie de l'infini et le goût du désastre. L'analyse s'articule autour de trois moments coïncidant avec trois perspectives distinctes, mais solidaires : ce qu'on se risque à désigner comme une anthropologie, une théologie négative, puis une phénoménologie de la représentation qui débouche sur une ontologie de la douleur. C'est qu'en effet, cette lecture se veut avant tout soucieuse de manifester, chez Duras, une sensibilité habitée par une tonalité fondamentale : la douleur d'être au monde.