Éditions Somme toute
« Un tabouret et dix femmes sont décrits. » Eh oui! En français, le masculin l'emporte sur le féminin, même lorsque des femmes côtoient des objets! C'est du moins la règle enseignée à l'école... mais peut-être plus pour longtemps! En riposte au masculin jugé sexiste, de plus en plus de francophones cherchent à rendre leur langue plus égalitaire. Pour beaucoup, la question n'est plus pourquoi mais comment. Comment prononce-t-on « étudiant·es »? Écrit-on « entrepreneur·es » ou « entrepreneur·euses »? Quel accord employer avec le pronom « iel »? Cette nouvelle Grammaire pour un français inclusif constitue l'outil idéal pour s'y retrouver. En classe, à la maison ou au sein d'organisations, c'est la référence incontournable pour toute question sur la communication inclusive. Cette Grammaire est l'ouvrage parfait pour : oDécouvrir de nouvelles techniques de communication oComprendre les principes fondamentaux de la rédaction inclusive oNuancer 14 mythes sur la communication inclusive oApprofondir ses connaissances avec plus de 50 pages d'exercices et de corrigés!
Pendant l'écriture d'un roman, d'une chanson, d'un scénario ou d'une thèse, l'angoisse et le doute assaillent souvent celui ou celle qui tente de créer. Une fois l'oeuvre produite, c'est le syndrome de l'imposteur qui surgit alors, convaincant le ou la créateur.ice que sa création est mauvaise, redondante ou carrément plagiée, qu'il ou elle n'a pas sa place parmi ses pairs, ou encore que toutes ses productions subséquentes seront de qualité moindre, que son apogée est passée. Comment appréhender le doute inhérent à tout acte créateur dans des environnements de plus en plus axés sur les modèles de réussite, de compétition et de productivité néolibéraux ? Quelle place pour le tâtonnement, les digressions, les joyeuses pertes de temps, mais aussi le refus d'adhésion au concept même de réussite ? Contre la tyrannie du succès, les auteur.ices de ce collectif se placent, avec Samuel Beckett, Joyce Carol Oates, Jack Halberstam et bien d'autres, du côté de ceux et celles qui savent que l'échec peut être créateur, productif et ludique. Avec des textes de Florian Grandena, Éric Mathieu, Mattia Scarpulla, Myriam Dali, Kevin Lambert, Mercédès Baillargeon, Olivier Ducastel et Jacques Martineau, May Telmissany, Pierre-Luc Landry, Philippe Yong, Julia Minne, Maïssa Ben Jelloul et Bénédicte Coste.
Un ouvrage collectif revendicateur, réfléchi et drôle! Parlez-moi d'amour, redites-moi des choses tendres; parlez-nous d'amour, de vos grands et petits émois trash, glauques, pathétiques. L'amour, l'amour, est-ce une raison pour se faire mal? Maudit amour. L'amour, crisse! Le crisse d'amour. Est-ce une construction sociale? Pourquoi certain.es sont affamé.es, amourovores total, véritables junkies de la passion, tandis que d'autres y renoncent, parfois pour toujours? La force de ce livre réside dans la diversité et la richesse des points de vue qu'il propose. On n'y fait pas que réfléchir à l'amour en vue de redécorer la maison avec une nouvelle couche de peinture, on jette les murs par terre! Et, pour ce faire, il faut être une bande, il faut bénéficier de l'intelligence collective. Plus que la somme de ses questionnements, ce collectif pourrait bien être le point de départ de changements significatifs dans nos vies, l'étincelle ouvrant la voie aux transformations profondes.
Pourquoi les personnes courageuses ont-elles des couilles, alors que les mauviettes doivent s'en faire pousser une paire ? Pourquoi dit-on d'une femme qu'elle tombe enceinte, mais d'un homme qu'il la met enceinte ? Pourquoi les femmes sont-elles bavardes comme des pies si ce sont les hommes qui mecspliquent ? D'où vient notre tendance à disséquer les femmes en un panier de fruits : des melons ou des prunes à la poitrine, une peau d'orange, la cerise pour l'hymen ? Pourquoi les blagues de blondes font-elles rire ? Depuis combien de siècles les femmes sont-elles hystériques ? Pourquoi l'homme est-il conquérant quand la femme est facile ? La réponse à ces questions et à bien d'autres se trouve dans ce Dictionnaire critique du sexisme linguistique, recensant des centaines d'expressions sexistes. Un projet qui invite les féministes à passer des actes à la parole ! Suzanne Zaccour et Michaël Lessard vous invitent à la rencontre d'une trentaine de voix féministes québécoises de différents milieux, qui relèvent le pari de faire rire, sourciller, décrier, sourire et grimacer avec des textes aussi riches que colorés. Avec la collaboration de : Dorothy Alexandre, Dalila Awada, Isabelle Boisclair, Marie-Anne Casselot, Catherine Chabot, Sarah R. Champagne, Élise Desaulniers, Audrey-Maude Falardeau, Catherine Dussault Frenette, Rosalie Genest, Marilyse Hamelin, Naïma Hamrouni, Céline Hequet, Caroline Jacquet, Sarah Labarre, Diane Lamoureux, Louise Langevin, Louise-Laurence Larivière, Widia Larivière, Annick Lefebvre, Judith Lussier, MamZell Tourmente, Catherine Mavrikakis, Emilie Nicolas, Florence Ashley Paré, Julie Podmore, Marie-Michèle Rheault, Sandrine Ricci, Camille Robert, Annelyne Roussel, Marie-Ève Surprenant, Cathy Wong, Suzanne Zaccour
Un recueil revendicateur et exploratoire où l'on dresse un portrait à onze facettes d'une génération queer. Onze auteurices racontent leurs expériences et parcours atypiques par le truchement de récits de soi, de poèmes, de manifestes, de réflexions. Habiter un corps queer ouvre à d'autres manières de voir le monde que celles qui sont issues des regards dominants de la société. Cet ouvrage nous invite à réfléchir à cette importante question : Comment faire acte d'un monde plus inclusif? Avec des textes de Maël Maréchal, Kama La Mackerel, Matéo Pineault, Zed Cézard, Maisie-Nour, Symon Henry, Éric Leblanc, Laura Doyle-Péan, Gabrielle Boulianne-Tremblay, dog food, Mégane Desrosiers, Marie-Ève Kingsley.
Dès les années 1970, le mouvement féministe québécois s'est largement mobilisé pour obtenir la reconnaissance sociale et économique du travail ménager. Toutefois, à partir des années 1980, cette lutte a été écartée, tant du mouvement des femmes que de son histoire. Combat abandonné, mais non gagné, son fardeau continue de peser aujourd'hui sur les femmes. Si la conciliation travail-famille ou la répartition des tâches dans le couple sont des thématiques présentes dans l'espace public, ce sont encore largement les femmes qui en assument la responsabilité. Ce livre propose une analyse historique des discours féministes sur le travail ménager et des débats entourant sa reconnaissance, à travers trois avenues : la socialisation, le salaire au travail ménager et les réformes gouvernementales. Rendre visible un travail qui ne l'est pas et réinscrire au sein des luttes féministes les enjeux liés à la reproduction sociale, tel est le but de cet ouvrage documenté et rigoureux. *Ce livre est inspiré du mémoire de maîtrise de Camille Robert qui a remporté le prix de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant lors de la remise annuelle des Prix du livre politique de l'Assemblée nationale.*
Saviez-vous que certaines villes possèdent plus de cases de stationnement que de résidentes et de résidents? Que par l'entremise de votre loyer, votre hypothèque ou vos taxes, vous payez des dizaines de milliers de dollar pour la rue devant chez vous? Que vous avez deux fois plus de chance de mourir d'un problème cardio-vasculaire en habitant près d'une artère routière importante? Qu'éliminer les voitures d'un quartier peut réduire de 40% la pollution sonore? Un quartier sans voitures, c'est plus qu'une question environnementale. C'est d'abord et avant tout une question socioéconomique. Dans cet essai, le maire de Laval Stéphane Boyer imagine la ville de demain comme un réseau de quartiers denses et interconnectés à l'intérieur desquels la majorité des déplacements se font à pied ou à vélo, et où les relations humaines redonnent un sens de communauté aux centres urbains. L'auteur met à profit son expérience d'élu municipal et propose des pistes de solution pour freiner l'expansion des grandes villes à l'ère où le sentiment de communauté s'érode, où les villes doivent subvenir à un nombre croissant de besoins et où les changements climatiques nous forcent à repenser nos façons de faire
Cinq récits se succèdent et s'entremêlent, retracent cinq siècles d'histoire des femmes - en Nouvelle-France, au Bas-Canada, puis au Québec. Certaines ont foulé le sol de Saint-Joachim, terre d'accueil d'un des premiers établissements français, lieu témoin de leurs tendresses, de leurs larmes et de leurs labeurs. Amour, douleur, exploitation, rédemption, sororité : cinq écrivaines, chacune à leur manière, reprennent le fil des âges, racontent les identités plurielles et les replacent dans l'Histoire. Avec des textes d'Ariane Hivert, Natalie Fontalvo, Lucie Jean, Christine Sioui Wawanoloath et Ève Lyne Marchand.
Dans ce livre qui n'a pas peur de pointer du doigt un système sclérosé qui attribue de manière inefficace ses ressources, Henry Mintzberg se penche sur le recadrage de la gestion et de l'organisation des soins de santé. Le problème, selon Mintzberg, serait cette gestion détachée, à la fois globale et micro qui réorganise sans relâche, privilégie la concurrence et les grandes démonstrations et prétend que le système de santé doit être géré comme une grande entreprise à laquelle nos gouvernements nous ont habitués. Ce type de croyances et de mythes nocifs sont exposés, remis en doute, disséqués et parfois complètement démentis dans ce livre, qui postule que les soins, les remèdes, le contrôle et la communauté doivent travailler de concert pour mener à bien la mission de notre système de santé.
La discrimination, les oppressions et les préjugés que subissent les gros et les grosses restent aujourd'hui parmi les formes de stigmatisation les plus banalisées. Au nom de la santé, les personnes grosses sont marginalisées, ridiculisées, condamnées, isolées. Renforcées autant par les médias, les productions culturelles ou un certain discours médical, les déclarations grossophobes circulent aujourd'hui librement en ne provoquant que de rares réactions, sinon des rires. Mais est-il inéluctable que les caricatures de Gaétan Barrette concernent uniquement son poids? Les personnes grosses ont-elles toujours le diabète? A-t-on besoin d'abdominaux pour changer le monde? Peut-on vraiment aimer un corps gros? Entre témoignage, analyse sociale et discours militant, La vie en gros propose un regard sur ces violences diverses et quotidiennes qui se manifestent autant dans la vie professionnelle que dans les relations amoureuses, dans les transports en commun ou à l'hôpital, sur la couverture d'un magazine ou au grand écran. Mickaël Bergeron part de cette idée que si l'on se préoccupait vraiment de la santé des personnes grosses, on les aimerait avant de les rabaisser.
Nous sommes obsédé.es par la beauté. En Occident, elle rime avec juvénilité. Les femmes avançant en âge sont confrontées à « l'obligation de jeunesse », sous peine de disparition sociale. Mais les choses ne sont pas nécessairement tendres pour les femmes jeunes. Pression à la minceur et grossophobie, régimes amaigrissants et troubles alimentaires : les conséquences sur la santé physique et psychologique se font sentir. La quête de la beauté selon des standards préétablis est une entreprise en apparence superficielle, mais en réalité génératrice d'immenses souffrances. Et c'est aussi une approche raciste. Car, si on lit bien entre les lignes, la femme belle est blanche, jeune et mince. Telle est la toxique vision occidentale de la beauté. Ouvrage choral tissé d'écritures vibrantes offrant des changements de tonalités surprenants, ce collectif est la matérialisation de plusieurs désirs : nommer la beauté, mieux la comprendre, confronter les idées reçues, collectivement faire la paix avec certains démons... Pour y arriver, il aura fallu réunir des plumes de différents horizons, certaines ayant toute une oeuvre à leur actif, d'autres étant de nouvelles pousses.
Le basculement planétaire dans les crises de l'Anthropocène renouvelle l'interrogation sur l'État-nation comme cadre politique adéquat pour adresser l'urgence climatique, les désordres géopolitiques, les crises économiques, les crises pandémiques, les séismes, les incendies, des inondations, les sècheresses, les catastrophes et les conflits qui ne manqueront pas d'accélérer les migrations massives de populations migrantes du Sud global vers les vieilles nations occidentales. Dans ce contexte de mégacrises, la nation est-elle toujours une forme politique porteuse d'avenir ou vouée à disparaître ? Quelles alternatives peuvent lui être substituées ? Bien que la nation continue de jouer le rôle de principal garant de la citoyenneté, l'égale participation, de la justice et de la solidarité sociale, son charme s'estompe et sa cohésion interne s'effrite. Cet ouvrage collectif examine la capacité de la forme nation à se hisser à la hauteur des besoins d'appartenance et du devoir d'actualisation qu'imposent les défis émergents qui installent d'ores et déjà le réfugié (climatique, politique, économique, etc.) comme la principale figure du XXIe siècle. Avec des textes de Marilou André, Étienne-Alexandre Beauregard, Sylvain Campeau, Félipe Goulet-Letarte, Julie-Isabelle Laurin, Philippe Lorange, Radjoul Mouhamadou, Amadou Sadjo Barry, Béatrice St-Pierre, Kristel Tremblay, Rémi Villemure.
L'essai Exploitation de notre eau par Rio Tinto se penche sur la façon dont Rio Tinto bénéficie de l'utilisation d'une ressource renouvelable collective aux fins de sa production commerciale et l'avantage concurrentiel que cette dernière lui procure dans l'industrie. Que ce soit en passant par l'histoire industrielle du Québec ou par des données précises et révélatrices, le constat est le même : pendant que l'entreprise gonfle ses profits, elle semble maintenant faire fi des engagements d'investissements auxquels elle avait consenti et sur lesquels repose une partie du développement régional du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et par ricochet, du développement économique du Québec. Après avoir constaté un déséquilibre entre les avantages que tire Rio Tinto du droit d'utiliser les ressources hydrauliques et les retombées pour les communautés d'accueil, un groupe de retraités cadres de Rio Tinto a alerté, en mai 2022, le gouvernement du Québec sur le non-respect de l'entreprise de ses engagements en matière d'investissement et s'est interrogé sur ses véritables intentions quant à l'avenir de la production d'aluminium au Saguenay-Lac-Saint-Jean. À qui le développement doit-il profiter ? Doit-on accepter que l'énergie produite grâce à la ressource naturelle renouvelable d'une région profite au seul bénéfice d'une multinationale ? Sommes-nous en train de cautionner et reproduire le modèle de développement du siècle dernier ? Voilà les réflexions et constats que le groupe a soulevés et que Jacques Dubuc et Myriam Potvin portent dans cet ouvrage.
Les habitants de la petite Province ont arrêté depuis longtemps de se parler, de se regarder dans les yeux, de se prendre la main. Ils sont en fuite, mais immobiles, l'un à côté de l'autre. Les habitants de la petite Province se sont dénaturés. Ils sont en guerre, mais ils ne le sauront jamais. La guerre est déjà commencée. La nature a décidé de reprendre coûte que coûte le territoire occupé par les humains. Ces humains dénaturés sauront-ils exécuter les gestes nécessaires à leur survie ? Quelles traces laissera leur passage sur terre ?
Et si l'identité n'était pas le bon expédient au besoin d'appartenance qu'elle monopolise ? Notre époque ne cesse de se répandre en lamentations sur la crise de l'identité, tant à l'échelle des nations que des consciences individuelles. Il en résulte une sorte d'injonction paradoxale de poursuite du mirage d'une identité absolutisée, monolithique et pure. Même si elle était accessible, cette quête ne ferait qu'exacerber le problème. En effet, la crise est consubstantielle au paradigme de l'identité. Et pour le dire clairement : l'identité, c'est la crise, à la fois son attribut et son mode d'être. L'essai L'accidentité préconise le deuil du désir d'identité en lui substituant le paradigme de l'accidentité, qui repose sur le postulat que toute identité est par essence accidentelle. Sur les trajectoires mouvantes d'une odyssée sans retour, ponctuée de détours par Ithaque, puis Québec, en passant par l'Afrique, l'auteur retrace le parcours exigeant et sinueux de son voyage jusqu'au bout de l'absence, de l'exil et de l'identité.
Kyoto, six séjours, une passion indéfectible : Valérie Harvey vous entraîne dans son Japon intime, entre traditions et modernité.
Sans blague ! Anthologie de l'humour des femmes propose un survol de l'humour des femmes au Québec et au Canada francophone. Regroupant quelque 90 écrivaines et humoristes, l'ouvrage comprend leur présentation, un extrait particulièrement significatif de leur oeuvre, une sélection de leurs autres productions et des références complémentaires. On y retrouve un grand éventail de genres : extraits de romans, chansons, théâtres, émission de radios, sketchs de variétés. Le tout, organisé chronologiquement, permet de comprendre l'histoire de l'humour des femmes en montrant la fluctuation dans les stratégies humoristiques employées et les thèmes abordés. Par exemple, on verra comment Eva Circé-Côté, dès les années 1920, se moquait des inégalités salariales ; que les autrices de la révolution tranquille (Marie-Claire Blais, Suzanne Jacob) commencent à remettre ironiquement en question toutes les formes du pouvoir masculin ; que les plateformes pour l'humour se diversifient à partir des années 2000 et que la parole de la relève (Les Grandes Crues, Marie-Lyne Joncas et Ève Côté ; Mélanie Couture) se fait plus crue, incisive et complètement décomplexée. Enfin, l'ensemble cherche à être le plus inclusif possible, assurant un espace pour des voix racisées, autochtones, queer et transgenres.
Comment concilier féminisme et passion pour le rap ? Les reines de la ville explore cette question brûlante à travers une enquête sociologique inédite auprès d’amatrices de hip-hop québécois.
Claude, assistée de Marie-Luc et de Lothaire, tente d'élucider son lien avec la création en donnant une conférence. Plus ils essaient d'avancer et de plonger dans le sujet, plus ils sont hantés par la mystérieuse chaise vide qu'une quatrième personne avait pour habitude d'occuper avant sa mystérieuse disparition... Comment vont-ils arriver à remplir le vide qu'ils ressentent? Vont-ils réussir à passer au travers de la conférence malgré ce sentiment de malaise qu'ils sont incapables de mettre en mots? Limbo est une exploration du chaos créatif qui anime la nature, l'Art et l'humain, une comédie existentielle qui émane d'un ressenti : sous la laque du quotidien se dissimule un monde chaotique, terrifiant et libérateur.
Cet essai porte un regard nouveau sur le monde des clownes en les mettant en lien avec des enjeux socio-politiques plus larges. Plus particulièrement, il parle de réalités et d'expériences de femmes clownes dans un milieu où l'on n'entendait pas parler d'elles il y a quelques décennies. Leur présence désormais importante permet d'étudier dans quelle mesure elles y ont une place politique et ce que cela signifie. Plus encore, les différentes remises en question et propositions artistiques qu'elles élaborent en réponse aux injustices sociales et professionnelles vécues peuvent se rapporter aux courants de pensée et d'action queer.
Une histoire de famille (presque) comme les autres Le narrateur, un écrivain entre deux bourses et en manque d'inspiration, mène une vie tranquille à Montréal. Lorsqu'il est appelé à retourner dans sa ville natale pour régler un problème familial, il éprouve une certaine réticence. Il réalise cependant vite le potentiel des événements à venir comme matériel d'écriture et accepte de rejoindre sa parenté. Arrivé à Saint-Hyacinthe, l'aventure prend une tournure pour le moins inattendue et le narrateur se retrouve pris dans un maelstrom de situations étranges qui le mèneront à l'hôpital. D'intrigantes magouilles se trament, de vieilles rancunes refont surface, et le héros, obnubilé par son constant désir de fiction, se retrouve alors plongé dans un roman noir qui n'a rien de fictif.
À la fois récit personnel et réflexion sur la laidophobie ambiante, Laideronnie jette la lumière sur la culture laideronne. Kareen Martel , refusant la honte et la pudeur généralement de mise, souhaite braquer les projecteurs sur une des formes de discrimination les plus ignorées. À son avis, les laiderons se replient en Laideronnie, mais peuvent également s'y déployer, revendiquer leur territoire et leur identité. La lumière peut aussi s'y faire douce ; en terres moches, on est souvent en bonne compagnie.
Phénomène socioculturel protéiforme, les mèmes, sous leur versant numérique, se démultiplient, se disséminent et se réinventent depuis près d'une vingtaine d'année. Pour plusieurs, ils ressortissent désormais au « 10e art », rien de moins. Il s'agira ici, dans le cadre d'un collectif qui réunit une dizaine de spécialistes francophones (du Canada et de la France), d'identifier quelques-uns des usages sociaux et communicationnels des mèmes : en soulignant ce qu'ils sont et, surtout, ce qu'ils font (et comment ils le font), nous en arriverons en préciser ce que nos mèmes disent de nous-mêmes, à la fois individuellement et collectivement.
J'ai montré toutes mes pattes blanches je n'en ai plus prend la forme d'une longue lettre écrite par l'artiste et autrice Sylvie Laliberté, destinée à son frère, mort depuis peu. Elle y raconte son deuil, sa difficulté de vivre sans lui, de le savoir seul parmi les autres morts qu'il ne connait pas. Elle y raconte aussi leur enfance, cette enfance hors de la réalité, où les a traîné un père parfois délirant, en mal de vivre, à une époque où on évitait de parler des gens qui ne vont pas bien. Dans les banlieues, les enfants de ces hommes souffrants devaient s'accrocher et espérer ne pas être emportés de force au pays de ça-ne-va-vraiment-pas-bien-du-tout.
En janvier 1994, Gary Lawrence est parti pendant huit mois explorer l'Europe et l'Afrique du Nord, sac au dos, fuyant une morne carrière juridique. Il est revenu de ce périple avec des kilos de calepins noircis, quantité de rouleaux de bobines exposées et la ferme volonté de raconter ses histoires à qui voudrait bien les lire. Depuis, il a foulé du pied plus de cent pays et territoires et pondu des centaines de textes, entre autres publiés dans L'actualité, Le Devoir et Espaces. Il regroupe dans cet ouvrage 50 de ses meilleurs écrits, qui forment autant de plongeons saisissants aux quatre coins de la Terre, de Tétouan à Berlin, en passant par le mont Kenya, Reykjavik ou encore le Mékong. Lieux paradisiaques ou pestilentiels, paisibles ou abasourdissants, périlleux ou hospitaliers, sont réunis ici pour livrer un tour du monde sans complaisance qui rend visible les variations et les similitudes, les fractures et les connexions entre les peuples. Le texte est accompagné de photographies de Gary Lawrence.
On estime qu'au rythme où vont les choses, il faudra encore deux cents ans avant de résorber les inégalités qui perdurent entre les hommes et les femmes. De la rémunération pour un travail égal au partage de la charge mentale, en passant par la représentativité dans les rôles de pouvoir et la prise en charge des plaintes pour agression sexuelle, on connaît les combats à mener. Le féminisme a beau connaître un regain de popularité, il continue de susciter des réactions négatives, voire carrément hostiles. Mais de quoi a-t-on peur quand on craint le féminisme et ses revendications? Et que se passerait-il si on cessait de résister? Les brefs essais qui composent ce livre explorent les entraves à l'égalité entre les sexes en anticipant les manières dont cette égalité s'articulerait si elle était atteinte. Les autrices et auteurs imaginent et décortiquent avec inventivité les moyens par lesquels la société serait devenue égalitaire, tant du point de vue du travail, de l'urbanisme, de l'économie, de la famille, que du couple. Ils proposent des repères pour envisager l'égalité entre les sexes comme un projet dont la portée est autant politique et économique qu'elle est intime. En imaginant les avancées rêvées, les angles morts à considérer et les territoires où le changement reste à générer, ce livre est une réponse à ceux qui affirment qu'on n'a plus besoin du féminisme.
En prenant le parti de l'expression et de la liberté créative, Les Impatients offre à des personnes qui ont vécu ou qui vivent des problèmes de santé mentale un lieu dans lequel tisser un rapport renouvelé à soi, aux autres et au monde, à travers l'art et la création. En ce lieu, souffrances, joies et découvertes peuvent se décliner ensemble, d'un même mouvement, et ouvrir ainsi sur de nouveaux possibles. Ce projet, entamé il y a plus d'un quart de siècle, s'est accompagné d'un souci de désenclaver l'art des Impatients. Leurs oeuvres, introduites dans des espaces muséaux, ont ainsi été mises en dialogue avec celles d'artistes reconnus, qu'ils soient invités à animer des ateliers ou à exposer avec des Impatients. En interrogeant plus généralement les sources intimes de la créativité et en établissant des ponts avec d'autres acteurs de la scène sociale et culturelle dont la démarche s'inscrit dans un esprit semblable, Les Impatients contribue à jeter un regard différent sur la santé mentale, l'art et la créativité. C'est cette démarche, ce qui la porte et en fait la force ainsi que l'ouverture dont elle témoigne, qu'explorent les textes de cet ouvrage
Avec sensibilité et humour, Sylvie Laliberté remonte le fil de sa vie, depuis son enfance rêvée dans les livres jusqu'à aujourd'hui, alors qu'elle côtoie la vieillesse de son père. Se jouant des conventions, elle nous livre par petites touches un récit à propos de l'identité, du bonheur, de l'amour et de toutes ces grandes et petites choses du quotidien.
Le français québécois est souvent présenté comme du joual, comme du mauvais français, comme un simple registre populaire qui contrevient au contenu des sacro-saints ouvrages de référence. Cela entache l'identité québécoise d'une profonde insécurité. Mais si on le présente dans toute sa complexité, comme une variété de langue légitime et pour laquelle les locuteurs ont un droit de regard, on nettoie cette tache. On donne à l'identité québécoise tout le lustre dont elle a besoin pour s'épanouir. Cette langue, elle est à nous. Récupérons-en toutes les dimensions, toutes les variations, tous les jugements et disons : « Voilà notre langue rapaillée. »
Les Iroquois les assaillaient sans cesse. Le roi avait promis des troupes. Mais le temps passait et rien ne venait. Ils se sentaient abandonnés au bout du monde... Juin 1665. Des troupes arrivent enfin à Québec. Tout au long de l'été, plus de mille soldats débarquent sous le commandement du marquis de Tracy. Le gouverneur Daniel de Rémy de Courcelle et l'intendant Jean Talon arrivent à la fin de l'été pour donner un nouveau souffle au Canada. Aussitôt débarqués, les soldats sont envoyés sur la rivière Richelieu pour y ériger des forts. Certains soldats y hiverneront tandis que d'autres seront cantonnés dans l'une des trois bourgades de la Nouvelle-France. Ville-Marie compte alors environ cinq cents personnes qui doivent héberger pas moins de deux cent cinquante soldats. La cohabitation ne sera pas de tout repos, d'autant plus que le gouverneur de Maisonneuve doit repartir pour la France. C'est le major de La Freydière, un officier du régiment de Carignan-Salières, qui prend sa place. Retors et malfaisant, cet homme abuse de son pouvoir. Ville-Marie voit apparaître en ses murs viols, tortures, brutalité et commerce illicite. Texte inédit Née à Montréal, Josée Mongeau fait ses études à l'Université de Sherbrooke. Séduite par la région, elle décide de s'y installer. Sa passion pour l'histoire et la généalogie l'amène à l'écriture de romans historiques. En 2002, elle fait paraître le premier tome des Chroniques de Ville-Marie (Et vogue la galère). Après cette expérience, elle retourne sur les bancs d'école. En 2007, elle obtient une maîtrise en histoire. À la guerre comme à la guerre est la suite d'Et vogue la galère.
«À Baie-Trinité, Hélène et les servantes aménageaient la nouvelle maison. Elles avaient la garde des petits pendant qu'à Mingan, Mary-Luce attendait incessamment son septième enfant. Le coeur n'était pas à la besogne, mais plutôt à l'angoisse. Elle s'inquiétait d'Alex. L'adolescent était certainement perdu, noyé lors d'un naufrage. La goélette qui devait le ramener avait passé vers le 27 mai. La seule nouvelle qu'on avait pu donner à la famille, c'est que le jeune avait quitté Trois-Rivières au tout début de mai.» Napoléon-Alexandre Comeau, le fondateur de la ville de Baie-Comeau, est au centre de ce roman historique. Il fait partie des grands personnages qui ont contribué à bâtir le Québec. À la fois explorateur, photographe, télégraphiste, maître de poste, inspecteur, guide, trappeur, voyageur, naturaliste, ornithologue, médecin, chasseur et pêcheur, il est à l'image de la Côte-Nord : débrouillard, immense et libre. Grâce à la plume sensible de Pauline L. Boileau, c'est toute une époque qui revit à travers son histoire. Née à Québec, Pauline L. Boileau a été comédienne, animatrice à la radio et à la télévision, journaliste et professeure. Elle a consacré vingt ans de sa vie à la défense des droits des consommateurs. Elle est la petite-fille de Napoléon-Alexandre Comeau.
« Moi, tout ce que je veux, c'est une vie loin des tumultes. Comme je suis seul à porter tout le fardeau de mon existence, mes responsabilités me pèsent. Je savais qu'un jour ou l'autre j'aurais la sensation d'être encore trop petit pour supporter tout ça. Maintenant que je suis un adulte, je n'ai plus le choix. Je suis trop investi dans la galère de la vie pour rebrousser chemin. Et c'est justement ça qui fait peur. » Écrire un journal, c'est consigner au fil des jours ce qui nous façonne et nous transforme subrepticement. C'est aussi nommer l'indicible à travers les questionnements, les doutes, les espérances, les défaites, les élans, les petits drames et les rencontres probables et improbables, réelles ou fictives. Ce livre, où l'on suit les pas d'un jeune homme de vingt ans dans les années 1990 à Montréal, aurait aussi bien pu s'intituler Comme un roman, mais malheureusement ce titre était déjà pris. Côté écriture, Éric Simard est une tortue qu'on pourrait comparer à celle de la célèbre fable, car il parvient toujours à finir les nombreuses courses qu'il entreprend, souvent même avant le lièvre. Mine de rien, Le Mouvement naturel des choses est sa quatrième publication en quinze ans. Il nous avait auparavant offert Martel en tête, Cher Émile et Être.