Actes et mémoires du peuple
Découvrez Voix d'en bas, l'œuvre majeure d'Edmond Thomas qui révèle la poésie méconnue des ouvriers du XIXe siècle. Un voyage littéraire et social au cœur des luttes, des rêves et des mots de ceux que l'histoire a souvent ignorés.
« Pour savoir ce que c'est que la vie de mineur, il faut se dire qu'on y est condamné jusqu'à la mort, malgré les coups durs, les dangers, la misère. Faire une année de travaux forcés, ce doit être terrible, mais y être condamné à perpétuité... » Ainsi s'exprime Constant Malva dans « Ma nuit au jour le jour », écrit en 1937 et publié seulement quinze ans plus tard - et d'abord, en extraits, dans Les Temps modernes en 1947. De son vrai nom Alphonse Bourlard, Constant Malva est né en 1903 dans le Borinage en Wallonie. Fils de mineur, toute sa vie a été marquée par la mine : il a passé vingt ans dans la fosse et il est mort en 1969 des suites de la maladie professionnelle de la mine, la silicose. N'ayant même pas son certificat d'étude primaires, il a voulu écrire, pour témoigner, avec obstination. « Ecrire est un moyen de m'épancher, c'est une longue confidence à mes frères anonymes perdus dans la même nuit. » Ma nuit au jour le jour est un des grands livres produits par le groupe des « Ecrivains prolétariens » qui s'est constitué dans les années 1930. Mais c'est surtout un témoignage, un réquisitoire sur la vie des mineurs du Borinage. « J'ai voulu démystifier ceux qu'on appelle les "héros du sous-sol". Quelle invraisemblance. Il est difficile d'être un héros en consentant au sort d'esclave. » L'introduction de Bruno Mattéi replace dans le contexte historique et social de l'époque, Constant Malva et son récit « au ras des gestes » à l'encontre de toute l'imagerie traditionnelle.
Philosophe, mystique et militante, Simone Weil a marqué son siècle par une quête absolue de vérité et de justice.
Découvrez le parcours exceptionnel de Jeanne Bouvier, ouvrière syndicaliste et féministe, qui a marqué l’histoire sociale française de 1876 à 1935.
1936, Allemagne : un jeune comédien refuse de servir Hitler et choisit l'exil. Tendre exil est le récit poignant et drôle de Claude Vernier, qui fuit le nazisme pour la France, où il deviendra acteur et soldat.
1933, la France devient terre d'asile pour des milliers d'antifascistes allemands fuyant le nazisme. Exilés en France restitue leurs récits poignants, entre rejet et solidarité, et offre un regard unique sur la France des années 30.
1956, Budapest. Codou, communiste et rebelle, vit ses idéaux au quotidien : objecteur de conscience, volontaire en Espagne, déporté en Algérie, il défie les apparences et les ordres.
Un homme de quatre-vingts ans parle et son petit-fils l'écoute. Il ne raconte pas sa vie de A à Z, il ne la déroule pas comme un fil. Pas d'attendrissement sur le passé. Mais il parle et s'inscrivent dans ses mots un espace, un pays, des hommes, leur travail, leurs rêves et leurs espoirs. Un espace : celui, immense, délimité par le fleuve Saint-Laurent : 20 kilomètres de large à cet endroit. Du village de Kamouraska, on voit, en face, la rive nord si nettement qu'on distingue un homme en train de labourer. A l'horizon la chaîne des Laurentides et le vieux plateau hercynien du Grand Nord qui commence. Le village vit au rythme des marées du fleuve et du cabotage de ses goélettes. Les terres fertiles, partagées au fur et à mesure des arrivées, en « rangs » de colonisation, s'adossent à la forêt. Derrière la forêt, au Sud, les Etats-Unis. Et l'hiver, la chape de neige, les froids de - 40° et le fleuve gelé. Les hommes : les « habitants », canadiens-français, Québécois, dont les ancêtres ont gagné rang par rang des terres qui pour la plupart d'entre eux ne peuvent suffire à les faire vivre. Monde paysan abandonné un jour de 1763 sur cette rive, qui se survit, avec sa culture propre, son économie propre, ses techniques propres, quitte à s'en inventer de nouvelles au besoin. Monde à l'écart de la société dominante anglophone, qui règne plus loin que Québec, vers Montréal, à des centaines de kilomètres. Monde étouffé par les castes sociales, par le paternalisme des dirigeants provinciaux, par la toute-puissance de l'Eglise, indispensable médiatrice et ultime recours. Paysans fascinés par l'appel du travail plus facile de l'autre côté de la frontière, aux Etats-Unis, plus tard attirés, comme Joseph Michaud, par les « shops » de Montréal, où il fait l'apprentissage du syndicalisme. Pas de folklore, donc, dans ce texte : ce que Jos-Phydime Michaud a confié à son petit-fils, Fernand Archambault, c'est la description sans complaisance d'une société écrasée par l'obsession de se survivre, qui y parvient envers et contre tout, la lutte d'hommes écartés de l'Histoire pendant deux siècles.