Poésie-prose africaine
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« Ce livre a pour but de cerner la culture - sinon l'histoire - des Songhay à travers leurs légendes, auxquelles il tente de donner une logique capable de les situer et de les rattacher à l'Histoire. Il insiste particulièrement sur la signification de celle-ci, quant aux tentatives d'unité qui essaient de s'esquisser en Afrique. Mais, décisif, concernant les Songhay, est le rôle historique dévolu à Sonni Ali Ber et Askia Mohammed Touré, rôle qui donne une signification à cette histoire, dont les légendes ne sont qu'un aspect culturel. Réalités à ce niveau, elles perpétuent le souvenir exaltant de ces deux grands ancêtres Songhay, celui de deux moments de l'histoire glorieuse de l'empire Gao. Accrochée à son passé, l'âme du peuple Songhay, portée par sa passionnante histoire, continue de battre dans des chansons de geste captivantes. Il existe une forte solidarité Songhay à travers la savane soudanaise où que ce peuple se trouve. Le « Songhoï » est un pays, un peuple et surtout une « langue » que les « Songhay » n'abandonnent jamais, quel que soit le milieu africain, même dominant, qui les accueille. C'est tout ce maté
Né en 1944, à Brazzaville, Maxime N'Debeka fait ses études secondaires au collège Chaminade. Il suit une formation de technicien en électronique en France et en Union soviétique, tout en portant un vif intérêt à la littérature, aux arts et à la culture africains. Spécialiste en détection électromagnétique, en radio et en gonio, en semi - conducteurs transistors et applications industrielles, une carrière intéressante pouvait s'annoncer pour lui dans l'armée nationale. Mais, de retour au Congo, il consacrera toute son énergie à des tâches militantes, ce qui compromettra sa carrière militaire. Ignoré de ses chefs, écarté de toute promotion, il n'en continuera pas moins dans ses activités, d'abord au sein de la JMNR (Jeunesse du mouvement national de la révolution). En 1968, il est nommé directeur général des Affaires culturelles. À ce poste, il créera et organisera l'action culturelle dans le pays. Le 31 décembre 1969, il est membre du Comité central du parti au pouvoir, et vice-président de la Commission de propagande du Comité central. Officier, il remplit une mission de l'armée en se rendant - d'avril à septembre 1971 - en Chine populaire, pour s'initier aux armes blindées. Mais, le 22 février 1972, il est arrêté. Il sera condamné à mort, peine commuée in extremis en « réclusion criminelle à perpétuité ». Le 6 novembre de l'année suivante, cependant, d'autres mesures viennent assouplir son régime de détention. Depuis lors, il est assigné à résidence à la campagne. Il a publié, chez Clé à Yaoundé, un premier recueil de poèmes « Soleils neufs » et, à nos éditions, dans la collection « Théâtre africain », une pièce "Le président", préfacée par Henri Lopès. On lira, dans le présent recueil, le célèbre poème « 980.000 », dont Henri Lopès écrivait : « Ce poème n'appartient plus à N'Debeka, il est la propriété du peuple congolais, jusqu'à ce que l'Afrique, puis le monde exploité, et enfin le reste du monde, le découvrent et peut-être s'en emparent. » Mais l'essentiel de ce nouveau recueil a été écrit en prison. Il en traduit admirablement, dans un langage qui confirme Maxime N'Debeka en tant que véritable poète populaire, la douloureuse expérience. Il est aussi, comme l'écrit Simon N'Tary, « un pathétique chant d'amour ».
« Ce livre continue mon ouvrage, « Le double d'hier rencontre demain ». Il ne conclut pas cet ouvrage. Il en indique une conclusion possible. Il attire l'attention sur l'Afrique. Il en pose le problème en termes de questions : que croire ? qui croire ? comment croire ? », annonce l'auteur dans son avant-propos. Paru en 10/18, « Le double d'hier rencontre demain » comportait une préface où Jean Rouch écrivait ceci : « Au moment où se fait l'amer bilan d'une décennie de développement, où se trouvent remis en question les systèmes les plus solides de ce que nous appelons la civilisation, où la prospective est devenue la divination médiocre d'une médiocre période, où l'homme salit ce qu'il touche, détruit ce qu'il côtoie, élimine l'autre au seul profit de soi, il faut du courage, c'est-à-dire un grand talent, pour ouvrir aussi librement les portes du merveilleux, qui affirme délibérément l'indivisibilité du passé, du présent et du futur de l'Afrique. Boubou Hama est sans doute le seul à avoir cette audace tranquille qui lui permet de donner aux hommes d'aujourd'hui ce dont ils ont le plus besoin : un mythe », ce qui peut tout aussi bien caractériser l'oeuvre entière de Boubou Hama.