FeniXX réédition numérique (CIPM Spectres familiers)
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Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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L'homme ne voit pas la Terre tourner, comme il ne voit pas ses yeux bouger. La Terre sous ses pieds, est ce qu'il y a de plus en mouvement dans le monde, comme ses yeux sous son front sont ce qu'il y a de plus en mouvement sur son corps. L'homme ne voit jamais la Terre tourner et avancer, comme il ne voit jamais ses yeux. Comme si la Terre était immobile sous ses yeux, parce qu'il ne la voit pas, il ne la quitte jamais, comme ses yeux ne quittent jamais ses yeux. Le mouvement de la Terre est invisible pour l'homme, comme ses yeux sont invisibles pour ses yeux. Les yeux de l'homme ne se voient pas dans un miroir, sans se figer devant ses yeux, comme s'ils se voyaient quand ils voient la Terre, et que la Terre était leur miroir. Le mouvement des yeux est le mouvement de la Terre. Pour les yeux, la Terre n'est que leur image. Nous ne voyons pas nos yeux bouger, comme nous ne voyons pas la Terre avancer tout autour du soleil, parce que les yeux que nous voyons sont toujours les nôtres, et qu'ils restent sur notre visage, et que nous voyons avec eux. Comme la Terre que nous voyons est toujours la nôtre, et qu'elle reste sous nos pieds et que nous avançons avec elle, comme nous bougeons avec nos yeux. Les autres yeux bougent devant nous, comme d'autres Terres pourraient tourner. Nous ne voyons pas la Terre tourner, parce que nos yeux ne voient pas nos yeux bouger.
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D'un côté, l'histoire du poème : toujours plus de liberté. Certes, la règle est la règle et c'est la loi du poème, mais la règle est toujours à refaire, à réinventer. Donc, le poème va de vers libres en vers de plus en plus libres, de paroles en liberté, vers des mots de plus en plus libérés, et de cris fugitifs en souffles enfuis. De l'autre, l'histoire du poète : toujours plus esclave. À chaque fuite, un nouvel isolement, à chaque évasion, un nouvel enfermement. Ainsi, sa parole de liberté et de libération l'emprisonne dans sa voix, dans son geste et dans son écrit. Alors, assigner à chacun une résidence, une résidence surveillée forcée. Avec cette collection, celle du Centre international de poésie à Marseille, sise au Refuge : 2, rue des Honneurs (aujourd'hui en deux mots), dans le quartier du Panier, nous avons coincé le texte et mis au fer leurs mots dans le livre, puis donné au poète la clé d'une chambre en ville, pour entrer ou sortir, arriver ou partir, résider, désirer et sidérer.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
D'un côté, l'histoire du poème : toujours plus de liberté. Certes, la règle est la règle et c'est la loi du poème, mais la règle est toujours à refaire, à réinventer. Donc le poème va de vers libres, en vers de plus en plus libres, de paroles en liberté, vers des mots de plus en plus libérés, et de cris fugitifs en souffles enfuis. De l'autre, l'histoire du poète : toujours plus esclave. À chaque fuite, un nouvel isolement, à chaque évasion, un nouvel enfermement. Ainsi, sa parole de liberté et de libération l'emprisonne dans sa voix, dans son geste et dans son écrit. Alors, assigner à chacun une résidence, une résidence surveillée forcée. Avec cette collection, celle du Centre international de poésie de Marseille, sis au Refuge, 1, rue des Honneurs (aujourd'hui en deux mots), dans le quartier du Panier, nous avons coincé le texte et mis au fer leurs mots dans le livre, puis donné au poète la clé d'une chambre en ville pour entrer ou sortir, arriver ou partir, résider, désirer et sidérer.