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« Comme j'en avais marre d'attendre, j'ai fait le tour du pâté, et c'est là que ça s'est passé. J'ai senti une main se plaquer contre ma bouche, puis je suis tombée dans les pommes. Pas de frousse, je n'en avais pas le temps. Non, on m'avait bel et bien chloroformée, comme Tintin à Chicago...» Quand Zapinette passe ses vacances à New York avec Albéric, son oncle farfelu, on n'est jamais au bout de ses surprises. On entre avec elle dans les églises de Harlem ou dans des magasins géants remplis de trésors. Et puis on rencontre les copains d'Albéric, une flopée de fous et d'originaux : les dîners chez Lulubelle, les oeuvres de Zac ou les histoires de Luca le mafioso valent vraiment le détour ! La nièce et l'oncle chéri ne se quittent pas d'une semelle. Mais il suffit que cette délurée de Zapinette s'aventure seule sur les pavés new yorkais pour être soudain kidnappée par des inconnus... Ce voyage, drôle et insolite, est aussi une ballade instructive : chaque rencontre, chaque quartier de New York nous plonge dans la vie quotidienne des Américains et dans l'histoire des États-Unis. On ne se contente pas de rire. On en apprend aussi beaucoup sur un étonnant pays.
Marie-Christine a dix ans quand le cauchemar commence. À cause d'un engrenage effrayant de situations, à cause de psychiatres prêts à interner - dans leur clinique privée - des enfants parfaitement sains, pourvu que la famille paie, Marie-Christine passe une bonne partie de ses jeunes années chez les fous. Internements abusifs, scandaleux, qui auraient pu la faire sombrer dans la folie : tout ce qu'elle peut dire ou faire ne se retourne-t-il pas contre elle ? Une tentative de viol, dans le château familial, lui vaut un nouveau séjour chez les fous : elle est mythomane, attaque l'honneur d'un homme marié, dit-on. Que peut une enfant, ou une adolescente, contre le regard des autres, ceux qui décrètent qu'elle est folle ? Mais Marie-Christine se débat avec l'énergie du désespoir. Elle finit par rencontrer un médecin, révolté, qui l'arrache aux psychiatres - ainsi qu'à sa famille - et permet à l'adolescente qu'elle est de vivre enfin. Un témoignage bouleversant, qui doit empêcher d'autres tragédies similaires, et redonner courage à ceux qui, à quelque niveau que ce soit, souffrent du regard des autres.
"Il faut beaucoup corriger." Eugène Delacroix. La Correction fut éditée pour la première fois en 1970, par Jérôme Martineau. Jean-Claude Merle, un des inventeurs de Saint-Germain-des-Près, en fit une lecture au café de Flore, qui souleva l'enthousiasme du public et emporta l'interdiction du livre. Une espièglerie érotique et littéraire, d'une réjouissance rare. On y fesse lettré, on y étrille ludique, on y fustige élégant, on y rosse avec une cruauté délicieuse, quoique la main et les instruments ne manquent jamais de leste. On y pratique la sprezzatura, la désinvolture nonchalante. Le lecteur en fera une lecture de plaisir vrai, et se délectera des hommages à l'écriture à la française. Ce manuscrit a été trouvé dans une malle, pas à Saragosse même, mais dans les environs.
Une jeune femme, Anne, va remettre au monde sa mère - morte dans ses bras - en écrivant sa vie... Portrait de Geneviève. D'une femme de tous les jours. D'un coeur simple. D'une âme complexe. Geneviève est de ces héroïnes du quotidien que l'on croise, mais que l'on ne sait pas voir. Femme solaire, elle illumine de sa chevelure rousse la grisaille des jours, rousse comme personne... Sous son regard, le banal se transforme, les horizons les plus sombres s'évadent au-delà des réalités étriquées de la mansarde familiale. La « nomade du réel » élève seule Anne et ses frères, affronte l'épreuve des jours et des solitudes. Qu'importe, Geneviève métamorphose les manques, « plie mais ne rompt point ». Geneviève attend. Jusqu'au bout de l'illusion, elle espère un amour entrevu... Elle reverra Pierrot, un jour... c'est sûr... Une figure populaire d'exception. Un portrait de femme à contre-courant, qui manquait à la littérature. Un roman qui bouleverse. Une écriture rare, qui donne à voir au-delà des apparences du banal. Un hommage à ces femmes, ces mères au coeur de chacun, ressuscitées par la plume de l'auteur « pour que tout recommence, pour que rien ne meure ».
Quartier ouest... Centre historique... Les rats prolifèrent. L'ancien palais de justice est occupé par une bande, celle du terrible Chica, Pantagruel des temps modernes. Ville des pas perdus ? Chasseur de rats, Gulf y traîne sa besace et son chagrin, loin du quartier ouest, par déchirure du coeur. Pantomime de vies sordides, imaginaires ou inspirées. Et la petite fille très belle, « perle de brume » et « yeux d'émeraude », fait surgir l'émotion au sein de ce théâtre d'ombres. Delphine