Institut français d´archéologie orientale
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Far from being a simple Islamic reaction to the Crusades, or a monolithic ideology setting out a law of war imposing standards of behavior on all social actors, jihad is a phenomenon with multiple dimensions: religious, jurisprudential, ideological, military, political, economic, social, cultural and literary. The authors of the various contributions published in this volume have been invited to reflect on these multiple dimensions, with freedom to take a long-term view, and with freedom to question the a priori and historiographical or methodological presuppositions that often guide our work without our even realizing it.
L'oeuvre écrite de Abd al-Raf al-Munw (m. 1622) est l'une des plus riches et des plus importantes du xie/xviie siècle en langue arabe. Il s'intéressa à toutes les sciences islamiques de son époque. À ce titre, il incarne parfaitement l'idéal d'encyclopédisme et de polygraphie que l'Égypte ottomane a hérité de son époque mamelouke. Tout en étant l'héritier de nombreux savants marqués par le soufisme, al-Munw a su proposer des vues en nette rupture avec le consensus. Ce faisant, il est amené à tenter une réhabilitation d'Ibn Sn et d'Ab al-Abbs al-Bn. Les écrits d'al-Munw constituent une excellente illustration de la convergence du soufisme et du Hadith qui fut amorcée durant la période mamelouke et s'amplifia au début de l'époque ottomane. Reprenant la tradition de l'herméneutique soufie du Hadith, al-Munw l'enrichit d'apports importants comme ceux d'al-azl et d'Ibn Arab. Il donne ainsi à cette tradition une ampleur rarement égalée.
La fiiyya est une confrérie soufie de taille modeste, installée dans le sud du gouvernorat de Giza depuis le xixe siècle. Cette petite confrérie, affiliée à la alwatiyya, confrérie plus ancienne et aujourd'hui l'une des plus importantes d'Égypte, contribue à l'organisation de la vie religieuse locale par ses pèlerinages et ses rassemblements. La famille de son cheikh fondateur, Abd al-fi (m. 1303/1886), dirige toujours la confrérie et a acquis une notabilité locale, au point d'exercer des fonctions politiques et d'arbitrage importantes. Une étude de terrain a permis de montrer l'ancrage d'une mémoire collective dans des pratiques confrériques héritées de l'enseignement du cheikh et ses descendants, se réclamant elles-mêmes de la tradition de la alwatiyya. Un manuel de soufisme, la Hidyat al-ribn f al-sayr wa-l-sulk il malik al-mulk rabb al-lamn [La Bonne direction pour ceux qui désirent cheminer vers le Roi des rois Seigneur des mondes], assume ce rôle de transmission écrite ; l'étude de la tradition orale révèle quant à elle le travail de la mémoire et la formation d'une identité confrérique locale et originale. Faire l'histoire de la fiiyya conduit à évoquer l'histoire sociale des campagnes égyptiennes et à comprendre comment s'articule l'identité locale d'une modeste confrérie de Moyenne-Égypte avec une tradition confrérique plus large et pluriséculaire.
Religion et alimentation sont intrinsèquement liées. La religion, en particulier antique, a besoin de la nourriture pour donner forme au rite : les aliments, en tant qu'offrandes, circulent entre l'ici-bas et l'au-delà, depuis les hommes qui les présentent aux dieux et aux morts, puis en retour, depuis les dieux - parfois les morts - qui garantissent l'abondance et les fruits de la terre. Au coeur des pratiques alimentaires, la religion impose sa marque en contribuant à la fabrique d'un cadre normé, qui est aussi vecteur d'identité. Elle désigne ce qui est consommable, donc tenu pour pur, et ce qui ne l'est pas, fixe les règles de préparation des mets, du champ à la cuisine, et édicte des normes de conduite au moment de leur consommation. C'est précisément parce que la notion de norme est au coeur de l'une comme de l'autre, que religion et alimentation sont des moyens privilégiés d'interroger les sociétés, de les comparer entre elles, et de souligner les spécificités de chacune.Le présent ouvrage, collectif et pluridisciplinaire, a pour objectif de préciser la place de la nourriture dans les mythes et les pratiques rituelles, et de définir la nature et l'importance de la marque religieuse dans les pratiques alimentaires. Fondé sur une démarche comparative, il rassemble 17 articles, aussi bien des études de cas que des travaux de synthèse portant sur l'Égypte, la Mésopotamie, l'Anatolie et le Levant, du IIIe millénaire à l'Antiquité tardive.
En prenant pour objet la mission salésienne en Égypte, le présent ouvrage ajoute une dimension italienne aux études sur le phénomène missionnaire chrétien au Proche-Orient et s'intéresse à un secteur éducatif peu connu : l'enseignement professionnel. S'appuyant sur des archives inédites en plusieurs langues et de nombreuses enquêtes orales, l'auteure examine un siècle de présence missionnaire salésienne, retrace les parcours de plusieurs générations d'élèves et montre comment les écoles professionnelles de la mission ont accompagné, jusqu'aux années 1970, la formation de communautés de métiers et d'un petit entreprenariat familial.À travers l'étude des établissements salésiens à Alexandrie, au Caire et dans les villes du canal de Suez (Port Said, Suez et Ismaïlia), cet ouvrage explore la mise en place d'un enseignement technique et professionnel dans l'Égypte coloniale et indépendante, ses enjeux économiques et politiques, tout en soulignant l'impulsion qui lui a été donnée durant les années nassériennes. Il inscrit le cas salésien en Égypte dans une histoire plus vaste : l'histoire des migrations et des ambitions coloniales de l'Italie en Méditerranée, l'histoire transnationale du catholicisme et l'histoire sociale de l'enseignement.
Les temples égyptiens et leurs clergés, loin de fonctionner comme des entités isolées, faisaient l'objet de nombreux points de contact entre les dieux, comme entre les hommes. Toutefois, bien que ces échanges soient avérés et témoignent d'une certaine universalisation de la religion égyptienne au niveau du pays, chaque clergé local avait à coeur de transformer ces emprunts pour les adapter aux particularités de son panthéon et de ses sanctuaires. De fait, il est souvent difficile de retracer avec certitude l'origine exacte de telle ou telle influence, de postuler l'existence d'un texte source (Urtext) ou encore de définir quelle est la part de « norme » et la part d'adaptation dans chaque tradition. L'objectif du présent ouvrage est donc de contribuer à une meilleure compréhension de ces relations et des pratiques rituelles qui les sous-tendent, afin de mettre en valeur les modalités de fonctionnement de la religion égyptienne tardive, au coeur d'un double mouvement, d'apparence contradictoire, de standardisation d'une part et de singularisation locale d'autre part.