FeniXX réédition numérique (Ramsay)
Accusé de complot contre la Marquise de Pompadour, le jeune Latude, âgé de vingt-trois ans, fut enfermé à la Bastille sur lettre de cachet de Louis XV. Trente-cinq ans plus tard, à l'époque où se situe ce récit, il demeure emprisonné, sans procès, sans jugement. Sur lui repose la pierre éternelle du silence. Un matin de l'hiver 1781, Henriette L. ramasse dans un caniveau le manuscrit perdu de cet infortuné Latude. Bouleversée par les confidences du prisonnier autant que révoltée par l'aberration de cet enfermement, Henriette L., la petite mercière, décide de rompre ce silence. Mais que peut une femme de sa condition face à une monarchie absolue ? « ... trois ans de suite, elle suivit son but avec une opiniâtreté inouïe dans le bien, mettant à poursuivre le droit et la justice, cette âpreté singulière du chasseur ou du joueur, que nous ne mettons guère que dans nos mauvaises passions... » écrit Michelet qui lui rend grandement hommage dans son Introduction à la Révolution Française. Le récit de Chantal Villepontoux-Chastel recrée avec force l'atmosphère des rues et des salons du XVIIIe siècle. Il nous plonge dans ce climat de décadence où l'intrigue et le complot règnent en maîtres, et dégage admirablement le portrait d'une des rares femmes du peuple ayant joué un rôle important à cette époque.
L'aveuglement à l'égard du nazisme a été partagé par une partie de ceux qui en furent tout de suite les victimes désignées : les Juifs. Tel est le thème central d'Une mauvaise histoire juive. En 1942, les parents de Bernard Fride sont arrêtés à Nancy. Ils seront exterminés à Auschwitz. Son jeune frère est recueilli par l'UGIF locale, l'Union générale des Israélites de France, organisme de « bienfaisance » créé par le gouvernement de Vichy. La section nancéenne gérait un asile. Vingt enfants de déportés y seront arrêtés puis, à leur tour, déportés à Auschwitz, dont le jeune frère de Bernard Fride. C'est en tentant de reconstituer les circonstances du drame que Bernard Fride découvre peu à peu la distinction faite entre Juifs français et Juifs étrangers. Pour les premiers, qui se considéraient comme des Français à part entière, les seconds restaient prioritairement des étrangers. Allant plus avant dans son enquête, l'Auteur trouve des origines lointaines à cet ostracisme. Documents à l'appui, il montre que, dès 1933, des notables juifs locaux contrecarrèrent les efforts d'information des antinazis français. Pour ces notables, le régime nazi naissant mettait de « l'ordre » à l'anarchie allemande. Ainsi l'aveuglement de 1942 semble avoir été la suite logique de l'aveuglement de 1933, toujours au nom du respect de l'« ordre ». Les nazis ne s'embarrasseront pas de telles nuances. Des animateurs de l'UGIF seront, eux aussi, déportés en 1944. Quant à Bernard Fride, recueilli par une non-juive, catholique pratiquante, c'est à elle, Georgette Larchet qu'il devra la vie et à qui il dédie Une mauvaise histoire juive.
Max Jacob, qui fut son ami, appelait Carlo Rim « l'Arlequin de sa génération », parce qu'il a fait tous les métiers. Ce méridional bon teint a été dessinateur, essayiste, journaliste, romancier, photographe, directeur de revue, scénariste (Justin de Marseille, Hercule, le Mort en fuite) et enfin auteur réalisateur (la Maison Bonnadieu, Virgile, Escalier de Service, les Truands, le Petit Prof et cette fameuse Armoire volante qui reste l'un des meilleurs rôles de Fernandel). Avoir fréquenté tout le monde et tous les milieux permet à Carlo Rim d'évoquer aussi bien Marcel Pagnol que Céline, Simenon que Cendrars, Raimu que Montherlant, le gangster Carbone qu'Antonin Artaud ou Robert Desnos, en observateur attentif, amical ou féroce. i
À quoi peut bien penser un comédien dans sa loge, devant son miroir, alors que s'écoulent les dernières minutes qui le séparent de son entrée en scène ? À l'imposteur qu'il va jouer ? Au Tartuffe qu'il a mis en scène ? Sans aucun doute. Mais peut-être, n'est-ce pas aussi simple : les souvenirs s'en mêlent, la mémoire fait son travail ; des spectres apparaissent et avec eux, les énigmes de la scène et le paradoxe du métier. De la loge aux coulisses et des coulisses au plateau, il n'y a que quelque pas : assez pour refaire un bout de chemin entre l'enfance, la découverte de L'Avare et la maturité qu'enrichissent les retrouvailles avec Dom Juan, Arnolphe, Alceste et Tartuffe. Jacques Weber nous livre dans ces pages ce qu'une telle expérience a été pour lui. Molière en constitue l'origine, le fil d'Ariane et son ultime destination. Comme si le théâtre de Molière pouvait éclairer le cheminement hasardeux d'une vie.
C'est l'histoire d'une princesse thaï pas comme les autres, ni blanche ni jaune, ni ange ni démon, ni femme ni enfant. Sirikit débarque dans ce Londres délirant des seventies, peuplé d'esthètes décadents, de travestis, de rock-stars blasées... avec toute la candeur et l'insolence de ses dix-sept ans... La presse est unanime : c'est l'éducation sentimentale d'une jeune princesse thaï dans une Angleterre saisie par le psychédélisme et l'érotisme. Séduisant... et pas triste ! Comment ne pas tomber sous le charme d'Ysabelle Lacamp, quand elle nous entraîne dans le Londres des seventies en compagnie d'une Lolita de sang royal, fille du ciel et fleur de péché... La langue coule, parlée, chantée, gouailleuse et provocante... du salé à l'acidulé, tout a goût de bonbon... À lire comme on redécouvre Le dernier tango à Paris. Pour se laisser surprendre, fasciner, déranger... « Les petites filles n'ont jamais mal longtemps ; elles guérissent toujours » écrit Ysabelle Lacamp. Mieux encore, parfois les petites filles écrivent des romans parfumés, qu'on dévore comme une somptueuse glace fruitée...
« Près de la fosse béante, un homme comptait les morts. J'ignorais depuis combien de temps, Il les comptait déjà avant notre arrivée. Il les comptait encore lorsque nous sommes partis. De son index pointé vers la fosse, il dénombrait les cadavres comme un professeur ses élèves, Je suis passé derrière lui et j'ai regardé au-dessus de son épaule. Pour chaque mort, il traçait un bâton sur son carnet. Il alignait les bâtons par groupe de cinq, quatre bâtons verticaux et un horizontal, comme un prisonnier additionne les jours sur les parois de sa cellule. Puis, à nouveau, il levait les yeux et recommençait. » Au Rwanda, Antonin Krystal, jeune avocat, est sollicité par le gouvernement pour prendre la défense d'un génocidaire présumé. Antonin ira à la rencontre des bourreaux, des juges et des rescapés qui lui racontent l'horreur subie. Confronté aussi aux diplomates, journalistes et intellectuels occidentaux, il devra faire des choix, qui remettront en cause jusqu'à sa vie amoureuse. Sur fond de l'une des plus grandes tragédies contemporaines, un roman à l'image du héros, émouvant et attachant, candide et provocant, lucide et à fleur de peau.
Préparez sereinement l'arrivée de votre enfant avec J'accouche en sécurité : un guide complet pour comprendre chaque étape de la grossesse, choisir la méthode d'accouchement qui vous convient et aborder ce moment unique en toute confiance.
Modèle lointain d'Astérix, glorifié par Mitterrand (le défunt président rêvait de se faire enterrer à Bibracte, haut lieu historique de la Gaule) ; champion des républicains de 1789, déboulonnant un Clovis suspect de péché monarchique ; célébré par Giscard et Chirac... qui était vraiment Vercingétorix ? Un héros gaulois certes, mais aussi une légende, un mythe que l'histoire de France a accommodé à toutes les sauces. Symbole de la résistance à l'oppresseur pour les uns, de la nécessaire soumission à l'ordre pour les autres, de l'unité française pour beaucoup, la statue de Vercingétorix méritait que l'on décapât un peu son bronze trop lisse. André Simon s'y est attaché dans un texte qui, de la Gaule antique à la France de 1996, fait revivre Vercingétorix et les avatars de son image telle qu'elle nous parle de nos ancêtres et de nos contemporains.
Un poulet violeur, des mangeurs de chiens, un assassinat de Schtroumpf, Nicolas Hulot coincé dans la cuvette des WC, des Compagnons de la Chanson partouzeurs, un archevêque fêtard, un exhibitionniste bavard, des lapins de gouttière et des chapeaux-méduses : voici le meilleur des fameux canulars de Jean-Yves Lafesse enfin rassemblés, interdits compris. Francis Blanche et Pierre Desproges pas morts, Lafesse vit encore et nous livre aujourd'hui les gags les plus drôles qu'il ait enregistrés, tous rigoureusement authentiques. Ce nouveau roi du canular commença de tromper son monde dans les années quatre-vingt sur Carbone 14, puis sur Radio Nova. Enfin, il développa ses impostures téléphoniques sur Europe 1 où il sévit toujours quotidiennement. Voici le livre d'une décennie d'impostures, de véritables morceaux d'anthologie tour à tour absurdes, paillards, surréalistes, mais toujours d'une force comique de dix sur l'échelle de Richter... Dissimulé derrière son micro, Lafesse fait prendre des vessies pour des lanternes et le pire, c'est qu'on se brûle ! (A consommer sans modération)
1500 ans après son baptême, Clovis reste un symbole explosif : entre mythe fondateur et instrument politique, découvrez comment la France a réécrit son histoire.
En 1977, dans Père et Fils, Lucas accompagnait Nicolas, son père, dans une longue, et tumultueuse, traversée de la France. Dix ans après, Lucas, agrégé de philosophie, travaille pour une firme de motos japonaise, et Nicolas s'est retiré à la campagne. Ce sont les grandes vacances. Les deux plus jeunes enfants de Nicolas rejoignent leur père. Et on se met à compter fiévreusement les jours qui séparent de l'anniversaire d'Ulysse, qui va avoir sept ans, l'âge de raison, dit-on. Mais le voisin de Nicolas, le vieux docteur Lazlo, dont le fils a été fusillé par les nazis, vomit les raisonnables. Alors arrive Maxime, un étudiant, qui prétend vouloir écrire son mémoire de maîtrise en comparant Valery Larbaud à Nicolas... À partir de là, trente-six jours passent durant lesquels l'amour le disputant à la bassesse, le mensonge paraît l'emporter sur la candeur. Bref, trente-six jours au bout desquels un enfant souffle, dans l'allégresse générale, sur ses sept bougies, tandis que, dans le cimetière du village, on grave sur une pierre tombale : « Il vivra éternellement, parce qu'il a beaucoup aimé et beaucoup pleuré ».
Il se passe des choses le long de l'Amazone, entre le Rio Negro et la petite ville de Parintins, avant et après Pâques de l'année 1908... Deux seringueros s'évadent dans l'enfer vert et découvrent un Eldorado. Un médecin de forteresse expérimente ses fantasmes déments sur une jeune prisonnière. Un petit indien rescapé d'un massacre manifeste sa présence prophétique et souffrira à son tour la Passion du Christ... Les six récits d'Amazonie plongent le lecteur sans ménagements dans un univers inquiétant et obsédant. Une écriture ardente, d'une exceptionnelle qualité...
C'est comme la bardane, par exemple. Les enfants en cueillent les fruits et les lancent sur les cheveux des filles. Ça colle, ça s'agrippe. On tire pour les ôter. Peine perdue. Il en reste toujours quelque chose. D'une certaine façon, on ne peut jamais s'en défaire. Alors on fait avec. C'est ce que tente le personnage unique de ces nouvelles. Il a beau essayer de tirer et de forcer, il y a toujours quelque chose qui reste accroché, obstinément. Ça prête à sourire. Ce sont des sourires qui reviennent de loin. On sourit, on a des amitiés, on boit, on est amoureux, on vieillit, malgré la bardane qui s'agrippe, et les petits morceaux qui restent. Ou qu'on s'arrache. Parfois, c'est douloureux. Parfois, non. C'est comme ça.
Un roman d'amour et d'aventure en pays d'Oc, dans la tourmente d'un siècle victime des affrontements entre l'Inquisition et les derniers Cathares. « Copyright Electre »
Sous les voiles de soie et les parfums envoûtants, Chatte ? invite à une exploration sensuelle et décomplexée des plaisirs interdits. Un roman érotique où chaque page réveille les sens et bouscule les limites.
Dix jours dans la vie d'une femme ministre. Dix jours entre une hémorragie en pleine réception officielle et une visite importante chez le médecin. Dix jours pendant lesquels la vie continue : Conseil des ministres, cortèges officiels, séances de travail, réunions... Dix jours pendant lesquels la vie change : un amour naît, un bateau explose à l'autre bout du monde, des amies se retrouvent... Huguette Bouchardeau, à travers l'héroïne de son roman, porte un témoignage intimiste et unique sur ce qu'est la vie d'un ministre au quotidien - le travail, les tracasseries, le protocole, les risques d'erreur ; mais aussi les rencontres, les sympathies, le confort, l'efficacité, le pouvoir. Le témoignage est fait avec des mots directs et jamais avec la langue de bois du ministre ou l'argumentation obligée de la militante. L'émotion naît de la simplicité même du ton, de sa force et du bonheur que nous avons à découvrir une femme derrière le costume de circonstance, une femme qui souffre, une femme heureuse, une femme qui se pose des questions là où ses illustres confrères moulinent des certitudes.
Qui fut cette Claire Croix, née Touman, qui se suicida avec son fils, au lendemain de la seconde guerre mondiale, en plein coeur de Nîmes ? « La société m'a interdit d'être la Jeanne d'Arc que je méritais d'être, disait-elle. Je serai donc une espèce de Gilles de Rais. » Après une enfance paysanne difficile, elle s'affranchit à Montpellier où elle découvre la médecine, le communisme, les expériences sexuelles, le combat féministe et l'aviation... Mariée à un sous-préfet, mère d'un petit Bruno, elle étouffe et se lance dans la « vie héroïque » qu'elle préfère à la vie bourgeoise. Elle part en Espagne et, bientôt, fomente le projet d'assassiner Hitler...
À l'enterrement d'un ami commun, Willy rencontre Mado. Jeune homme « moderne », Willy jette sur la vie et les gens un regard cinglant et détaché, à la limite du voyeurisme. Sa lucidité et son cynisme lui servent de viatique contre un passé trop lourd et un présent trop vide. Ne s'attacher à personne, telle est sa devise. Mado vit quant à elle sa quarantaine, malmenée entre le désir et l'interdit. D'une sensualité à fleur de peau qui n'a pu jusqu'alors s'épanouir, elle rêve du grand amour ou d'une passion qui la sortirait de la grisaille de sa vie quotidienne. Autour d'eux gravitent Lucien, le mari alcoolique de Mado, leur fils Cédric, Antena, l'amour de jeunesse de Willy, Thierry, l'ami disparu, tous personnages bien réels, tous gens imparfaits ? En toile de fond, la vie et ses virages à angles droits, le passé aux remugles douteux, l'amour et la haine.
« Et si on allait faire un tour jusqu'à la pointe ? »...un tour à Bangkok, au « Club », à Palavas-les-Flots, à « Meugêve » ? C'est la grande saga des vacances, l'Himalaya lumineux de notre quotidien. Une histoire cohérente, malgré ses zigzags souvent cocasses et parfois dramatiques. Pendant dix ans, l'auteur a suivi les Français en voyage. Les Français comme ils veulent être vus. Et comme ils ne se voient pas toujours...
Soixante ans de vie littéraire et journalistique, racontés par un amoureux des mots. Fragments détachés de l’oubli est le récit vibrant d’un homme qui a croisé tous les grands noms de son époque, et qui nous livre ses souvenirs les plus marquants.
On a déjà beaucoup écrit sur George Sand, mais curieusement, ses biographes restent la plupart du temps assez discrets sur sa vie amoureuse, pourtant l'une des plus passionnées de son temps, et qui tenait une place essentielle dans l'existence de cette femme célèbre. Jacques-Louis Douchin a consacré de longues années à la recherche de cette George Sand l'amoureuse, qui disait elle-même : « Je ne peux pas vivre sans amour », et qui a passé tant d'années à le prouver. Chopin, Alfred de Musset (voir notre prochaine édition de Gamiani, définitivement attribué à Musset), n'ont été que les plus voyants des nombreux hommes, de toutes les conditions, de tous les âges, chez qui, vainement, elle traquait l'amant idéal. Sans préjudice des liaisons féminines, comme celle qu'elle eut avec la grande tragédienne Marie Dorval. Sans crudité gratuite, mais sans voiles, avec une visible sympathie pour cette étonnante personnalité de femme « libérée » (comme on ne disait pas encore), Jacques-Louis Douchin nous livre ici un important travail biographique, qui renouvelle complètement ce que nous savions de George Sand.
Comme chaque année, le jeune Marcel (dix-sept ans) va en vacances dans son village sur les bords du Lignon, dans la plaine du Forez, près de Boën, sur les lieux même de l'Astrée. C'est là que, enfant, il a appris à pêcher, à moissonner, à courir les forêts et les chaumes et c'est là, qu'adolescent, il va apprendre à aimer. Sous les traits de deux femmes, la belle paysanne et la mystérieuse châtelaine, il découvre tous les visages de l'amour. Il aimera les deux de toutes ses forces, elles l'aimeront toutes deux de toute leur vigueur, mais laquelle aura le bonheur de le garder ? Un roman autobiographique, simple et champêtre où l'amour des arbres et des ruisseaux raconte de manière charmante l'amour des hommes.
L'inspecteur Lester déteste la neige, est sujet au vertige, pourtant, le commissaire Fournel l'envoie au coeur des Alpes... Rajah Yshodhana, prince régnant de Bhogavati, aux Indes, s'était fait construire en 1937 un somptueux chalet sur le sommet du Mont Revard. C'est là qu'il choisit de vivre son exil doré lorsqu'il doit quitter son pays en 1949. C'est là que ce passionné d'alpinisme trouve une mort tragique, deux ans plus tard, au cours d'une randonnée. C'est là encore que disparaîtront ses deux fils, dans des conditions pour le moins suspectes. Et aujourd'hui sa veuve craint pour la vie du jeune prince Shudraka, son petit-fils et l'héritier de l'immense fortune des princes de Bhogavati : quarante tonnes d'or déposées dans les coffres de plusieurs banques suisses. L'assassin éventuel serait-il de ses intimes : le banquier suisse Strehler, probablement coupable de graves malversations ; l'architecte Naphta, au passé douteux ; le ministre Manahsvamin, homme de confiance et agent des services secrets indiens. Se pourrait-il qu'il soit une légende ? Voici la troisième aventure de Lester publiée aux Éditions Ramsay. Elle est aussi drôle que les précédentes. Également aussi énigmatique.
« La malédiction de ma mère a été déviée, elle a ricoché sur l'eau rouge de Canaïma ; les femmes m'ont passé le témoin et au lieu de te le rendre à mon tour, je suis allée le noyer loin, très loin de » tout. C'est Blanche qui écrit ces lignes, elle vit au Venezuela, elle a abandonné mari et enfants. Laure, sa fille, part à sa recherche. Un parcours qui la mènera de Paris à Caracas, puis au pied des cascades de la forêt amazonienne où Blanche a trouvé l'apaisement. Deux portraits de femmes sur une route que jalonnent beaucoup d'autres femmes, le gynécée familial, d'anciennes collègues de bureau, les membres des divers clubs qui s'organisent au sein de la communauté française de Caracas : autant de groupes organisés qui fascinent et révulsent Blanche, tandis que pour Laure ils sont plus ridicules que menaçants. Dans ce récit souvent âpre, acteurs et témoins s'observent sans complaisance ; malgré l'amour, un amour lancinant comme une douleur sourde, la question posée par Blanche, et temporairement éludée par sa fuite, reste sans réponse : une mère acceptera-t-elle jamais que sa fille devienne femme ?
« J'ai eu un accident Sur la grand'route astrale. Mon âme est d'un métal fêlé qui pleure au vent. »
Une porte close, un nom effacé : La consigne de Béatrice Szapiro plonge le lecteur dans l’angoisse d’une rupture brutale. Entre souvenirs et présent, ce récit sobre et poignant explore la douleur de l’abandon et la quête de soi.
Ils ont vécu pour la java, le tango et la valse. Désiré, Marthe, Roger, Germain, Agathe, Rita et les autres... des danseurs, des amoureux du bal musette, des enragés de la Gambille : leur bal. Le jour même où celui-ci va être détruit, ils s'y donnent rendez-vous, leur dernier rendez-vous d'amour et de passion : le rendez-vous de la Gambille...
Veuve, harcelée par une belle-famille riche qui veut lui prendre son enfant, toute pleine encore d'un amour disparu dans le tumulte de l'Indochine, Françoise Villedieu accepte d'aller rejoindre l'ex-reporter Roger Vareno pour des vacances en Algérie. Au coeur de la vallée des orangers, auprès de Roger qui veut l'épouser, Françoise trouve un havre de paix et de bonheur. Les vacances durent au-delà de l'automne jusqu'à ce que l'insurrection de novembre 1954 mette à feu et à sang son paradis. La vie s'accélère. À Constantine, dans le tumulte des agressions, Françoise retrouve Jean, son amour disparu. L'homme est transformé, quasi méconnaissable, mais elle choisit de suivre derrière lui le chemin de l'amour... Après Fleuve Rouge, son premier roman, Robert Mazoyer retrouve Françoise et sa famille qui en 1947 avaient fui l'Indochine en guerre.
Bruno Lagrange est allé puiser dans la Bible l'épaisseur de l'histoire collective pour écrire ce roman. Le prophète biblique est un homme irradié, consumé : il vit l'avenir de l'homme dans sa chair, dans sa précarité, avec le poids de Dieu. Jérémie fut l'un d'entre eux. Il fut un homme de courage, qui sut voir disparaître un monde et l'autre à venir. Lui attribuer jérémiades et lamentations de légende est une erreur. Ce monde qui s'en allait, ce Proche-Orient qui connaît alors un bouleversement sans précédent, il ne l'a pas accompagné de ses larmes, mais de la lucidité impitoyable de qui connaît le mal dans l'homme. Et pour dire son espoir contre le sang et les flammes, il n'eut que la prière, qui est la seule révolte qui tienne debout, car, « si j'étais Dieu, j'aurais pitié du coeur des hommes... » Si l'homme de l'an deux mille prend plus facilement son billet pour la lune que pour la Bible, et préfère la mythologie du futur à celle du passé, il ne pourra qu'être saisi à la lecture de ce roman : comment des situations, des êtres que séparent plus de deux millénaires peuvent-ils à ce point être semblables ?
Mon nom : Jean-Paul Chanseaulme, ancien notaire, celui que la France entière a surnommé l'escroc national. Je reviens après dix ans d'absence... Ceux qui m'ont croisé dernièrement dans les rues de Paris m'ont décrit sous les traits d'un clochard, le vagabond satanique des contes anciens dont l'ombre se détache sur fond d'hôtels minables et de gargotes douteuses. On murmure que je suis un homme fini, que ma fille m'entretient, que j'ai l'esprit dérangé... Moribond ? Je fume le havane, je parle haut et clair. Ruiné ? Je roule en Mercedes conduite par mon garde du corps. Fou ? Comment expliquer que mes voleurs d'hier me dédommagent aujourd'hui grassement ? La chance n'abandonne jamais les véritables joueurs ! Paré des habits de la misère, sous l'accoutrement d'un chevalier de la lune, je retourne des cartes gagnantes ! Les criminels seront démasqués, le scandale éclatera, la vérité chassera la racaille !
Oubliez le Triangle d'Or ! Le premier producteur d'opium est aujourd'hui l'Afghanistan. Quatre-vingts pour cent de l'héroïne consommée dans l'Union européenne sont fabriqués avec l'opium afghan. Oui ! Plusieurs tonnes d'héroïne arrivent en France chaque année. Aujourd'hui même, hier, demain matin, quelques kilos vont passer une des frontières de notre pays ! D'où viennent-ils ? Stéphane Allix a mené une grande enquête, à partir d'une vallée d'Afghanistan, identique à mille autres, avec ses cultivateurs d'opium. De là, il a suivi la trace de la drogue à travers l'Asie centrale, dans le Caucase puis enfin en Europe... jusqu'en France. Des milliers de kilomètres de surprises, d'investigations et de dangers réels. L'auteur sera arrêté à plusieurs reprises, la guerre des talibans l'obligera à une évacuation rocambolesque... Il rapporte de formidables informations, totalement inédites, sur le monde terrible des trafiquants de drogue. Il en suit et raconte tous les réseaux et les enjeux, dans le détail, de la production à la consommation dans nos rues. Alliant la qualité et le suspense d'un magnifique récit de voyage à l'authenticité d'un vrai grand reportage, « La petite cuillère de Schéhérazade » ouvre, sans concession, ce dossier brûlant de notre fin de siècle.
Dominé par le manoir de Kernoter, symbole des maîtres de la vallée depuis presque deux siècles, baigné par les eaux d'une rivière qu'on croirait immobile, Locastel est un bourg silencieux du Finistère. Dans le calme et la lenteur, on y naît, on y vit, on y meurt D'habitude. Stéphanie, elle, est partie il y a dix-sept ans. Fille de l'ancienne servante du manoir, elle a fui les humiliations dues aux bâtards, un amour trop encombrant, une vie toute tracée. En ce dimanche d'avril, c'est une femme riche et splendide qui revient à Locastel s'installer dans sa nouvelle demeure, le manoir de Kernoter... Parmi les charmes de la campagne, la violence, la haine et la jalousie l'attendent...