FeniXX réédition numérique (Seuil)
« Marie s'assit sur une chaise et serra autour d'elle sa robe de chambre. Elle avait un peu froid et un peu chaud, aussi. Elle n'aurait jamais dû raccrocher si vite. Réflexe stupide de bonne éducation : on n'écoute pas aux portes, on ne montre pas du doigt, on ne se mêle pas des affaires des autres. Quand on surprend une conversation téléphonique qui ne vous est pas destinée, on raccroche vite ; ce qu'elle avait fait. Un peu trop tôt. Et un peu trop tard. Marie se leva. Elle allait vite savoir. Fabien allait lui donner la clé de ce mélo. Une farce peut-être. De mauvais goût. Mais elle ne connaît pas tous les amis de Fabien. Cette Myriam, ce Christophe, des noms inconnus, une histoire absurde... Sûrement tout cela ne les concernait pas. Tout à coup, elle eut comme un éclair brutal dans sa tête, une image de lumière et de menace : un atelier rempli de tableaux et de plantes vertes, un immense lit perché sur une loggia, un couple qui s'aime, il est six heures du soir et une obscurité dorée enveloppe les deux corps réunis. Un de ces corps ressemble à Marie. La jeune femme secoua la tête et l'image se dissipa. Elle était dans son bureau, dans son appartement, c'était un dimanche matin et les voix des enfants résonnaient au fond de l'appartement. Son mari avait dû se rendormir après cet étrange coup de téléphone. Elle allait lui parler et son coeur se dé-serrerait doucement, gentiment - à trente-huit ans, après seize ans de mariage, elle n'allait pas faire des scènes - elle interrogea : qui est cette Myriam ? » Nous saurons, bien sûr, qui est Myriam, et comment son passé va bouleverser le quotidien trop bien construit de Fabien et de Marie. Et la voix de Marie, celle qui nous parle, généreuse et obstinée, ne cessera de nous poursuivre.
Le Siam existe-t-il ? Ou bien vers quoi s'évadent ces deux émules de Bouvard et Pécuchet, aussi liés l'un à l'autre que l'objet à son reflet ? Vers quel royaume imaginaire qui ressemble comme son ombre à la Thaïlande d'aujourd'hui, avec ses junkies, ses bordels, ses guérillas, ses jungles, ses gratte-ciel ? Dans cette terra incognita de nos consciences - cartes postales, entre « moi » et « lui », ou « elle », c'est une guerre d'amour, en écho au conflit indo-chinois aux frontières, qui se noue, où l'autre - l'interlocuteur, sinon le lecteur - doit céder, point sous les bombes, mais sous les cataractes de mots, plus violentes que les rafales de la mousson, qui l'enveloppent, le submergent, le noient. Jouissance du pouvoir de la parole, qui asservit l'autre, de l'argent, qui l'annule, de la drogue qui intervertit, commute, confond tout dans son kaléidoscope, c'est à une expérience extrême, délirante (et désopilante), de la non-humanité que se livre le narrateur. Quel narrateur ? Morgan Sportes, 33 ans, journaliste occasionnel, occasionnellement écrivain ? Ou s'il s'était contenté de transcrire les carnets d'un aventurier - éventuellement lui-même - disparu dans la jungle : des mots ? Allez savoir. Édition complète, augmentée d'une illustration in-texte et de documents en appendice.
J'ai senti qu'on me reniflait dans le dos, Noiraude veillait sur moi. Son geste m'est allé droit au coeur. Ce qu'elle ne savait pas, c'est que, moi aussi, je veillais sur elle. Elle me reniflait tellement que j'ai cru qu'elle allait me lécher ou même... me manger. Je suis bête. J'étais un peu amoureuse d'elle. Je lui ai caressé le ventre. Je n'ai pas osé lui toucher le pis (...). Nous étions plantés dans le pré mais non enracinés... C'est le moment de choisir, ai-je dit, ou vivre ici... ou partir vraiment... et faire... je ne sais pas.... Ils connaîtront l'appel de la liberté, hors des prés ronds. Quitter l'enfance... quitter le pré.
L’adolescence, période de bouleversements et de questions sans fin, trouve enfin son guide indispensable. Guide des adolescents offre des réponses claires et pratiques sur la sexualité, l’image de soi, les relations familiales et bien plus encore.
Des Muscadins aux punks, en passant par les zazous et les existentialistes, Morale du masque explore ces mouvements baroques qui, par leur style et leur insolence, ont bousculé les conformismes.
Du fait de son périple, Ulysse est sans doute le plus célèbre de ces hommes aux absences interminables, aux exils indéfinis. Certains ont connu successivement le service militaire, la guerre et la captivité. De telles expériences ne peuvent pas ne pas marquer celui qui les subit, se graver en rides dans la chair, en plis douloureux dans les profondeurs de l'âme. Mais aussi, ce qui surprend et choque le plus un rapatrié, ce sont les différences de psychologie entre les Français qu'il vient de quitter et ceux qu'il retrouve. Joseph Folliet tente, dans cet ouvrage, à préparer ceux qui attendent, à accueillir ceux qui arrivent, avec une meilleure connaissance de leurs troubles et de leurs attentes.
Tout le monde a peur de la mort et personne ne la connaît. Faut-il se divertir pour oublier qu'elle nous dérange ? Mais, en l'évitant, ne risque-t-elle pas de nous surprendre ? Alors, que faire ?
« Je zappe, je n'arrête pas de zapper, à peine ai-je vu, entendu, senti, touché une chose que je la classe, et je passe à une autre et ainsi de suite sans arrêt... » Et si percevoir, c'était zapper ? À quoi sert la philosophie ? À trouver des repères pour mieux comprendre le monde ? Partant de fictions ou de situations quotidiennes, cette collection est la boîte à idées indispensable à nos interrogations.