FeniXX réédition numérique (Librairie bleue - Témoignage)
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Je voudrais dire tout le plaisir qu'il y a à lire les souvenirs évoqués par Renée Rivet : à travers l'image de Marie et d'Annonciade, de Jean de Malgascon, c'est toute une sensibilité qui s'exprime. Sensibilité aux lieux du Velay et de l'Auvergne : Tence, Espaly, Langeac ou Clermont... ; aux métiers d'autrefois, comme la dentellière, ou à ceux qui ont surgi au début du siècle : le chemin de fer ou le tramway qui effraie, à Clermont, le père Rapatel ; aux objets, qui meublaient les intérieurs parfumés et chaleureux... Renée Rivet dit sa reconnaissance à ceux qui lui ont appris « à garder le merveilleux, notre plus précieux héritage ». Nous lui devons tous ces visages, toutes ces vies du début du siècle, dont elle nous restitue les peines et les espérances, mais surtout le bonheur de vivre. On retrouve la perception d'un Vallès ou d'un Pourrat à saisir le geste de l'amitié, le goût d'un Bachelard pour les choses simples et riches d'imagination. C'est la même veine. De nos jours, l'image répétée, l'image-clip tue l'imaginaire : seuls les mots peuvent nous donner ou nous redonner à sentir, à rêver. La communauté d'autrefois aimait la vie. Elle y discernait son épaisseur et son aspiration vers le haut. Retrouvons, dans ces pages, toute l'évocation chaleureuse de ce passé. L'oeuvre vraie aide à voir : elle élève. Seul le coeur garde bien la mémoire.