FeniXX réédition numérique (Écrivains associés)
Je me suis souvent interrogée, pour savoir si la Chine pouvait se raconter, je me suis demandée pourquoi "ma Chine à moi" n'était pas dans les livres d'autres écrivains. S'ils ne l'évoquent jamais telle que je l'ai vue, est-ce par peur qu'on ne les croit pas, ou est-ce parce que les livres qui traitent de la Chine, sont ceux de diplomates à qui l'Orient n'a offert que des palais et des merveilles. "Ma Chine à moi" est celle d'une île éloignée, reculée, perdue, longtemps oubliée qui, aujourd'hui, renaît et qui, demain, sera autre. "Ma Chine à moi", c'est la Chine d'Haïnan. "Ma Chine à moi" est comme une plaie qui ne cicatrise pas, une porte ouverte hier, et pourtant béante sur demain, à l'extrême limite du passé et du devenir.
« Quelques mots furent lâchés - d'abord avec beaucoup de prudence. Puis, devant l'intérêt que je paraissais lui apporter, elle s'était laissée aller à me raconter sa terrible histoire. J'étais suspendu à ses lèvres. Tout ce qu'elle me racontait était envoûtant, prenant, terrifiant et, pourtant, c'était la réalité dans toute sa force et son indécence. Je voyais ses bras se couvrir de frissons. Par moments, je lisais dans ses yeux une peur rétrospective, mélangée à une sorte de grande pitié confuse envers quelqu'un dont elle n'avait jamais encore parlé. Si Isabelle n'avait pas été quelqu'un qui avait les pieds sur terre, qui occupait dans son travail une fonction nécessitant un parfait équilibre, je crois bien que j'aurais laissé tomber. Il est parfois difficile - à un esprit cartésien - de croire à de pareilles aventures. J'avais écouté l'histoire jusqu'à son terme. J'étais ému, troublé, quelque part inquiet. Avions-nous le droit de la révéler ? N'était-ce pas - de nouveau - chercher à réveiller la malédiction ? »
Charles Louchet écrit le récit d'un combat... Cet ouvrage autobiographique, que traverse la fureur de la guerre et l'horreur des « camps de la mort », avec la lutte pour la survie, la peur de mourir chevillée au corps, est une magnifique oeuvre de colère, d'angoisse et de douleur, mais aussi de fraternité et d'espoir. Un témoignage poignant.
Cet ouvrage de "maximes et anecdotes", dont on pourrait attendre gravité et platitudes, nous réserve une agréable surprise. OEuvre "décalée", tout à fait intéressante et originale, la vision particulière - à la loupe - de l'auteur "des choses de la vie" crée le cocasse, l'absurde, fait sourire ou rire, fait acquiescer ou s'énerver (cela nous a parfois fait penser à La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, animée par Pierre Desproges). Dans la palette de "maximes et anecdotes", concoctées par l'auteur, toutes les couleurs et nuances de la vie sont déclinées : fantaisistes, sarcastiques, sérieuses, absurdes, tristes, moralisatrices, irrévérencieuses, cruelles... La diversité de ton de chacune d'entre elles fait la richesse de l'oeuvre.
Une Anglaise, encore très belle, viscéralement attachée à sa plantation de thé au Kenya, peut-elle espérer conserver l'amour d'un pilote de ligne français plus jeune qu'elle ? Tout peut être possible si la passion prend le dessus. Depuis les bords du lac Victoria, jusqu'à l'ombre du Kilimandjaro, cet amour anachronique et la quête de l'absolu trouveront là une conclusion inattendue. Ancien pilote de ligne ayant vécu de nombreuses années dans l'Océan indien, Jacques Lalut sait de quoi il parle, dans une Afrique Orientale qui ne redeviendra jamais plus ce qu'elle était.
Le présent ouvrage est une sorte de stèle funéraire, à la gloire d'un art de vivre, et de vivre poignardé par la dérision et la caricature vengeresses et assassines qui, aujourd'hui font prime partout.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Cela faisait déjà plus de quinze jours que Conely avait eu cette altercation avec les trois Somalis rencontrés au détour du sentier. Il n'avait pas très très bien compris les mots prononcés. Ce n'est que bien plus tard, qu'il avait fini par se remémorer exactement ce qu'il avait entendu : Min Abatou, ce qui veut dire en somalis "Qui est ton père ?". Ce qui sous-entend qu'il n'en a point, comme un esclave. Cette explication, il l'avait obtenue par des gamins qui étaient venus, comme tous les jours, réclamer du chocolat et du chewing-gum devant le poste de garde. »
« Un amour bleu » est le récit des événements qui jalonnèrent la vie d'une adolescente, pensionnaire dans un lycée de province, puis, à l'université, pendant la guerre de 1939-1945. Les méthodes scolaires et éducatives de cette époque donnent, je crois, à ce témoignage, son intérêt et son originalité. Mon héroïne a vécu cette triste période avec sa sensibilité ; c'est un officier de l'Occupation allemande, cultivé et romantique, qui répond à sa demande d'affectivité et de rêve. C'est aussi, et beaucoup, un hommage à tous ceux que la guerre a fait souffrir...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Lucile ouvre les yeux ! Un rayon de soleil filtre à travers le store baissé, s'étire sur le plancher, grimpe aux montants de bois du lit de ses parents, musarde sur le gros édredon rouge et vient illuminer le crucifix doré accroché au mur. Le « ronron » des métiers à tisser lui arrive en sourdine. Maman s'affaire à la cuisine. Papa doit déjà être parti à l'usine de tissage où il travaille. « Quel jour est-on ? » s'interroge Lucile. Le jeudi, elle entend des rires et des cris d'enfants. Le samedi, c'est tout un amalgame de bruits divers ; les femmes font leur ménage, elle entend le balai qui heurte les cloisons, les descentes de lit qu'elles secouent par les fenêtres... Les hommes font leur jardin en sifflotant ; elle entend les coups de pioche, un piquet qu'on enfonce au maillet, d'autres cassent du bois ; tout ceci à travers des voix joviales et de bons rires humains. Aujourd'hui ? Rien de particulier. »
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.