Fabienne Martin-Juchat
Fabienne Martin-Juchat
L'objectif de cet ouvrage est de questionner le postulat d'une nouvelle morphologie sociale incarnée par les "sociétés de l'attention" en réhabilitant l'inscription des techniques numériques dans les structures de la modernité. Quelles relations entretenons-nous au fond avec les outils numériques ? Comment et en quoi nous sollicitent-ils somatiquement par le prisme de techniques dites de "captation" de l'attention ? Quels sont les leviers de nos dépendances affectives aux communications numériques ? Quelles méthodes pour les étudier et réfléchir sur l'intégration de nouvelles normes ?
Pour saisir toute la complexité du sens des pratiques corporelles, des chercheurs en sciences humaines et sociales se sont réunis, afin de mettre en corrélation les logiques sociales de construction et d'appropriation des messages corporels. Dans cette perspective, il convient de considérer les pratiques du corps comme des lieux privilégiés de l'expression d'un rapport individu/société toujours situé culturellement dans une époque donnée.
Souvent déconsidérées du fait de leur caractère jugé incontrôlable qui rendrait complexe leur approche en tant qu'objet d'étude, les émotions ont longtemps été exclues de la recherche scientifique, faisant figure d'insaisissable. Ce livre a pour objectif de fournir des outils théoriques et méthodologiques spécifiques pour analyser la façon dont les émotions sont communiquées dans les organisations afin d'agir et/ou de faire agir. En appui des apports des sciences de l'information et de la communication (SIC), les auteures proposent une approche communicationnelle des affects, permettant ainsi leur analyse dans une grande variété de contextes organisationnels, de l'organisation instituée et formalisée au collectif organisé. Que ce soit par les corps, les discours et les récits, les dispositifs ou encore les objets, les émotions sont appréhendées comme des actes de communication se situant au coeur même des dynamiques de prise de décision et d'action. Il s'agit ainsi de concevoir la communication des organisations et au sein des organisations en tant que communications affectives, c'est-à-dire comme communication qui produit, codifie et génère des émotions, à la fois constitutive et instituante de culture affective et d'agir individuel, collectif et organisationnel.
Le corps et la communication corporelle au centre de la construction de l'identité humaine. Cet ouvrage propose une réflexion engagée à partir de recherches en anthropologie du corps et des émotions. La connaissance du corps,nécessaire pour l'émancipation, repose sur un dialogue entre la connaissance réflexive et la pratique des arts corporels, notamment ceux qui engagent le toucher. La crise sanitaire du COVID-19, en perturbant les usages sociaux qui impliquent la proximité avec autrui et favorisent la communication corporelle, paraissent menacer ces derniers-comment les réinventer pour préserver la construction harmonieuse de l'identité?Ensuite, à rebours du nouveau culte voué au«dieu corps», tant par les puissances du capitalisme que par les discours qui, en prétendant résister à ce dernier, constituent de nouveaux bastions, comment accorder au corps ce qui lui est nécessaire, sans s'enfermer dans un nouveau narcissisme?
Au XXIe siècle, considérer le corps comme un simple instrument au service de la performance sociale et de la productivité n'est plus la conception majoritaire. Le corps est le moyen d'accès à soi, en communication sensible avec tous les vivants. L'expérience des confinements et le manque de contacts ont engendré une prise de conscience : le corps ému, dans la rencontre, donne accès à la connaissance du monde, aux autres vivants, humains et non humains, et surtout à soi-même.
Lors de nos rares sorties, les regards sont fuyants, les visages sont sévères, les saluts rares. Pourquoi un tel comportement ? Le Covid-19 ne se contracte pourtant ni par le regard, ni en disant « bonjour » à un passant. Ce changement, qui ne se manifeste pas que dans les quartiers urbains et « sensibles », pourrait sembler anodin. Mais il annonce une évolution peut-être durable. Les rites de politesse ont un rôle essentiel : afin de préserver l'interlocuteur, il s'agit d'éviter l'inquiétude d'être agressé, impliquée par la coprésence physique. Il a fallu des siècles d'éducation dans toutes les sociétés pour contenir cette pulsion animale de peur de l'autre qui mène à une réaction primitive : sauver sa peau.
La prédominance des logiques marketing dans les pratiques communicationnelles des organisations pose aujourd'hui question. Le souhait de voir évoluer et s'autonomiser les pratiques des professionnels en s'inspirant d'un renouvellement théorique et méthodologique a déjà été formulé dans les années 1990. Depuis, les pratiques ont-elles changé ? Quel état des lieux peut-on dresser ? En partant à la rencontre de professionnels de la communication, ce livre apporte de nouveaux éléments de réponse. Certains confirment des tendances émergentes dès la fin des années 1980, d'autres infirment au contraire des idées reçues qui ne résistent pas au travail réflexif mené sur le terrain. L'ouvrage s'adresse aux professionnels de la communication chez l'annonceur et en agence, consultants, enseignants-chercheurs en sciences de l'information et de la communication et étudiants des formations universitaires, technologiques et professionnelles en information - communication ; étudiants en IUT, BTS et écoles de communication. Ont également contribué à cet ouvrage : Christine Barats, université Paris Descartes - Guillaume Blanc, université Grenoble-Alpes - Patrice de la Broise, université de Lille 3 - Vincent Brulois, université Paris 13 - Bertrand Cabedoche, université Grenoble-Alpes - Jean-Marie Charpentier, AFCI - Alexandre Coutant, université de Franche Comté - Olivier Galibert, université de Bourgogne - Laurent Morillon, université Paul-Sabatier Toulouse - Lise Renaud, université d'Avignon et des Pays du Vaucluse.