le Pré aux Clercs (réédition numérique FeniXX)
Trente « bavures » par jour. C'est la moyenne statistique des accidents thérapeutiques en France : erreurs de diagnostic, négligence, ratages chirurgicaux, problèmes d'anesthésie... Environ 10 000 malades, chaque année, deviennent des victimes de la médecine. Décès, handicaps permanents, mutilations, coma... Et la réaction du corps médical, neuf fois sur dix, est la même : dissimulation, mépris, contre-attaque. Car on ne remet pas en question le savoir-faire d'un médecin. C'est la règle. Alors qu'aujourd'hui même, les hommes politiques sont mis en examen au moindre faux pas, les médecins sont-ils les derniers « intouchables » de notre société ? Sans en arriver à la dérive des États-Unis, où les chirurgiens refusent d'opérer si le patient ne signe pas une décharge, les médecins ne peuvent-ils vraiment pas être tenus pour responsables de leurs actes ? Quel est réellement le pouvoir du Conseil de l'Ordre, et comment les médecins fautifs sont-ils sanctionnés ? Ce livre donne la parole à tous les acteurs de ce dossier étouffé : associations de victimes, médecins, malades survivants. Un tableau sans concession, qui vous donnera les clés du débat.
En matière de psychologie féminine, je ne dois pas être loin de la niaiserie absolue. J'ai toujours vécu à la surface des êtres, et Lucie me faisait découvrir de telles profondeurs, que je mis un certain temps à admettre leur existence. Dans les premiers jours, je me félicitais de la virtuosité qu'elle avait acquise au cours de sa tumultueuse existence. J'y trouvais égoïstement mon compte. J'éprouvais même - à l'égard de mes innombrables prédécesseurs - un vague sentiment de reconnaissance et de complicité. Je cohabitais donc sans déplaisir avec cette armée de fantômes débonnaires. Ils ne me troublaient ni le sommeil ni l'humeur. Ce fut ma période joviale...
« Si elle leur propose d'aller au resto, sur le ton qu'elle emploie pour nous envoyer au lit, pas étonnant qu'ils finissent tous par se barrer, les copains de maman ! » Thomas a dix ans, deux grands frères, des parents divorcés, une mère débordée, une mamie-câlin, un vieil ours borgne et râpé, une passion pour les trains électriques et, dans la tête, un rêve fou et absolu : se hisser un jour dans un wagon du Transandin... Seulement voilà : pour le réaliser, ce rêve, il faudrait rabibocher maman avec Sam, son dernier copain. Mais autant essayer de réunir un courant d'air et une étoile filante... Heureusement, il y a ses potes de l'école, Fred, Antoine et Christophe, qui ont, eux aussi, le plus grand mal à conjuguer famille avec papa-maman, mais qui ont leur propre idée sur le monde des adultes, confortée par un credo définitif : « Faudrait quand même pas que les parents nous prennent pour des billes ! »
Avant de se retrouver en prison, Aymar Bude de Fontségugne a eu le temps de passer un Doctorat en droit. Ses études juridiques, en lui faisant apparaître à quel point la Justice n'est pas égale pour tout le monde, ont achevé de le brouiller avec sa classe d'origine. C'est aux Baumettes qu'il rencontre César-Auguste, petit voyou marseillais, fils du dernier guillotiné de France, un exemple dont il veut être digne. Entre le bourgeois dévoyé et le jeune truand va naître une étrange complicité. Aymar lui fait découvrir la littérature, ce monde fictif où tout est permis, puis l'informatique et son univers virtuel... En sortant de prison, César-Auguste devient un auteur à succès, en appliquant les recettes découvertes dans ses lectures. Mais le milieu littéraire - plus pervers à ses yeux que le Milieu tout court - le dégoûte, et il s'enfuit loin de tout. Quand il revient, rappelé par son vieil ami Aymar, c'est pour s'apercevoir que son dernier livre fait un triomphe. On voit César-Auguste partout, donnant des interviews à la télévision, s'étalant à la Une des journaux... Le seul problème, c'est qu'il n'a pas donné ces interviews... Et qu'il n'a pas écrit ce livre.
Un long raid à travers le Zanskar, la plus haute vallée habitée du monde, avec des cols à plus de 5000 mètres d'altitude. L'aventure en famille... C'est ce qu'ont vécu les Delpech, Nadine et Daniel, avec leurs enfants Benoît (8 ans, à gauche sur la photo) et Clément (6 ans et demi, à droite), alors que tout le monde, médecins en tête, leur déconseillait d'emmener de si jeunes garçons aussi haut. Une folie ? Sûrement. Mais surtout une aventure extraordinaire, que Nadine Delpech raconte dans ce récit plein d'émotion, avec ses moments d'angoisse lors d'éboulements, d'avalanches, d'extrême isolement, de franchissements de torrents furieux, ou de passerelles branlantes, mais aussi ses moments de joie, de rires, de rencontres avec les habitants de ces vallées perdues. Le récit optimiste et passionnant d'une longue marche à travers l'Inde et l'Himalaya.
Dans son principe, la morale s'est édifiée comme un ensemble de règles, dont la fonction première a été, jusqu'à notre époque, d'assurer la survie de la société ainsi que sa cohésion, le modèle demeurant toujours la loi de Moïse (la règle d'Or). Et pourtant, sous toutes les latitudes, l'histoire des hommes est maculée de sang. De nos jours encore, les massacres se multiplient, mais avec une ampleur aggravée par la technologie. Alors ? La morale n'est-elle qu'un outil politique servant à justifier toutes les croisades, toutes les exactions ? Quand des ministres, des responsables d'oeuvres caritatives, des chefs d'État, adoptent un discours moralisateur tout en hissant la corruption et le cynisme au niveau d'un art, n'est-ce pas l'idée même de morale qui s'efface dans l'esprit du citoyen ? Autrefois, la morale dominait les moeurs. Aujourd'hui, ce sont les moeurs qui font la morale, qui la malaxent, qui la redéfinissent sous l'impulsion d'une minorité de « déviants », lesquels, en refusant cette « règle d'or » de la vie en société, mènent à la disparition de tout sens moral, ou conduisent cette société à inventer une morale « de circonstance », de plus en plus éloignée d'une éthique sacrée ou matérialiste.
Le cinéma, la télévision, les magazines, nous ont rendu familiers les visages de Don Patillo, d'El Gringo ou bien encore de la Mère Denis... Nés des hasards et des nécessités de la vie publicitaire, les compagnons de notre vie quotidienne doivent souvent plus à la fiction qu'à la réalité. George Killian - ou plutôt, de son vrai nom, George William Lett - existe, lui, en chair et en os : Jean-René Ruttinger a même rencontré (après l'avoir imaginé) cet Irlandais tranquille, que n'auraient pas désavoué les deux John - Ford et Wayne. George Killian - mais on l'a deviné -, c'est l'histoire d'une des plus fabuleuses campagnes publicitaires de ces dernières années : celle du lancement d'une bière rousse haut de gamme - connue aujourd'hui, jusqu'en Amérique, sous la marque George Killian. Une histoire exemplaire, un conte de fées, devenue un « classique » de la publicité.
« Il m'a fallu cinquante ans pour me fabriquer cette cuirasse, à l'abri de laquelle s'est reconstituée ma bienveillance originelle... Nourri à l'os de seiche, j'ai découvert à quel point j'étais reconnaissant à mes victimes d'avoir alimenté ma tendresse. De temps en temps, il m'arrive de penser que cette alimentation m'a desséché, alors que je lui dois toute mon indulgence. Regarder les gens et les choses avec des jumelles impertinentes, les rapetisse, mais redonne à celui qui les tient le goût des vastes perspectives et des grands personnages. Par la même occasion, une envie de descendre « au plus profond, là où l'ironie n'atteint pas ». Le moment n'est pas tout à fait venu. Ma cure de dérision n'est pas encore achevée. J'ai besoin de vous, mes petites têtes de Turc adorées, pour retrouver mon innocence. Pardonnez-moi, mes chéris, de me servir de vous, et même d'abuser de votre faiblesse, pour reconquérir un peu de ma vigueur. Jusqu'à présent, je vous ai ménagés. Cela ne m'arrivera plus. »
Jean-Claude Barreau a beaucoup voyagé dans les pays musulmans, du Maroc au Pakistan, de l'Iran au Yémen. Il fut, dans une vie antérieure, théologien, puis éditeur. Directeur, entre 1982 et 1984, de la Coopération française en Algérie, il est aujourd'hui Inspecteur général de l'Éducation nationale. Il est aussi président de l'OMI (Office des migrations internationales), et de l'INED (Institut national d'études démographiques).
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Le roman vrai de l'aventure sous-marine, depuis la mise au point artisanale des scaphandres autonomes, jusqu'aux maisons sous la mer, en passant par les soucoupes plongeantes, les grands requins blancs, les rêves d'Atlantide, et les trésors engloutis... Claude Wesly, chef plongeur de l'équipe Cousteau, raconte - avec Maurice Dessemond - cette histoire de mer, de rêve et d'amitié, grâce au témoignage de ses compagnons de la Calypso, des hommes d'exception comme « Bébert » Falco, André Laban, le commandant Taillez, et Didier Dumas - les « Mousquemer » ainsi qu'ils se surnommaient - et bien d'autres qui, autour de Jacques-Yves et Simone Cousteau, ont parcouru les océans, et vécu la plus extraordinaire des aventures, pendant plus de cinquante ans.
On trouvera ici l'histoire des trente premiers mois de la « Révolution des Roses ». Il n'y manque aucun des personnages, ou des événements, qui ont marqué notre vie politique depuis le 10 mai 1981. Mais, dira-t-on, une Histoire en train de se faire, cela ne s'écrit pas, faute de recul. Eh ! si : cela s'écrit. Quand ceux qui tiennent la plume, s'appellent Rabelais ou Corneille, La Fontaine ou Racine, Molière ou Saint-Simon, Chateaubriand ou Hugo, Lamartine ou Stendhal, Balzac ou Dumas, Zola ou Proust, Éluard ou Prévert, Malraux ou Céline - et tant d'autres que Jean-Michel Royer a mobilisés ici, sous la conduite du grand Nostradamus lui-même. À eux tous, c'est notre histoire qu'ils écrivent. C'est à travers les yeux de nos grands écrivains, et d'eux seuls, que nous pouvons porter, sur nos contemporains, un regard d'éternelle politique jugée. Qui, mieux qu'eux, a saisi la vérité profonde des héros, superbes ou dérisoires, d'une comédie politique qui, d'année en année et de siècle en siècle, n'est jamais « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre » ? Qui peut en parler avec plus de lucidité, de drôlerie, de nécessaire distance, de salubre ironie ?
Genève, printemps 1942. Pour Jakub H., rescapé de la terreur nazie, la rencontre d'Éléna représente le premier sourire de la vie retrouvée. L'homme et la petite fille ont le même âge, en vérité, car Jakub vient de naître : son passé, ses souvenirs sont restés de l'autre côté de la frontière, dans l'Europe occupée. Très loin du monde des adultes, Éléna et Jakub se prennent au jeu de l'amitié passionnée, puis, très bientôt, de l'amour. Voilà trois ans, Pascal Lainé a publié sous le titre "Le monde est un mensonge, Éléna", et sous le pseudonyme de Milan Reicha, une première version de cette histoire. « L'adoption d'un pseudonyme, précise Pascal Lainé dans la postface de ce livre, me fut imposée par des motifs contractuels, et ne répondait nullement à une volonté d'anonymat. Cette supercherie, pourtant, jeta son éclairage pervers sur plus d'une page de mon texte, dont la substance, finalement, fut affectée par cette tromperie initiale. » Et Pascal Lainé ajoute : « La première version de mon roman péchait, me semble-t-il, par un certain conformisme. Tous mes efforts, depuis lors, se sont portés sur la description de la relation érotique entre Éléna et Jakub : rien de ce qui les unit n'est innocent, bien sûr, puisque leur passion est dans son principe transgression et défi. Mais leurs plaisirs, à l'inverse, conservent jusqu'au bout l'innocence d'une relation absolument désintéressée, puisqu'elle est condamnée a priori par la société. C'est en tâchant de ne jamais résoudre cette contradiction première, fondatrice du drame, que j'espère avoir mieux approché, dans cette nouvelle version de mon roman, la « vérité » de Jakub et d'Éléna. »
Symbole de tolérance au milieu des intégrismes, apôtre de la non-violence - alors que la violence nous cerne -, sa Sainteté le Dalaï-Lama, chef spirituel et politique du Tibet, prix Nobel de la paix, nous délivre un message d'amour et de sagesse depuis sa résidence d'exil à Dharamsala, accrochée au flanc des montagnes. Dans ce livre réalisé par une journaliste française, Frédérique Hatier, et qui rassemble l'essentiel de ce message à partir de ses écrits et de ses interventions, le Dalaï-Lama nous parle : de son histoire et de celle de son peuple ; du bouddhisme tibétain - religion, philosophie et règle de vie - qui peut proposer une alternative pour l'Occident ; de la vie, du monde d'aujourd'hui, de la violence, des souffrances infligées aux peuples, aux animaux, à la nature ; de la sagesse, de la méditation, des enseignements que l'on peut tirer du bouddhisme, même sans y adhérer ; du Samsâra, enfin, le cycle de la vie - naissance, mort et renaissance - qui constitue la base de l'existence.
« Trois gouttes d'eau ! Mes triplés Dominique se ressemblent comme trois gouttes d'eau. Pourtant, l'un d'eux est mâle, l'autre femelle et le troisième "une sorte de compromis entre ces deux tendances sexuelles", définition d'un goût plutôt douteux fournie par ma copine Thérèse d'Avila, la nouvelle psychologue. »
« Après vingt-six ans d'un régime de parti unique et d'une politique socialisante, le premier suffrage démocratique de l'Algérie propulsait un mouvement qui se proposait d'établir une nouvelle forme de dictature. Dès le premier tour, le Front islamique du salut (FIS) obtenait 188 mandats. Il devenait certain que, trois semaines plus tard, il disposerait de plus de la moitié des 430 sièges soumis au verdict des électeurs. Beaucoup de citoyens, comme le gouvernement, avaient parié sur un score électoral islamiste évoluant entre le quart et le tiers des votants. Ce fut le choc. Les intégristes pavoisaient. Les adversaires étaient consternés. Quel était ce parti qui se réclamait de l'Islam et de la Charia, le droit canon musulman ? Pourquoi le plus moderne des pays arabes s'est-il retrouvé dans cette situation ? Quelles sont les causes de cette dérive ? Comment le FIS est-il parvenu à séduire tant d'individus, tant d'hommes et surtout tant de femmes ? » Rachid Mimouni