FeniXX réédition numérique (La Nef de Paris)
En attendant de vivre, des existences perdues dans le gris du passé où, se réfugiant dans un avenir aux impalpables couleurs vives, des gens sans importance, sans espoir, sans grande douleur non plus, des destinées obscures, qui ont refusé la vie et qui s'accrochent aux instants furtifs de joies entrevues. Que ce soit dans la brume matinale d'un Paris d'hiver, que ce soit au soleil trop chaud d'îles fortunées, ils ont gaspillé le temps de l'attente et, las avant d'avoir vécu, ils vont, munis d'un lot de souvenirs, au gré des jours d'ennui. Des moments du temps, comme chacun de nous en a passés, qui donnent un grand désir de joie, une grande envie de vivre.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Guerres, révolutions, catastrophes, séismes, signes dans le ciel, faux Christs... notre époque n'en manque pas. Vivons-nous la fin des temps, ou plutôt la fin d'un temps qu'annonce l'Évangile ? Heure sombre en tout cas. La civilisation matérielle atteint son apogée, l'inquiétude humaine aussi. À chaque instant, le fruit de la pensée et du coeur des génies du passé risque d'être anéanti totalement par la perversion de la pensée et l'égoïsme des hommes du présent. Pourtant, malgré le vacarme des machines et les explosions des bombes, des voix s'élèvent, rappelant aux hommes leur véritable mission. Voix inspirées et choisies par la conscience cosmique, pour se manifester à la conscience humaine. Gandhi fut la voix de la première moitié du XXe siècle. L'auteur de cet ouvrage sera-t-il celle de la seconde moitié ? Synthèse vivante de la pensée orientale et de la volonté occidentale, nul ne l'approche, même pour la première fois, sans retrouver en lui l'ami de toujours et la confiance perdue. Ce qu'est ce premier livre ? Un message d'amitié adressé à un monde hostile, un message d'espoir délivré à un monde désespéré, une clef ouvrant la porte cachée que cherchent vainement tant d'esprits désemparés, une des clefs du royaume qui nous est destiné.
La racine des souvenirs : l'enfance ! Celle, heureuse, d'un citadin adopté par une famille de paysans. Êtres simples, ils connaissent, jour après jour, la rude existence, la rude poésie de la terre. Ils ont leurs problèmes, qui sont de vrais problèmes, leurs joies, qui sont de vraies joies, leurs projets d'avenir : les parents toujours solides, la fille aînée qui veut se marier, la cadette qui se voit devenir femme, les grands garçons qui rêvent de voyage, l'aîné face à ses responsabilités de futur chef de famille. L'auteur nous les montre dans leur tout petit îlot de sérénité, et en fait pour nous des amis, qu'on quitte vraiment à regret.
Ah non ! personne ne se doutait, dans ce café des Buttes-Chaumont, qu'Anatole Pommelet devait connaître un destin extraordinaire. En quoi ce jeune homme pâle, à l'aspect timide et effacé, tout désigné semble-t-il pour figurer les amoureux de Peynet, pouvait-il différer des autres ? Et pourtant, il surprendra tout le monde, comme il surprendra le lecteur qui voudra bien le suivre de Belleville au Faubourg Saint-Germain, à travers des scènes où la plus libre fantaisie voisine avec un humour à la fois tendre et mélancolique. Saura-t-il y trouver la liberté qu'il recherche depuis si longtemps, connaîtra-t-il enfin, un jour, le bonheur qu'il mérite ? Hélas ! Lorsque ce bonheur s'offrira à lui, dans toute sa pureté, il le méconnaîtra et le laissera s'enfuir. Et il se retrouvera de nouveau seul, pauvre Pierrot lunaire, aux rêves toujours déçus, éternel prisonnier d'un monde hostile. Mais le miracle s'accomplira : le rêve deviendra réalité et il se découvrira un don surnaturel, qui le libérera de la cruauté et de l'hypocrisie humaines. Et un matin d'été, en la fête de l'Assomption, oui vraiment, il sentira qu'on vient le prendre et l'emmener loin dans les airs, là où la liberté règne sans partage.
Il semble que l'auteur ait trouvé, dans le personnage central de ce livre, matière à ce qu'on appelait - au siècle dernier - « l'introspection », ce climat de l'écriture cher à Benjamin Constant et, de nos jours, à un écrivain comme François Nourrissier. Milgend, pour avoir, un jour, donné son sang pour sauver un malade - alors que tout son entourage s'y refusait - sent ses possibilités se multiplier. Un autre homme est né en lui. Ce héros qui s'ignorait jusqu'alors est, au fond, un passionné, un enthousiaste en tout excessif, dont la perversité n'a d'égale que la pureté. Il sauvera maintes vies humaines, poussé par le besoin constant de donner de sa personne, de sa vie, puis - l'Algérie réclamant des combattants - Milgend partira. Le don du sang le conduira à l'héroïsme et la mort l'ensevelira, lui qui savait mieux que personne combien « le sang fait vivre et mourir ». On n'oubliera pas cette histoire étrange et fascinante, dédiée aux forces élémentaires qui nous habitent et nous transforment à notre insu.
Arrière-petite-nièce de Guy de Maupassant, Monique de Wolff de Moorsel doit peut-être à cette parenté son art de raconter une histoire, et de la placer dans un cadre solidement tracé. Un grand propriétaire terrien de la Flandre belge, resté veuf avec deux filles, s'est remarié à quarante ans avec une jeune fille d'origine wallonne. La nouvelle venue souffre de sentir son mari distant et sévère, et de n'occuper qu'une place, somme toute secondaire, et dans son affection, et dans sa maison. Son imagination travaille, et des racontars de voisins déchaînent en son esprit une véritable obsession, dont le développement est minutieusement analysé par l'auteur. Livrée à son idée fixe, elle entraîne la famille dans une série de catastrophes, dont Sybille, la fille de son mari, sera la première et la plus attachante victime. La fin dénoue la situation, mais la blessure entre les deux époux laisse une cicatrice qui ne s'effacera pas. Un roman vivant et bien construit. Un livre attachant sur la psychologie féminine.
Étrange et tendre histoire... que vient-il faire au petit bal du samedi soir, ce Pharaon anachronique ? Quitte-t-on ainsi son sarcophage, pour venir gambiller le lambeth-walk dans une brasserie estudiantine ? Une Minouche de vingt ans, qui croit au sortilège, lui écrase les orteils pendant le lambeth-walk. Maladresse, ou moyen éprouvé de lui rendre un instant son faste d'Horus d'or ? Olga Fleury (Minouche) est orpheline, fille d'une jeune infirmière française et d'un soldat hindou soigné en France pendant la guerre. Dans un étroit jardin de banlieue, au fond d'un pavillon vétuste enfoui sous les glycines, le ciel est descendu. Mamie, la mère-grand de cette poignante histoire, un Nostradamus en jupons, préside aux métamorphoses. Elle prépare les âmes, s'arrange avec le Bon Dieu. Des choses ont lieu par sa science, des choses fabuleuses. Ce qui se passe, derrière « les volets verts décolorés » dans le jardin enchanté où les plus doux fantômes s'affairent au clair de lune... Pharaon entrera-t-il un jour dans le jardin des sortilèges ? Ce roman est un bain de jouvence, une introspection dans le monde merveilleux et candide dont chacun pressent la toute-puissance au plus vrai de lui-même. Il y a un sésame, et le brouillard s'écarte. Les yeux une fois rincés à grande eau vive, c'est l'oasis dorée. Ce sésame, Le pharaon du bal Loulou, nous le livre ardemment.
Les bois sont le refuge naturel des populations menacées par des envahisseurs. Elles fuient le pillage, l'incendie, le meurtre, le viol des corps et des consciences. Les réfractaires, les hors-la-loi y méditent et y préparent leurs revanches, les expéditions punitives dont ils châtient les oppresseurs. Il y a moins de vingt ans, des hommes, pour la plupart paisibles et timorés, reprirent le chemin des bois et se transformèrent en outlaws. Comment ils furent amenés à gagner les forêts, à s'adapter à une vie primitive et traquée, à se livrer à des coups de main qui les exposaient à tuer, mais aussi à la torture et à la mort, c'est ce que Marcel-Edmond Naegelen - qui les a bien connus - nous explique et nous montre. Il nous mêle à eux, dans l'insouciance et la peur, dans leur enfantine simplicité, leur faiblesse et leurs héroïques sursauts, leur nostalgie de la femme, et leur recherche de l'aventure amoureuse, qu'ils rencontrent parfois. Parmi eux, surgit un chef. Un pauvre type, que les événements obligent et portent au-dessus de lui-même. Un Ivanhoé plébéien du vingtième siècle et d'un département de France. L'envahisseur vaincu et parti, il retombe dans sa médiocrité, malgré les efforts d'un compagnon de ses exploits qui l'admira, et tente en vain de ranimer la flamme éteinte. Tandis que prospèrent autour de lui ceux qui ont continué leurs affaires dans la sainte horreur de la forêt, de ses fourrés, de ses mystères et de ses dangers. Tout rentre dans l'ordre : « Les lauriers sont coupés. »
Les histoires d'enfants ne sont jamais banales. Amédée est l'histoire de deux enfants, deux garçons de dix ans. Le premier, Amédée, est un gosse tranquille et timide qui, déjà, sent monter en lui une vocation. Orphelin de père, fils unique, il est couvé par une mère qui l'adore et le pousse vers le bien et le beau. Par contre, son camarade Pitot est déjà un chef-né, un guerrier qui, sans être méchant, impose sa loi à toute une troupe de gamins. Amédée, par sa patience et sa douceur, saura le ramener à de meilleurs sentiments, et lui fera connaître les bienfaits de la religion et les joies de la Première Communion, cette grande fête qu'attendent tous les enfants. Plus tard, les deux amis, malgré les milieux différents où ils ont vécu, se retrouveront au Séminaire et deviendront prêtres. Ce roman n'a d'autre ambition que celle de montrer l'âme des enfants, de ces petits hommes qui portent déjà en eux leur destin d'hommes. Amédée a une suite. Dans un autre roman, intitulé Amédée et Pitot, Louis Bouchet décrira la vie des deux amis devenus Missionnaires.
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Une chambre. Déjà il n'y a plus rien à dire ; et pourtant... Rêves, souvenirs qui brûlent les lèvres, regrets, amour ; cette dernière fois... Un tel livre ne se résume pas ; ce serait mentir. On le lit - ceux qui savent lire, le reliront - puis on s'écoute. Et c'est alors que tout recommence en soi, comme dans ce roman : « Peut-être... »
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Étrange personnage, pour une époque où chacun se plie aux exigences d'un monde standardisé, que cette adolescente de trente ans. « Elle est unique », dirions-nous donc, jalouse de préserver son existence propre, qu'une inextinguible soif de vivre la pousse à mesurer à tout ce qui l'entoure. C'est de là que naît le roman, du choc de ces deux inconciliables ; et nous devons à Cécile Munier l'impression d'avoir découvert certains secrets de plus sur l'âme, et la femme dont le mystère transparaît en de nombreux passages. Hélène quitte « un bon mari » parce qu'il ne sait poser les problèmes qu'au tableau noir, et parce qu'il représente justement ce havre dont elle ne voulait pas. Elle retrouve, auprès de sa mère, le cadre d'une adolescence dans lequel son esprit d'indépendance ne peut bientôt plus tenir ; puis, repart pour une nouvelle halte que lui offrent les bras d'un jeune amant orgueilleux que hantent ses propres soucis. À toujours affronter les risques, une femme ne peut que se blesser chaque fois plus profondément ; mais un besoin d'absolu pousse, sans cesse, Hélène vers de nouvelles expériences, toujours plus chèrement payées par une femme qui se sait du moins vulnérable. Le style semble créé pour la cause, tant il est adapté au récit. Cécile Munier peint son personnage d'une palette aux nuances infinies. Et la finesse de son analyse suffirait à nous faire saisir l'essentiel dans l'art du roman.
« Non, la guerre n'est pas toujours fraîche rigoulade », ainsi que l'affirmait tristement le sire de Vaubricourt, miraculeusement échappé à la bataille de Poitiers (1356). Mais elle présente l'inappréciable avantage d'exalter les guerriers, parfois de les révéler à eux-mêmes. À travers les âges, l'auteur s'honore d'avoir connu certains d'entre eux, parmi les plus valeureux et les plus sympathiques, de Chanterelle, cadet du collège de La Flèche, qui, sous la Révolution, autour des armées en bataille, emporta la victoire par une action d'éclat, au Capitaine Salvagnac, commandant l'Escadron volant, qui prit part à la dernière guerre nucléaire de 1993. Curieux esprit que ce capitaine Salvagnac. À peine sorti de la dernière guerre, il pensait à la suivante. Il prévoyait une guerre des cavernes, en étudiait l'ordonnancement et en cherchait les lois quand, au cours de la reconnaissance tactique d'une grotte, un bloc de stalactite se détacha subitement, tomba sur son crâne et l'étendit raide mort. L'auteur croit pouvoir dire que le Capitaine Salvagnac prévoyait de petits engagements à effectifs limités, genre combat des Horaces et des Curiaces. Dès lors, la question se pose. Ne serait-il pas plus pratique de sauter quelques-unes des phases de l'évolution guerrière, et de passer directement (ou de revenir), au combat des trois Horaces et des trois Curiaces ? Il appartient au lecteur d'en juger !
Dans la brume glacée d'une nuit de Noël, un jeune homme aperçoit - sur la route déserte - une femme, qui lui fait signe d'arrêter. Pris de pitié, il stoppe son véhicule, et la belle inconnue s'installe près de lui. C'est ainsi, par hasard, que Micheline est entrée dans sa vie. Qui est-elle ? Il donnerait sa vie pour tout savoir sur son passé. Mais, en ce soir de fête, il ne connaîtra d'elle que l'immense dégoût de son corps révolté. Est-il possible qu'un grand amour naisse de cette heure passionnée ? Dans la pauvre vie de Micheline, se cache un ange, sa petite fille aux yeux bleus. Elle sera l'aurore du renouveau, le rachat d'une vie de défaites, finalement sauvée par l'amour. Le destin nous réserve-t-il son aide ou ses coups bas dans ce grand tournoiement où se mèlent la misère et la beauté, la franchise et la duplicité, le poids des fautes, et la légèreté du pardon, dans ce grand combat pour le bonheur ? Tel est le thème de ce livre émouvant, qu'on lit d'une traite, et qu'on relit pensivement.
Dans un livre paru en 1945, Jacques Minart évoquait les événements militaires de 1939-1940, tels que l'on s'était efforcé d'y faire face aux échelons les plus élevés du Haut-commandement français. Le même auteur se penche aujourd'hui sur l'avant-guerre, montrant que l'affaire du désarmement qui, au lendemain de 1918, s'était inscrite au premier plan des préoccupations politiques - notamment en France et en Angleterre - a, en définitive, contribué à précipiter le monde libre dans une deuxième guerre, encore plus sanglante que la précédente.
Parmi la pléiade de saintes qui illuminent la longue histoire du christianisme, Restitute, vierge romaine martyre à Sora, scintille d'un éclat fascinateur. Il est de ces fleurs, aux parfums des plus suaves et dont la beauté est exaltante, qui restent pourtant dans l'ombre de la renommée. Telle Restitute, violette au jardin de Dieu. J'ai lu le récit de sa vie tout à fait par hasard, ce hasard qui porte la griffe de la Providence. Dès le livre fermé, j'avais déjà décidé la composition d'un drame chrétien, qui ressusciterait la noble et vaillante destinée de Restitute. J'ai mis tout mon soin, toute ma foi en ce travail. J'ai passé, en la compagnie de ma pure héroine, des semaines de joie profonde. Puisse cette joie être communiquée à tous les coeurs épris d'un idéal, quel que soit son nom ! Puisse le témoignage de Restitute les pénétrer intimement de la puissance radieuse de l'amour, de l'irrésistible victoire de l'esprit au long de luttes tragiques, enfin de la grandeur du pardon chrétien. En ces temps troublés, où le matérialisme s'acharne à dessécher les âmes, je souhaite avec ferveur que l'exemple de la vierge de Sora apporte un désir plus exigeant d'aller boire à la Source d'eau vive, la seule qui rafraîchisse et apaise...
Pourquoi les « Carillons sans joie » ? Parce que, ce jour-là - c'était à la Libération -, les cloches sonnèrent au-dessus d'une prison où un homme - le héros de ce livre - jeté dans une cellule par ses concitoyens, après avoir versé son sang pour la France, et sans rien avoir à se reprocher, se morfondait dans l'attente de la mort. Comme tous, il avait cultivé l'illusion, bien avant 1939. Il avait cru en la force française, en l'inviolabilité de la Ligne Maginot. Or, il connaît, pendant la Drôle de guerre, l'attente incertaine et déprimante à laquelle met fin le coup de tonnerre du 10 mai 1940. Et ce qu'il voit en Hollande, en Belgique, dans le nord de la France, et enfin à Dunkerque martyrisée, lui offre l'image plus amère de le vérité. Il était anglophile, tout en se persuadant que le soldat anglais n'était qu'un spécialiste des retraites. Et puis, avant même de connaître l'accueil enthousiaste du peuple britannique, il le voit, ce « tommie », tenir sa place courageusement, discipliné, alors qu'un vent de panique s'est déjà répandu parmi nous. Il pense, en revenant vers Brest, qu'il vient de vivre une manche perdue, et qu'il s'en va participer à une troisième « Marne » victorieuse. Après l'Exode, il salue l'Armistice avec soulagement. Il invective De Gaulle, tout d'abord ; puis il vient à lui. Il applaudit Pétain, la dernière chance française et, soldat de l'armée d'armistice, il comprend rapidement que la politique de collaboration, n'est qu'un leurre. Anglophile ? Il ressent douloureusement et rageusement les outrages de Mers-el-Kébir et de Syrie. Germanophobe ? Il se bat une fois de plus en Tunisie contre l'Allemand. Impitoyablement, il abat des Nazis. Blessé, ce sont deux de ces ennemis qui le sauvent. Américanophile ? Il doit ses blessures à l'imprudente action des premiers contingents U.S.A. qu'il rencontre. Les Allemands sont des adversaires héroïques et loyaux, pense-t-il après l'affaire de Tunisie. Il connaît, plus tard, les geôles de la Gestapo, leurs horreurs, leur inhumanité, leur terrible incertitude. C'est une nouvelle douche froide. Une chance inouïe lui rend la liberté. Il attend, il espère, il appelle, il applaudit l'armée libératrice. Enfin la France est libre, et tout va s'éclairer ! Malheureusement, il oublie que les rumeurs, qui colportent des futilités, sont dangereuses à l'heure d'un triomphe, que l'on transforme vite en règlement de comptes. Et il est emprisonné au titre de collaboration..., sur de simples présomptions ! Il échappe à la mort et, violemment dressé contre les « F.F.I. » qui l'ont emprisonné, il se voit délivré par un autre « F.F.I. », son frère. Officier dans la poche de Royan. Car les grands actes de l'histoire, comme ceux plus obscurs, mais plus constants, de la vie quotidienne, apportent la preuve que nul n'a jamais entièrement raison. Mais que l'aventure, elle, n'a jamais tort.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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Elle s'appelait Minnie, Minnie Minniver. La moitié du monde la connaissait. À vingt ans, elle était venue chercher fortune à Hollywood. Les magnats de « Sunset Boulevard » s'étaient trouvés face à face avec « une fille au blue-jean », créature mi-Ève, mi-Femelle, et qui n'était faite que de courbes. Son premier grand film « La déesse nue sous le cygne » avait fait ahaner les foules concupiscentes de l'Ancien et du Nouveau monde. Maintenant, elle avait atteint la puissance et la gloire. Tout aurait été bien s'il n'y avait eu Percy Pew, « une vieille lune, une sale vieille lune blanche ». Elle croyait bien l'avoir tué. Mais il n'était pas mort, pas tout à fait. Et maintenant, sur cette petite plage de l'Italie du Sud, voilà que le destin le suscite à nouveau en face d'elle... C'est sur ce thème « grand public » des amours et de l'échec sentimental d'une vedette, que Jean Boulmer, après « Johny sur la plage », a écrit un nouveau livre étonnant, qui réinvente le roman avec des moyens d'une désarmante simplicité. Il ne s'agit pas là, en effet, d'une oeuvre « expérimentale », mais d'une oeuvre achevée et passionnante, qui tranche sans effort sur la grisaille et la laborieuse obstination des « spécialistes » du nouveau roman. Le récit se déroule à une allure folle : pas un mot de trop, aucune concession aux anciennes ni aux nouvelles modes littéraires. Pourtant, un subtil contrepoint fait de lenteurs savantes, et de répétitions explosives, révèle la vigoureuse et attachante personnalité de l'auteur, et ses liens avec la jeune école du roman anglo-saxon complètement ignoré en France. Carrément réaliste, mais faisant la part belle au rêve, facile à lire, mais tout à fait nouveau par le ton et l'écriture, « grand public », mais prenant pour cible un des phénomènes essentiels du monde moderne (le mythe de la vedette) - dont les implications littéraires, sociologiques et même politiques - sont évidentes, dramatique mais riche d'un sombre humour, franchement drôle jusqu'au burlesque, mais plus sérieux qu'il ne paraît, ce nouveau livre classe - sans conteste - Jean Boulmer comme un des auteurs les plus féroces, les plus sensibles et les plus originaux de la jeune génération. Si le plaisir de lire est trop rare, celui de découvrir l'est plus encore. Bientôt, tout le monde parlera de ce roman et de son auteur.
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Les progrès de la science devraient permettre à l'humanité tout entière de jouir d'une vie toujours plus agréable dans la sécurité, dans la paix... or, il n'en est rien, même dans les pays les mieux organisés. Nul individu ne jouit de cette assurance de quiétude, de sécurité. Bien au contraire, les dangers grandissent en même temps que la science. Même s'ils cherchent à s'étourdir en jouissant égoïstement du présent, les hommes conscients comprennent qu'il y a un problème urgent à résoudre. L'auteur s'est senti attiré par cette question capitale. Dans cette oeuvre, qui tient à la fois du roman d'anticipation et du conte philosophique, il présente des idées très audacieuses. Il fait parler deux êtres de conditions sociales très différentes, mais imprégnés d'un même idéal : Julien est un modeste travailleur de notre monde. Dédy est une intellectuelle géniale, venue d'un monde plus évolué que le nôtre... Bientôt, il faudra choisir entre les solutions qu'elle nous propose, et... l'abîme.
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Lorsque le passant croise un enterrement, il se recueille un court instant devant la dépouille mortelle, et compatit honnêtement au chagrin de ceux qui la suivent. Si le cortège est long, somptueux, avec un cercueil disparaissant sous les gerbes de fleurs cravatées, suivi d'une foule importante, plus ou moins recueillie, il s'attarde au spectacle. À la vue du faste, des toilettes et des personnalités, il présume que l'on enterre quelqu'un de riche et d'important, mais peut-il supposer que cette cérémonie termine une vie souvent mouvementée ? Peut-il savoir que, depuis la veille, des intérêts s'affrontent, des passions se soulèvent, que ces gens éplorés, unis dans le deuil, sont déjà adversaires et que leur chagrin ne cache que haine et jalousie, que ces amis sont faussement émus et, enfin, que ce cortège n'est qu'une manifestation mondaine parmi tant d'autres, où la sympathie manifestée envers le mort n'est que factice et à l'usage des vivants ? Oui, s'il lit ce roman ! Il connaîtra les réactions diverses de l'entourage immédiat du mort pendant les quelque trente heures qui ont suivi son décès. D'un style alerte, direct, parfois brutal, ce livre est un réquisitoire violent contre une société en décrépitude. Évoluant dans le Midi viticole et le négoce du vin, son intrigue est vivement conduite et constamment soutenue. Ses personnages hauts en couleur sont impitoyablement campés.
Trop souvent, on n'éprouve que du mépris pour un être tombé dans la pire déchéance. Or, l'envoûtement d'une passion crée un état pathologique tel que, bien souvent, cet être s'y enlise de plus en plus, au point de renoncer à toutes les valeurs qui font la dignité humaine. Comment cette jeune fille, d'une excellente famille bourgeoise, va-t-elle, de chute en chute, devenir une épave rejetée par sa famille elle-même ? Comment, finalement, va-t-elle triompher de sa passion ? C'est le « suspense » qui maintient le lecteur en haleine, depuis le commencement du livre jusqu'à la fin. Envoûté lui-même par ce captivant récit, il suit avec passion toutes les phases de cette authentique histoire, souhaitant, avec la malheureuse héroïne, la fin de ses épuisants combats. D'une lecture aisée et attachante en même temps, il dépeint parfaitement les affres d'un être momentanément obnubilé par la passion de boire, - mais qui reste sympathique malgré ses rechutes répétées, au bout desquelles vient enfin la rédemption souhaitée par le lecteur, et dont il se réjouit. Ce récit, tranche de vie d'une esclave de l'alcool, que ses origines, son milieu familial devaient maintenir dans un univers de bonheur, est une autobiographie qui frappe par son absolue franchise et ses profonds accents de vérité. Cette femme a connu toutes les déchéances qu'elle décrit ; l'agonie morale qui suit chaque reprise de son vice, malgré les épuisants combats qu'elle lui livre pour l'écarter, - sa détresse physique devant les portes qui se ferment l'une après l'autre - et, enfin, l'asile d'aliénées où les cures de désintoxication doivent se succéder pendant des années, avant d'aboutir à un résultat. D'une lecture facile, ce livre est, en outre, un document inestimable pour tous ceux qui s'intéressent à la psycho-pathologie.
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