FeniXX réédition numérique (La Colombe - Éditions du Vieux Colombier)
Avec « l'Economie Mondiale Contemporaine », l'entreprise de Guy-Willy Schmeltz trouve sa véritable ampleur et l'enquête sur le monde d'aujourd'hui, dont « Bilan de l'Occident » et « La Politique Mondiale Contemporaine » offraient respectivement le panorama philosophique et diplomatique, se parachève ici avec l'analyse économique des relations internationales. Jamais peut-être la transformation de notre planète ne nous apparaît plus fondamentale et plus claire qu'à l'occasion de cette nouvelle étude. L'auteur, à nouveau, témoigne de son esprit de synthèse en assemblant autour des lignes fondamentales de l'évolution les mille faits qui se sont succé
Georges Pégand - un polytechnicien - aborde un grand sujet que l'on ne se souvient pas d'avoir déjà vu traiter : la Science apporte une certitude d'un nouveau genre qui lui confère l'autorité pour intervenir dans la conduite de la vie. Un dialogue s'engage entre deux personnages, Éros et Agapé, symbolisant deux courants cosmiques indissociables. Agapé tient Éros sous son charme et le guide à la découverte des grandes lois de la vie. Il l'entraîne dans une progression logique et naturelle, avec un fil directeur constitué par les liaisons entre la cellule nerveuse et la conscience. Les espèces animales cessent d'évoluer lorsqu'elles ont mécanisé un organe. Mais l'homme est conduit plus subtilement vers une impasse, en se laissant séduire par la spécialisation fonctionnelle et la dispersion psychique. Chaque science avance dans un domaine propre, avec une méthode particulière. La Psychologie éducative a mis au point une méthode idéo-motrice basée sur ces liaisons cellule-conscience ; elle conduit à l'épanouissement du corps et des facultés psychiques. Cette méthode était expérimentée il y a deux millénaires par l'ascèse chrétienne archaïque dont le voile encore obscur est entrouvert au lecteur. La Science de l'homme peut répondre à une confrontation de géant. Elle démontre le manque d'objectivité historique des promoteurs de cette affirmation : "Dieu est un reflet fantastique que l'homme a de lui-même et qu'il a projeté hors de lui." Minutieusement, avec un choix de textes à l'appui, défilent, tout au long du livre, les grands noms de la Paléontologie, de la Biologie, de la Psychologie Idéo-motrice, du Libéralisme Philosophique, du Matérialisme Scientifique parallèlement à ceux de saint Paul, des Pères Apostoliques, des Pères des Déserts, de Jean Cassien, de saint Bernard, d'un moine anglais du XIVe siècle, de Bernardin de Sienne. L'auteur s'efforce de trouver le sens cosmique des paroles de saint Jean : "La Vie est la Lumière des hommes." Son investigation aboutit à l'harmonie. À ces modes de penser et d'agir qui paraissent irréductibles, la vie éclaire son dessein, fait resplendir sa beauté, rayonner son art.
Et voici son livre. Le titre : "Je suis ouvrier, fils de paysan". Nous y voici. Nous sommes avertis. Pas d'échappatoires, jamais, pas de littérature au sens péjoratif du mot. On est, ou on n'est pas ? Si on est, pourquoi ne pas se dire ? Quel mal à cela ? Cependant se dire tout de bon, se mettre à nu, faire en quelque sorte son autocritique, non. Pas plus ici d'autobiographie que de roman : une image de vérité d'un monde jusqu'ici inconnu, et qui échappait justement à notre connaissance parce qu'il ne nous avait été présenté que par des gens qui étaient "hors de lui". Dans le livre de Camille Sabourin, peu de descriptions par exemple. Juste ce qu'il faut et le décor est toujours là. De longues discussions entre copains, sur tout ce qui intéresse et pose des problèmes et ces discussions ont lieu où cela se peut, au bistrot, en ballade. C'est bien comme cela que ça se passe. Jamais d'insistance sur les petits côtés de la vie. Bien sûr, la vie de tous les jours apporte des contraintes et si elles sont différentes suivant les conditions sociales, n'existent-elles pas pour tout le monde. Alors, à quoi bon appuyer ? Ce serait trop facile. Oui, un monde sain, net, sans bavure, où les personnages parlent parfois une langue simple, où les jeunes filles sont fières, parce que, ma foi, on allait l'oublier, il y a des jeunes filles pures qui n'ont pas cru nécessaire de devenir des "intellectuelles de gauche", où tout un peuple travaille, gémit, pense dans la droiture, et dans l'honneur, et "balance" à la face du monde le poids énorme de son bon sens et de sa dignité. « Je suis ouvrier, fils de paysan. Je suis fils de France. » Voici un livre qu'aimeront tous les vrais fils de France. Un livre que Péguy eut aimé.
Ces images ne sont pas des portraits. À peine des esquisses. L'anecdote s'y mêle parfois au jeu de lumière et d'ombre, et compromet la solidité des volumes, la finesse possible du modelé. Un caractère commun relie pourtant entre eux des personnages échelonnés sur plusieurs siècles : ils appartiennent tous à la région du Centre et particulièrement au Berry. Les écrivains dont il est question ici n'ont pas été régionalistes au strict sens du mot. Quelques-uns datent d'une époque où le mot n'existait pas. Quant aux modernes, on sait assez que Latouche, Balzac, Rollinat, Charles-Louis Philippe, Alain-Fournier, Amédée Ponceau, et même Marguerite Audoux, ne peuvent être enfermés dans d'étroites frontières. On a tendance à ne classer comme régionalistes que les écrivains dont le nom, répandu dans une province, est à peine connu à Paris. Inversement, dès que l'un d'eux voit sa renommée s'étendre à toute la France et jusqu'au monde entier, il cesse d'être régionaliste. Le régionalisme ne saurait mourir. C'est cette grande signification des littérateurs de chez nous qu'il est bon de leur restituer. Chacun d'eux, en creusant autour de soi, retrouve des fondations, une base solide, et comprend que faute de passé nous ne saurions être des âmes.
Beaucoup de mots ont des sens divers, souvent contradictoires ou obscurs, spécialement lorsqu'il n'y a pas d'objets précis pour comparer les idées qu'ils représentent. Des termes philosophiques, religieux, politiques, prêtent à confusion. Du fait de ces imprécisions, il arrive souvent qu'aucune vérité ne s'impose clairement. Aussi l'Auteur chercha-t-il à exprimer mathématiquement les idées. Pour obtenir des formules distinctes, nuancées, capables de représenter les pensées, François Pérot dut analyser leur contenu et trouva un système d'expression basé sur sept aspects, suffisant pour caractériser les connaissances humaines. L'étude de mots tels que Moi, Cause, Énergie lui dévoila la vraie causalité du perpétuel présent. À l'aide des sept aspects et de la vraie causalité, l'Auteur se forma une vision de l'existence, et ce point de vue, en accord avec les sciences, coïncide avec le fond de toutes les connaissances. En effet, ces sept aspects permettent une classification qui concorde avec la formule de la relativité et les lois de l'électricité. Avec la vraie causalité, ils résolvent de nombreuses contradictions philosophiques. La foi et le fond commun des diverses croyances confessionnelles trouvent, dans la réalité, leur place naturelle et les rapports sociaux se basent sur des coefficients qui devraient servir de modèle de règlement aux échanges économiques. L'ouvrage est scientifiquement présenté sous forme d'hypothèse explicative qu'il appartient à chacun d'expérimenter. Un tableau récapitulatif permettra à chacun de situer sa façon de penser et, à l'occasion, de la modifier.
La civilisation occidentale « extravertie », préoccupée avant tout de la connaissance de l'environnement et de l'exploitation du monde, engluée dans sa « conscience horizontale », se condamne à devenir le produit de son résultat. La civilisation dite orientale « introvertie », qui s'est pendant des siècles, désintéressée de la connaissance objective, au profit du recueillement sur les « réalités autres », ne sait pas dépasser ses certitudes pour entreprendre de connaître ce dont elle témoigne. Et cependant... l'époque contemporaine est celle de la nouvelle révélation, celle du témoignage enfin réconcilié du connaissant et du mystique. Nous ne savons pas encore tout, mais nous pouvons tout savoir, à la condition de pousser à ses frontières notre logique actuelle et de reconnaître ainsi qu'il nous faut « actualiser » les logiques particulières à chaque réalité jusqu'au jour où, ayant trouvé la logique commune à toutes les logiques particulières, nous connaîtrons ainsi le Vrai du Réel... pour nous. Il importe à l'Occident de retrouver le sens des réalités autres et de réintroduire la « verticalité » dans son esprit de connaissance. Et à l'Orient, de savoir prolonger son témoignage de verticalité par l'efficacité de la connaissance positive. Derrière nous sont les étapes de ce qui, désormais, apparaît un chemin ; mais devant, il n'y a rien que ce que notre lumière va créer. Ce livre nous montre les grandes directions de l'aventure grandiose et confuse de la vie humaine. Nous pouvons savoir aujourd'hui que nous sommes responsables de ce devenir, qui n'est pas celui de « l'Esprit », ni celui des « Choses », mais, pour nous, à notre échelle, le devenir de l'Esprit dans les Choses.
Notre civilisation, presque exclusivement rationaliste depuis des siècles, commence à douter d'elle-même pour avoir misé sur la Science matérielle et la Technique.
La cybernétique est un de ces mots savants où la Science moderne semble recéler quelque secret fabuleux réservé à ses initiés. Bien que les Grecs anciens l'employaient déjà pour désigner l'art du pilotage, le « mot » sonne à nos oreilles inaccoutumées d'une manière étrange, presque inquiétante, la « chose » pourtant est désormais d'une évidence qui confine à la banalité. Il n'est pas indispensable d'être un spécialiste en mathématiques, en télécommunication, en physiologie, en psychologie ou en sociologie, encore que la cybernétique concerne toutes ses disciplines, pour comprendre de quoi il s'agit. Au-dessus du champ extrêmement varié de ses applications techniques, elle apparaît comme une philosophie scientifique du comportement humain, une sorte de sagesse que nous mettons continuellement en oeuvre sans même nous en rendre compte. À ce titre, elle relève de la culture générale des hommes de la seconde moitié du vingtième siècle. Un de ses mérites est de poser en termes nouveaux, incisifs, impitoyablement clairs, le vieux problème de la transcendance. Quelle est la place du Dieu des mythes religieux, en particulier de l'Église chrétienne, dans l'art de vivre aujourd'hui ? La cybernétique illustre comment la méthode scientifique doit s'efforcer de résoudre le problème en l'éludant. Mais, en même temps, elle rend perceptibles les limites de l'empire du savoir rationnel arrachant ses programmes d'action à une transcendance sans laquelle la pensée n'aurait pas d'avenir. La sagesse cybernétique élude les mythes et les théologies à force de refouler la transcendance qui voile d'irrationalité tous les projets humains à leur naissance. Notre âge cybernétique assiste-t-il à l'agonie du Dieu transcendant de la tradition de l'Église ? N'existe-t-il pas d'autre transcendance que celle qui est sans cesse dévorée par l'appétit de la pensée rationnelle ? La réponse dépasse les frontières de la cybernétique dont les exigences rappellent utilement à tous ceux qui parlent dogmatiquement de Dieu que l'esprit humain, malgré tout, respire à l'air libre. Pourquoi Dieu ne resterait-il pas le nom propre de la liberté ? Puisque la liberté, en définitive, c'est la transcendance...
Le narrateur vient de perdre un amour qu'il croyait absolu. Il cherche à déchiffrer son angoisse. Pour retrouver son équilibre, il repense son enfance. Au rythme d'un temps qui, à la différence de notre temps horaire, est réversible, les émotions sont revécues, enchevêtrées, refondues. Alors se déroule un roman d'une grande puissance poétique. Cet art d'orchestrer des souvenirs, cette virtuosité à démonter des mécanismes spirituels sont ceux d'un Proust, mais d'un Proust mystique qui irait plus loin dans une direction ascensionnelle. Raymond Dupin va découvrir le processus de la grâce, l'objet de la contemplation, l'activité plénière de l'Être ; il reconnaît et définit la perfection révélée en les termes d'une « valeur absolue ». Par sa conception dialectique qui correspond en quelque sorte à une nouvelle compréhension du dogme de la Trinité, l'Auteur rencontre Maître Eckhart auquel il donne un prolongement psychologique en liant son enseignement à la science des valeurs. Par sa révélation d'une totalité de l'Esprit qui commande à la réalisation du « soi », il rejoint C.-G. Jung. Son originalité est manifeste et sa conception demeure ordonnée autour d'une expérience du divin, spontanée et sincère. La révélation de ce processus de la contemplation parfaite qui est un mouvement régénérateur étendu à toute la nature humaine, est une découverte. Voilà l'importance de ce roman qui déborde l'espace littéraire et qui contient des pages étonnantes, comme celles où nous assistons à une résurrection de George Sand dans son authenticité mystique. La richesse d'idées de Raymond Dupin a déjà été relevée lors de ses précédents romans et Georges Charensol, dans « Les Nouvelles Littéraires » affirmait avec juste raison que son « remarquable début mériterait de retenir l'attention des Goncourt ou des Renaudot ».
Son caractère insolite, c'est sa matière toute crue, son humanité toute simple aux prises avec les problèmes matériels et psychologiques posés par l'évolution des peuples. Pas de statistiques, peu de chiffres : « Marchés et Marchands », c'est d'abord un milieu social. Une première partie nous rappelle la nature même des échanges et nous montre pourquoi et comment les États souverains tendent à en modifier le mécanisme. Une deuxième partie dresse un tableau des commerçants blancs d'Afrique ; sociétés capitalistes en effort d'adaptation continuelle, commerçants privés luttant contre l'étouffement, grecs, portugais, libanos-syriens s'accrochant à ces pays où ils doivent rester coûte que coûte. La troisième partie traite de la promotion des africains au commerce, des « Grandes Invasions » des peuples marchands, des résistances régionales... Mais les Africains ne se contentent pas d'africaniser l'Afrique ; ils africanisent - et humanisent en même temps - les idéologies étrangères, le socialisme en particulier...
Neuf personnages, neuf aventures fantastiques ou burlesques composent cet ouvrage de l'auteur de « J'ai vu mourir le boulevard » qui nous révèle un aspect nouveau de Simon Arbellot, journaliste, mémorialiste, essayiste et gastronome. Ici, le conteur ne le cède en rien au chroniqueur dont les lecteurs de « La Colombe » n'ont pas oublié « Un gastronome se penche sur son passé ». Fidèle à sa forme où l'ironie se mêle à la plus fine observation l'auteur de « Neuf Personnages » nous introduit dans l'intimité de quelques curieuses humanités dont on ne saurait dire si elles ont existé. Simon Arbellot l'affirme sauf, bien entendu, pour deux d'entre elles, l'un sorte de néo-martien qui n'appartient pas même à notre planète, l'autre, animal fabuleux d'un autre temps ressuscité pour notre plaisir. Quant aux citoyens du monde, l'Anglais, l'Allemand, l'Espagnol, le Parisien de St-Germain-des-Prés, le cathare Albigeois, l'étudiant limousin et le dernier de sa race, ils forment un petit monde bien campé qui, tour à tour, nous intrigue et nous émeut. L'auteur qui a été à l'école de Villiers de l'Isle-Adam, d'Alphonse Daudet et des grands auteurs français reste fidèle aux traditions de style et de composition qu'enseignent ces maîtres et qui sont la condition même de ce genre littéraire.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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